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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-1903278

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1903278

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1903278
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantCABINET JB SEGHIER-LEROY AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Sous le n° 1903278, par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés

les 9 avril et 15 juillet 2019, M. G A, représenté par Me D Leroy, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 12 février 2019 par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne l'a placé en mise en disponibilité d'office à compter du 8 novembre 2018 ;

2°) d'ordonner une expertise médicale afin de " confirmer le lien de causalité entre l'agression de Monsieur G A en date du 21 août 2016 et les conséquences dommageables sur le plan physiques et psychologiques subies par ce dernier encore à ce jour " ;

3°) de mettre à la charge du département du Val-de-Marne une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il doit être regardé comme soutenant que :

- la décision est entachée d'incompétence ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, en méconnaissance du principe du contradictoire, dès lors que ses observations n'ont pas été recueillies préalablement à son édiction ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que le comité médical départemental n'a pas été saisi pour avis préalablement à son édiction ;

- l'expertise du docteur F H du 25 septembre 2018 concluant en l'absence de lien entre ses troubles psychologiques et son accident de service méconnait le principe d'impartialité dès lors qu'elle est intervenue à l'initiative du département du Val-de-Marne et doit être déclarée comme " nul d'effet " dès lors qu'elle ne procède que par assertions unilatérales et sans aucun fondement ;

- elle méconnait le principe de non-rétroactivité des actes administratifs en le plaçant en disponibilité d'office à compter du 8 novembre 2018.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2020, le département du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 26 août 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 30 septembre 2020 à midi.

II°) Sous le n° 1904174, par une requête enregistrée le 27 avril 2019, M. A, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 mars 2019 du président du conseil départemental du Val-de-Marne en tant qu'elle refuse de faire droit à sa demande tendant à reconnaître comme imputable à son accident du 21 août 2016 ses arrêts de travail pris à compter du 29 juin 2018 en raison de séquelles psychologiques ;

2°) de condamner le département du Val-de-Marne à lui verser une somme

de 5 000 euros en réparation du préjudice qu'il a subi.

Il doit être regardé comme soutenant que :

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que ses troubles psychologiques sont imputables à son accident du 21 août 2016 ;

- l'illégalité de cette décision lui a causé un préjudice qui peut être évalué à 5 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2020, le département du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- à titre principal, les conclusions indemnitaires de la requête sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été précédées d'une demande préalable de M. A adressée au département tendant à lier le contentieux ;

- le moyen soulevé par le requérant à l'appui de ses conclusions afin d'annulation n'est pas fondé ;

- à titre subsidiaire, le département n'a commis aucune faute tirée de l'illégalité de la décision contestée ;

- à titre subsidiaire, la réalité du préjudice allégué par M. A n'est pas établie et son évaluation est manifestement excessive.

Par une ordonnance du 26 août 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 30 septembre 2020 à midi.

Par une lettre du 13 janvier 2022, notifiée le 14 janvier suivant, M. A a été invité, en application de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, à régulariser dans un délai de quinze jours les conclusions indemnitaires de sa requête par la production de la décision par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne a rejeté sa réclamation indemnitaire préalable ou, dans l'hypothèse où un rejet implicite aurait été opposé à cette demande, de la preuve de la réception par l'administration d'une telle réclamation.

III°) Sous le n° 1904176, par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 27 avril 2019 et 1er octobre 2020, M. A, représenté par Me D Leroy, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 12 février 2019 par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne l'a placé en mise en disponibilité d'office à compter du 8 novembre 2018 ;

2°) d'annuler le titre de recette du 1er mars 2019 d'un montant de 4 342, 70 euros émis pour un trop-perçu de rémunération ;

3°) de mettre à la charge du département du Val-de-Marne une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est irrecevable ;

- la décision du 12 février 2019 a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que le comité médical départemental n'a pas été saisi pour avis préalablement à son édiction ;

- le titre de recette du 1er mars 2019 est sans fondement dès lors qu'il n'est pas établi que le département lui aurait versé une avance en février 2019 d'un montant de 4 342, 70 euros.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 30 juin et 4 novembre 2020, le département du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- à titre principal, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 12 février 2019 sont irrecevables dès lors qu'elles ont le même objet que celles enregistrées devant le tribunal dans une autre requête sous le n° 1903278 ;

- à titre principal, les conclusions de la requête tendant à l'annulation du titre de recette du 1er mars 2019 sont irrecevables dès lors qu'elles ne comportent l'énoncé d'aucun moyen ;

- à titre subsidiaire, le moyen soulevé par le requérant à l'appui de ses conclusions afin d'annulation du titre de recette n'est pas fondé.

