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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-1902404

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1902404

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1902404
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantTOURROU PHILIPPE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 mars 2019, l'Eurl Dj Flo original Events, représentée par la Selarl Philippe Tourou, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 15 janvier 2019 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a rejeté sa réclamation préalable ;

2°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mises à sa charge au titre des années 2010 à 2014 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2010 à 2013 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les rehaussements n'ont jamais été portés à sa connaissance en méconnaissance des dispositions de l'article L. 48 et l'article L. 57 du livre des procédures fiscales.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 avril 2019, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par l'Eurl Dj Flo original Events ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'annulation de la décision du

15 janvier 2019 rejetant la réclamation préalable de l'Eurl Dj Flo original Events.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Letort, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. L'Eurl Dj Flo Original Events, qui exerce dans le domaine de l'événementiel, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité qui a porté sur la période courant du 19 juillet 2010 au 30 juin 2013 et, en supplément, sur les mois d'octobre 2013 à février 2014 pour la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). A l'issue des opérations de contrôle, l'administration fiscale lui a notifié, par proposition de rectification du 11 décembre 2014, des rappels de TVA selon les procédures de taxation d'office pour les périodes du 1er juillet 2011 au 30 juin 2012 et du 1er octobre 2013 au 28 février 2014 et de rectification contradictoire pour les périodes du 19 juillet 2010 au

30 juin 2011 et du 1er juillet 2012 au 30 juin 2013 et des suppléments d'impôt sur les sociétés selon la procédure de taxation d'office pour la période du 19 juillet 2010 au 30 juin 2013.

L'Eurl Dj Flo Original Events demande au tribunal de la décharger, en droits et pénalités, des rappels de TVA mises à sa charge au titre des années 2010 à 2014 et des cotisations supplémentaires d'IS auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2010 à 2013.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision de rejet de la réclamation préalable :

2. La décision par laquelle l'administration statue sur la réclamation contentieuse du contribuable ne constitue pas un acte détachable de la procédure d'imposition. Elle ne peut, en conséquence, être déférée à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir et ne peut faire l'objet d'un recours contentieux qu'au titre de la procédure fixée par les articles L. 190 et suivants du livre des procédures fiscales. Dès lors, les conclusions de

l'Eurl Dj Flo original Events tendant à l'annulation de la décision rejetant sa réclamation préalable sont en tout état de causes irrecevables.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

3. Aux termes de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales : " A l'issue () d'une vérification de comptabilité, lorsque des rectifications sont envisagées, l'administration doit indiquer, avant que le contribuable présente ses observations ou accepte les rehaussements proposés, dans la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou dans la notification mentionnée à l'article L. 76, le montant des droits, taxes et pénalités résultant de ces rectifications. Lorsqu'à un stade ultérieur de la procédure de rectification contradictoire l'administration modifie les rehaussements, pour tenir compte des observations et avis recueillis au cours de cette procédure, cette modification est portée par écrit à la connaissance du contribuable avant la mise en recouvrement, qui peut alors intervenir sans délai. / () ". Aux termes de l'article L. 57 de ce livre : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / () ". Enfin, aux termes de l'article L. 76 de ce même livre : " Les bases ou les éléments servant au calcul des impositions d'office sont portés à la connaissance du contribuable, trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions, au moyen d'une notification qui précise les modalités de leur détermination. Cette notification est interruptive de prescription. / () ".

4. En cas de contestation de la notification à un contribuable d'une proposition, il incombe à l'administration fiscale d'établir qu'une telle notification a été régulièrement adressée au contribuable et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la réglementation postale, soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postale d'un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste.

5. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'accusé de réception du pli comportant la proposition de rectification du 11 décembre 2014, ainsi que l'atteste la mention " 3924 " reportée dans le cadre " référence ", et dont la copie est produite à l'instance par l'administration fiscale, que ce pli a été distribué à l'Eurl Dj Flo Original Events le 15 décembre 2014, ce que la société requérante avait reconnu dans un courrier du 8 janvier 2015, par lequel elle sollicitait un délai supplémentaire de trente jours pour répondre à la proposition de rectification, et dans ses observations à cette proposition de rectification le 16 février 2015. Il suit de là que

l'Eurl Dj Flo Original Events n'est pas fondée à soutenir que la procédure d'imposition serait entachée d'irrégularité.

6. Il résulte de tout ce qui précède que l'Eurl Dj Flo Original Events n'est pas fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des rappels de TVA mis à sa charge au titre des années 2010 à 2014 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujetties au titre des années 2010 à 2013. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions qu'elle a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l'Eurl Dj Flo Original Events est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'Eurl Dj Flo Original Events et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

M. Delmas, premier conseiller,

Mme Réchard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

La présidente-rapporteure,

S. A

L'assesseur le plus ancien,

S. DELMASLa greffière,

C. RICHEFEU

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°1902404

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