vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2404047 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | MACREL |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 8 octobre 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a transmis le dossier de la requête de M. B au tribunal administratif de Rouen, en application de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif d'Orléans le 3 octobre 2024, M. C, alors retenu au centre de rétention administrative d'Olivet (Loiret), demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé, pour une durée de deux ans, l'interdiction de retour sur le territoire français dont il fait l'objet et, en conséquence, de supprimer son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
M. B soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'acte ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, s'agissant de l'existence d'une menace pour l'ordre public ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que son état de santé caractérise une circonstance humanitaire, au sens de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faisant obstacle à l'édiction d'une prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Bouvet comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de M. Bouvet ;
- les observations de Me Macrel, avocat commis d'office, représentant M. B.
M. B n'était pas présent.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant arménien né le 7 octobre 2003, connu sous plusieurs alias, déclare être entré en France en 2021. Par un arrêté du 8 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Le 30 septembre 2024, M. B a été placé en retenue administrative pour vérification de son droit de circulation et de séjour. Par l'arrêté attaqué du 2 octobre 2024, le préfet de la Seine-Maritime a prolongé l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à encontre pour une durée de deux ans et l'a placé en rétention administrative, mesure à laquelle il a été mis fin par une ordonnance en date du 6 octobre 2024 du juge des libertés et de la détention près la Cour d'Appel d'Orléans. M. B demande l'annulation de l'arrêté portant prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français.
Sur la prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été pris par Mme A, qui disposait, en qualité de chargée de mission auprès de la cheffe du bureau de l'éloignement, d'une délégation de signature du préfet de la Seine-Maritime par arrêté n° 24-035 du 12 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 76-2024-119 du 12 juillet 2024, en cas d'absence ou d'empêchement du directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Seine-Maritime, de son adjointe, de la cheffe du bureau de l'éloignement et de son adjointe. Il n'est nullement établi que les personnes précitées n'étaient pas absentes ou empêchées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué manque en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté portant prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français mentionne les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de cette décision, qui est par suite suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, les circonstances du contrôle d'identité opéré par les forces de police, le 30 septembre 2024, ayant abouti au placement en retenue administrative de M. B pour vérification de son droit de circulation et de séjour, sont, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de la décision contestée. A le supposer soulevé, le moyen doit être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-11 du même code : " L'autorité administrative peut prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans dans les cas suivants : / 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; () ".
6. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que pour fonder la décision litigieuse, le préfet de la Seine-Maritime s'est fondé sur la circonstance que M. B avait fait l'objet, le 8 septembre 2024, d'une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans à laquelle le requérant ne s'était pas conformé. Ce motif, suffisait, à lui seul, pour fonder la décision contestée. En outre, en estimant que l'intéressé, connu sous cinq alias différents, et mis en cause dans cinq procédures judiciaires pour, notamment, des faits de vol, vol à la roulotte, prise du nom d'un tiers et port d'arme blanche de catégorie D, entre juin 2023 et septembre 2024, avant d'être interpellé, le 30 septembre 2024, par la police municipale de Rouen, et mis en garde à vue pour usage de stupéfiants, représentait une menace pour l'ordre public, l'autorité administrative n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation. D'autre part, si M. B, qui réside en France depuis 2021 et n'a jamais déposé de demande de titre de séjour " étranger malade ", justifie de problèmes de santé, de nature psychiatrique, et d'un suivi à ce titre, outre une hospitalisation sans consentement au CHR du Rouvray, en juin 2024, les éléments qu'il produit ne font pas apparaître une situation de gravité telle qu'elle pourrait être regardée comme constitutive de circonstances humanitaires, au sens de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de nature à faire obstacle à l'édiction de la décision de prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français contestée. Enfin, l'intéressé, qui ne réside en France que depuis le mois de septembre 2021, est célibataire, sans enfant à charge. Il ne justifie d'aucune attache personnelle ou familiale sur le territoire national, ni d'aucune insertion sociale ou professionnelle. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Maritime a pu, sans méconnaître les dispositions précitées, ni entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation, prononcer à l'encontre du requérant, une prolongation d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, laquelle ne présente pas, dans les circonstances de l'espèce, de caractère disproportionné.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté litigieux du 1er octobre 2024 du préfet de la Seine-Maritime. Sa requête doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
C. BOUVET
La greffière,
A. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026