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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-1901478

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1901478

jeudi 20 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1901478
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantALEXIA FASSEU AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 février 2019, le 7 novembre 2019 et le 24 mars 2023, la société en nom collectif Centre commercial Francilia, représentée par Me Fasseu, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 25 octobre 2018 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a fixé le tarif applicable aux locaux professionnels de la catégorie MAG 3 du secteur 6 du département de la Seine-et-Marne au titre de l'année 2019 ;

2°) d'enjoindre à cette autorité de prendre une nouvelle décision fixant le tarif applicable aux locaux professionnels de la catégorie MAG 3 du secteur 6 du département de la Seine-et-Marne pour l'année 2019, dans le délai de quatre mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- l'acte attaqué est entaché d'une erreur de droit dès lors que les dispositions de l'article 1518 ter du code général des impôts n'étaient pas entrées en vigueur à la date de son édiction ;

- par voie de conséquence, il est entaché d'une incompétence de son auteur et d'un vice de procédure dès lors, qu'en application de l'article 1504 du code général des impôts, il appartenait à la commission départementale des valeurs locatives des locaux professionnels de Seine-et-Marne de procéder à la mise à jour du tarif en litige et qu'elle n'a, en l'espèce, ni édicté la décision attaquée ni été saisie par l'administration fiscale ;

- elle entend, par voie d'exception, contester le tarif arrêté par la commission départementale des valeurs locatives des locaux professionnels de Seine-et-Marne, lequel est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense enregistré le 30 avril 2019 et le 4 février 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°2010-1658 du 29 décembre 2010 ;

- la loi n°2015-1786 du 29 décembre 2015 ;

- la loi n°2017-1775 du 28 décembre 2017 ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Billandon, présidente ;

- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 25 octobre 2018, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a fixé, au titre de l'année 2019, la valeur locative des locaux professionnels de la catégorie MAG 3 du secteur d'évaluation n°6 du département de la Seine-et-Marne. Par la présente requête, et dans le dernier état de ses écritures, la société en nom collectif Centre commercial Francilia, assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties à raison d'un centre commercial relevant de la catégorie MAG 3 du secteur d'évaluation n°6 à Lieusaint (77), demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens tirés de l'erreur de droit, de l'incompétence et du vice de procédure :

