jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1904010 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | GOZLAN |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête, enregistrée le 30 avril 2019 sous le n°1904010, et un mémoire en réplique, enregistré le 7 octobre 2021, Mme A D C épouse B, représentée par Me Gozlan, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2019 par lequel la directrice des hôpitaux universitaires Henri Mondor l'a suspendue de ses fonctions à compter du 7 février 2019 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2019 par lequel la directrice des hôpitaux universitaires Henri Mondor l'a révoquée de ses fonctions à compter du 4 juillet 2019 ;
3°) d'ordonner aux hôpitaux universitaires Henri Mondor la reprise de sa formation en 3ème année au sein d'un institut de formation en soins infirmiers de
l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris pour la rentrée de septembre 2019 ;
4°) d'ordonner aux hôpitaux universitaires Henri Mondor sa réintégration en mi-temps thérapeutique avec un changement de service ;
5°) d'ordonner aux hôpitaux universitaires Henri Mondor le versement de la somme de 4 651,63 euros au titre des salaires et primes non versés depuis le mois de juin 2018 ;
6°) d'ordonner aux hôpitaux universitaires Henri Mondor le règlement des 62 jours de congés annuels et des 25 jours de congés posés sur son compte-épargne temps sans son autorisation ;
7°) de condamner les hôpitaux universitaires Henri Mondor à lui verser la somme de 5 000 euros au titre du préjudice moral et financier qu'elle estime avoir subi ;
8°) de condamner les hôpitaux universitaires Henri Mondor à lui verser la somme de 5 000 euros au titre de la discrimination qu'elle estime avoir subi ;
9°) de mettre à la charge des hôpitaux universitaires Henri Mondor la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a reçu aucune réponse de la part de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris à sa demande d'autorisation de signer un contrat avec une clinique privée pour financer sa formation ni à ses demandes de disponibilité alors qu'elles figurent bien dans son dossier administratif ;
- la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers n'était pas compétente pour suspendre sa formation ; elle a méconnu son droit au respect du secret médical en révélant des informations relatives à son état de santé ; elle ne pouvait fonder sa décision de suspension de la formation sur un motif d'ordre médical ;
- elle pouvait poursuivre sa formation pendant son arrêt de travail à partir du moment où les médecins avaient émis un avis favorable d'aptitude à la formation et qu'elle bénéficiait d'autorisations de sortie ;
- elle n'a pas cumulé deux emplois ; le contrat conclu avec l'organisme Clinéa avait pour but exclusif de financer sa formation à l'institut de formation en soins infirmiers ; ses collègues étaient au courant qu'elle suivait cette formation ;
- la décision de suspension constitue une sanction injustifiée et disproportionnée ;
- elle aurait dû bénéficier d'un aménagement de son poste compte tenu de son état de santé ;
- elle est victime de discrimination en raison de son état de santé en violation de l'article L. 1132-2 du code du travail ;
- l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a méconnu son obligation de sécurité prévue à l'article L. 4121-1 du code du travail ;
- elle a bien adressé une demande préalable indemnitaire concernant l'absence de versement de ses salaires et primes pour les mois de juin 2018 à février 2019 ;
- elle aurait dû percevoir la somme de 4 651,63 € au titre des salaires non versés pour les mois de septembre 2018 à février 2019 et au titre des primes non versées au mois de juin et de décembre 2018 ;
- l'hôpital ne lui a pas réglé 62 jours de congés annuels ;
- 25 jours de congés ont été épargnés sur son compte épargne-temps sans son autorisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2021,
l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, représentée par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C épouse B ne sont pas fondés.
Par une lettre du 3 janvier 2023, Mme C épouse B a été invitée, en application de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, à régulariser dans un délai de quinze jours les conclusions indemnitaires de sa requête par la production de la décision par laquelle l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a rejeté sa réclamation indemnitaire préalable ou, dans l'hypothèse où un rejet implicite aurait été opposé à cette demande, de la preuve de la réception par l'administration d'une telle réclamation.
Par une ordonnance du 3 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au
18 janvier 2023 à 12 heures.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés de ce que :
- d'une part, l'administration a méconnu le champ d'application de la loi en prononçant la suspension de Mme B par arrêté du 22 février 2019 sur le fondement des dispositions de l'article 25 septies de la loi n° 86-634 du 13 juillet 1983 pour des faits commis entre le
1er janvier 2014 et le 22 avril 2016 alors que ces dispositions ne sont entrées en vigueur qu'à compter du 22 avril 2016 ;
- et, d'autre part, de substituer, dans cette mesure les dispositions de l'article 25 de loi n° 86-634 du 13 juillet 1983, alors applicables, à celles de l'article 25 septies.
