vendredi 2 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1902731 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | TEJAS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 1902731 avant dire droit du 11 mai 2022, le tribunal après avoir écarté les autres moyens soulevés par l'association requérante, a sursis à statuer sur sa requête en application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme afin de permettre à la commune de Ferrières-en-Brie de notifier, dans un délai de neuf mois à compter de la notification du jugement, une nouvelle délibération du conseil municipal régularisant les vices tirés de la méconnaissance de l'article R. 153-6 du code de l'urbanisme et de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme par la zone Nc, dont est entachée la délibération portant approbation du plan local d'urbanisme du 15 février 2019.
Par deux mémoires enregistrés le 10 avril 2023 et le 29 juin 2023, l'association " R.E.N.A.R.D ", représentée par M. A, doit être regardée, dans le dernier état de ses écritures, comme demandant :
1°) d'annuler la délibération du 15 février 2019 par laquelle le conseil municipal de la commune de Ferrières-en-Brie a approuvé la révision de son plan local d'urbanisme ;
2°) d'annuler la délibération du 9 juin 2023 par laquelle le conseil municipal de la commune de Ferrières-en-Brie a approuvé la modification de son plan local d'urbanisme.
Elle soutient que :
- le délai de neuf mois accordé par le jugement n°1902731 du 11 mai 2022 à la commune de Ferrière-en-Brie afin de régulariser les vices a expiré le 6 avril 2023 ; la commune n'ayant pas produit de nouvelle délibération dans ce délai, elle doit être considérée comme ayant renoncé à régulariser la délibération du 15 février 2019 ;
- les vices entachant la délibération du 15 février 2019 n'ont pas été régularisés dès lors que la taille de la zone Nc est démesurée, que la délimitation de la zone constructible n'est pas établie et qu'aucune précision n'est donnée sur les conditions d'implantation et de densité des constructions permettant d'assurer leur insertion dans l'environnement ;
- les réserves du commissaire enquêteur n'ont pas été levées ;
- le raccordement aux réseaux d'assainissement n'est pas traité ;
- la zone Nc n'a pas été délimitée après avis de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers puisque cet avis n'a pas été sollicité ;
- le classement des parcelles 421 et 423 en zone 2AU est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elles auraient dû être classées en zone N.
Par trois mémoires, enregistrés le 21 avril 2023, le 21 juin 2023 et le 28 septembre 2023, la commune de Ferrières-en-Brie, représentée par AARPI Tejas Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'association requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le seul dépassement du délai fixé par le jugement avant dire droit n'emporte pas renonciation à régulariser ;
- les vices entachant la délibération du 15 février 2019 ont été régularisés par le délibération du 9 juin 2023 approuvant la modification de son plan local d'urbanisme ; le Centre national de la propriété forestière a émis un avis le 21 novembre 2022 ; la délibération approuvée le 9 juin 2023 a réduit le coefficient d'emprise au sol ainsi que les hauteurs des constructions fixés aux articles N 9 et N 10 du règlement du plan local d'urbanisme ; l'article N 11 impose que les constructions ne portent pas atteinte au caractère ou à l'intérêt des sites et des paysages naturels et que les abords de la construction doivent être traités avec un soin particulier ;
- le plan des réseaux d'assainissement a été joint au plan local d'urbanisme ;
- le tribunal a déjà statué sur le classement des parcelles 421 et 423 en zone N.
Par une lettre du 25 mai 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir 30 juin 2023 sans information préalable.
Une ordonnance de clôture immédiate de l'instruction a été prise le 9 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
- les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique,
- et les observations de M. A, représentant l'association " R.E.N.A.R.D ", et de Me Basset, représentant de la commune.
