LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401687

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401687

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401687
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a annulé l'arrêté préfectoral du 1er mars 2024 retirant la carte de séjour temporaire de M. B..., un ressortissant marocain. La juridiction a jugé que l'administration avait méconnu l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, estimant qu'une condamnation pénale unique et ancienne pour vol ne caractérisait pas une menace actuelle pour l'ordre public, compte tenu de l'insertion professionnelle et de la durée de séjour de l'intéressé. Le tribunal a rejeté la demande d'injonction de restitution du titre (périmé) mais a condamné l'État à verser 1 000 euros à M. B... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 avril 2024, M. A... B..., représenté par Me Verilhac, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 1er mars 2024 par lequel le préfet de l’Eure a retiré sa carte de séjour temporaire ;

2°) d’enjoindre au préfet de l’Eure de lui restituer une carte de séjour temporaire portant la mention « commerçant » dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l’arrêté a été pris au terme d’une procédure irrégulière ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d’un défaut d’examen personnalisé de sa situation ;
- il méconnait les dispositions de l’article L. 432-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation.



Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2024, le préfet de l’Eure conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-marocain du 9 octobre 1987 modifié ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Delacour,
- et les observations de Me Verilhac, représentant M. B....


Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant marocain né le 15 mai 1984, est entré sur le territoire français en 2007. Il s’est vu délivrer un titre de séjour en qualité de salarié en 2014, renouvelé depuis lors, puis a obtenu un titre de séjour qui a été renouvelé jusqu’au 10 mai 2024. Par un arrêté du 1er mars 2024, dont M. B... demande l’annulation, le préfet de l’Eure a retiré la carte de séjour temporaire valable du 11 mai 2023 au 10 mai 2024.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 432-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être retirée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. / (…). ».

Pour retirer à M. B... le titre de séjour dont il était titulaire, le préfet de l’Eure s’est fondé sur le fait que l’intéressé a été condamné par une ordonnance pénale du 20 mai 2022 à une amende de 500 euros pour vol en réunion. S’il ressort des pièces du dossier et notamment de cette ordonnance pénale que M. B... a été déclaré coupable d’avoir, le 6 septembre 2020, soustrait, en réunion, une machine à café professionnelle, une bouilloire, un écran de télévision et un présentoir vitrine, ces faits, remontant à plus de trois ans à la date de l’arrêté attaqué, sont isolés et n’ont donné lieu qu’au prononcé d’une amende que l’intéressé justifie avoir réglée. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, et n’est pas même allégué, que l’intéressé aurait fait l’objet d’une condamnation pénale depuis cette date ni même d’une condamnation antérieure. Il ressort, par ailleurs, des termes de l’arrêté attaqué que l’intéressé résidait en France depuis 2007 et exerçait, à la date d’édiction de cette mesure, une activité professionnelle en qualité d’artisan boulanger depuis 2019. Dès lors, eu égard à la nature des faits commis, à leur caractère isolé et à leur ancienneté ainsi qu’à la durée de sa présence et à son insertion professionnelle, la présence de M. B... ne saurait être regardée comme constituant à la date de l’arrêté attaqué une menace actuelle pour l’ordre public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l’article L. 432-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doit être accueilli.

Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, l’arrêté du 1er mars 2024 par lequel le préfet de l’Eure a retiré le titre de séjour de M. B... doit être annulé.


Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

Eu égard aux motifs du présent jugement, et dès lors que la durée de validité de la carte de séjour temporaire de M. B... est expirée à la date du présent jugement, il n’y a pas lieu d’enjoindre au préfet de l’Eure ou au préfet territorialement compétent de procéder à la restitution de cette carte, ni au réexamen de la situation de M. B.... Il appartient seulement à M. B..., s’il s’y croit fondé, de déposer auprès de l’autorité administrative compétente une nouvelle demande de titre de séjour. Le présent jugement n’implique donc aucune mesure d’exécution.


Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’État la somme de 1 000 euros à verser à M. B... au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




DECI D E :


Article 1er : L’arrêté du 1er mars 2024 est annulé.


Article 2 : L’Etat versera la somme de 1 000 euros à M. B... en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.



Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet de l’Eure.


Délibéré après l'audience du 12 février 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Grenier, présidente,
M. Bellec, premier conseiller,
Mme Delacour, première conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2026.



La rapporteure,
Signé
L. Delacour

La présidente,
Signé
C. Grenier

La greffière,


Signé

C. Richard


La République mande et ordonne au préfet de l’Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions