jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1902373 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | BERNEY ANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mars 2019, Mme A C épouse B, représentée par Me Berney, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 janvier 2019 par lequel le président du syndicat réseau pédagogique intercommunal (RPI) Blennes-Chevry-Diant l'a placée en congé de maladie ordinaire à demi-traitement à compter du 16 janvier 2019 ;
2°) d'ordonner avant-dire droit une expertise, dont l'expert désigné, auquel pourra s'adjoindre un sapiteur, notamment spécialisé en stomatologie et en psychiatrie, aura pour mission de prendre contact avec elle, examiner son dossier médical, décrire les faits à l'origine de l'accident de service ainsi que les lésions initiales, les suites immédiates et leur évolution qui lui sont imputables, après communication de tous documents relatifs aux examens et soins dont elle a fait l'objet, recueillir et retranscrire ses doléances, ses antécédents et son état antérieur, procéder à son examen clinique, apprécier l'existence et évaluer le déficit fonctionnel temporaire, les pertes de gains professionnels actuels, les souffrances endurées, déterminer la date de consolidation de son état, l'atteinte permanente à son intégrité physique et psychique consécutive à un déficit fonctionnel permanent, son préjudice esthétique temporaire et permanent, les pertes de gains professionnels futurs, l'incidence professionnelle, le préjudice de formation, le préjudice d'agrément ainsi que le montant des soins médicaux après consolidation et des dépenses de santé futures ;
3°) de mettre à la charge du syndicat RPI Blennes-Chevry-Diant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- un expert doit être désigné avant-dire droit afin de déterminer les lésions imputables à l'accident de service subi le 27 juin 2017 et d'évaluer les différents chefs de préjudice subis par elle ainsi que leur quantum.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2019, le syndicat RPI Blennes-Chevry-Diant, représenté par Me Van Elslande, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, en l'absence de moyens, conformément à l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- les conclusions à fin de désignation avant-dire droit d'un expert médical sont irrecevables, en ce qu'elles n'ont pas été reprises dans le dispositif de la requête ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mentfakh, conseillère,
- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Van Elslande, représentant le syndicat RPI Blennes-Chevry-Diant.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C épouse B, titulaire du grade d'adjointe technique territoriale de deuxième classe, exerce ses fonctions au sein du service périscolaire du syndicat réseau pédagogique intercommunal (RPI) Blennes-Chevry-Diant. Le 27 juin 2017, alors qu'elle assurait la surveillance des enfants de l'école de Blennes dans la cour de récréation, elle a reçu un ballon au visage. Le choc a causé la luxation d'une dent, puis, la chute de celle-ci, le 21 novembre 2017, date à partir de laquelle elle a été placée en arrêt de travail. Par un arrêté du président du 24 novembre 2017, l'accident subi par Mme B le 27 juin 2017 a été reconnu imputable au service. Par un arrêté du 9 novembre 2018, le président du syndicat RPI Blennes-Chevry-Diant a placé l'agente en congé de maladie ordinaire à compter du 15 octobre 2018, puis, par un arrêté du 3 janvier 2019, dont l'intéressée demande l'annulation, en congé de maladie ordinaire à demi-traitement à compter du 16 janvier 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, en vertu du principe de non-rétroactivité des actes administratifs, qui exclut que de nouvelles dispositions s'appliquent à des situations juridiquement constituées avant l'entrée en vigueur de ces dispositions, les décisions administratives ne peuvent légalement disposer que pour l'avenir. S'agissant des décisions relatives à la carrière des fonctionnaires, l'administration ne peut, en dérogation à la règle générale de non-rétroactivité des décisions administratives, leur conférer une portée rétroactive que dans la mesure nécessaire pour assurer la continuité de la carrière de l'agent intéressé ou procéder à la régularisation de sa situation.
