jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1902850 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | LE CAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 27 mars 2019, 15 juillet 2019 et 12 décembre 2019 ainsi qu'un mémoire récapitulatif enregistré le 15 septembre 2022, Mme C B, représentée par Me Le Cam, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2018 par lequel le maire de La Chapelle-la-Reine a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie déclarée le 28 novembre 2017 ;
2°) à titre principal, d'annuler les arrêtés des 21 décembre 2018 et 10 janvier 2019 par lesquels le maire de La Chapelle-la-Reine l'a placée en disponibilité d'office, ensemble le rejet opposé à son recours gracieux le 28 février 2019 ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale ;
4°) d'enjoindre à la commune de La Chapelle-la-Reine de la rétablir dans ses droits statutaires ;
5°) de mettre à la charge de la commune de La Chapelle-la-Reine une somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que les arrêtés attaqués sont entachés d'erreur d'appréciation, compte tenu du lien existant entre sa pathologie et l'exercice de ses fonctions.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 mai 2019, 2 août 2019, 23 juillet 2021 un mémoire récapitulatif enregistré le 2 septembre 2022 ainsi qu'un dernier mémoire, enregistré le 23 février 2023, la commune de La Chapelle-la-Reine, représentée par Me Simon, conclut, à titre principal, au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit ordonné une expertise et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, en l'absence de motivation suffisante, méconnaissant les dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, et en l'absence de chiffrage par Mme B de sa demande indemnitaire ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 14 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 9 décembre 2022 à 12 h 00.
Les parties ont été informées par courrier du 8 février 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal est susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions tendant, d'une part à l'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2018, retiré définitivement par l'arrêté du 10 janvier 2019 et ayant, de ce fait, disparu de l'ordonnancement juridique avant l'introduction de la présente requête, et d'autre part à l'annulation de l'arrêté du 10 janvier 2019, notifié à Mme B le 17 janvier suivant avec la mention des voies et délais de recours, à l'encontre duquel Mme B n'a pas formé de recours gracieux dans son courrier du 26 janvier 2019, lequel n'a donc pu interrompre le délai de recours contentieux, qui était donc expiré le 27 mars 2019, date d'enregistrement de la présente requête, qui est donc tardive.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Mentfakh, rapporteure publique,
- et les observations de Me Simon, représentant la commune de La Chapelle-la-Reine.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, titulaire du grade d'adjointe technique de 2ème classe, a exercé les fonctions d'agent de restauration et d'entretien au sein des services de la commune de La Chapelle-la-Reine depuis 2001. Par un courrier du 26 décembre 2017, elle a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa tendinopathie des épaules, diagnostiquée le 28 novembre 2017. En dépit de l'avis favorable de la commission de réforme du 13 juin 2018, par un arrêté du 4 décembre 2018, dont elle demande l'annulation, le maire de La Chapelle-la-Reine a refusé de reconnaître sa pathologie au titre de laquelle elle a fait l'objet d'arrêts de travail depuis le 28 novembre 2017, comme étant imputable au service. Puis, compte tenu de l'épuisement de ses droits à congés de maladie et au vu de l'avis rendu le 19 décembre 2018 par le comité médical, par un arrêté du 21 décembre 2018, retiré et remplacé par un arrêté du 10 janvier 2019, dont elle demande également l'annulation, le maire a placé Mme B en disponibilité d'office pour une durée de trois mois, du 20 novembre 2018 au 19 février 2019. Le recours gracieux formé par Mme B à l'encontre de l'arrêté du 10 janvier 2019 a été rejeté le 28 février 2019 par le maire, par une décision dont elle demande également l'annulation.
Sur la recevabilité :
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 21 décembre 2018 :
2. Par un arrêté du 10 janvier 2019, devenu définitif sur ce point, en l'absence de recours contentieux, le maire de La Chapelle-la-Reine a retiré l'arrêté du 21 décembre 2018, avant l'introduction du présent recours, le 27 mars 2019, au greffe du tribunal. Ainsi, tel qu'en ont été informées les parties, le 9 février 2023, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2018 sont dirigées contre un acte ayant disparu de l'ordonnancement juridique et, ce faisant, sont irrecevables.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 10 janvier 2019 :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés ".
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 10 janvier 2019, comportant la mention des voies et délais de recours, a été notifié à Mme B le 17 janvier suivant, de sorte que le délai de recours contentieux a commencé à courir le 18 janvier 2019 pour s'achever le 18 mars 2019. Il ressort des termes mêmes de son courrier du 26 janvier 2019, que Mme B n'a formé son recours gracieux qu'à l'encontre des arrêtés des 4 et 21 décembre 2018, de sorte que ce recours gracieux n'a pu interrompre le délai de recours contentieux qui a couru à l'encontre de l'arrêté du 10 janvier 2019, délai qui était donc expiré le 27 mars 2019, date de l'enregistrement de la requête au greffe du tribunal. Par conséquent, et ainsi que les parties en ont été informées en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 10 janvier 2019 sont tardives et, par suite, irrecevables.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 4 décembre 2018 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".
6. Contrairement à ce que fait valoir la commune, la requête formée par Mme B contient l'exposé des faits et du moyen invoqué, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge, de sorte que sa requête est recevable. Cette fin de non-recevoir doit être écartée.