Une note en délibéré a été enregistrée le 15 janvier 2024, présentée pour la commune de Ferrière-en-Brie, par AARPI Tejas Avocats. Elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 15 février 2019, le conseil municipal de Ferrières-en-Brie a approuvé le plan local d'urbanisme dont l'association " R.E.N.A.R.D " a demandé l'annulation par une requête enregistrée le 23 mars 2029. Par un jugement avant dire droit du 11 mai 2022, le tribunal administratif de Melun a estimé fondés les moyens tirés, d'une part, du défaut de consultation du Centre national de la propriété forestière en méconnaissance de l'article R. 153-6 du code de l'urbanisme et, d'autre part, de la méconnaissance de l'article L.151-13 du code de l'urbanisme par la zone Nc du règlement du plan local d'urbanisme. Après avoir écarté les autres moyens invoqués par l'association requérante, le tribunal a décidé de surseoir à statuer sur la requête en accordant à la commune de Ferrières-en-Brie un délai de neuf mois pour régulariser la délibération litigieuse en application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme. Par une délibération du 9 juin 2023, le conseil municipal de la commune de Ferrières-en-Brie a approuvé la modification de son plan local d'urbanisme.
Sur le cadre juridique du litige :
2. Aux termes de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme : " Si le juge administratif, saisi de conclusions dirigées contre un schéma de cohérence territoriale, un plan local d'urbanisme ou une carte communale, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'une illégalité entachant l'élaboration ou la révision de cet acte est susceptible d'être régularisée, il peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation et pendant lequel le document d'urbanisme reste applicable, sous les réserves suivantes : 1° En cas d'illégalité autre qu'un vice de forme ou de procédure, pour les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d'urbanisme, le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité est susceptible d'être régularisée par une procédure de modification prévue à la section 6 du chapitre III du titre IV du livre Ier et à la section 6 du chapitre III du titre V du livre Ier ; 2° En cas d'illégalité pour vice de forme ou de procédure, le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité a eu lieu, pour les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d'urbanisme, après le débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables. Si la régularisation intervient dans le délai fixé, elle est notifiée au juge, qui statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Si, après avoir écarté les autres moyens, le juge administratif estime que le vice qu'il relève affecte notamment un plan de secteur, le programme d'orientations et d'actions du plan local d'urbanisme ou les dispositions relatives à l'habitat ou aux transports et déplacements des orientations d'aménagement et de programmation, il peut limiter à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce ".
3. D'une part, il résulte de ces dispositions que les parties à l'instance ayant donné lieu à la décision de sursis à statuer en vue de permettre la régularisation de l'acte attaqué ne peuvent contester la légalité de l'acte pris par l'autorité administrative en vue de cette régularisation que dans le cadre de cette instance et qu'elles ne sont, en revanche, pas recevables à présenter devant le tribunal administratif une requête tendant à l'annulation de cet acte. Elles peuvent, à l'appui de la contestation de l'acte de régularisation, invoquer des vices affectant sa légalité externe et soutenir qu'il n'a pas pour effet de régulariser le vice que le juge a constaté dans sa décision avant-dire droit. Elles ne peuvent soulever aucun autre moyen, qu'il s'agisse d'un moyen déjà écarté par la décision avant-dire droit ou de moyens nouveaux, à l'exception de ceux qui seraient fondés sur des éléments révélés par la procédure de régularisation.
4. D'autre part, si, à l'issue du délai qu'il a fixé dans sa décision sursoyant à statuer pour que lui soient adressées la ou les mesures de régularisation du plan local d'urbanisme attaqué, le juge administratif peut à tout moment statuer sur la demande d'annulation de ce document et, le cas échéant, y faire droit si aucune mesure de régularisation ne lui a été notifiée, il ne saurait se fonder sur la circonstance que la ou les mesures de régularisation du plan local d'urbanisme attaqué ont été adressées au tribunal alors que le délai qu'il avait fixé dans sa première décision était échu ou qu'elles n'étaient pas encore exécutoires à cette date pour ne pas en tenir compte dans son appréciation de la légalité du plan attaqué.
