jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1805820 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI POTIER-SELLIN |
Vu la procédure suivante :
Par jugement avant dire droit du 30 septembre 2021, le tribunal administratif de Melun, statuant sur la requête de Mme A B tendant, d'une part, à titre principal, à enjoindre à l'Etat de lui verser une allocation temporaire d'invalidité réparant les séquelles de l'accident de service du 21 mars 2011 à compter du 20 novembre 2015, de condamner l'Etat à lui verser une somme de 6 500 euros en réparation des souffrances qu'elle estime avoir endurées à la suite de l'accident de service du 21 mars 2011, majorée des intérêts au taux légal à compter du 11 septembre 2016, de condamner l'Etat au paiement d'une somme de 36 187 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire qu'elle estime avoir subi du 21 mars 2011 au 20 novembre 2015, majorée des intérêts au taux légal à compter du 11 septembre 2016, de condamner l'Etat au paiement d'une somme de 2 000 euros en réparation du préjudice résultant du retard dans le versement de l'allocation temporaire d'invalidité à la suite des fautes commises, majorée des intérêts au taux légal à compter du 11 septembre 2016, d'ordonner l'exécution provisoire du jugement et, à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise avant dire droit afin d'évaluer ses préjudices extrapatrimoniaux et, d'autre part, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, a, d'une part, condamné l'Etat à verser à Mme B une somme de 800 euros en réparation du préjudice moral résultant du retard dans la mise en paiement de son allocation temporaire d'invalidité allouée au titre de la période du 20 novembre 2015 au 19 novembre 2020, assortie des intérêts au taux légal à compter du 21 mars 2018, rejeté les conclusions de Mme B tendant à enjoindre à l'Etat de lui verser une allocation temporaire d'invalidité à compter du 20 novembre 2015 et à l'exécution provisoire du jugement et, d'autre part, ordonné avant dire droit une expertise médicale en vue de l'évaluation des préjudices de Mme B.
Par une ordonnance du 11 octobre 2021, la présidente de la 6ème chambre du tribunal a désigné le docteur F E comme expert.
Par une ordonnance du 25 octobre 2021, la présidente de la 6ème chambre du tribunal a accordé à l'expert une allocation provisionnelle d'un montant de 1 500 euros mise à la charge du Rectorat de l'Académie de Créteil.
L'expert a déposé son rapport au greffe le 22 mars 2022.
Par un mémoire, enregistré le 17 mai 2022, le recteur de l'académie de Créteil conclut à ce que l'indemnité destinée à réparer les préjudices subis par Mme B soit limitée à la somme globale de 10 544 euros.
Par ordonnance du 21 avril 2022, les frais et honoraires de l'expertise ont été liquidés et taxés définitivement à la somme de 1 500 euros TTC.
Par une ordonnance du 19 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 juin 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
Sur l'évaluation des préjudices :
1. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise établi le 20 novembre 2015 par le docteur D, que l'état de santé de Mme B doit être regardé comme ayant été consolidé à la date du 20 novembre 2015.
2. En second lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du docteur E et malgré une erreur de plume sur l'année à partir de laquelle le préjudice a été subi, que Mme B a souffert d'un déficit fonctionnel temporaire total entre les 21 mars 2011 et 20 novembre 2015, soit sur une durée de 1 705 jours, résultant de la nécessité du port d'un collier cervical, d'une genouillère, de l'utilisation d'une canne et d'un suivi au centre antidouleurs, évalué à hauteur de 33%. Par ailleurs, il y a lieu, comme le proposent les parties, de retenir pour le calcul de l'indemnisation de ce préjudice un taux journalier de 25 euros, soit en l'espèce, compte tenu du pourcentage précité, un taux de 8, 25 euros dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il serait sous-évalué. Ainsi, eu égard à la durée de ce déficit et à son ampleur, il sera fait une exacte appréciation de ce chef de préjudice en évaluant l'indemnité le réparant à la somme de 14 066, 25 euros.
3. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise précité, que les souffrances endurées par Mme B ont été évaluées à 2,5 sur une échelle allant de 1 à 7. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en évaluant l'indemnité due à ce titre à la somme de 2 750 euros.
Sur les intérêts :
4. Il résulte de ce qui précède que le présent jugement condamne l'Etat à verser à Mme B une somme de 16 816, 25 euros. Il y a lieu d'assortir cette somme des intérêts au taux légal à compter du 21 mars 2018, date à laquelle la demande préalable indemnitaire de l'intéressée a été reçue par l'administration.
Sur les dépens :
5. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
6. Les frais et honoraires d'expertise, taxés et liquidés à la somme totale de 1 500 euros TTC par ordonnance du 21 avril 2022, sont mis à la charge du rectorat de l'académie de Créteil.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du rectorat de l'académie de Créteil la somme de 1 500 euros à verser à Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le rectorat de l'académie de Créteil est condamné à verser la somme de 16 816, 25 euros à Mme B, assortie des intérêts au taux légal à compter du 21 mars 2018.
Article 2 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 500 euros, sont mis à la charge définitive du rectorat de l'académie de Créteil.
Article 3 : Le rectorat de l'académie de Créteil versera à Mme B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au recteur de l'académie de Créteil, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et au ministre de l'économie et des finances, et de la souveraineté industrielle et numérique.
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Lu en audience publique le 20 octobre 202Le rapporteur,
J.-N. C
Le président,
S. DEWAILLY
La greffière,
H. BOURDAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026