II - Par une requête, enregistrée le 13 août 2019 sous le n° 1907372, et un mémoire complémentaire, enregistré le 5 septembre 2019, Mme A D C épouse B, représentée par Me Gozlan, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2019 par lequel la directrice des hôpitaux universitaires Henri Mondor l'a révoquée de ses fonctions à compter du 4 juillet 2019 ;
2°) d'ordonner aux hôpitaux universitaires Henri Mondor sa réintégration en mi-temps thérapeutique avec un changement de service ;
3°) d'ordonner aux hôpitaux universitaires Henri Mondor la reprise de sa formation en 3ème année au sein d'un institut de formation en soins infirmiers de
l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris pour la rentrée de septembre 2019 ;
4°) de mettre à la charge des hôpitaux universitaires Henri Mondor la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle n'a reçu aucune réponse de la part de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris à sa demande d'autorisation de signer un contrat avec une clinique privée pour financer sa formation ni à ses demandes de disponibilité alors qu'elles figurent bien dans son dossier administratif ;
- la directrice de l'institut de formation en soins infirmiers n'était pas compétente pour suspendre sa formation ; elle a méconnu son droit au respect du secret médical en révélant des informations relatives à son état de santé ; elle ne pouvait fonder sa décision de suspension de la formation sur un motif d'ordre médical ;
- elle pouvait poursuivre sa formation pendant son arrêt de travail à partir du moment où les médecins avaient émis un avis favorable d'aptitude à la formation et qu'elle bénéficiait d'autorisations de sortie ;
- elle n'a pas cumulé deux emplois ; le contrat conclu avec l'organisme Clinéa avait pour but exclusif de financer sa formation à l'institut de formation en soins infirmiers ; ses collègues étaient au courant qu'elle suivait cette formation ;
- elle aurait dû bénéficier d'un aménagement de son poste compte tenu de son état de santé ;
- elle est victime de discrimination en raison de son état de santé en violation de l'article L. 1132-2 du code du travail ;
- la décision portant révocation est insuffisamment motivée ;
- elle constitue une sanction injustifiée et disproportionnée ;
- elle aurait dû percevoir la somme de 4 651,63 euros au titre des salaires non versés pour les mois de septembre 2018 à février 2019 et au titre des primes non versées au mois de juin et de décembre 2018 ;
- l'hôpital ne lui a pas réglé 62 jours de congés annuels ;
- 25 jours de congés ont été épargnés sur son compte épargne-temps sans son autorisation ;
- elle a subi un préjudice moral et financier qui peut être évalué à la somme de 10 000 euros ;
- elle a subi un préjudice lié à sa discrimination en raison de son état de santé qui peut être évalué à la somme de 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2021,
l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, représentée par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C épouse B ne sont pas fondés.
Par un courrier en date du 29 août 2019, le tribunal a demandé à la requérante d'adresser une requête distincte concernant le versement de la somme de 4 651,63 euros au titre des salaires et des primes non versés depuis juin 2018 et le versement de la somme correspondant aux 62 jours de congés annuels ainsi qu'aux 25 jours de congés placés sur son compte-épargne temps sans son autorisation, demande à laquelle Mme C épouse B a donné suite par la requête enregistrée le 5 septembre 2019 sous le numéro 1907964.
Par une lettre du 3 janvier 2023, Mme C épouse B a été invitée, en application de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, à régulariser dans un délai de quinze jours les conclusions indemnitaires de sa requête par la production de la décision par laquelle l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris a rejeté sa réclamation indemnitaire préalable ou, dans l'hypothèse où un rejet implicite aurait été opposé à cette demande, de la preuve de la réception par l'administration d'une telle réclamation.
Par une ordonnance du 3 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au
18 janvier 2023 à 12 heures.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés de ce que :
- d'une part, l'administration a méconnu le champ d'application de la loi en prononçant la révocation de Mme B par arrêté du 20 juin 2019 sur le fondement des dispositions de l'article 25 septies de la loi n° 86-634 du 13 juillet 1983 pour des faits commis entre le
1er janvier 2014 et le 22 avril 2016 alors que ces dispositions de l'article 25 septies ne sont entrées en vigueur qu'à compter du 22 avril 2016 ;
- et, d'autre part, de substituer les dispositions de l'article 25 de loi n° 86-634 du
13 juillet 1983, alors applicables, à celles de l'article 25 septies.