2. Aux termes de l'article 30 de la loi susvisée du 28 décembre 2017 de finances rectificative pour 2017 : " () 6° L'article 1498 est ainsi rédigé : Art. 1498. () II.- () B.-1. Il est constitué, dans chaque département, un ou plusieurs secteurs d'évaluation qui regroupent les communes ou sections cadastrales de communes qui, dans le département, présentent un marché locatif homogène. / Pour l'application du présent 1, le territoire de la métropole de Lyon est, avec le territoire du département du Rhône, assimilé au territoire d'un département. / 2. Les tarifs par mètre carré sont déterminés sur la base des loyers moyens constatés dans chaque secteur d'évaluation par catégorie de propriétés. / A défaut, lorsque les loyers sont en nombre insuffisant ou ne peuvent être retenus, ces tarifs sont déterminés par comparaison avec les tarifs fixés pour les autres catégories de locaux du même sous-groupe du même secteur d'évaluation. / A défaut d'éléments suffisants ou pouvant être retenus au sein du même secteur d'évaluation, ces tarifs sont déterminés par comparaison avec ceux qui sont appliqués pour des propriétés de la même catégorie ou, à défaut, du même sous-groupe dans des secteurs d'évaluation présentant des niveaux de loyers similaires, dans le département ou dans un autre département. / Les tarifs par mètre carré peuvent être majorés de 1,1,1,15,1,2 ou 1,3 ou minorés de 0,7,0,8,0,85 ou 0,9, par application d'un coefficient de localisation destiné à tenir compte de la situation particulière de la parcelle d'assise de la propriété au sein du secteur d'évaluation. () / () 10° L'article 1504 est ainsi rédigé : / Art. 1504.-I.-1. Pour la détermination des valeurs locatives des propriétés et fractions de propriétés mentionnées au I de l'article 1498, la commission départementale des valeurs locatives des locaux professionnels prévue à l'article 1650 B dispose d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle lui sont remis les avant-projets élaborés par l'administration fiscale pour établir des projets de : / a) Délimitation des secteurs d'évaluation prévus au 1 du B du II de l'article 1498 ; / b) Tarifs déterminés en application du 2 du même B ; / c) Définition des parcelles auxquelles s'applique le coefficient de localisation mentionné au même 2. () () 21° Le A du III de la section VI du chapitre Ier du titre Ier de la deuxième partie est complété par un article 1518 ter ainsi rédigé : / Art. 1518 ter.-I.-Les tarifs définis au 2 du B du II de l'article 1498 sont mis à jour par l'administration fiscale à partir de l'évolution des loyers constatés dans les déclarations prévues à l'article 1498 bis. Ces tarifs sont mis à jour chaque année dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. / Lorsque ces loyers sont en nombre insuffisant ou ne peuvent, compte tenu de leur montant par rapport au montant du loyer moyen du secteur d'évaluation, être retenus, ces tarifs sont mis à jour dans les conditions prévues au deuxième alinéa du IV ou, pour les propriétés situées sur le territoire de la métropole de Lyon, au dernier alinéa du même IV. Ces tarifs sont publiés et notifiés dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. / II.-La commission départementale des valeurs locatives des locaux professionnels prévue à l'article 1650 B peut modifier chaque année l'application des coefficients de localisation mentionnés au 2 du B du II de l'article 1498, après avis des commissions communales ou intercommunales des impôts directs respectivement prévues aux articles 1650 et 1650 A. Les décisions de la commission sont publiées et notifiées dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat et sont transmises à l'administration fiscale avant le 31 décembre de l'année précédant celle de leur prise en compte pour l'établissement des bases. / III.-L'année qui suit le renouvellement général des conseils municipaux, il est procédé : / 1° Dans les conditions mentionnées à l'article 1504, à la délimitation des secteurs d'évaluation mentionnés au 1 du B du II de l'article 1498, à la fixation des tarifs déterminés conformément au 2 du même B et à la définition des parcelles auxquelles s'applique un coefficient de localisation mentionné au même 2 ; / 2° Le cas échéant, à la création de nouveaux sous-groupes et catégories de locaux prévus au second alinéa du I de l'article 1498. / IV.-La valeur locative des propriétés bâties évaluée dans les conditions prévues au II de l'article 1498 est mise à jour, chaque année, par application du tarif par mètre carré, déterminé conformément au I du présent article, à la surface pondérée du local définie au C du II de l'article 1498. / La valeur locative des propriétés bâties évaluée dans les conditions prévues au III de l'article 1498 est mise à jour, chaque année, par application d'un coefficient égal à celui de l'évolution, au niveau départemental, des loyers constatés dans les déclarations prévues à l'article 1498 bis pour les locaux professionnels relevant des catégories qui regroupent le plus grand nombre de locaux et qui, ensemble, représentent au total plus de la moitié des locaux du département. / La valeur locative des propriétés bâties mentionnées au deuxième alinéa du présent IV situées sur le territoire de la métropole de Lyon est mise à jour par application d'un coefficient égal à celui de l'évolution des loyers constatés dans les déclarations prévues à l'article 1498 bis pour les locaux professionnels relevant des catégories qui regroupent le plus grand nombre de locaux et qui, ensemble, représentent au total plus de la moitié des locaux du département du Rhône et de la métropole de Lyon. ; () V. () -A.-Les 1° à 6°, 8° à 16°, 18° à 23°, 25°, 26° et 30° du I et les II et III entrent en vigueur le 1er janvier 2018. / B.-Le 27° entre en vigueur le 1er mars 2018. / C.-Les 7°, 17°, 24°, 28° et 29° du I du présent article et les I et IV de l'article 1518 ter du code général des impôts, dans sa rédaction résultant du 21° du I du présent article, entrent en vigueur le 1er janvier 2019. (). ". Aux termes de l'article 34 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010, dans sa rédaction issue de la loi du 29 décembre 2015 de finances rectificative pour 2015 : " () VII. ' A. ' 1. La commission départementale des valeurs locatives des locaux professionnels prévue au VIII dispose d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle lui sont remis les avant-projets élaborés par l'administration fiscale pour établir des projets de : / a) Délimitation des secteurs d'évaluation prévus au A du IV ; / b) Tarifs déterminés en application du B du même IV ; / c) Définition des parcelles auxquelles s'applique le coefficient de localisation mentionné au même B. () X.-Les tarifs de chaque catégorie dans chaque secteur d'évaluation sont mis à jour par l'administration fiscale à partir de l'évolution des loyers constatés dans les déclarations prévues à l'article 1498 bis du code général des impôts chaque année à compter de l'année qui suit celle de la prise en compte des résultats de la révision pour l'établissement des bases. () ".

3. Le X de l'article 34 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010, repris à compter du 1er janvier 2019, au I de l'article 1518 ter du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'année 2018, prévoit que les tarifs fixés par la commission départementale des valeurs locatives des locaux professionnels sont mis à jour chaque année par l'administration fiscale. Il s'ensuit que le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne n'a pas commis d'erreur de droit, ni entaché sa décision d'incompétence ni d'un vice de procédure, en procédant lui-même à la mise à jour annuelle du tarif applicable aux locaux professionnels de la catégorie MAG 3 du secteur d'évaluation n°6 du département de la Seine-et-Marne au titre de l'année 2019.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'exception d'illégalité :

4. Aux termes du XIV de l'article 34 de de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 : " Le tribunal administratif dispose d'un délai de trois mois à compter de sa saisine pour se prononcer sur les recours pour excès de pouvoir contre les décisions prises conformément aux VII et VIII. () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que la décision par laquelle la commission départementale des valeurs locatives des locaux professionnels de Seine-et-Marne a, en application du VII de l'article 34 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010, arrêté le tarif applicable aux locaux professionnels de la catégorie MAG 3 du secteur d'évaluation n°6 du département, qui n'est pas réglementaire et ne crée pas de droits, a été publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture de Seine-et-Marne le 14 juin 2016. Cette décision, qui comportait la mention des voies et délais de recours, était ainsi devenue définitive à la date d'introduction de la présente instance, le 13 février 2019. Dès lors, la requérante ne peut pas utilement se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité alléguée de cette décision, tirée de l'erreur manifeste d'appréciation, à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation.

6. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation de la société Centre commercial Francilia doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la société Centre commercial Francilia la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Centre commercial Francilia est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société en nom collectif Centre commercial Francilia et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 22 juin 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Van Daële, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.

La présidente- rapporteure,

Signé : I. BILLANDON

L'assesseur le plus ancien,

Signé : P. MEYRIGNAC

Le greffier,

Signé : G. NGASSAKI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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