5. Dans ces conditions, l'association requérante ne peut utilement soutenir que la commune aurait renoncé à régulariser la délibération du 15 février 2019 alors que le délai de neuf mois imparti par le tribunal dans le jugement n°1902731 avant dire droit du 11 mai 2022 avait expiré le 9 juin 2023, date à laquelle la commune de Ferrières-en-Brie a approuvé la modification de son plan local d'urbanisme.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sur la régularisation des vices :
S'agissant du vice de procédure tiré de l'absence de consultation du Centre national de la propriété forestière :
6. Aux termes de l'article R. 153-6 du code de l'urbanisme : " Conformément à l'article L. 112-3 du code rural et de la pêche maritime, le plan local d'urbanisme ne peut être approuvé qu'après avis de la chambre d'agriculture, de l'Institut national de l'origine et de la qualité dans les zones d'appellation d'origine contrôlée et, le cas échéant, du Centre national de la propriété forestière lorsqu'il prévoit une réduction des espaces agricoles ou forestiers ". Aux termes de l'article L. 112-3 du code rural et de la pêche maritime : " Les schémas directeurs, les plans d'occupation des sols ou les documents d'urbanisme en tenant lieu et les documents relatifs au schéma départemental des carrières ou au schéma régional des carrières prévoyant une réduction des espaces agricoles ou forestiers ne peuvent être rendus publics ou approuvés qu'après avis de la chambre d'agriculture, de l'Institut national de l'origine et de la qualité dans les zones d'appellation d'origine contrôlée et, le cas échéant, du Centre national de la propriété forestière. Il en va de même en cas de révision ou de modification de ces documents. / Ces avis sont rendus dans un délai de trois mois à compter de la saisine. En l'absence de réponse à l'issue de ce délai, l'avis est réputé favorable ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le Centre national de la propriété forestière a été saisi et a émis un avis sur le projet de modification du plan local d'urbanisme le 21 novembre 2022. Dans ces conditions, le vice de procédure tiré de la méconnaissance de l'article R. 153-6 du code de l'urbanisme a été régularisé et le moyen tiré de ce vice doit être écarté.
S'agissant du vice tiré de la méconnaissance de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme par la zone Nc du plan local d'urbanisme :
8. Aux termes de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut, à titre exceptionnel, délimiter dans les zones naturelles, agricoles ou forestières des secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées dans lesquels peuvent être autorisés : / 1° Des constructions ; / 2° Des aires d'accueil et des terrains familiaux locatifs destinés à l'habitat des gens du voyage au sens de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage ; / 3° Des résidences démontables constituant l'habitat permanent de leurs utilisateurs. / Il précise les conditions de hauteur, d'implantation et de densité des constructions, permettant d'assurer leur insertion dans l'environnement et leur compatibilité avec le maintien du caractère naturel, agricole ou forestier de la zone. / Il fixe les conditions relatives aux raccordements aux réseaux publics, ainsi que les conditions relatives à l'hygiène et à la sécurité auxquelles les constructions, les résidences démontables ou les résidences mobiles doivent satisfaire. / Ces secteurs sont délimités après avis de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers prévue à l'article L. 112-1-1 du code rural et de la pêche maritime. / Leur caractère exceptionnel s'apprécie, entre autres critères, en fonction des caractéristiques du territoire, du type d'urbanisation du secteur, de la distance entre les constructions ou de la desserte par les réseaux ou par les équipements collectifs ".
9. Ainsi que le soutient la commune de Ferrières-en-Brie, la délibération du 9 juin 2023 a restreint les règles d'emprise au sol et de hauteur des constructions au sein de la zone Nc, inscrites aux articles N 9 et N 10 du règlement du plan local d'urbanisme, en passant de 13 % à 5 % l'emprise au sol des constructions et en abaissant leur hauteur maximale de 11 mètres à 9 mètres et a modifié l'article N 11 du règlement du plan local d'urbanisme qui prévoit que les abords des constructions devront être traités avec un soin particulier afin de favoriser une insertion dans le site environnant. Toutefois, il résulte du règlement du plan local d'urbanisme que le secteur Nc représente une superficie très étendue de 17,2 hectares qui n'a pas été modifiée par la délibération du 9 juin 2023 et que, dans ce secteur, sont autorisées, aux abords du château de Ferrières, classé au titre des monuments historiques, les constructions à usage de commerce, de bureaux et d'hébergement hôtelier, sous réserve de leur compatibilité avec le caractère naturel de la zone, ainsi que les locaux d'habitation destinés aux personnes dont la présence permanente est nécessaire pour assurer l'administration, la surveillance et le gardiennage des espaces, constructions, installations et ouvrages situés dans la zone ainsi qu'aux personnes dont l'activité présente un lien direct avec la vocation éducative des constructions, installations et ouvrages d'intérêt collectif admises dans la zone, l'ensemble de ces constructions en R + 2 pouvant représenter une emprise au sol de 8 600 m². Ainsi, malgré la réduction de l'emprise au sol et de la hauteur maximale des constructions, le règlement du plan local d'urbanisme, qui autorise une zone Nc de 17,2 hectares, ne peut être regardé comme ayant délimité un secteur de taille et capacité d'accueil limitées maintenant le caractère naturel et aéré de la zone. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 151-13 du code de l'urbanisme par la zone Nc du plan local d'urbanisme doit être accueilli.