III - Par une requête, enregistrée le 5 septembre 2019 sous le n°1907964,
Mme A D C épouse B, représentée par Me Gozlan, demande au tribunal :
1°) d'ordonner aux hôpitaux universitaires Henri Mondor le versement de la somme de 4 651,63 euros au titre des salaires et primes non versées depuis le mois de juin 2018 ;
2°) d'ordonner aux hôpitaux universitaires Henri Mondor le règlement des 62 jours de congés annuels et des 25 jours de congés posés sur son compte-épargne temps sans son autorisation ;
3°) de condamner les hôpitaux universitaires Henri Mondor à lui verser la somme de 5 000 euros au titre du préjudice moral et financier qu'elle estime avoir subi ;
4°) de condamner les hôpitaux universitaires Henri Mondor à lui verser la somme de 5 000 euros au titre de la discrimination qu'elle estime avoir subi ;
5°) de mettre à la charge des hôpitaux universitaires Henri Mondor la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle aurait dû percevoir la somme de 4 651,63 € au titre des salaires non versés pour les mois de septembre 2018 à février 2019 et au titre des primes non versées au mois de juin et de décembre 2018 ;
- l'hôpital ne lui a pas réglé 62 jours de congés annuels ;
- 25 jours de congés ont été épargnés sur son compte épargne-temps sans son autorisation ;
- elle a subi un préjudice moral et financier qui peut être évalué à la somme de 10 000 euros ;
- elle a subi un préjudice lié à sa discrimination en raison de son état de santé qui peut être évalué à la somme de 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2021,
l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, représentée par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions aux fins d'indemnisation sont irrecevables en l'absence de liaison du contentieux ;
- les moyens soulevés par Mme C épouse B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'absence de décision préalable permettant de lier le contentieux.
Par une lettre du 22 décembre 2022, Mme C épouse B a été invitée, en application de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, à régulariser dans un délai de vingt jours les conclusions indemnitaires de sa requête par la production de la décision par laquelle l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris a rejeté sa réclamation indemnitaire préalable ou, dans l'hypothèse où un rejet implicite aurait été opposé à cette demande, de la preuve de la réception par l'administration d'une telle réclamation.
Par une ordonnance du 22 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
12 janvier 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- la loi du 13 juillet 1983 ;
- la loi du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°88-386 du 19 avril 1988 ;
- le décret n°88-976 du 13 octobre 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Luneau,
- et les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse B exerce en qualité d'aide-soignante au sein des hôpitaux universitaires Henri Mondor, relevant de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris
(AP-HP), depuis le 1er avril 2008. Victime d'un accident le 4 septembre 2016, reconnu imputable au service par une décision du 26 mai 2017, ses arrêts de travail ont été pris en charge au titre de la législation sur les accidents de service pour la période courant du 4 septembre 2016 au
10 juillet 2017. Elle a ensuite été placée en congé de longue maladie du 11 juillet 2017 au 10 novembre 2018. Dans le même temps, Mme C épouse B a intégré, le 5 septembre 2016, l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI) Jean-Baptiste Pussin des Hôpitaux de Saint-Maurice afin d'y préparer le diplôme d'Etat d'infirmier. Par un courrier du 17 septembre 2018, la directrice de l'IFSI a mis fin à sa formation au motif qu'elle avait dissimulé sa véritable situation administrative au moment de son inscription et en a informé la direction des hôpitaux universitaires Henri Mondor. L'administration a relevé que Mme C
épouse B avait, en parallèle de ses fonctions d'aide-soignante au sein de l'AP-HP, conclu un contrat à durée indéterminée (CDI) pour exercer les mêmes fonctions à temps complet au sein d'une clinique depuis 2014, et qu'elle suivait, depuis la rentrée de l'année 2016, des études en soins infirmiers pendant ses congés de maladie, au sein de l'IFSI de Saint-Maurice. Dans ces circonstances, Mme C épouse B a été suspendue de ses fonctions pour une durée de quatre mois à compter du 7 février 2019, dans l'attente qu'il soit statué sur sa situation, par un arrêté du 22 février 2019 du directeur général de l'AP-HP en raison de ce cumul d'emplois non autorisé et de la poursuite d'études durant son absence pour raisons médicales. Puis, par un arrêté du 20 juin 2019, la directrice du groupe hospitalier des hôpitaux universitaires Henri Mondor a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de la révocation à effet du 4 juillet 2019.