3. Mme B soutient que le président du RPI l'a placée rétroactivement en congé de maladie ordinaire à demi-traitement à compter du 16 janvier 2019. Toutefois, l'intéressée expose, dans ses écritures, que les services postaux lui ont présenté le pli recommandé avec demande d'avis de réception comportant l'arrêté en litige, qui a été pris le 3 janvier 2019, le 15 janvier 2019. Ainsi, l'arrêté en litige est entré en vigueur à compter de la date de sa notification, soit le 15 janvier 2019. Par suite, régissant la situation de la requérante pour l'avenir à compter de sa prise d'effet, le lendemain, l'acte contesté n'a pas été édicté en méconnaissance du principe général de non-rétroactivité des actes administratifs. Il s'ensuit que le moyen, non fondé, doit être écarté.
4. En second lieu, premièrement, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ".
5. Deuxièmement, les droits des agents publics en matière d'accident de service sont réputés constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu.
6. L'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique, est manifestement impossible en l'absence d'un texte réglementaire fixant, notamment, les conditions de procédure applicables à l'octroi de ce nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. Cet article n'est donc entré en vigueur, en tant qu'il s'applique à la fonction publique territoriale, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 13 avril 2019, du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue, sous forme de décret en Conseil d'Etat, par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017. Il en résulte que l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017, est demeuré applicable jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 10 avril 2019.
7. Par suite, dès lors que l'accident déclaré par Mme B est survenu le 27 juin 2017, sa situation demeure, ainsi, régie par les dispositions du 2ème alinéa du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée.
8. Dernièrement, d'une part, si, aux termes de ses écritures, Mme B a entendu soutenir qu'elle n'était pas apte à la reprise de l'exercice de ses fonctions compte tenu des séquelles de son accident de service l'affectant, dès lors que l'arrêté en litige a pour seul objet de la placer en congé de maladie ordinaire, son inaptitude à exercer ses fonctions a nécessairement été reconnue par l'acte contesté. D'autre part, à supposer que la requérante ait entendu invoquer l'imputabilité au service de ses arrêts de travail pris postérieurement au 16 janvier 2019, l'arrêté attaqué, qui se borne à déterminer la part du traitement auquel l'intéressée a droit dans le cadre du bénéfice de ce congé de maladie ordinaire, ne se prononce pas sur une telle imputabilité. Dès lors, qu'elle que soit la lecture retenue des écritures de la requérante, le moyen qu'elle doit être regardée comme ayant soulevé et tiré de ce que le président du syndicat RPI Blennes-Chevry-Diant a entaché l'arrêté en litige d'une erreur dans l'appréciation portée sur sa situation, est inopérant et doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le syndicat RPI Blennes-Chevry-Diant, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 3 janvier 2019 par lequel son employeur l'a placée en congé de maladie ordinaire à demi-traitement à compter du 16 janvier 2019.
Sur les conclusions à fin de désignation d'un médecin expert :
10. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. Si une médiation est engagée, il en informe la juridiction. Sous réserve des exceptions prévues par l'article L. 213-2, l'expert remet son rapport d'expertise sans pouvoir faire état, sauf accord des parties, des constatations et déclarations ayant eu lieu durant la médiation ".
11. Il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre de l'instruction de la demande de la requérante, la commission de réforme saisie, pour émettre son avis, s'est appuyée sur pas moins de quatre rapports médicaux dont deux qui ont été établis à l'issue d'une expertise réalisée par un médecin agréé. Par conséquent, la désignation avant-dire droit d'un médecin expert n'est pas utile.
12. Il résulte de ce qui précède que, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le syndicat RPI Blennes-Chevry-Diant, Mme B n'est pas fondée à demander la désignation avant-dire droit d'un médecin expert pour la mission précédemment exposée.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du syndicat RPI Blennes-Chevry-Diant, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme dont Mme B demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et au syndicat réseau pédagogique intercommunal (RPI) Blennes-Chevry-Diant.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Mentfakh, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
L. MENTFAKH
La présidente,
M. DLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-et-Marne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. TRÉMOUREUX
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026