mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1901061 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GOUTAL ALIBERT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 février 2019, M. B A, représenté par Me Thienemann, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 juin 2018 par laquelle le maire de Villeneuve-le-Roi a refusé de renouveler son contrat de travail arrivant à terme le 31 août 2018 ;
2°) d'enjoindre au maire de Villeneuve-le-Roi de procéder à sa réintégration en qualité de fonctionnaire, conformément au dispositif d'accès à l'emploi titulaire instauré par la loi n° 2012-347 du 12 mars 2012 relative à l'accès à l'emploi titulaire et à l'amélioration des conditions d'emploi des agents contractuels dans la fonction publique, à la lutte contre les discriminations et portant diverses dispositions relatives à la fonction publique, prolongé de deux années par la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 relative à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-le-Roi la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est dépourvue d'une motivation en droit et en fait ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2020, la commune de Villeneuve-le-Roi, représentée par Me Alibert, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- elle est également irrecevable en ce qu'elle tend au prononcé d'une injonction à titre principal, à savoir la titularisation de l'intéressé par l'autorité territoriale sur le fondement des dispositions de la loi du 12 mars 2012 susvisée ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 6 octobre 2021 à 12 h 00.
Par un courrier du 1er juin 2022, des pièces complémentaires ont été demandées à la commune de Villeneuve-le-Roi pour compléter l'instruction, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Le 2 juin 2022, le défendeur a produit les pièces demandées, lesquelles ont été communiquées le 3 juin 2022 au requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2012-347 du 12 mars 2012 ;
- la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mentfakh, conseillère,
- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Degirmenci, représentant la commune de Villeneuve-le-Roi.
Considérant ce qui suit :
1. Par des contrats de travail à durée déterminée conclus successivement à compter du 21 septembre 2009, M. B A a, en qualité d'adjoint technique municipal de deuxième classe pour occuper, exercé les fonctions d'agent d'entretien des espaces verts au sein du centre technique de la commune de Villeneuve-le-Roi. Par un courrier du 14 mars 2018, M. A a saisi le maire de la commune de Villeneuve-le-Roi d'une demande tendant à sa stagiairisation en vue de sa titularisation au sein de la fonction publique territoriale en application du dispositif de la loi dite " Sauvadet ". Le silence gardé pendant plus de deux mois sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Par une décision du 11 juin 2018, notifiée le 15 juin 2018, le maire de la commune de Villeneuve-le-Roi a refusé de renouveler le contrat de travail arrivant à terme le 31 août 2018 de l'intéressé. Par un courrier du 18 juin 2018, l'agent a formé un recours gracieux contre les deux décisions précitées. Le silence gardé pendant plus de deux mois sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Par un courrier du 24 octobre 2018, l'intéressé a, par l'intermédiaire de son conseil, réitéré son recours gracieux. Le silence gardé pendant plus de deux mois sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Par sa requête, M. A demande l'annulation de la décision du 11 juin 2018 précitée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent () ". L'article L. 211-5 du même code dispose : " La motivation () doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. D'une part, une décision de non-renouvellement d'un contrat de travail, y compris lorsqu'elle est prise en considération de la personne et sauf à revêtir le caractère d'une mesure disciplinaire, n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées en application des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration.
4. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision du maire de la commune de Villeneuve-le-Roi de ne pas renouveler le contrat de travail de M. A, à laquelle aucune faute n'a pas été reprochée et qui est fondée sur des motifs tirés notamment de sa manière de servir, constituerait une mesure disciplinaire. Dans ces circonstances, le requérant ne peut davantage utilement invoquer la méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration pour soutenir que la décision contestée est illégalement dépourvue d'une motivation en droit et en fait.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au présent litige : " () La notification de la décision finale doit être précédée d'un entretien lorsque le contrat est susceptible d'être reconduit pour une durée indéterminée ou lorsque la durée du contrat ou de l'ensemble des contrats conclus sur emploi permanent conformément à l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée est supérieure ou égale à trois ans () ".
6. Il ressort des pièces du dossier, appuyées par les allégations en défense de la commune de Villeneuve-le-Roi, non contestées par M. A, que ce dernier a été recruté en qualité d'adjoint technique contractuel à temps complet au titre de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. Dès lors que le requérant n'a pas été recruté sur le fondement des dispositions de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984, la décision de non-renouvellement de son contrat n'avait pas à être obligatoirement précédée d'un entretien préalable. Par suite, en s'abstenant de procéder à un tel entretien avant de notifier à l'intéressé la décision de ne pas renouveler son contrat de travail, contrairement à ce que soutient le requérant, le maire de Villeneuve-le-Roi n'a pas méconnu l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 susvisé.
