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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402297

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402297

vendredi 14 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402297
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantKOUM DISSAKE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 juin 2024, M. C A, représenté par Me Koum Dissaké, demande au tribunal :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 10 juin 2024 par laquelle la section disciplinaire du conseil académique de l'université Le Havre Normandie a prononcé à son encontre la sanction d'interdiction d'exercer toutes fonctions d'enseignement pendant un an avec privation de la moitié du traitement ;

2°) d'enjoindre à l'université Le Havre Normandie de le réintégrer immédiatement, sous astreinte journalière de 150 euros et d'afficher l'ordonnance à intervenir si elle prononçait l'annulation de la sanction disciplinaire attaquée ;

3°) de mettre à la charge de l'université Le Havre Normandie la somme de 1 500 euros au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- la décision par laquelle le président a désigné M. B comme juge des référés ;

- la requête, enregistrée le 13 juin 2024 sous le n° 2402296, par laquelle M. A demande, notamment, l'annulation de la sanction disciplinaire attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance. "

2. En vertu de l'article R. 712-43 du code de l'éducation, dont les dispositions sont au demeurant explicitement rappelées à l'article 3 du dispositif de la décision du 10 juin 2024 attaquée, l'appel et l'appel incident peuvent être formés devant le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), statuant en matière disciplinaire contre les décisions des sections disciplinaires des universités, par les personnes à l'encontre desquelles ces décisions ont été rendues, par le président de l'université, par le recteur de région académique ou par le ministre chargé de l'enseignement supérieur lorsque les poursuites concernent le président de l'université.

3. Les juridictions administratives de droit commun ne sont pas matériellement compétentes pour connaître des appels formés contre les sanctions disciplinaires prononcées à l'encontre des enseignants par les conseils académiques des universités siégeant en formation disciplinaire dès lors qu'il n'appartient qu'au CNESER statuant en matière disciplinaire d'examiner les recours formés contre ces décisions de nature juridictionnelle et, le cas échéant, les demandes de sursis à exécution des sanctions revêtues du caractère exécutoire. Par suite, la demande de référé de M. A, maître de conférences en droit privé affecté à l'université Le Havre Normandie ressortit à la compétence du CNESER qui, statuant en matière disciplinaire, présente la nature d'une juridiction administrative spécialisée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à Me Vanessa Koum Dissaké.

Copie en sera transmise, pour information, à l'université Le Havre Normandie.

Fait à Rouen, le 14 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé :

P. B

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2402297

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