Le Tribunal administratif de Rouen, statuant par ordonnance, a été saisi d'un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Il a estimé ne pas être le juge territorialement compétent pour connaître de cette affaire. Le tribunal a donc ordonné la transmission du dossier au Tribunal administratif de Nantes, au motif que le requérant résidait à Angers (Maine-et-Loire) à la date de la décision attaquée, conformément aux articles R. 312-8 et R. 221-3 du code de justice administrative. La procédure particulière de jugement en rétention n'était plus applicable puisque le requérant avait été remis en liberté.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 et 20 février 2026, M. B... A... demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du préfet de Maine-et-Loire du 17 février 2026 portant obligation de quitter sans délai le territoire français, fixant le pays de destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et de procéder, en conséquence, à l’effacement de son signalement aux fins de non admission dans le Système d’Information Schengen ;
2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de procéder au réexamen de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 février 2026, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête ;
Vu :
- les autres pièces du dossier.
- la décision de la présidente du tribunal donnant délégation notamment à M. Banvillet, vice-président, en matière de renvois prévus par l’article R. 351-3 du code de justice administrative ;
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 351-3 du code de justice administrative : « Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président (…) transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente. (…) » Aux termes de l’article R. 312-8 du même code : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions (…). » Aux termes de l’article R. 221-3 du même code : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : (…) / Nantes : Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe, Vendée (…). »
Il résulte des articles L. 921-2 et L. 921-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu organiser une procédure particulière afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l’éloignement d’un étranger placé en rétention administrative. Lorsqu’il est mis fin, pour quelque raison que ce soit, à la rétention, le jugement des conclusions dont l’étranger avait saisi le tribunal dans le ressort duquel est situé le lieu de rétention ne relève plus de cette procédure.
M. A... a été placé au centre de rétention administrative de Rouen-Oissel le 17 février 2026. Par ordonnance du 22 février 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen a ordonné sa remise en liberté. Il ressort des pièces du dossier que M. A... résidait, à la date de la décision attaquée, à Angers, dans le département de la Maine-et-Loire. Dès lors, il y a lieu de transmettre le dossier de la requête au tribunal administratif de Nantes.
O R D O N N E :
Article 1er : Le dossier de la requête de M. A... est transmis au tribunal administratif de Nantes.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., au préfet de Maine-et-Loire et au président du tribunal administratif de Nantes.
Fait à Rouen, le 27 février 2026.
Le vice-président,
Signé :
M. BANVILLET