mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1805377 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | FRESARD SEBTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 juin 2018, 20 novembre 2018, 26 juillet 2019 et 27 février 2020, ainsi qu'un mémoire récapitulatif produit à la demande de la présidente de la formation de jugement en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administratif et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 29 octobre 2020 et 29 septembre 2021, Mme A B, représentée par Me Frésard, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 26 janvier 2018 par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale ;
3°) en tout état de cause, de mettre à la charge du département du Val-de-Marne la somme de 500 euros à lui verser au titre des articles 75-I et 43 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et la somme de 2 400 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 75-I et 37 de cette même loi.
Elle soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que l'imputabilité de sa pathologie au service est établie.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 18 avril 2019, 30 septembre 2019 et 22 septembre 2020, ainsi qu'un mémoire récapitulatif produit à la demande de la présidente de la formation de jugement en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administratif et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 1er décembre 2020 et 14 février 2022, le département du Val-de-Marne, représenté par le président du conseil départemental en exercice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, dès lors qu'elle est dépourvue de l'exposé de moyens à l'appui des conclusions d'annulation présentées ;
- la production d'un mémoire complémentaire par le conseil de la requérante, enregistré le 20 novembre 2018, intervenu après l'expiration du délai de recours contentieux courant contre la décision contestée, n'a pas été susceptible de régulariser le vice affectant la requête initiale ;
- le moyen soulevé par la requérante n'est pas fondé.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 mai 2018.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mentfakh, conseillère,
- et les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a intégré les services du département du Val-de-Marne en juin 1988 en qualité d'agent contractuel pour exercer les fonctions d'assistante de service social contractuelle. En décembre 1989, elle a été titularisée dans le grade d'assistant(e) social(e) territorial(e). Par un courrier du 23 janvier 2017, reçu le 25 avril 2017, Mme B a saisi le président du conseil départemental du Val-de-Marne d'une demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie. Par une décision du 26 janvier 2018, dont l'intéressée demande l'annulation, le président du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie pour l'arrêt de travail du 19 novembre au 27 novembre 2016.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ". L'article 16 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, dans sa version applicable au litige, abrogé depuis par le décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale, dispose : " Sous réserve du deuxième alinéa du présent article, la commission de réforme prévue par le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 modifié relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales est obligatoirement consultée dans tous les cas où un fonctionnaire demande le bénéfice des dispositions de l'article 57 (2°, 2e alinéa) de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. Le dossier qui lui est soumis doit comprendre un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive compétent à l'égard du fonctionnaire concerné. / Lorsque l'administration est amenée à se prononcer sur l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident, elle peut, en tant que de besoin, consulter un médecin expert agréé. / La commission de réforme n'est pas consultée lorsque l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident est reconnue par l'administration. La commission de réforme peut, en tant que de besoin, demander à l'administration de lui communiquer les décisions reconnaissant l'imputabilité ". L'article 21 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière prévoit : " La commission de réforme donne son avis sur l'imputabilité au service ou à l'un des actes de dévouement prévus aux articles 31 et 36 du décret du 26 décembre 2003 susvisé de l'infirmité pouvant donner droit aux différents avantages énumérés à l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisé et aux articles 41 et 41-1 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée () ".
3. Les droits des agents publics en matière de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle la maladie est diagnostiquée.
4. Dès lors que la pathologie dont souffre Mme B, en lien avec l'arrêt de travail du 19 novembre et 27 novembre 2016 en litige, se serait déclarée, selon la requérante, en 1993, il convient de se référer aux dispositions du 2ème alinéa du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans leur version antérieure à leur modification par l'ordonnance du 19 janvier 2017 et aux dispositions réglementaires alors en vigueur prises pour son application.
5. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. Il en résulte qu'à défaut de démonstration de circonstances particulières tenant aux conditions de travail de l'agent, qui seraient de nature à conduire tout agent exposé à ces conditions à développer la pathologie dont il souffre, cette pathologie ne peut être regardée comme imputable au service.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a fait l'objet d'un arrêt de travail du 19 novembre et 27 novembre 2016 en raison de " troubles anxio-dépressifs ". A la suite du rapport de l'expert médecin neuropsychiatre, établi le 31 août 2018, la commission de réforme a émis, le 11 décembre 2017, un avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de cet arrêt de travail et les soins correspondant à la période comprise entre le 26 novembre 2016 et le 28 janvier 2017, au motif que la preuve d'un lien direct entre la pathologie dont souffre l'agente et l'exercice de ses fonctions n'est pas apportée. Le président du conseil départemental du Val-de-Marne s'est fondé sur cet avis pour prendre la décision contestée.
7. Pour soutenir que ce dernier a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation, l'agente soutient, au contraire, que la pathologie dont elle souffre, qui se caractérise par des troubles du comportement, des troubles psychopathologiques et des pathologies physiques d'ordre divers, trouve sa cause directe dans le service, précisément, dans les conditions d'exercice de son emploi d'assistante sociale et les nombreuses décisions de son employeur ayant refusé de faire droit à ses demandes de changement de filière dans le secteur culturel et au bénéfice de formations pour exercer dans ce domaine et se préparer aux concours. Toutefois, aussi nombreuses qu'elles soient, les innombrables pièces médicales produites aux débats par la requérante qui, soit se bornent à faire état des déclarations de l'intéressée, soit restent au stade de la présentation d'une hypothèse, et pour la majorité d'entre elles, même les plus récentes, ne portent que sur la période de 2001 à 2008, ne se prononcent pas sur le lien direct de l'affection de Mme B avec l'exercice de ses fonctions ou avec ses conditions de travail. Le rapport du médecin neuropsychiatre expert établi le 31 août 2018, à la demande de la commission de réforme, porte principalement sur l'origine de la pathologie de l'intéressée et ne se prononce ni sur l'évolution de sa pathologie, ni sur l'incidence de sa longue rupture avec le service, ni enfin, sur les causes actuelles de sa pathologie. Dès lors que, d'une part, plus de vingt ans se sont écoulés entre la déclaration de la pathologie au cours de l'année 1993 et l'arrêt de travail en cause, d'autre part, la requérante n'exerce plus aucune fonction d'assistante sociale au sein du département du Val-de-Marne depuis 2001, enfin, elle n'a plus eu aucune activité au sein de l'administration depuis le 20 octobre 2008, les conclusions de ce rapport sont insuffisantes pour démontrer que l'arrêt de travail et les soins en litige sont en lien direct et certain avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause. La seule circonstance qu'elle présente de manière continue un syndrome dépressif depuis 1993 n'est pas, par elle-seule, de nature à établir ce lien, à la date de la décision attaquée. En outre, la commission de réforme a estimé, quant à elle, que la pathologie de la requérante n'était pas imputable au service. Dès lors, en refusant, par la décision en litige, de reconnaître comme imputable au service la maladie dont souffre cette dernière, le président du conseil départemental du Val-de-Marne n'a pas porté une appréciation erronée.
8. Il résulte de ce qui précède que, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 26 janvier 2018 par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du CJA font obstacle à ce que soit mise à la charge du département du Val-de-Marne, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, les sommes dont Mme B demande le versement à son profit ainsi qu'à son conseil, en application respectivement des articles 75-I et 43 et des articles 75-I et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au département du Val-de-Marne et à Me Frésard.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Mentfakh, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
L. MENTFAKH
La présidente,
M. C
La greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. TRÉMOUREUX
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026