Le Tribunal administratif de Rouen, statuant par ordonnance, constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur le recours en excès de pouvoir dirigé contre deux arrêtés préfectoraux de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. Cette décision fait suite au retrait des arrêtés litigieux par le préfet de l'Eure en février 2026, ce qui a rendu les demandes d'annulation et d'injonction sans objet. Le tribunal rejette par ailleurs la demande de condamnation de l'État au titre des frais exposés, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I./ Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2025 sous le n°2504917, M. B... A..., représenté par la SELARL Christelle Monconduit, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 18 septembre 2025 par lequel le préfet de l’Eure a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d’enjoindre au préfet de l’Eure, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour mention « vie privée et familiale » dans le délai d’un mois à compter de la décision à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et dans l’attente, de le munir d’une autorisation provisoire de séjour dans le délai de sept jours ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
II./ Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2025 sous le n°2504993, M. B... A..., représenté par la SELARL Christelle Monconduit, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 15 septembre 2025 par lequel le préfet de l’Eure a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d’enjoindre au préfet de l’Eure, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la décision à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et, dans l’attente, de le munir d’une autorisation provisoire de séjour dans un délai de sept jours ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers, notamment celle produite par le préfet de l’Eure, enregistrée le 12 février 2026 dans les instances n°2504917 et n°2504993 et la lettre du 20 février 2026 du conseil de M. A..., produite dans l’instance n°2504917, qui indique que la requête conserve un intérêt à statuer sur la demande de frais exposés et non compris dans les dépens.
Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d’appel, (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours (…) peuvent, par ordonnance : / (...) 3° Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; (…) 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…) »
Postérieurement à l’introduction des requêtes de M. A... enregistrées sous les nos°2504917 et 2504993 qu’il y a lieu de joindre pour statuer par une seule ordonnance, le préfet de l’Eure a, par deux arrêtés du 3 février 2026 et du 5 février 2026, procédé au retrait des arrêtés litigieux des 18 septembre 2025 et 15 septembre 2025. Par suite, les conclusions à fin d’annulation de ces derniers arrêtés et à fin d’injonction sont devenues sans objet.
Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat les sommes que demande M. A... au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d’annulation et d’injonction des requêtes de M. A....
Article 2 : Le surplus des requêtes est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet de l’Eure.
Fait à Rouen, le 9 mars 2026.
Le président de la 1ère chambre,
signé
P. MINNE