LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2600897

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2600897

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2600897
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationPOLE URGENCES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a annulé les arrêtés préfectoraux ordonnant l'éloignement et l'assignation à résidence de M. B..., un ressortissant tunisien. La juridiction a estimé que ces mesures portaient une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, au regard de son insertion professionnelle stable de plus de quatre ans et de sa vie de couple en France. Cette solution s'appuie sur l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 février 2026, M. A... B... doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 11 février 2026 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d’annuler l’arrêté du 11 février 2026 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

M. B... soutient que les arrêtés contestés portent une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mars 2026, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif que le moyen soulevé est infondé.

Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Thielleux comme juge du contentieux des mesures d’éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Thielleux, magistrate désignée ;
- et les observations de M. B..., assisté de Mme C..., interprète assermentée en langue arabe, qui répond aux questions posées par le tribunal ; il précise qu’il travaille depuis plus de quatre ans au sein de la même entreprise, qui ne lui délivre plus de bulletins de salaire, et qu’il est en couple depuis plus de trois ans avec une compatriote avec laquelle il entretient une vie commune ;
- le préfet de la Seine-Maritime n’étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l’instruction est intervenue à l’issue de l’audience en application de l’article R. 922-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


Considérant ce qui suit :

M. A... B..., ressortissant tunisien né le 22 juillet 1994 à Medenine, serait entré en France en 2021. Par un arrêté du 14 septembre 2022, le préfet de la Charente-Maritime l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, et l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement n° 2202257 du 21 septembre 2022, la magistrate désignée du tribunal administratif de Poitiers a rejeté le recours formé par l’intéressé à l’encontre de cet arrêté. Par un arrêté du 13 mai 2024, le préfet de la Charente-Maritime a prolongé l’interdiction de retour du territoire français dont M. B... précédemment mentionnée, pour une durée d’un an. Le 10 février 2026, M. B... a été interpellé par les services de police. Par les arrêtés attaqués du 11 février 2026, le préfet de la Seine-Maritime l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, et l’a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».

Il ressort des pièces du dossier que M. B..., dont il n’est pas contesté qu’il réside en France de manière continue depuis plus de quatre ans, est en couple depuis le mois de décembre 2023 avec une compatriote titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « talent : chercheur » valable jusqu’au 30 septembre 2027, avec laquelle il réside depuis peu à la date de la mesure d’éloignement en litige. Les billets de transport, photographies et attestation produites permettent de justifier de l’ancienneté et de la stabilité de cette relation, la compagne du requérant ayant en outre été présente à l’audience publique. Il ressort également des pièces du dossier que le frère de M. B..., titulaire d’une carte de résident valable jusqu’au 21 mai 2033, domicilié dans le département de la Mayenne, au sein duquel a résidé M. B..., a attesté maintenir « des liens familiaux étroits et réguliers » avec l’intéressé. Par ailleurs, le requérant justifie, par la production de bulletins de salaire pour la période du 25 octobre 2021 au 31 décembre 2024, d’une insertion professionnelle stable et durable depuis plus de quatre années en qualité de câbleur auprès de la société Fibrecom, devenue la société Pro Télécom, l’intéressé ayant précisé au cours de l’audience publique que son employeur ne lui délivrait plus de bulletins de paie en raison de l’irrégularité de sa situation administrative. Dans ces conditions, eu égard à la durée de présence de l’intéressé sur le territoire français, à la stabilité de la relation qu’il y a noué, et à la durée et la stabilité de son insertion professionnelle, et alors même qu’il n’est pas dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine, la décision portant obligation de quitter le territoire en litige a porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de M. B... et a méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Il résulte de ce qui précède que M. B... est fondé à demander l’annulation de la décision du 11 février 2026 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime l’a obligé à quitter le territoire français. Par voie de conséquence, il y a lieu d’annuler les décisions du même jour portant refus d’octroi d’un délai de départ volontaire, fixation du pays de destination de cette mesure d’éloignement, et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, ainsi que l’arrêté du 11 février 2026 portant assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.


D E C I D E :


Article 1er : L’arrêté du 11 février 2026 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. B... à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans est annulé.

Article 2 : L’arrêté du 11 février 2026 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a assigné M. B... à résidence pour une durée de quarante-cinq jours est annulé.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet de la Seine-Maritime.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2026.


La magistrate désignée,


Signé :


D. Thielleux


La greffière,


Signé :


A. Tellier
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions