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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-1905129

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1905129

jeudi 8 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1905129
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantNERAUD

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Par une requête, enregistrée le 4 juin 2019, M. A B, représenté par Me Neraud, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 avril 2019 par laquelle le directeur de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (" CNRACL ") a refusé de faire droit à ses demandes de révision des bases de liquidation de sa pension de retraite et du décompte définitif qui y est associé ;

2°) d'enjoindre à la CNRACL de réviser les bases de la liquidation de sa pension de retraite ;

3°) de mettre à la charge de la CNRACL la somme de 1 500 euros à verser à son avocat au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 19 juillet 1991.

Il soutient que :

- les erreurs du décompte définitif du 12 avril 2019 révèlent un défaut d'examen particulier de son dossier ;

- pour les années 1993 et 1998 seuls 11 mois et non pas 12 ont été validés alors qu'il a cotisé pour les deux années entières ;

- la période de 2002 à 2005 aurait dû être intégrée pour totalité ;

- ayant bénéficié d'indemnités journalières de 2007 à 2009, cette période aurait dû donner lieu à cotisations.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 décembre 2019, la Caisse des dépôts et consignations (CNRACL) conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;

- le code de justice administrative.

Par une ordonnance du 10 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 11 juillet 2022.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gracia, président-rapporteur ;

- les conclusions de Mme Salenne-Bellet, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Titulaire du grade d'adjoint technique de première classe exerçant au sein de la commune de Charenton-le-Pont, M. A B a été radié des cadres pour abandon de poste le 1er avril 2007. Par arrêté du maire du 26 mars 2018, il a été admis à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er juin 2018. Le 15 mai 2018, il a introduit une requête auprès du tribunal administratif de Melun afin d'obtenir l'annulation de l'arrêté du 26 mars 2018. Le 17 mai 2018, le maire de Charenton-le-Pont a retiré l'arrêté et a admis M. B à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er avril 2018. Le 6 juin 2018, M. B a demandé à la CNRACL la révision de la date de liquidation de sa pension. Par courrier du 28 juin 2018, la CNRACL a informé l'intéressé qu'elle allait procéder à une nouvelle étude de son dossier afin de mettre sa pension en paiement à compter du 1er avril 2018 et par courrier du 19 juillet 2018 lui a annoncé que la date de liquidation de sa pension était désormais fixée au 1er avril 2018. Par ordonnance du 3 septembre 2018, le tribunal a prononcé un non-lieu à statuer sur ses conclusions d'annulation et d'injonction. Par courrier du 12 mars 2019, M. B a adressé par la voie de son conseil à la CNRACL une demande de révision des bases de liquidation de sa pension de retraite. Par décision du 12 avril 2019, la CNRACL a rejeté sa demande. Par requête enregistrée le 4 juin 2019, il demande au tribunal d'annuler la décision de refus de la CNRACL.

2. Aux termes de l'article 13 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales : " Les périodes prises en compte dans la liquidation de la pension sont celles mentionnées aux articles 8 et 9, au deuxième alinéa de l'article 10, à l'article 11 et aux 1° et 3° de l'article 12 du présent décret, à l'exception des services militaires mentionnés au 2° de l'article L. 5 du code des pensions civiles et militaires de retraite s'ils ont été rémunérés soit par une pension, soit par une solde de réforme, sous réserve de la renonciation prévue à l'article L. 77 de ce code ". Aux termes de l'article 20 de ce même décret : " La durée d'assurance totalise la durée des services et bonifications admissibles en liquidation prévue à l'article 16, augmentée, le cas échéant, de la durée d'assurance et des périodes reconnues équivalentes validées dans un ou plusieurs autres régimes de retraite de base obligatoires. Pour le calcul de la durée d'assurance, une année civile ne peut compter plus de quatre trimestres, sous réserve des bonifications mentionnées à l'article 15 et des majorations de cette durée prévues par l'article 21 du présent décret ".

3.En premier lieu, M. B fait grief à la CNRACL de ne pas avoir réalisé un examen sérieux de sa situation dès lors que les erreurs contenues dans le décompte dressé en

avril 2018 sont reconduites dans le courrier du 12 avril 2019. Cependant, d'une part, à l'appui de cette affirmation, M. B ne démontre aucune autre erreur que la fixation de la date de départ à la retraite contenue dans l'arrêté du 26 mars 2018, lequel a précisément été retiré pour ce motif par l'arrêté du 17 mai 2018. D'autre part, sa date d'admission à la retraite a également fait l'objet d'un réexamen dans le même sens par la CNRACL par le biais de sa décision du 19 juillet 2018. En l'absence de toute erreur démontrée, le moyen tiré de ce que la CNRACL, qui livre, en tout état de cause, une motivation détaillée dans sa décision du 12 avril 2019, n'a pas réalisé un examen sérieux de la situation de M. B, doit être écarté.

4.En deuxième lieu, M. B soutient que pour les années 1993 et 1998 seuls onze mois ont été pris en compte pour le calcul de la pension. Cependant, il résulte de l'instruction et notamment du décompte définitif, que les années 1993 et 1998 ont été prises en compte l'une et l'autre pour totalité et ont généré chacune d'entre elles quatre trimestres, soit la période de cotisation maximum pour une année. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à faire grief à la CNRACL de ne pas avoir tenu compte de l'ensemble des périodes auquel il avait droit au titre de ces années. Dès lors, le moyen doit être écarté.

5. En troisième lieu, M. B affirme que la période s'écoulant entre le 1er janvier 2002 et le 31 décembre 2005 n'a pas été intégralement retenue. Cependant, il résulte de l'instruction, et notamment du décompte définitif, que cette période a été prise en compte pour totalité à hauteur de 16 trimestres. Dans ces conditions, le reproche d'inexactitude est infondé sur ce point. Dès lors, le moyen doit être écarté.

6. En quatrième lieu, M. B soutient que la CNRACL aurait dû tenir compte de la période s'écoulant de 2007 à 2009 pour déterminer les bases de la liquidation. Cependant, la radiation des cadres à compter du 1er avril 2007 fait obstacle à ce que le requérant génère des droits à pension à compter de cette date et il est à cet égard indifférent que la commune ait accepté de lui maintenir au-delà de cette date ses droits aux indemnités journalières d'assurance maladie. Dans ces conditions, M. B ne démontre pas que la CNRACL aurait commis des inexactitudes dans la détermination des bases de la liquidation de ses droits à pension. Dès lors, le moyen doit être écarté.

7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. B doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquence des conclusions à fin d'injonction ainsi que des conclusions à fins de remboursement des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la Caisse des dépôts et consignations (CNRACL).

Copie en sera adressée à la commune de Charenton-le-Pont.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Gracia, président-rapporteur,

M. Israël, premier conseiller,

Mme Potin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.

Le président-rapporteur,

J-Ch. Gracia

L'assesseur le plus ancien,

D. IsraëlLa greffière,

C. Mahieu

La République mande et ordonne au Premier ministre en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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