LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401470

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401470

jeudi 2 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401470
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantBARON COSSE ANDRE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a annulé l'arrêté préfectoral du 22 février 2024 retirant un permis de construire tacite. Le juge a retenu que le retrait, intervenu pour des motifs d'illégalité (terrain hors partie urbanisée et risque d'inondation), était tardif. Il a été notifié après l'expiration du délai impératif de trois mois prévu par l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, rendant l'acte illégal.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 avril 2024, la SCI Les Lacs d’Iton, représentée par Me André, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 22 février 2024 par lequel le préfet de l’Eure a retiré le permis de construire tacite n° PC 027 578 23 B 0003 du 22 novembre 2023 portant sur la construction d’une maison principale sur un terrain situé route des Ponts Verts à Sainte-Marie-d’Attez ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l’arrêté attaqué méconnait les dispositions de l’article L. 424-5 du code de l’urbanisme dès lors qu’il a été notifié après l’expiration du délai de trois mois suivant la naissance du permis de construire tacite, soit à une date à laquelle celui-ci ne pouvait plus être retiré.


Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2025, le préfet de l’Eure conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le permis tacite était illégal, d’une part, au regard des dispositions l’article L. 111-3 du code de l’urbanisme dès lors qu’il concerne un terrain situé hors des parties urbanisées de la commune, et, d’autre part, que le permis devait également être retiré en application des dispositions de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme eu égard au risque d’inondation.

Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de l’urbanisme,
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Delacour,
- les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique.


Considérant ce qui suit :

La SCI Les Lacs d’Iton a déposé, le 22 septembre 2023, une demande de permis de construire portant sur la construction d’une maison d’habitation sur les parcelles cadastrées 00012, 00013, 00014, 00042, 00064 et 00065 situées route des Ponts verts sur le territoire de la commune de Sainte-Marie-d’Attez, pour une surface de plancher de 116 m². Un permis de construire n° PC 027 578 23 B0003 a été tacitement délivré le 22 novembre 2023. Par un courrier du 15 janvier 2024, notifié le 29 janvier 2024, le préfet de l’Eure a informé la SCI Les Lacs d’Iton de ce qu’il envisageait de procéder au retrait de ce permis de construire. La SCI Les Lacs d’Iton a présenté des observations par courrier du 7 février 2024. Par un arrêté du 22 février 2024, dont la société requérante demande l’annulation, le préfet de l’Eure a procédé au retrait du permis de construire tacite du 22 novembre 2023.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 424-5 du code de l’urbanisme : « La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. / (…) ». En vertu de ces dispositions, l’autorité compétente ne peut retirer une décision de non opposition à une déclaration préalable ou un permis de construire tacite ou explicite que s’il est illégal et si la décision de retrait est notifiée au bénéficiaire de cette autorisation d’urbanisme avant l’expiration du délai de trois mois suivant la date à laquelle il a été accordé.

Selon l’article R. 423-23 du code de l’urbanisme : « Le délai d'instruction de droit commun est de : (…) b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes ; (…). ». Aux termes de l’article R. 423-19 du même code : « Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet ». Aux termes de l’article R. 423-22 du code de l’urbanisme : « Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41. ». Selon l’article R. 424-1 du code précité : « A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : (…) b) Permis de construire, permis d'aménager ou permis de démolir tacite. ».

Il ressort des pièces du dossier que la SCI Les Lacs d’Iton a déposé le dossier de demande de permis de construire n° PC 027 578 23 B0003 le 22 septembre 2023. Il est constant que la société bénéficiait, en application des dispositions précitées du b) de l’article R. 423-23 du code de l’urbanisme, d’un permis tacite délivré le 22 novembre 2023. L’autorité compétente disposait ainsi d’un délai de trois mois à compter de cette date pour retirer le permis tacite. Or, la société requérante soutient, sans que cela ne soit contesté en défense, que la décision attaquée de retrait du permis tacite, prise le 22 février 2024 et expédiée au plus tôt le même jour, a été notifiée plusieurs jours après l’expiration du délai de retrait de trois mois prévu par l’article L. 424-5 précité du code de l’urbanisme. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article L. 424-5 du code de l'urbanisme doit être accueilli.

Il résulte de tout ce qui précède que la SCI Les Lacs d’Iton est fondée à demander, par le seul moyen qu’elle invoque, l’annulation de l’arrêté du 22 février 2024 par lequel le préfet de l’Eure a retiré le permis de construire tacite n° PC 027 578 23 B0003.


Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SCI Les Lacs d’Iton et non compris dans les dépens.




D E C I D E :



Article 1er : L’arrêté du 22 février 2024 par lequel le préfet de l’Eure a retiré le permis de construire tacite n° PC 027 578 23 B0003 accordé à la SCI Les Lacs d’Iton est annulé.


Article 2 : L’Etat versera une somme de 1 500 euros à la SCI Les Lacs d’Iton en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Les Lacs d’Iton et à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature.

Copie en sera adressée pour information au préfet de l’Eure.



Délibéré après l'audience du 19 mars 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Galle, présidente,
M. Bellec, premier conseiller,
Mme Delacour, première conseillère,


Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2026.



La rapporteure,
Signé
L. Delacour

La présidente,
Signé
C. Galle


La greffière,

Signé

A. Hussein


La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



Décisions similaires

TA33Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604347

Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête en référé suspension de M. A..., ressortissant béninois, contre un arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligeant à quitter le territoire. Concernant l'obligation de quitter le territoire, le juge a jugé les conclusions irrecevables en raison de l'existence d'une procédure spéciale de recours suspensif prévue à l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sur le refus de séjour, la condition d'urgence n'étant pas contestée, le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment le défaut d'examen particulier et la méconnaissance de l'article L. 422-1 du même code, n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a donc été rejetée dans son intégralité.

01/06/2026

TA33Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604358

Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de rupture de contrat de Mme B... prise par le maire de Léognan. Le juge a relevé que la requérante n'avait pas introduit de requête distincte en annulation, rendant ses conclusions à fin de suspension manifestement irrecevables. Par ailleurs, il a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, l'agent en période d'essai ne bénéficiant pas d'un droit à la poursuite de son contrat et son absence non justifiée à l'entretien préalable ne permettant pas de retenir un préjudice grave et immédiat.

01/06/2026

TA34Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2602937

Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du ministre de l’intérieur du 26 mars 2026 informant M. A... de la perte de validité de son permis de conduire. La requête a été jugée irrecevable car M. A... n’avait pas déposé de recours en annulation parallèle, condition prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative. À titre subsidiaire, le juge a estimé que le moyen tiré de ce que les infractions auraient été commises par son fils n’était pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, la réalité des infractions étant établie par le paiement des amendes forfaitaires conformément à l’article L. 223-1 du code de la route.

01/06/2026

TA34Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2604046

Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de Mme B... qui sollicitait la suspension de saisies administratives à tiers détenteur émises pour le recouvrement de taxes foncières. La requérante invoquait l'urgence en raison de sa faible pension de retraite et un doute sérieux sur la légalité des saisies, notamment pour non-exigibilité d'une partie de la créance. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour Mme B... de justifier de conséquences graves liées à l'exécution des saisies. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions