LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2503695

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2503695

vendredi 3 avril 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2503695
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantCABINET PEYRICAL

Résumé IA

**Sujet principal** : Recours en annulation d'un arrêté municipal refusant la reconnaissance de l'imputabilité au service d'une maladie d'une fonctionnaire territoriale. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Rouen (4ème Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête de l'agent, considérant que les moyens soulevés (violation du principe contradictoire, des droits de la défense et de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905) sont inopérants, car l'arrêté litigieux ne constitue ni une sanction, ni un retrait de décision créatrice de droits, ni une mesure prise en considération de la personne. **Textes appliqués** : Code général de la fonction publique (article L. 822-20), décret n°87-602 du 30 juillet 1987, et code de la sécurité sociale (article R. 461-8) pour définir les conditions de l'imputabilité au service, exigeant un lien direct avec les fonctions et une incapacité permanente d'au moins 25%.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 août 2025, Mme A... B..., représentée par la SELARL Callon Avocat & Conseil, demande au tribunal :

1°) d’annuler, pour excès de pouvoir, l’arrêté du 19 juin 2025 par lequel le maire de la commune de Dieppe a refusé de reconnaître l’imputabilité au service de sa maladie ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Dieppe une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l’arrêté attaqué est intervenu au terme d’une procédure irrégulière :
. en l’absence de procédure contradictoire préalable et en méconnaissance du principe des droits de la défense ;
. en l’absence de communication de son dossier en méconnaissance de l’article 65 de la loi du 22 avril 1905 ;
- il méconnaît les dispositions de l’article L. 822-20 du code général de la fonction publique.


Par un mémoire en défense enregistré le 28 août 2025, la commune de Dieppe, représentée par la SELARL Peyrical & Sabattier Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mises à la charge de Mme B... d’une part, une somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et d’autre part, une somme de 184,50 euros au titre des frais de médiation.

Elle soutient qu’aucun des moyens de la requête n’est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Aubert, rapporteure publique.

Les parties n’étaient pas présentes, ni représentées.


Considérant ce qui suit :

1. Mme A... B..., rédactrice territoriale principale de 1ère classe, occupe, depuis 2017, les fonctions de directrice adjointe de l’éducation, de la réussite scolaire, de l’enfance, de la petite enfance et de la jeunesse, et de coordinatrice du programme de réussite éducative, au sein des services de la commune de Dieppe. L’intéressée a été placée en congé de longue maladie, puis en dernier lieu, en congé de longue durée du 19 mai 2021 au 18 mai 2022, prolongé jusqu’au 5 novembre 2023. Mme B... avait auparavant sollicité, au mois de janvier 2023, la reconnaissance de l’imputabilité au service de sa maladie. Une expertise médicale a été réalisée le 17 avril 2023 et le médecin du travail a émis un avis le 23 juin 2023. Après avis défavorable du conseil médical du 7 septembre 2023 et par un courrier du 18 septembre 2023, le maire de la commune de Dieppe a informé l’intéressée qu’il lui transmettrait « l’arrêté prolongeant [son] congé de longue durée », intervenu le 19 septembre. Par un courriel du 2 octobre 2023, réitéré par un courrier du 12 octobre 2023, reçu le 13 octobre, Mme B... a formé un recours gracieux contre ces décisions. Par un courrier du 19 octobre 2023, le maire de la commune de Dieppe a confirmé que son « congé de longue durée ne sera pas requalifié en maladie professionnelle ». Par un jugement n° 2304968 du 30 avril 2025, le tribunal administratif de Rouen a annulé l’ensemble de ces décisions. Statuant de nouveau sur la demande de Mme B... et par l’arrêté attaqué du 19 juin 2025, le maire de la commune de Dieppe a refusé de reconnaître l’imputabilité au service de la maladie de celle-ci.



Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. En premier lieu, Mme B... ne peut utilement soutenir que l’arrêté attaqué aurait dû être précédé d’une procédure contradictoire sur le fondement, à supposer ses dispositions invoquées, de l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l’administration, dès lors que, statuant sur une demande de l’intéressée, il ne lui est pas applicable. Ce moyen ne peut par suite qu’être écarté comme inopérant.

3. En deuxième lieu, Mme B... ne peut davantage utilement invoquer la méconnaissance du principe des droits de la défense dès lors que l’arrêté attaqué ne présente pas le caractère d’une sanction, ni ne procède au retrait d’une décision créatrice de droits. Ce moyen doit par suite également être écarté comme inopérant.