Sur les autres moyens :
10. En premier lieu, l'article R. 123-19 du code de l'environnement prévoit que : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête établit un rapport qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies. Le rapport comporte le rappel de l'objet du projet, plan ou programme, la liste de l'ensemble des pièces figurant dans le dossier d'enquête, une synthèse des observations du public, une analyse des propositions produites durant l'enquête et, le cas échéant, les observations du responsable du projet, plan ou programme en réponse aux observations du public. Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête consigne, dans une présentation séparée, ses conclusions motivées, en précisant si elles sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet. Le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête transmet à l'autorité compétente pour organiser l'enquête l'exemplaire du dossier de l'enquête déposé au siège de l'enquête, accompagné du ou des registres et pièces annexées, avec le rapport et les conclusions motivées. Il transmet simultanément une copie du rapport et des conclusions motivées au président du tribunal administratif. Si, dans un délai de trente jours à compter de la date de clôture de l'enquête, le commissaire enquêteur n'a pas remis son rapport et ses conclusions motivées, ni présenté à l'autorité compétente pour organiser l'enquête, conformément à la faculté qui lui est octroyée à l'article L. 123-15, une demande motivée de report de ce délai, il est fait application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 123-15 ".
11. L'association requérante fait valoir que le conseil municipal n'a pas levé les réserves du commissaire enquêteur dans ses conclusions rendues le 15 juin 2023 sur la modification du plan local d'urbanisme. Ce moyen nouveau est recevable dès lors qu'il est fondé sur des éléments révélés par la procédure de régularisation. Toutefois, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire que l'assemblée délibérante approuvant un plan local d'urbanisme serait tenue de suivre les avis du commissaire enquêteur. Par suite, l'association requérante ne peut utilement soutenir que la délibération attaquée n'a pas levé les réserves et recommandations dont le commissaire enquêteur a assorti son avis favorable. Ce moyen sera par suite écarté.
12. En deuxième lieu, si l'association requérante fait valoir que le raccordement aux réseaux d'assainissement n'est pas traité, ce moyen nouveau n'est pas fondé sur des éléments révélés par la procédure de régularisation. Il n'est, par suite, pas recevable.
13. En troisième lieu, si l'association requérante soutient que la zone Nc n'a pas été délimitée après avis de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, ce moyen doit être écarté comme manquant en fait dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'un avis a été rendu le 26 octobre 2018. Cet avis, défavorable, ne liait pas l'autorité décisionnaire pour l'adoption du plan local d'urbanisme. Ce moyen sera écarté.
14. En quatrième et dernier lieu, si l'association requérante fait valoir que le classement des parcelles 421 et 423 en zone 2 AU doit être modifié en zone N, il est constant que ce moyen a déjà été écarté par la décision avant dire droit et n'est pas fondé sur des éléments révélés par la procédure de régularisation. Il n'est, par suite, pas recevable.
15. Il résulte de tout ce qui précède que l'association " R.E.N.A.R.D " est fondée à demander l'annulation du plan local d'urbanisme issu des délibérations du 15 février 2019 et du 9 juin 2023 seulement en tant qu'il classe les espaces à proximité du château de Ferrières-en-Brie en zone Nc.
Sur les frais liés au litige :
16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
17. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'association " R.E.N.A.R.D ", qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la commune de Ferrière-en-Brie au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les délibérations du 15 février 2019 et du 9 juin 2023 portant approbation du plan local d'urbanisme sont annulées en tant que le plan local d'urbanisme classe le secteur situé à proximité du château de Ferrières-en-Brie en zone Nc.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Ferrière-en-Brie au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association " R.E.N.A.R.D " et à la commune de Ferrières-en-Brie.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
Mme Senichault De Izaguirre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2024.
La rapporteure,
J. SENICHAULT DE IZAGUIRRELa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026