2. D'une part, par une requête n° 1904010, Mme C épouse B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 février 2019 portant suspension de fonctions. D'autre part, par une requête n° 1907372, elle demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler l'arrêté du 20 juin 2019 portant révocation. Enfin, par une requête n°1907964, elle demande au tribunal de condamner l'AP-HP à lui verser les salaires et primes non perçus depuis le mois de juin 2018, les sommes correspondant aux 62 jours de congés annuels non pris et aux 25 jours posés sur son compte épargne-temps sans autorisation, ainsi que d'être indemnisée des préjudices matériels et moraux qu'elle estime avoir subis et de la discrimination dont elle aurait été victime.
Sur la jonction :
3. Les requêtes susvisées nos 1904010, 1907372 et 1907964 présentées par Mme C épouse B concernent la situation d'un même agent public et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la recevabilité des conclusions aux fins d'indemnisation des requêtes n°s 1904010 et 1907372 :
4. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, dans sa rédaction alors applicable : " Lorsqu'une partie a accepté, pour une instance donnée, l'utilisation du téléservice mentionné à l'article R. 414-6, la juridiction peut lui adresser par cette application, et pour cette instance, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre. / Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été ainsi adressé, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. / () ".
6. Il résulte de l'instruction que Mme C épouse B demande au tribunal, dans chacune de ses requêtes, de condamner l'AP-HP à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices moral et financier qu'elle estime avoir subis et une somme de 5 000 euros en raison de la discrimination dont elle a été victime. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante a saisi l'établissement hospitalier d'une demande indemnitaire préalable à la saisine du juge administratif. Des demandes de régularisation ont été adressées le 3 janvier 2023 à Mme C épouse B dans chaque requête par l'application " Télérecours citoyen ", tendant à la communication, dans un délai de quinze jours, de la demande indemnitaire préalable formée auprès des hôpitaux universitaires Henri Mondor. S'agissant de la requête n° 1904010, Mme C épouse B en a pris connaissance le 4 janvier 2023. S'agissant de la requête n° 1907372, la requérante en a pris connaissance le 21 avril 2023. A l'expiration des délais qui lui étaient impartis, elle n'a pas régularisé ces deux requêtes par la production des décisions par lesquelles l'administration a rejeté ses réclamations indemnitaires préalables ou, dans l'hypothèse où un rejet implicite aurait été opposé à ces demandes, de la preuve de la réception par l'administration de ces réclamations. Ainsi, en l'absence de liaison du contentieux, les conclusions indemnitaires présentées par Mme C épouse B dans les requêtes enregistrées sous les numéros 1904010 et 1907372 sont irrecevables et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le cadre juridique applicable :
7. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressée ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.
8. Aux termes de l'article 25 de la loi du 13 juillet 1983 précitée, dans sa version en vigueur du 7 août 2009 au 22 avril 2016 : " I.-Les fonctionnaires et agents non titulaires de droit public consacrent l'intégralité de leur activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées. Ils ne peuvent exercer à titre professionnel une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit. / () / IV.-Les fonctionnaires, les agents non titulaires de droit public, (), occupant un emploi à temps non complet ou exerçant des fonctions impliquant un service à temps incomplet pour lesquels la durée du travail est inférieure ou égale à 70 % de la durée légale ou réglementaire du travail des agents publics à temps complet peuvent exercer, à titre professionnel, une activité privée lucrative dans les limites et conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. / () ".
