Le Tribunal administratif de Rouen, statuant par ordonnance, constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les demandes d'annulation et d'injonction. En effet, le préfet de l'Eure a retiré les arrêtés litigieux du 15 et 18 septembre 2025 refusant un titre de séjour et ordonnant la reconduite à la frontière, ce qui a rendu ces conclusions sans objet. Le tribunal rejette par ailleurs la demande de condamnation de l'État à payer 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative pour frais non compris dans les dépens.
Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I./ Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2025 sous le n°2504917, M. B... A..., représenté par la SELARL Christelle Monconduit, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 18 septembre 2025 par lequel le préfet de l’Eure a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d’enjoindre au préfet de l’Eure, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour mention « vie privée et familiale » dans le délai d’un mois à compter de la décision à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et dans l’attente, de le munir d’une autorisation provisoire de séjour dans le délai de sept jours ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
II./ Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2025 sous le n°2504993, M. B... A..., représenté par la SELARL Christelle Monconduit, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 15 septembre 2025 par lequel le préfet de l’Eure a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d’enjoindre au préfet de l’Eure, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la décision à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et, dans l’attente, de le munir d’une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers, notamment celle produite par le préfet de l’Eure, enregistrée le 12 février 2026 dans les instances n°2504917 et n°2504993 et la lettre du 20 février 2026 du conseil de M. A..., produite dans l’instance n°2504917, qui indique que la requête conserve un intérêt à statuer sur la demande de frais exposés et non compris dans les dépens.
Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d’appel, (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours (…) peuvent, par ordonnance : / (...) 3° Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…) »
Postérieurement à l’introduction des requêtes de M. A... enregistrées sous les nos°2504917 et 2504993 qu’il y a lieu de joindre pour statuer par une seule ordonnance, le préfet de l’Eure a, par deux arrêtés du 3 février 2026 et du 5 février 2026, procédé au retrait des arrêtés litigieux des 18 septembre 2025 et 15 septembre 2025. Par suite, les conclusions à fin d’annulation de ces derniers arrêtés et à fin d’injonction sont devenues sans objet.
Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat les sommes que demande M. A... au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction des requêtes de M. A....
Article 2 : Le surplus des requêtes est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet de l’Eure.
Fait à Rouen, le 9 mars 2026.
Le président de la 1ère chambre,
signé
P. MINNE