4. En troisième lieu, eu égard à ses motifs, l’arrêté attaqué ne peut être regardé comme présentant le caractère d’une mesure prise en considération de la personne. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article 65 de la loi du 22 avril 1905 ne peut qu’être écarté comme inopérant.

5. En dernier lieu, aux termes de l’article L. 822-20 du code général de la fonction publique : « (…) / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu’elle est essentiellement et directement causée par l’exercice des fonctions et qu’elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d’Etat ». Aux termes de l’article 37-8 du décret du 30 juillet 1987 susvisé : « Le taux d’incapacité permanente servant de seuil pour l’application du troisième alinéa du même IV est celui prévu à l’article R. 461-8 du code de la sécurité sociale ». Ce taux est fixé par ce dernier article à 25 %.

6. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l’exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu’un fait personnel de l’agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l’aggravation de la maladie du service.

7. Il ressort des termes de l’arrêté attaqué que le maire de la commune de Dieppe a refusé de reconnaître l’imputabilité au service de la maladie de Mme B... au motif que le lien entre celle-ci et l’exercice de ses missions n’est pas établi.

8. Pour contester cette appréciation, Mme B... produit des documents médicaux relevant qu’elle souffre un trouble de l’adaptation avec humeur dépressive et anxiété en relation avec un harcèlement au travail ou à tout le moins en lien direct avec celui-ci. Elle n’apporte cependant, y compris par les pièces supplémentaires produites, aucun commencement de preuve quant à sa mise à l’écart depuis l’arrivée d’un nouveau directeur général adjoint au mois de mars 2019, date à laquelle elle fait remonter l’origine de ses maux, ou au harcèlement dont elle ferait l’objet, alors que les documents précités indiquent par ailleurs que la souffrance au travail ressentie par l’intéressée s’est accrue après le rejet de sa candidature sur le poste de responsable adjointe du service éducation. Enfin, les articles de presse générale, versés à l’instance, relatant un mal-être des agents des services communaux entre 2012 et 2014, de même que l’entretien tenu le 8 juin 2015 dont elle fait état, se rapportent à une période antérieure à la date à laquelle Mme B... situe l’origine de sa pathologie. Dans ces conditions, cette dernière n’établit pas que sa pathologie trouve sa cause de manière directe dans l’exercice de ses fonctions ou dans les conditions de leur exercice. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de l’arrêté du 19 juin 2025 du maire de la commune de Dieppe doivent être rejetées.


Sur les frais de la médiation :

10. Aux termes de l’article L. 213-8 du code de justice administrative : « Lorsque la mission de médiation est confiée à une personne extérieure à la juridiction, le juge détermine s’il y a lieu d’en prévoir la rémunération et fixe le montant de celle-ci. / Lorsque les frais de la médiation sont à la charge des parties, celles-ci déterminent librement entre elles leur répartition. / A défaut d’accord, ces frais sont répartis à parts égales, à moins que le juge n’estime qu’une telle répartition est inéquitable au regard de la situation économique des parties. (…) ».

11. Si, lorsque la médiation a été ordonnée à l’initiative du juge, les frais supportés par une partie pour l’assistance d’un avocat peuvent être remboursés par la somme le cas échéant allouée à cette partie au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, il n’en va pas de même des frais liés à la rémunération de la personne à laquelle a été confiée la mission de médiation lorsqu’ils ont fait l’objet d’un accord entre les parties, comme en l’espèce. Par suite, les conclusions présentées par la commune de Dieppe tendant au remboursement des frais de la médiation ne peuvent qu’être rejetées.


Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

12. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à la charge de la commune de Dieppe, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par Mme B... et non compris dans les dépens. Il n’y a par ailleurs pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de cette dernière une somme au titre des frais exposés par la commune de Dieppe et non compris dans les dépens.



D E C I D E :



Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.


Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Dieppe au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et du remboursement des frais de la médiation sont rejetées.



Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et à la commune de Dieppe.


Délibéré après l’audience du 20 mars 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Van Muylder, présidente,
M. Cotraud, premier conseiller,
Mme Favre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 avril 2026.


Le rapporteur,

Signé :



J. Cotraud

La présidente,

Signé :



C. Van MuylderLe greffier,

Signé :



J.-B. Mialon


La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Le greffier,



J.-B. MIALON


Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509363

Le Conseil d’État refuse d’admettre le pourvoi de M. B... contre l’ordonnance rejetant sa demande d’hébergement d’urgence et d’allocation pour demandeur d’asile. Le moyen unique de dénaturation, tiré de l’absence d’urgence particulière, est jugé insuffisant pour permettre l’admission. Cette décision confirme le rejet de la requête en référé-liberté.

09/04/2026

← Retour aux décisions