La direction départementale des finances public du Val-de-Marne a présenté des observations, enregistrées les 22 mai 2019 et 10 novembre 2020.

Par une ordonnance du 9 octobre 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 9 novembre 2020 à midi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;

- le décret n° 2014-101 du 4 février 2014 portant statut particulier du corps des assistants socio-éducatifs de la fonction publique hospitalière ;

- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de M. Freydefont, rapporteur public,

- les observations de Me Surjous, substituant M. D,

- et M. A, requérant présent, à qui la parole a été donnée et qui a présenté des observations.

Considérant ce qui suit :

1. M. G A, assistant socio-éducatif principal hospitalier exerçant les fonctions d'éducateur spécialisé dans un foyer départemental du département du Val-de-Marne a été victime, le 21 août 2016, d'un accident qui a été reconnu imputable au service par décision du président du conseil départemental du Val-de-Marne du 20 février 2018. Ayant épuisé ses droits à congé ordinaire à compter du 8 novembre 2018, il a été placé à titre conservatoire en disponibilité d'office avec maintien à demi traitement par décision du 12 février 2019 du président du conseil départemental du Val-de-Marne. Par un titre de recette du 1er mars 2019, cette même autorité a décidé de procéder au recouvrement de la somme de 4 342,70 euros correspondant à un trop-perçu sur rémunération de M. A. M. A a, par ailleurs, demandé à ce que ses arrêts de travail pris à compter du 29 juin 2018 en raison de séquelles psychologiques ainsi que ses soins dentaires soient reconnus comme imputables au service au titre de cet accident. Par décision du 7 mars 2019, cette autorité a décidé de prendre en charge les soins dentaires de l'intéressé au titre de son accident de service du 1er août 2016, mais a rejeté la demande de reconnaissance d'imputabilité au service des séquelles psychologiques dont se prévalait M. A et de prendre en charge à ce titre ses arrêts de travail à compter

du 29 juin 2018. Par ses requêtes, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 12 février 2019 par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne l'a placé en disponibilité d'office à compter du 8 novembre 2018, d'annuler le titre de recette du 1er mars 2019 d'un montant de 4 342,70 euros émis pour un trop-perçu de rémunération, d'annuler la décision du 7 mars 2019 du président du conseil départemental du Val-de-Marne en tant qu'elle refuse de faire droit à sa demande tendant à reconnaître comme imputable à son accident du 21 août 2016 ses arrêts de travail pris à compter du 29 juin 2018 en raison de séquelles psychologiques et de condamner le département du Val-de-Marne à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison de l'illégalité de cette dernière décision.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées n°1903278, n°1904174 et n°1904176 concernent la situation d'un même agent public et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur la recevabilité des conclusions à fin d'indemnisation :

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

4. Il résulte de l'instruction que M. A demande au tribunal de condamner le département du Val-de-Marne à lui verser une somme en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison de la faute tirée de l'illégalité de la décision du 7 mars 2019 refusant de reconnaitre comme imputable à son accident du 21 août 2016 ses troubles psychologiques et les arrêts de travail correspondants. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que M. A a saisi le département du Val-de-Marne d'une demande indémnitaire préalable à la saisine du juge administratif. En dépit de la demande de régularisation dans un délai de quinze jour qui lui a été adressée par lettre du 13 janvier 2022, notifiée le 14 janvier suivant, M. A n'a pas, à l'expiration du délai qui lui était imparti, régularisé sa requête par la production de la décision par laquelle le département du Val-de-Marne a rejeté sa réclamation indemnitaire préalable ou, dans l'hypothèse où un rejet implicite aurait été opposé à cette demande, de la preuve de la réception par l'administration d'une telle réclamation. Ainsi, en l'absence de liaison du contentieux, les conclusions indemnitaires présentées par M. A sont irrecevables et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 février 2019 :

5. En premier lieu, par décision du 9 juillet 2015, régulièrement publiée le 20 juillet 2015 au recueil des actes administratifs du département du Val-de-Marne et transmise le 9 juillet 2015 au service de la préfecture du Val-de-Marne, le président du conseil départemental du Val-de-Marne a donné délégation, en cas d'absence ou d'empêchement de la directrice des ressources humaines, à Mme C E, responsable adjointe du service des ressources humaines chargé du pôle action sociale et solidarités de la direction de la protection de l'enfance et de la jeunesse du pôle enfance et famille et auteure de la décision contestée, à l'effet de signer les décisions se rapportant à certaines matières figurant en annexe de cette décision parmi lesquelles figurent les arrêtés relatifs à la situation individuelle des agents, et notamment les arrêtés relatifs aux positions des agents dont la position de disponibilité. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de la décision contestée, qui manque en fait, doit être écarté.

6. En deuxième lieu aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations ente le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () - refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".

7. Il ressort des pièces du dossier, que la décision litigieuse du 12 février 2019 prononçant la mise en disponibilité d'office de M. A à compter du 8 novembre 2018 a été prise à titre conservatoire dans l'attente de l'avis du comité médical. Elle ne constitue donc pas une décision qui refuse un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir, au sens des dispositions précitées. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation et, par voie de conséquence, celui tiré de la méconnaissance par cette décision du respect d'une procédure contradictoire, doivent être écartés comme inopérants.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 4 février 2014 portant statut particulier du corps des assistants socio-éducatifs de la fonction publique hospitalière : " Les assistants socio-éducatifs constituent un corps de la catégorie B de la fonction publique hospitalière, régi par la loi du 9 janvier 1986 () ". Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa version alors en vigueur : " Le fonctionnaire en activité a droit :/ () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants ". L'article 17 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière dispose, dans sa version alors en vigueur, que : " Lorsque le fonctionnaire est dans l'incapacité de reprendre son service à l'expiration de la première période de six mois consécutifs de congé de maladie, le comité médical est saisi pour avis de toute demande de prolongation de ce congé dans la limite des six mois restant à courir. Lorsqu'un fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service qu'après l'avis favorable du comité médical. Si l'avis du comité médical est défavorable, le fonctionnaire est soit mis en disponibilité, soit admis au bénéfice de la période de préparation au reclassement ou reclassé dans les conditions prévues par le décret n° 89-376 du 8 juin 1989 pris pour l'application de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière et relatif au reclassement des fonctionnaires pour raisons de santé, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme des agents des collectivités locales. Le paiement du demi-traitement est maintenu, le cas échéant, jusqu'à la date de la décision de reprise de service, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite ".

9. Il résulte de ces dispositions que le fonctionnaire ayant épuisé ses droits statutaires à congés de maladie ordinaire ne peut être placé d'office en disponibilité que si le comité médical a émis un avis défavorable à sa reprise de fonctions, sans l'avoir pour autant reconnu définitivement inapte à exercer ses fonctions antérieures, ou d'autres fonctions. Toutefois, dans le cas où le fonctionnaire a épuisé ses droits à congé de maladie avant que le comité médical ait pu se prononcer sur sa situation, il appartient à l'employeur de prendre une décision provisoire dans l'attente de cet avis pour placer le fonctionnaire dans l'une des positions prévues par son statut. Le placement d'office du fonctionnaire en disponibilité ne revêt, dans cette hypothèse, qu'un caractère provisoire dans l'attente d'une régularisation ultérieure, une fois recueilli l'avis de ce comité.

10. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 7 du présent jugement, que la décision litigieuse du 12 février 2019 a prononcé la mise en disponibilité d'office

de M. A à compter du 8 novembre 2018 à titre conservatoire dans l'attente de l'avis du comité médical. Le département du Val-de-Marne était, dans ces conditions, fondé à placer l'intéressé en disponibilité à titre conservatoire dans l'attente de la régularisation de sa situation administrative à la suite de l'avis du comité médical qui avait au demeurant été saisi préalablement. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision litigieuse a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que le comité médical départemental n'a pas été saisi pour avis préalablement à son édiction, doit être écarté.

11. En quatrième lieu, la décision conservatoire contestée n'a pas été prise sur le fondement du rapport d'expertise du docteur F H

du 25 septembre 2018 se prononçant sur l'imputabilité à l'accident de service du 21 août 2016 de ses troubles psychologiques. Par suite, M. A ne saurait en tout état de cause utilement soutenir que cette expertise méconnait le principe d'impartialité dès lors qu'elle est intervenue à l'initiative du département du Val-de-Marne et en critiquer les conclusions.

12. En dernier lieu, les décisions administratives ne peuvent légalement disposer que pour l'avenir. Toutefois, s'agissant des décisions relatives à la carrière des fonctionnaires, des militaires ou des magistrats, l'administration peut, en dérogation à cette règle, leur conférer une portée rétroactive dans la stricte mesure nécessaire pour assurer la continuité de la carrière de l'agent intéressé ou procéder à la régularisation de sa situation.

13. Il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que M. A avait épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire à compter du 8 novembre 2018. Par suite, il appartenait à l'administration de le placer dans une position régulière, y compris en conférant à sa décision un caractère rétroactif, en le plaçant à titre conservatoire en position de disponibilité d'office à compter de cette date. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée du 12 février 2019 méconnait principe de non-rétroactivité des actes administratifs doit être écarté comme infondé.

14. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une expertise, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 12 février 2019 par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne l'a placé en disponibilité d'office à compter du 8 novembre 2018.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 7 mars 2019 :

15. En premier lieu, la décision attaquée énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et est, dès lors, suffisamment motivée.

16. En second lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que, pour refuser de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail pris à compter du 29 juin 2018 par le requérant en raison de séquelles psychologiques, le président du conseil départemental du Val-de-Marne s'est fondé sur l'avis défavorable de la commission de réforme départementale du 19 février 2019, lui-même fondé sur les conclusions du rapport d'expertise du docteur H du 25 septembre 2018, médecin psychiatre, qui conclut à l'absence d'imputabilité à l'accident de service du 21 août 2016 des troubles psychologiques de l'intéressé. Le requérant, qui n'apporte en l'état de l'instruction aucun élément, notamment de nature médicale, susceptible de remettre en cause les conclusions de ce rapport médical, n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée serait entachée d'une erreur d'appréciation.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 7 mars 2019 du président du conseil départemental du Val-de-Marne en tant qu'elle refuse de faire droit à sa demande tendant à reconnaître comme imputable à son accident du 21 août 2016 ses arrêts de travail pris à compter du 29 juin 2018 en raison de séquelles psychologiques.

Sur les conclusions à fin d'annulation du titre de recette du 1er mars 2019 :

18. Il résulte de l'instruction, et n'est pas sérieusement contesté, que M. A s'est vu verser à tort son plein traitement pendant 7 mois, d'août 2018 à janvier 2019, et que le département a procédé à la régularisation de sa situation consistant à récupérer une somme de 17 580,86 euros correspondant à son plein traitement, moins une somme de 8 790,47 euros correspondant à un demi traitement sur ces 7 mois. L'ensemble de ces opérations aboutissant à un solde négatif pour sa paie de février, le département a décidé de lui consentir une avance de 4 342,70 euros lui permettant de bénéficier sur ce mois d'un demi-traitement de 1471,03 euros ainsi qu'il ressort des mentions figurant sur le bulletin de paie de l'intéressé pour le mois de février 2019. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le département ne lui aurait consenti aucune avance sur le mois de février 2019 et que le titre exécutoire du 1er mars 2019 visant à récupérer le montant de cette avance serait dénué de fondement.

19. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense ni la recevabilité des conclusions de la requête dirigées contre cette décision, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation du titre de recette

du 1er mars 2019 d'un montant de 4 342,70 euros émis pour un trop-perçu de rémunération.

Sur les frais liés au litige :

20. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

21. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge du département du Val-de-Marne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que demande M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens

22. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A les sommes demandées par le département du Val-de-Marne au titre des mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. A sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions du département du Val-de-Marne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G A, au département du Val-de-Marne et à la direction départemental des finances publiques du Val-de-Marne.

Délibéré après l'audience du 7 avril 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Bruno-Salel, présidente,

M. Thébault, premier conseiller,

M. Lacote, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.

Le rapporteur,

J.-N. B

La présidente,

C. BRUNO-SALEL

La greffière,

C. RICHEFEU

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s1903278

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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