vendredi 25 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2404093 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | MACREL |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 8 octobre 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a transmis le dossier de la requête de M. B au tribunal administratif de Rouen, en application de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif d'Orléans le 4 octobre 2024, M. C B, alors retenu au centre de rétention administrative d'Olivet (Loiret), demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2024, notifié le même jour, par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de supprimer son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de cent euros par jour de retard et de procéder à un nouvel examen de sa situation.
Il soutient que :
L'obligation de quitter le territoire français :
- a été édictée par une autorité dont il n'est pas justifié de la compétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît sa situation personnelle ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- a été édictée par une autorité dont il n'est pas justifié de la compétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît sa situation personnelle ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision fixant son pays de destination :
- a été édictée par une autorité dont il n'est pas justifié de la compétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît sa situation personnelle ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
L'interdiction de retour sur le territoire français :
- a été édictée par une autorité dont il n'est pas justifié de la compétence ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît sa situation personnelle ;
- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 octobre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bouvet, premier conseiller, comme juge du contentieux des décisions relatives à l'éloignement et à la rétention des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bouvet ;
- les observations de Me Macrel, avocat commis d'office, pour M. B, qui reprend et développe les moyens soulevés dans la requête.
M. B n'était pas présent.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant algérien né le 8 décembre 2004, déclare être entré en France en 2019, à une date non spécifiée. L'intéressé a été interpellé, le 30 septembre 2024, pour des faits de dégradation volontaire de biens privés en réunion puis placé en garde à vue. Par un arrêté du 3 octobre 2024, le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans. L'intéressé a été placé en rétention administrative par un arrêté du préfet de la Seine-Maritime du même jour, puis libéré du centre de rétention administrative d'Olivet (Loiret) par une ordonnance en date du 6 octobre 2024 du juge des libertés et de la détention près le tribunal judiciaire d'Orléans. Par un arrêté en date du 4 octobre 2024, notifié le 7 octobre suivant, M. B a été assigné à résidence à Rouen. M. B demande l'annulation de l'arrêté d'éloignement adopté à son encontre, le 3 octobre 2024.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contestées :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été pris par Mme A, qui disposait, en qualité de chargée de mission auprès de la cheffe du bureau de l'éloignement, d'une délégation de signature du préfet de la Seine-Maritime par arrêté n° 24-035 du 12 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 76-2024-119 du 12 juillet 2024, en cas d'absence ou d'empêchement du directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Seine-Maritime, de son adjointe, de la cheffe du bureau de l'éloignement et de son adjointe. Il n'est nullement établi que les personnes précitées n'étaient pas absentes ou empêchées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué manque en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté en litige, qui vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, rappelle la nationalité du requérant, mentionne qu'il n'est pas établi que l'intéressé pourrait être soumis à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine et qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé à sa vie privée et familiale et, enfin, indique les raisons pour lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a décidé de prendre les décisions attaquées. L'arrêté comportant ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé d'en comprendre les motifs. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui déclare être arrivé pour la première fois en France en 2019, à une date non spécifiée, et y résider depuis lors, n'a jamais entamé de démarches visant à régulariser sa situation administrative. L'intéressé ne se prévaut d'aucune attache personnelle ou familiale sur le territoire national. Il ne justifie d'aucune activité professionnelle actuelle ou passée, ni d'aucunes perspectives en la matière. Connu sous six alias, le requérant a été mis en cause dans huit procédures judiciaires, entre 2020 et 2022, pour, notamment, des faits de vol, violences en réunion, meurtre, port prohibé d'arme blanche, avant d'être interpellé en flagrance, le 30 septembre 2024, à Rouen, par la Police, alors qu'il s'affairait, en compagnie d'un second individu muni de pinces coupantes et d'un tournevis, à pénétrer par effraction dans un appartement du centre-ville, tout en étant porteur d'une bombe lacrymogène dissimulée dans ses vêtements, selon le procès-verbal d'interpellation. Au regard de ces éléments, nonobstant l'absence de pièces au dossier relatives à des condamnations pénales devenues définitives, il doit être tenu pour établi que sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, ni entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en obligeant M. B à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi de délai de départ volontaire :
6. Ainsi qu'il a été dit précédemment, M. B n'a jamais déposé de demande de titre de séjour de sorte que l'administration était fondée à tenir le risque de fuite, au sens du 1° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour établi. Par suite, le préfet de la Seine-Maritime était fondé, sans entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation, à refuser d'octroyer un délai de départ volontaire au requérant.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
7. Ainsi qu'il a été exposé au point n° 5, M. B, de nationalité algérienne ne justifie d'aucune attache personnelle ou familiale en France. Il ne soutient, ni même n'allègue, être exposé au risque de subir des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en cas de retour en Algérie, son pays d'origine. Par suite, la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
8. Pour les motifs exposés au point n° 5, et alors que M. B ne justifie d'aucunes circonstances humanitaires de nature à faire obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en décidant d'adopter une telle décision à son encontre et en fixant à trois ans, la durée de l'interdiction ainsi prononcée.
9. Il résulte de tout ce qui précède, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 octobre 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Ses conclusions à fin d'annulation doivent dès lors être rejetées de même que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
C. BOUVET
La greffière,
A. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2404093
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026