vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1809705 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BERNARD - VIDECOQ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 novembre 2018, 4 octobre 2019 et le 6 mars 2020, M. B C, représenté par Me Videcoq, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 avril 2018 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé son licenciement pour faute d'une gravité suffisante ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient dans le dernier état de ses écritures que :
- le principe du contradictoire n'a pas été respecté aux motifs qu'il n'a pas eu connaissance des pièces jointes et témoignages produites par l'employeur avec la demande d'autorisation de licenciement et qu'il n'a pas eu accès au procès-verbal ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation s'agissant des motifs retenus pour justifier le licenciement pour faute d'une gravité suffisante ;
- la décision autorisant le licenciement n'a pas respecté la présomption d'innocence ainsi que le principe du doute profitant au salarié ;
- la qualification disciplinaire du licenciement est mal fondée ;
- les griefs qui lui sont reprochés ne sont pas établis ;
- la décision se contentant d'affirmer l'absence de lien avec le mandat syndical du licenciement sans aucune investigation est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- la décision de licenciement porte une atteinte disproportionnée au regard de son état de santé, de ses possibilités d'emplois et de ses conditions d'existences.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2019, la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi du travail et des solidarités (DRIEETS anciennement DIRECCTE) conclut au rejet de la requête.
Par des mémoires en défense enregistrés le 26 février 2019 et le 7 février 2020, la société APF France Handicap, représenté par Me Picard, conclut au rejet de la requête.
Par une ordonnance du 17 novembre 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 17 décembre 2020.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 septembre 2018.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Hy, rapporteur public,
- et les observations de Me Videcoq, représentant de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été recruté par la société APF France Handicap en contrat à durée déterminée puis en contrat à durée indéterminée à compter du 16 octobre 2009 en tant qu'opérateur de saisie. Il était investi des mandats de délégué syndical jusqu'au 31 octobre 2017, de délégué du personnel jusqu'au 18 octobre 2017 et de membre du comité d'hygiène de sécurité et des conditions du travail d'octobre 2014 jusqu'au 3 novembre 2017. Par un courrier en date du
11 janvier 2018, il a été convoqué à un entretien préalable le 24 janvier 2018 au motif qu'il a refusé de reprendre son poste le 10 janvier 2018 auquel il ne s'est pas présenté. Le 22 janvier 2018 à la suite d'une altercation verbale avec son directeur dans le bureau de ce dernier, il a fait une tentative de suicide. Il a été en arrêt de travail du 22 au 24 janvier 2018 en raison d'anxiété réactionnelle au travail. Le 25 janvier 2018, il a été convoqué à un nouvel entretien préalable fixé au 7 février 2018, cette convocation étant assortie d'une mise à pied à titre conservatoire. Le
15 février 2018, il a été convoqué à une réunion extraordinaire du comité d'entreprise prévue le 26 février 2018 à la suite de laquelle son employeur a sollicité de l'inspection du travail l'autorisation de licencier M. C pour faute. Par une décision du 13 avril 2018 l'inspecteur du travail a autorisé son licenciement. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des articles R. 2421-4 et R. 2421-11 du code du travail, s'agissant des demandes d'autorisation de licenciement des différentes catégories de salariés investis d'un mandat représentatif : " L'inspecteur du travail procède à une enquête contradictoire au cours de laquelle le salarié peut, sur sa demande, se faire assister d'un représentant de son syndicat () ".
3. Le caractère contradictoire de l'enquête menée conformément aux articles
R. 2421-4 et R. 2421-11 du code du travail impose à l'autorité administrative, saisie d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé fondée sur un motif disciplinaire, d'informer le salarié concerné des agissements qui lui sont reprochés et de l'identité des personnes qui en ont témoigné. Il implique, en outre, que le salarié protégé soit mis à même de prendre connaissance de l'ensemble des pièces produites par l'employeur à l'appui de sa demande, dans des conditions et des délais lui permettant de présenter utilement sa défense, sans que la circonstance que le salarié est susceptible de connaître le contenu de certaines de ces pièces puisse exonérer l'inspecteur du travail de cette obligation. C'est seulement lorsque l'accès à certains de ces éléments serait de nature à porter gravement préjudice à leurs auteurs que l'inspecteur du travail doit se limiter à informer le salarié protégé, de façon suffisamment circonstanciée, de leur teneur. Il appartient à l'administration, saisie d'une demande présentée par le salarié concerné par la procédure de licenciement et tendant à ce que, faute d'y avoir eu accès, copie lui soit donnée des pièces produites par l'employeur à l'appui de sa demande d'autorisation de licenciement, d'assurer à ce salarié la possibilité soit de consulter librement ces pièces et d'en prendre copie, soit de lui en adresser une copie, le cas échéant sous forme dématérialisée.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'inspecteur du travail a indiqué à M. C dans le courrier du 19 mars 2018 par lequel il l'informait de la tenue de l'enquête contradictoire le 4 avril 2018, qu'au cours de cette réunion l'ensemble des documents joints à la demande de son employeur lui seraient présentées. Toutefois, par un courrier du 24 mai 2018, postérieur à la tenue de l'enquête, M. C a indiqué à l'inspection du travail ne pas avoir eu accès au procès-verbal du comité d'entreprise en date du 26 février 2018, pièce qui doit obligatoirement être produite par l'employeur à l'appui de sa demande en application des dispositions de l'article R. 2421-10 du code du travail. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'inspecteur du travail aurait répondu à la demande du requérant. Par suite, dans les circonstances de l'espèce,
M. C est fondé à soutenir que le caractère contradictoire de l'enquête menée par l'inspecteur du travail a été méconnu.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il ne soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 13 avril 2018 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé le licenciement de M. C doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
6. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 800 euros à verser à Me Videcoq, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de l'inspecteur du travail du 13 avril 2018 autorisant le licenciement de M. C est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à Me Videcoq, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, la somme de 1 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Videcoq, à la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi du travail et des solidarités et à la société APF France Handicap.
Délibéré après l'audience du 3 juin 2022 à laquelle siégeaient :
M. Bruand, président-rapporteur,
Mme Vergnaud, première conseillère,
Mme Norval-Grivet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
Le président-rapporteur,
T. AL'assesseure la plus ancienne,
E. VergnaudLa greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026