LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2404826

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2404826

vendredi 29 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2404826
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen a rejeté la requête de Mme C, ressortissante gabonaise, contestant l’obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de l’Eure le 26 juin 2024. La requête a été jugée irrecevable car introduite après l’expiration du délai de recours de quinze jours, applicable aux décisions fondées sur le 4° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le tribunal a estimé que la mention erronée d’un délai d’un mois dans l’arrêté ne permettait pas d’interrompre ce délai spécial, et que la demande d’aide juridictionnelle déposée le 22 août 2024 n’avait pas suspendu son cours. La solution retenue s’appuie sur les articles R. 776-15 du code de justice administrative et L. 614-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2024, Mme B C, assistée par la SELARL Eden Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 juin 2024 par lequel le préfet de l'Eure l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et, en toute hypothèse de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours, le tout sous astreinte journalière de cent euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à titre subsidiaire, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. A comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;

- le décret n° 2024-799 du 2 juillet 2024 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu du 4° de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, et désormais du 4° de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif peut, par ordonnance, rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance.

2. Il résulte du premier alinéa de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable, que lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en application, notamment, du 4° de l'article L. 611-1 et a été assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision.

3. Les mentions relatives au délai de recours contre une décision administrative doivent être regardées comme étant seules opposables au destinataire de la décision lorsqu'elles conduisent à indiquer un délai plus long que celui qui résulterait des dispositions normalement applicables. Il en est de même en cas d'ambiguïté qui conduirait le requérant à supposer à tort que l'exercice d'un recours administratif ou le dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle conserverait le délai de recours.

4. Il ressort des motifs de l'arrêté du 26 juin 2024 du préfet de l'Eure attaqué que cette autorité administrative n'était, à la date de cet acte administratif, saisie d'aucune demande d'admission au séjour sur un autre fondement que celui d'une demande de protection internationale. Si Mme C, ressortissante gabonaise, produit des éléments relatifs à sa vie privée et familiale au soutien de sa requête, elle n'en produit aucun qui justifierait qu'elle a demandé un titre de séjour pour ce motif. Aussi, en dépit de son article 1er qui dispose de manière superflue que la demande de titre de séjour est rejetée, l'arrêté préfectoral en litige se borne-t-il à prononcer une obligation de quitter le territoire français au seul motif que l'intéressée a perdu son droit de se maintenir sur le territoire après que sa demande d'asile a été rejetée. Cette mesure d'éloignement, expressément prise en application du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pouvait faire l'objet d'un recours dans le délai en principe fixé à quinze jours suivant sa notification dès lors qu'elle était assortie d'un délai de départ volontaire.

5. Si aucun élément du dossier ne permet de déterminer la date à laquelle Mme C a reçu notification de l'arrêté préfectoral attaqué, elle a manifesté sa connaissance de l'existence de cette décision administrative au plus tard le 22 août 2024, date à laquelle elle a déposé une demande d'aide juridictionnelle en vue d'engager un recours en annulation.

6. L'arrêté en question comporte la mention erronée que sa légalité pouvait être contestée dans un délai d'un mois, plus long que celui de quinze jours alors applicable. La seule circonstance qu'un délai de recours rallongé a été offert, par erreur, à la requérante n'a pas eu pour effet de modifier les modalités d'instruction et de jugement des recours contre les décisions d'obligation de quitter le territoire français prises en application du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir par un magistrat désigné dans un délai de six semaines suivant une procédure orale offrant l'assistance d'un interprète et d'un avocat éventuellement commis d'office. Ainsi, en l'absence de mention expresse en ce sens, le dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle n'est pas de nature à modifier le caractère, spécial, de ce délai de recours, même porté à tort de quinze jours à un mois et n'est donc pas propre à interrompre son cours. La mention des voies et délais de recours se bornait en l'espèce à indiquer que le bénéfice de l'aide juridictionnelle devait être demandé au plus tard lors de l'introduction de la requête en annulation. Il ne peut être déduit de cette seule mention, non équivoque, que la demande d'aide juridictionnelle faite le 22 août 2024 était de nature à interrompre le délai de recours. Par suite, la requête, enregistrée au greffe le 25 novembre 2024, au-delà du délai d'un mois décompté à partir du 22 août 2024, est entachée d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et à la SELARL Eden Avocats.

Copie en sera transmise, pour information, au préfet de l'Eure.

Fait à Rouen le 29 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé :

P. A

Pour expédition conforme,

Le greffier,

H. TOSTIVINT

N°2404826

Décisions similaires

TA95Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745

01/07/2026

TA83Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358

01/07/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258

01/07/2026

← Retour aux décisions