9. L'article 25 septies de la loi du 13 juillet 1983, dans sa version applicable à compter du 22 avril 2016, prévoit : " I.-Le fonctionnaire consacre l'intégralité de son activité professionnelle aux tâches qui lui sont confiées. Il ne peut exercer, à titre professionnel, une activité privée lucrative de quelque nature que ce soit, sous réserve des II à V du présent article. / Il est interdit au fonctionnaire : / () 5° De cumuler un emploi permanent à temps complet avec un ou plusieurs autres emplois permanents à temps complet. / (). V.-Le fonctionnaire peut être autorisé par l'autorité hiérarchique dont il relève à exercer à titre accessoire une activité, lucrative ou non, auprès d'une personne ou d'un organisme public ou privé dès lors que cette activité est compatible avec les fonctions qui lui sont confiées et n'affecte pas leur exercice. Par dérogation au 1° du I du présent article, ces activités peuvent être exercées sous le régime prévu à l'article L. 133-6-8 du code de la sécurité sociale. / () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que, pour suspendre Mme C épouse B de ses fonctions à titre conservatoire puis la révoquer à raison des faits qui lui sont reprochés à compter du 1er janvier 2014, date à partir de laquelle l'intéressée a conclu un CDI avec la clinique de la Concorde, l'AP-HP s'est fondée sur les dispositions de la loi du 13 juillet 1983 modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires et, notamment, sur les dispositions de l'article 25 septies. Or, ces dispositions ne sont entrées en vigueur qu'à compter du 22 avril 2016. Il suit de là que les arrêtés contestés ne pouvaient trouver leur fondement, pour les faits commis entre 1er janvier 2014 et le 22 avril 2016, dans les dispositions de l'article 25 septies de la loi du 13 juillet 1983 modifiée. Toutefois, le pouvoir d'appréciation dont dispose l'autorité administrative en vertu des dispositions de l'article 25 de la loi du 13 juillet 1983 est le même que celui dont l'investissent les dispositions de l'article 25 septies de la même loi, entrée en vigueur à compter du 22 avril 2016. Dans ces conditions, et ainsi qu'en ont été informées les parties, il y a lieu de substituer les dispositions de l'article 25 de la loi du 13 juillet 1983 à la base légale retenue par la directrice du groupe hospitalier des hôpitaux universitaires Henri Mondor.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 22 février 2019 :
11. Aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 précitée, dans sa version applicable au litige : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois ". La mesure provisoire de suspension prévue par les dispositions précitées ne présente pas par elle-même un caractère disciplinaire. Elle est uniquement destinée à écarter temporairement un agent du service, en attendant qu'il soit statué disciplinairement ou pénalement sur sa situation. Elle peut être légalement prise dès lors que l'administration est en mesure d'articuler à l'encontre de l'intéressé des griefs qui ont un caractère de vraisemblance suffisant et qui permettent de présumer que celui-ci a commis une faute grave.
12. L'article 27 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière prévoit : " Le fonctionnaire en congé de longue maladie ou de longue durée doit cesser tout travail rémunéré, sauf les activités ordonnées et contrôlées médicalement au titre de la réadaptation. / () / Ladite autorité s'assure par les contrôles appropriés que le titulaire du congé n'exerce pas d'activité interdite. Si l'enquête établit le contraire, le versement de la rémunération est immédiatement interrompu. Et, dans le cas où l'exercice d'un travail rémunéré non autorisé remonte à une date antérieure de plus d'un mois à la constatation qui en est faite, l'intéressé doit reverser à l'établissement les sommes perçues au titre du traitement et des accessoires à compter de cette date. / La rémunération est rétablie à compter du jour où l'intéressé a cessé tout travail non autorisé. / Le temps pendant lequel le versement de la rémunération a été interrompu compte dans la période de congé en cours ".
13. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, Mme C épouse B, alors agent public titulaire au sein des hôpitaux universitaires Henri Mondor depuis 2008, a conclu avec la clinique " La Concorde " un CDI, le 1er janvier 2014, en qualité d'aide-soignante à temps complet, sans être autorisée à cumuler son emploi. Il a été mis fin à ce CDI le 18 décembre 2018, date à laquelle la clinique sera informée de ce cumul. D'autre part, l'intéressée, alors en arrêt de travail au titre d'un accident reconnu imputable au service à compter du 4 septembre 2016, a débuté, le lendemain, une formation au sein de l'IFSI de Saint-Maurice, pour préparer le concours d'infirmière. Elle y a suivi les enseignements de première année, au cours de l'année 2016 / 2017, de deuxième année, au cours de l'année 2017 / 2018, puis le début de la troisième année, jusqu'à ce que son cursus soit interrompu au mois de décembre 2018 lorsque l'IFSI s'est aperçu qu'elle était en arrêt de travail. Mme C épouse B a suivi cette formation durant son placement en congé de maladie au titre de l'accident de service dont elle a été victime, puis durant son congé de longue maladie, cette formation ayant été financée par le FONGECIF et la clinique, sans que l'AP-HP n'en soit informée.
14. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, pour prononcer la suspension de fonctions, la directrice des hôpitaux universitaires Henri Mondor s'est fondée sur le cumul d'emploi non autorisé et la poursuite d'études en soins infirmiers financées par le
FONGECIF Ile-de-France et la clinique " La Concorde " pendant une absence pour raisons médicales.
