jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1803489 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ARENTS-TRENNEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 avril 2018, M. L D, représenté par la SCP Arents Trennec, agissant par Me Trennec, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 janvier 2018 par laquelle la directrice de l'établissement public départemental autonome (EPDA) Foyer de l'enfance de Meaux a décidé de ne pas renouveler son contrat de travail ;
2°) de mettre à la charge de l'EPDA Foyer de l'enfance de Meaux la somme de 2 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est entachée d'inexactitude matérielle, en ce qu'aucune évolution du contenu du poste d'agent technique n'a été mise en place ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que son profil lui permettait de continuer à exercer ses fonctions.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 juillet 2019, l'EPDA Foyer de l'enfance de Meaux, représenté par la Selarl Minier-Maugendre et associées, agissant par Me Lacroix, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. D de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en l'absence de reprise de l'instance engagée par M. D, décédé, par des ayants droit, la requête de feu M. D sera irrecevable ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés par la requête sont inopérants ou infondés.
Par un mémoire enregistré le 18 juin 2019, MM. E, C, F et B D, ainsi que Mme J D, assistée de Mme K H, sa curatrice et Mme A D, mineure, représentée par Mme I G, déclarent reprendre l'instance engagée par M. L D, décédé le 2 février 2019.
Par ordonnance du 27 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 19 mai 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la délibération n° CD-2021/05/28-4/01 du conseil départemental de Seine-et-Marne du 28 mai 2021 ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Leconte, rapporteure,
- les conclusions de Mme Mentfakh, rapporteure publique,
- et les observations de Me Neven, représentant l'EPDA Foyer de l'enfance de Meaux, aux droits duquel intervient le département de Seine-et-Marne, à compter du 1er janvier 2023.
Une pièce présentée pour le département de Seine-et-Marne a été enregistrée le 1er juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. L D a été recruté, à compter du 20 septembre 2012, sous couvert de contrats à durée déterminée, régulièrement renouvelés par le foyer de l'enfance de Meaux, établissement public départemental autonome dissout aux droits duquel vient désormais le département de Seine-et-Marne, depuis le 1er janvier 2023, en vertu de la délibération susvisée du conseil départemental votée en sa séance du 28 mai 2021. Il a ainsi exercé au sein du foyer, en qualité d'ouvrier professionnel qualifié, les fonctions d'agent d'entretien. L'intéressé a, en dernier lieu, conclu avec le même employeur un contrat à durée déterminée pour la période du 1er janvier au 31 mars 2018 inclus. Par décision du 25 janvier 2018, dont les ayants-droit de M. L D demandent l'annulation, la directrice du Foyer de l'enfance de Meaux a informé ce dernier du non-renouvellement son contrat de travail.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 25 janvier 2018 :
2. En premier lieu, un agent dont le contrat est arrivé à échéance n'a aucun droit au renouvellement de celui-ci. Il en résulte que, alors même que la décision de ne pas renouveler ce contrat serait fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur l'aptitude professionnelle de l'agent et, de manière générale, sur sa manière de servir, se trouvant alors prise en considération de la personne, elle n'est, sauf à revêtir le caractère d'une sanction disciplinaire, pas au nombre de celles qui doivent être motivées.
3. La décision de ne pas renouveler un contrat à durée déterminée n'est pas au nombre des actes qui retirent ou abrogent une décision créatrice de droits et, ainsi, elle n'entre pas dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration. En outre, il n'est pas allégué que la décision en litige revêt le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté en raison de son inopérance.
4. En second lieu, ainsi qu'il vient d'être dit, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler ou de proposer à l'agent, sans son accord, un nouveau contrat substantiellement différent du précédent, que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent.
5. A l'appui de nombreuses pièces versées aux débats, notamment des factures de novembre 2016 à octobre 2017, correspondant au type de travaux alors externalisés, ainsi que la fiche de poste de M. D, et celle élaborée à l'issue de la réorganisation du service, mentionnant désormais un emploi d'agent de maintenance générale, l'administration fait valoir avoir poursuivi, à l'issue d'une réflexion engagée fin 2017, la réorganisation du service dédié à l'entretien de l'établissement, dans lequel travaillait l'intéressé, afin de réaliser des économies en internalisant certaines tâches, en particulier les petits travaux électriques et de plomberie, compte tenu du coût des interventions par les prestataires privés. Alors qu'en outre, il a été souhaité que les agents de ce service assurent désormais des tâches liées à la sécurité générale de l'établissement, l'administration soutient que le profil de poste de ces agents a évolué, dans le sens d'un élargissement du portefeuille de missions et d'une plus grande spécialisation, impliquant des savoir-faire techniques spécifiques, outre des compétences rédactionnelles et bureautiques, ainsi qu'une habilitation électrique. Elle fait valoir que, dans ce contexte, le profil de M. D, recruté sur des fonctions d'entretien réalisées pour partie par le suivi de prestations externes, ne correspondait plus aux besoins du service tels que redéfinis. Or, les contestations du requérant, qui se borne à affirmer qu'" aucune évolution du contenu du poste d'agent technique n'a été mise en place " et que son profil " lui permettait de continuer à occuper ses fonctions ", sans apporter ni précision, ni élément à l'appui de ses contestations, ne permettent pas de tenir pour inexactes les justifications apportées par l'administration, ni davantage, de regarder la décision en litige comme dépourvue de justification tenant à l'intérêt du service. En conséquence, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les ayants-droit de M. L D ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision prise par la directrice du Foyer de l'enfance de Meaux le 25 janvier 2018.
Sur les frais liés au litige :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par l'établissement public départemental autonome Foyer de l'enfance de Meaux au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions du même article font obstacle à ce que la somme demandée sur le même fondement par la partie requérante soit mise à la charge de l'administration.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des ayants-droit de M. D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'EPDA Foyer de l'enfance de Meaux sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, à M. C D, à M. F D, à M. B D, à Mme J D, à Mme I G, représentant Mme A D et au département de Seine-et-Marne, venant aux droits de l'établissement public départemental autonome (EPDA) Foyer de l'enfance de Meaux.
Copie en sera adressée à Mme K H, curatrice de Mme J D.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 juin 2023.
La rapporteure,
S. LECONTELa présidente,
M. LOPA DUFRÉNOT
La greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026