7. En troisième lieu, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler ou de proposer à l'agent, sans son accord, un nouveau contrat substantiellement différent du précédent, que pour un motif tiré de l'intérêt du service et ne révélant ni inexactitude matérielle des faits, ni erreur manifeste d'appréciation, ni détournement de pouvoir. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent.
8. Pour prendre la décision contestée, le maire de Villeneuve-le-Roi a considéré que la manière de servir du requérant au sein du centre technique municipal dans lequel il est affecté n'était pas satisfaisante. M. A soutient qu'il a toujours donné entière satisfaction à ses supérieurs hiérarchiques à l'occasion de l'exercice de ses fonctions d'agent d'entretien des espaces verts du 21 septembre 2009 au 31 août 2018 correspondant à la période de son engagement au sein de la commune. En outre, il se prévaut d'avoir suivi plusieurs formations entre 2010 et 2014 en vue de développer ses compétences en lien avec son poste, preuve de son implication et de son intégration au sein de son équipe.
9. D'une part, si les appréciations portées sur le compte-rendu de l'entretien professionnel au titre de l'année 2016 de l'agent et des fiches d'appréciation sur sa valeur professionnelle établies de 2010 à 2016, produits aux débats, présentent le requérant notamment comme un agent compétent, appliqué, dévoué et disponible, il ressort des pièces du dossier, notamment du compte-rendu de l'entretien professionnel au titre de l'année 2017, que les objectifs d'entretien des espaces verts et de création d'espaces verts qui lui ont été assignés n'ont été que partiellement atteints, ce qui a justifié leur reconduction pour l'année 2018. Il ressort également des fiches d'appréciation de la valeur professionnelle de l'intéressé, établies les 16 janvier 2018 et 11 juin 2018, que celui-ci ne démontre ses qualités professionnelles qu'avec " parcimonie " et qu'" il doit prendre de la maturité ". Enfin, son supérieur hiérarchique a fait état de ce que M. A a été vu à plusieurs reprises inactif sur des chantiers, son absence de motivation et de productivité l'obligeant à émettre un avis défavorable au renouvellement de son contrat de travail. Sur ces points, le requérant se borne à soutenir qu'aucun reproche concret à l'encontre de son travail ne lui a été formulé et que ses qualités professionnelles pour occuper son poste ont été reconnues par son nouveau supérieur hiérarchique, sans apporter d'élément voire des précisions sur les insuffisances qui lui ont été opposées.
10. D'autre part, pour justifier le non-renouvellement du contrat de travail de M. A, la commune de Villeneuve-le-Roi se fonde, par ailleurs, sur la mesure d'affectation d'un agent titulaire sur les fonctions auparavant dévolues à l'intéressé à la suite d'une réorganisation du centre technique municipal. Cette circonstance, dont il ressort des pièces du dossier, notamment de l'arrêté du 22 septembre 2003 portant titularisation de l'agent en cause et de la décision du 18 juillet 2018 portant affectation de ce dernier sur le poste occupé par le requérant, que sa réalité est matériellement établie, constitue un motif tiré de l'intérêt du service qui justifie à lui-seul le non-renouvellement du contrat de travail du requérant. Par suite, en prenant la décision contestée, le maire de Villeneuve-le-Roi n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
11. En dernier lieu, eu égard aux motifs pour lesquels le maire de la commune de Villeneuve-le-Roi a décidé de ne pas renouveler son contrat de travail, le requérant n'établit pas que la décision en litige est entachée d'un détournement de pouvoir.
12. Il résulte de tout ce qui précède que, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 11 juin 2018 par laquelle le maire de la commune de Villeneuve-le-Roi a refusé de renouveler son contrat de travail arrivant à terme le 31 août 2018.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions principales du requérant, n'implique aucune mesure d'exécution. Par conséquent, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être elles-mêmes rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Villeneuve-le-Roi, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme dont M. A demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
15. Compte tenu des circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant le versement à la commune de Villeneuve-le-Roi de la somme sollicitée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Villeneuve-le-Roi au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Villeneuve-le-Roi.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Mentfakh, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
L. MENTFAKH
La présidente,
M. C
La greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. TRÉMOUREUX
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026