15. En premier lieu, d'une part, si Mme C épouse B, qui se prévaut d'un courrier et d'un courriel du 11 décembre 2013 ainsi que d'un courrier électronique du
24 janvier 2014, soutient qu'elle a sollicité la prise en charge financière de sa formation professionnelle auprès de l'AP-HP, qui n'a pas répondu à sa demande, il ressort des pièces du dossier qu'elle avait déjà, au cours de l'année 2013, sollicité le financement de sa formation auprès de l'établissement hospitalier qui avait expressément émis, le 5 février 2013, un avis défavorable à son admission en soins infirmiers. En outre, elle n'établit pas, par les pièces qu'elle a versées aux débats, qu'elle aurait demandé à être placée en disponibilité. D'autre part, il n'est pas contesté, que Mme C épouse B a signé un contrat de formation et de financement avec la clinique " La Concorde ", et que, dans ce cadre, elle a mobilisé son compte personnel de formation en indiquant, sur le contrat ainsi conclu, qu'elle était en CDI à compter du 1er janvier 2014 avec cette clinique, ce qui est, au surplus, confirmé par la directrice de cet établissement. Il ressort, également, des pièces du dossier qu'elle a obtenu un financement du FONGECIF Ile-de-France et qu'elle a débuté sa formation au sein de l'IFSI à compter du 5 septembre 2016. Par conséquent, il est établi qu'elle était engagée avec cette clinique alors qu'il ressort également des pièces du dossier qu'elle a été placée en arrêt de travail du 4 septembre 2016 au 10 juillet 2017, consécutivement à une rechute d'un accident reconnu imputable au service en 2009, puis en congé de longue maladie du 11 juillet 2017 au 10 novembre 2018 et qu'elle a cumulé son emploi
d'aide-soignante au sein de l'AP-HP avec une formation, alors même qu'elle n'a fait aucune demande d'autorisation préalable de cumul d'emploi. A cet égard, la circonstance que son rhumatologue, son médecin traitant et le médecin de l'IFSI l'aient déclarée apte à poursuivre sa formation ne permettent pas de régulariser sa situation administrative. Par ailleurs, si Mme C épouse B soutient qu'elle pouvait, conformément aux dispositions de l'article L. 323-3-1 du code de la sécurité sociale, suivre une formation avec l'accord de son médecin, elle n'établit pas que la formation à l'IFSI rentrerait dans le champ d'application de cet article. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, la directrice des
hôpitaux universitaires Henri Mondor a pu légalement, à la date à laquelle elle s'est prononcée, estimer que les faits reprochés à Mme C épouse B présentaient un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité de nature à justifier la mesure de suspension litigieuse.
16. En second lieu, Mme C épouse B ne peut utilement soutenir que la mesure de suspension attaquée constitue une " sanction injustifiée et disproportionnée " dès lors que la suspension d'un fonctionnaire n'est pas une mesure disciplinaire mais une simple mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service. Il suit de là que les moyens tirés de ce que la directrice de l'IFSI n'est pas compétente pour suspendre sa formation, de ce que les informations relatives à l'état de santé constituent des données à caractère personnel qui n'auraient pas dû être sollicitées, ou encore de ce que l'hôpital a refusé de lui proposer un poste adapté à son état de santé ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.
17. Il résulte de ce qui précède que Mme C épouse B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 22 février 2019 par lequel la directrice des hôpitaux universitaires Henri Mondor l'a suspendue de ses fonctions à compter du 7 février 2019. Par conséquent, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence et, en tout état de cause, ses conclusions aux fins d'injonction.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 20 juin 2019 :
18. En premier lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. / (). / L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés ".
19. Par ces dispositions, le législateur a entendu imposer à l'autorité qui prononce une sanction l'obligation de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre du fonctionnaire de sorte que ce dernier puisse, à la seule lecture de la décision qui lui est notifiée, connaître les motifs de la sanction qui le frappe. La volonté du législateur n'est pas respectée lorsque la décision prononçant la sanction ne comporte, par elle-même, aucun motif et se borne à se référer à l'avis, même conforme, d'un organisme purement consultatif.
20. L'arrêté en litige, qui vise la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière et le décret du 7 novembre 1989, précise, par ailleurs, les faits reprochés à Mme C épouse B, tirés de ce qu'elle n'a pas respecté toutes les obligations des fonctionnaires, en particulier celle de l'exercice exclusif des fonctions et celle relative aux arrêts maladie. Elle comporte, ainsi, l'énoncé des considérations de fait qui en constituent le fondement. La circonstance que l'autorité disciplinaire n'ait pas suivi l'avis du conseil de discipline est sans incidence sur la portée de l'obligation de motiver une sanction dès lors que le législateur a seulement entendu imposer à l'autorité qui prononce une sanction disciplinaire l'obligation de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de la personne intéressée, de sorte que cette dernière puisse à la seule lecture de la décision qui lui est notifiée connaître les motifs de la sanction qui la frappe. Par suite, la circonstance que la motivation ne précise pas les raisons pour lesquelles l'autorité disciplinaire a décidé de ne pas suivre l'avis du conseil de discipline reste sans influence, en l'espèce, sur le caractère suffisant de la motivation. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
21. En deuxième lieu, Mme C épouse B ne peut utilement, à l'appui des conclusions aux fins d'annulation de la décision contestée, invoquer les moyens dirigés contre la mesure de suspension prise à son encontre.
