Le Tribunal administratif de Rouen, saisi d’un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français, a constaté que le requérant résidait dans les Yvelines après avoir été remis en liberté. En application des articles R. 312-8 et R. 221-3 du code de justice administrative, il a transmis le dossier au tribunal administratif de Versailles, territorialement compétent.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 janvier 2026, M. A... B... demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 22 janvier 2026 portant obligation de quitter sans délai le territoire français, lui interdisant d’y retourner pendant trois ans et fixant le pays de destination, ainsi qu’en conséquence, l’effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le Système d’Information Schengen ;
2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de procéder au réexamen de sa situation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 351-3 du code de justice administrative : « Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président (…) transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente (…). ». Aux termes de l’article R. 312-8 du même code : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions (…).» Aux termes de l’article R. 221-3 du même code : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : (…) / Versailles : Essonne, Yvelines (…). ».
Il résulte des articles L. 921-2 et L. 921-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu organiser une procédure particulière afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l’éloignement d’un étranger placé en rétention administrative. Lorsqu’il est mis fin, pour quelque raison que ce soit, à la rétention, le jugement des conclusions dont l’étranger avait saisi le tribunal dans le ressort duquel est situé le lieu de rétention ne relève plus de cette procédure.
M. B... a été placée au centre de rétention administrative de Rouen-Oissel le 22 janvier 2026. Par une ordonnance du 27 janvier 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen a ordonné sa remise en liberté. Il ressort des pièces du dossier que M. B... réside à Breuil-Bois-Robert, dans le département des Yvelines. Dès lors, il y a lieu de transmettre le dossier de la requête au tribunal administratif de Versailles.
O R D O N N E :
Article 1er : Le dossier de la requête de M. B... est transmis au tribunal administratif de Versailles.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., au préfet de la Seine-Maritime et à la présidente du tribunal administratif de Versailles.
Fait à Rouen, le 28 janvier 2026.
La présidente du tribunal,
Signé
C. Grenier
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Signé
C. Dupont