Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant par ordonnance, rejette une requête en excès de pouvoir visant à obtenir la requalification d'une infraction pour excès de vitesse et un aménagement de la suspension du permis de conduire. Il juge la demande manifestement irrecevable, car le juge administratif n'a pas compétence pour requalifier une infraction routière ni pour adresser des injonctions à l'administration dans ce domaine. La décision s'appuie sur les articles R. 411-1 et R. 222-1 du code de justice administrative, qui exigent des conclusions précises et limitent le pouvoir du juge.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mars 2026, M. A... B... saisit le tribunal d’une demande de requalification de l’infraction d’excès de vitesse qu’il a commise le 27 février 2026 et qui a conduit le préfet de l’Eure à prononcer la suspension provisoire de la validité de son permis de conduire pour une durée de quatre mois ou, à défaut, une réduction de la durée de cette mesure de suspension.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours (…) peuvent, par ordonnance : / (...) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. (…) ». En vertu de l’article R. 411-1 dudit code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. (…) ». Aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête, doit, à peine d’irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l’acte attaqué (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 de ce code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (…) ».
Il résulte des dispositions citées au point précédent que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d’annulation d’une décision administrative ou à fin de condamnation de l’administration au paiement d’une indemnité, et que les requêtes doivent comporter l’énoncé des conclusions soumises au juge. Par ailleurs, en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n’appartient au juge administratif ni d’adresser des injonctions à l’administration ni de faire lui-même œuvre d’administrateur en se substituant à celle-ci. Dans ces conditions, la requête de M. B... ne comporte aucune conclusion pouvant être soumise au juge au sens de l’article R. 411-1 du code de justice administrative en ce qu’il n'appartient au juge administratif ni de procéder à la requalification d’une infraction au code de la route ni de faire preuve de bienveillance en procédant notamment à l’aménagement de la durée d’une mesure de suspension provisoire de la validité d’un permis de conduire.
Par suite, la requête de M. B... est manifestement irrecevable et doit être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Rouen, le 3 avril 2026.
Le vice-président,
M. C...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.