22. En troisième lieu, aux termes de l'article de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983, dans sa rédaction alors applicable : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. / () ". Aux termes de l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / () ; / Quatrième groupe : (), la révocation ".
23. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes. En l'absence de disposition législative contraire, l'autorité investie du pouvoir disciplinaire, à laquelle il incombe d'établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public, peut apporter la preuve de ces faits devant le juge administratif par tout moyen.
24. Pour prononcer la sanction de révocation à l'encontre de
Mme C épouse B, la directrice des hôpitaux universitaires Henri Mondor s'est fondée sur la circonstance que l'intéressée s'était livrée au cumul d'un emploi public d'aide-soignante avec la conclusion d'un CDI avec la clinique la Concorde en tant qu'aide-soignante du 1er janvier 2014 au 18 décembre 2018 et le suivi d'une formation d'infirmière financée par cet établissement privé alors qu'elle se trouvait en position d'arrêt maladie.
25. D'une part, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit précédemment, que Mme C épouse B a cumulé son emploi d'aide-soignante avec une formation professionnelle d'infirmière au sein de l'IFSI Jean-Baptiste Pussin des hôpitaux de Saint-Maurice à compter du 5 septembre 2016, formation prévue pour trois années et pour laquelle elle avait obtenu un financement par la clinique " La Concorde " et par le FONGECIF Ile-de-France, alors même qu'elle avait été placée la veille en arrêt de travail suite à une rechute de son accident de service jusqu'au 10 juillet 2017 puis en congé de longue maladie du 11 juillet 2017 au
10 novembre 2018. Au surplus, il est établi qu'elle était engagée depuis le 1er janvier 2014 avec cette même clinique dans le cadre d'un CDI à temps complet qui a été rompu le 18 décembre 2018. Si Mme C épouse B soutient qu'elle peut " prouver [qu'elle] ne peut être accusée de cumul d'emploi ", elle n'apporte aucune des pièces alléguées. Il résulte de ce qui précède que les faits reprochés à Mme C épouse B sont matériellement établis.
26. D'autre part, il est constant que la clinique " La Concorde " s'est engagée à prendre en charge les frais relatifs à la scolarité de la requérante (droits d'inscription, frais de scolarité) et les indemnités de stage et frais de transports, pendant les trois années de scolarité. Les stages, représentant la moitié de la formation, sont effectués par Mme C épouse B dans la clinique, et il ressort des pièces du dossier que l'objectif était qu'elle travaille ensuite, une fois son diplôme obtenu, au sein de cette clinique. Mme C épouse B ne conteste pas avoir reçu, durant plus de deux années de formation, des indemnités de stage, fixées à vingt-huit euros par semaine la première année, trente-huit euros en deuxième année et cinquante euros la troisième année. En outre, l'accord de prise en charge du FONGECIF Ile-de-France fait apparaître que le contrat conclu entre Mme C épouse B et la clinique " La Concorde ", à temps plein, comporte un salaire de base brut mensuel et une prime d'ancienneté brute mensuelle s'élevant à 1 600 euros. Ces circonstances révèlent une activité privée lucrative alors, au surplus, que l'engagement conclu par l'intéressée avec la clinique était d'y travailler durant trois ans après l'obtention du diplôme d'infirmière. Si Mme C épouse B persiste à soutenir qu'elle n'a perçu aucune rémunération et qu'elle va produire ses bulletins de salaire, elle n'a produit aucune de ces pièces. Enfin, elle n'apporte aucun élément sur la période antérieure à son entrée en formation, c'est-à-dire du 1er janvier 2014 au 5 septembre 2016, alors qu'il est constant que le CDI avec la clinique a été signé dès janvier 2014, avant le début de la formation. Par ailleurs, un fonctionnaire en arrêt de maladie, et qui demeure donc en position d'activité, reste soumis au principe d'interdiction de cumul avec une activité rémunérée. Il suit de là que les manquements reprochés à Mme C épouse B constituent des fautes de nature à justifier une sanction. La circonstance que son médecin ait indiqué qu'il n'existait pas de contre-indication à ce qu'elle poursuivre sa formation ne saurait ôter à ces faits leur caractère fautif.