7. En second lieu, en l'absence de toute demande indemnitaire présentée par Mme B, dont la requête a la nature d'un recours pour excès de pouvoir, la commune n'est pas fondée à soutenir que celle-ci est irrecevable en l'absence de chiffrage des seules conclusions à fin d'injonction. Cette seconde fin de non-recevoir opposée doit également être écartée.
Sur la légalité de l'arrêté du 4 décembre 2018 :
8. L'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique a institué un " congé pour invalidité temporaire imputable au service " en insérant dans la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires un article 21 bis aux termes duquel : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () ". L'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 a aussi, en conséquence de l'institution du congé pour invalidité temporaire imputable au service à l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, modifié des dispositions, notamment, de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relative à la fonction publique territoriale.
9. L'application des dispositions de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique instituant un " congé pour invalidité temporaire imputable au service " par insertion dans la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires d'un article 21 bis n'est pas possible en l'absence d'un texte réglementaire fixant, notamment, les conditions de procédure applicables à l'octroi de ce nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. Les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ne sont donc entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique territoriale, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 12 avril 2019, du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale, par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue sous forme de décret en Conseil d'Etat par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017.
10. Les droits des agents publics en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie diagnostiquée. La maladie dont se prévaut Mme B a été diagnostiquée le 28 novembre 2017, soit antérieurement à l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions de l'article 21 bis. Aussi, la situation de Mme B demeure régie par les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relative à la fonction publique territoriale.
11. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté attaqué, désormais codifié aux articles L. 822-1 et suivants du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".
12. Il résulte des termes de l'arrêté contesté que, pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie de Mme B, le maire de La Chapelle-la-Reine s'est fondé sur l'insuffisance d'éléments d'appréciation établissant l'existence d'une maladie professionnelle et sur l'absence d'élément établissant le lien entre la pathologie et les fonctions exercées par Mme B. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a sollicité le 26 décembre 2017 la reconnaissance de l'imputabilité au service de la tendinopathie des deux épaules, dont elle souffre depuis le 28 novembre 2017 ainsi que la prise en charge des arrêts et soins afférents. La commune s'est notamment fondée sur les conclusions du rapport d'expertise du médecin rhumatologue agréé, établi le 26 avril 2018, réfutant l'imputabilité au service de sa pathologie. Or, d'une part, ce rapport ne comporte aucune précision alors qu'aux termes d'une nouvelle expertise, un autre médecin rhumatologue agréé a conclu, dans un rapport ultérieur du 16 janvier 2019, certes postérieur à l'arrêté attaqué, mais de nature à constater l'état de santé de l'intéressée à la date de l'arrêté litigieux, et de manière précise et détaillée, à l'imputabilité au service de sa pathologie. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la commission de réforme qui disposait des premières conclusions médicales, a émis un avis favorable le 13 juin 2018. Dès lors, la pathologie de Mme B est en lien direct avec les fonctions qu'elle exerçait au sein de la collectivité. Enfin, cette dernière fait valoir qu'elle n'avait pas connaissance de la pathologie en cause et que les démarches engagées par Mme B pour reprendre ses fonctions dès 2018 démontrent que son état s'était amélioré. Or, ces considérations sont sans incidence sur le lien existant entre la pathologie déclarée par Mme B et l'exercice de ses fonctions. En outre, si la commune conteste les différents documents médicaux datés de 2021 produits par Mme B, portant sur son aptitude à reprendre du service, ceux-ci, largement postérieurs à l'arrêté attaqué, ne remettent pas davantage en cause le lien existant entre sa pathologie et l'exercice de ses fonctions. De plus, et comme le relève la requérante, l'avis de la commission de réforme du 26 avril 2017, dont se prévaut la commune, porte sur une pathologie distincte de celle objet du présent litige et, par suite, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par conséquent, le maire de La Chapelle-la-Reine, en prenant l'arrêté attaqué, a porté une appréciation erronée sur la situation de Mme B au regard des dispositions de l'article 57 de loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relative à la fonction publique territoriale.
13. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est fondée à obtenir l'annulation de l'arrêté du 4 décembre 2018 du maire de La Chapelle-la-Reine.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
15. Compte tenu du motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique nécessairement de faire droit aux conclusions à fin d'injonction présentées par Mme B tendant à ce que la commune procède à la régularisation de sa situation, en prenant une décision reconnaissant l'imputabilité au service de sa pathologie déclarée le 28 novembre 2017 et en prenant en charge les arrêts de travail et soins en lien direct avec cette pathologie. Il y a lieu d'enjoindre à la commune d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les dépens :
16. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".
17. En l'absence de tout dépens exposé, notamment de frais d'expertise, les conclusions présentées à ce titre par Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de la Chapelle-la-Reine demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de la Chapelle-la-Reine une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de La Chapelle-la-Reine du 4 décembre 2018 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de La Chapelle-la-Reine de procéder à la régularisation de la situation de Mme B, en prenant une nouvelle décision reconnaissant l'imputabilité au service de sa pathologie déclarée le 28 novembre 2017 et en prenant en charge ses arrêts de travail et soins en lien direct avec cette pathologie, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de La Chapelle-la-Reine versera à Mme B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de La Chapelle-la-Reine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la commune de La Chapelle-la-Reine.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 30 mars 2023.
La rapporteure,
E. A
La présidente,
M. DLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026