Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant par ordonnance, rejette une requête en remise gracieuse d'une suspension de permis de conduire. Le juge estime que la demande, qui ne conteste pas la décision préfectorale mais sollicite son remplacement par un éthylotest anti-démarrage, ne constitue pas un recours contentieux recevable. La requête est jugée manifestement irrecevable car elle ne comporte pas de conclusions soumises au juge et relève d'un recours gracieux, en application des articles R. 411-1 et R. 222-1 4° du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mars 2026, M. B... A... saisit le tribunal d’une demande de remise gracieuse de la mesure de suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois prononcée par le préfet de la Seine-Maritime par arrêté du 12 février 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours (…) peuvent, par ordonnance : / (...) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. / (…) ».
En vertu de l’article R. 411-1 dudit code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. (…) ». Aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête, doit, à peine d’irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l’acte attaqué (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 de ce code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. (…) »
Il résulte des dispositions citées au point précédent que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d’annulation d’une décision administrative ou à fin de condamnation de l’administration au paiement d’une indemnité, et que les requêtes doivent comporter l’énoncé des conclusions soumises au juge. Par ailleurs, en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n’appartient au juge administratif ni d’adresser des injonctions à l’administration ni de faire lui-même œuvre d’administrateur en se substituant à celle-ci.
M. A..., qui indique dans sa requête ne pas contester les motifs pour lesquels le préfet de la Seine-Maritime a prononcé la suspension de son permis de conduire, sollicite la bienveillance du tribunal et lui demande de substituer à cette mesure la mise en place d’un dispositif d’éthylotest anti-démarrage dans son véhicule. Cette requête, qui ne comporte aucune conclusion soumise au juge au sens de l’article R. 411-1 du code de justice administrative, doit s’analyser comme un recours gracieux dont il n’appartient pas au juge administratif de connaître.
Par suite, la requête de M. A... est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Rouen, le 31 mars 2026.
Le vice-président,
M. C...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.