27. Enfin, si Mme C épouse B soutient que la sanction disciplinaire prononcée à son encontre est disproportionnée, les faits qui lui sont reprochés démontrent qu'elle a manqué à son obligation de consacrer l'intégralité de son activité professionnelle aux tâches qui lui étaient confiées au sein des hôpitaux universitaires Henri Mondor. A cet égard, l'intéressée a cumulé, sans y avoir été autorisée, durant quasiment cinq années ses fonctions d'aide-soignante avec un CDI à temps complet conclu avec une clinique privée en cette même qualité, qui a financé sa formation, alors que ses arrêts de travail étaient pris en charge par l'administration hospitalière au titre de la législation sur les accidents de service et qu'elle a ensuite été placée en congé de longue durée. Or, son placement en congé de maladie lui interdisait tout cumul avec un contrat de formation. Compte tenu de la nature et de la gravité des faits reprochés à
Mme C épouse B, qui a déjà fait l'objet d'un blâme, et alors même que le conseil de discipline a proposé la sanction de l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée d'un an, sanction relevant du troisième groupe, la sanction disciplinaire de la révocation ne revêt pas un caractère disproportionné.
28. Il résulte de ce qui précède que Mme C épouse B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté litigieux du 20 juin 2019. Par conséquent, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, et en tout état de cause, ses conclusions à fin de réintégration.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation de la requête n° 1907964 :
En ce qui concerne les conclusions tendant au versement des salaires et primes de juin 2018 à janvier 2019 :
29. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 prévoit que : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () ; / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence ".
30. Mme C épouse B soutient qu'elle aurait dû percevoir la somme de 4 651,63 euros au titre des salaires et des primes non versés pour les mois de juin 2018 à février 2019. Il résulte de l'instruction qu'elle a été placée en congé de longue maladie pour une durée d'un an du 11 juillet 2017 au 10 juillet 2018, qu'elle a été rémunérée à plein traitement puis elle a été prolongée du 11 juillet 2018 au 10 novembre 2018, période durant laquelle elle aurait dû être rémunérée à demi-traitement, conformément aux dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'elle a perçu au cours des mois d'octobre et de novembre 2018 des rappels de salaire au titre des mois de juillet à septembre 2018, qui ont ensuite été lissés sur les mois de novembre 2018 à janvier 2019 et qu'elle a, ainsi, perçu le traitement dû sur la période en litige. S'agissant de la prime pour les mois de juin et de décembre 2018, si elle soutient qu'elle ne l'a pas perçue, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations sur la nature et les conditions de versement de ces primes. Par suite, elle n'est pas fondée à réclamer le versement d'arriérés de traitement ni de prime.
En ce qui concerne les conclusions relatives à la mise en congés annuels d'office et l'épargne de congés d'office :
31. Mme C épouse B se plaint de ne pas s'être fait indemniser 62 jours de congés annuels et du placement d'office de 25 jours de congés sur son compte épargne temps sans son autorisation. D'une part, la requérante ne se prévaut d'aucune disposition législative ou réglementaire lui permettant de prétendre au versement d'une indemnité compensatrice des congés annuels. D'autre part, il résulte de l'instruction que la requérante a été mise d'office en congés annuels à l'issue de son congé de longue maladie et ce, jusqu'à la prise d'effet de la décision de suspension de traitement afin de pallier l'absence de transmission par la requérante d'un nouvel arrêt de travail. La décision ainsi révélée de l'administration, dont l'autorité hiérarchique se doit d'organiser le fonctionnement des services et d'attribuer les congés en fonction des nécessités de service, permettait de placer la requérante dans une position statutaire régulière. S'agissant des jours de congés épargnés, elle n'établit pas qu'ils ont été placés d'office sur son compte-épargne temps sans son autorisation. Les moyens ainsi soulevés doivent être écartés.
32. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'indemnisation présentées par Mme C épouse B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
33. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AP-HP, qui n'est pas la partie perdante dans chacune des présentes instances, la somme que
Mme C épouse B demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 1904010, 1907372 et 1907964 de Mme C épouse B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme A D C épouse B et à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Luneau, première conseillère,
M. Demas, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
F. LUNEAU
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°1904010,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026