mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1907401 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | BENESTY |
Vu la procédure suivante :
I. - Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2018, sous le numéro 1807849, Mme B A, représentée par Me Bouillot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 juillet 2018 par laquelle le maire de Saint-Mandé a refusé de reconnaître, d'une part, la situation de harcèlement moral dont elle estime avoir été victime, d'autre part, l'imputabilité au service de sa maladie qui en est résultée, d'autre part encore, refusé de lui octroyer le bénéfice de la protection fonctionnelle, enfin, l'a affectée à un autre poste ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saint-Mandé de prendre une décision portant reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie et octroi du bénéfice de la protection fonctionnelle, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Mandé la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée en son ensemble a été prise en méconnaissance du principe général d'impartialité, dès lors que sur celle-ci y sont mentionnées les initiales de son supérieur hiérarchique, auteur de agissements de harcèlement moral à son égard ;
- en refusant de reconnaître qu'elle a été victime d'agissements de harcèlement moral, le maire de Saint-Mandé a commis une erreur d'appréciation ;
- la décision contestée, en ce qu'elle porte refus de lui octroyer le bénéfice de la protection fonctionnelle, est entachée d'erreurs de droit et d'appréciation ;
- la décision attaquée, en ce qu'elle porte refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie, a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que le lien entre sa pathologie et les faits de harcèlement moral invoqués est établi.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 juin 2019 et 20 octobre 2021, la commune de Saint-Mandé, représentée par Me Benesty, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 juillet 2018 portant changement d'affectation de Mme A sont irrecevables, dès lors que l'acte contesté ne constitue pas une décision faisant grief ;
- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 juillet 2018 portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie de Mme A sont irrecevables en ce que le refus de cette reconnaissance résultant d'une décision du 26 juillet 2018, laquelle n'a fait l'objet d'aucun recours contentieux ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 février 2022 à 12 h 00.
Le 23 mai 2022, la requérante a produit des pièces complémentaires qui n'ont pas été communiquées.
Le 7 juin 2022, la commune de Saint-Mandé, a produit des pièces complémentaires qui n'ont pas été communiquées.
Par une lettre du 30 mai 2022, les parties ont été informées, par application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen soulevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 juillet 2018, en ce qu'elle porte refus de reconnaissance de la situation de harcèlement moral dont Mme A estime avoir été victime, dès lors qu'un tel refus, qui se borne à refuser de reconnaître une situation de fait, ne constitue pas un acte décisoire faisant grief à la requérante.
II. - Par une requête, enregistrée le 17 décembre 2018, sous le numéro 1810532, Mme B A, représentée par Me Bouillot, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Saint-Mandé à lui verser la somme de 150 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis notamment en raison des agissements de harcèlement moral, dont elle estime avoir été victime ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Mandé la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la commune de Saint-Mandé est engagée à raison de la faute commise résultant des agissements de harcèlement moral à son égard et du refus de reconnaître une telle situation, de l'illégalité fautive de la décision du 24 juillet 2018 portant refus d'octroi du bénéfice de la protection fonctionnelle pour les faits de harcèlement moral invoqués, de l'illégalité fautive de la même décision portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie en raison de l'absence de saisine préalable de la commission de réforme, de la gestion de la situation de harcèlement moral par son employeur qui s'est traduit par le fait d'avoir diligenté une enquête administrative sur les faits signalés sans prendre la peine de l'entendre, d'avoir adressé au médecin psychiatre agréé chargé de l'examiner " un courrier décrivant, de manière fallacieuse, la prétendue impossibilité de lancer une procédure de reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie " et d'avoir saisi le comité médical pour se prononcer sur une demande d'avis sur une prolongation de son congé de maladie au-delà de douze mois en s'abstenant de transmettre les pièces médicales essentielles de son dossier, par le fait pour l'autorité territoriale d'avoir décidé de sa mutation et d'avoir engagé une procédure disciplinaire en réponse au signalement de harcèlement moral, enfin, par la méconnaissance du principe général d'impartialité, dès lors que sur l'ensemble des décisions en litige sont mentionnées les initiales de son supérieur hiérarchique à qui lui sont imputables en partie les agissements de harcèlement moral subis ;
- une indemnité doit lui être accordée à hauteur de 150 000 euros, en réparation de son préjudice moral, des souffrances endurées, de son préjudice professionnel et au préjudice financier.
La commune de Saint-Mandé, représentée par son maire en exercice, n'a pas produit de mémoire en défense avant la clôture de l'instruction fixée le 22 octobre 2021 à 12 h 00, en dépit d'une mise en demeure, transmise le 24 mai 2019, de présenter ses observations dans le délai de trente jours, en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Par quatre courriers des 12 mai, 17 mai et 18 mai 2022, des pièces complémentaires ont été demandées à la requérante pour compléter l'instruction, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Les 12 mai, 18 mai et 23 mai 2022, Mme A a produit les pièces sollicitées, lesquelles ont été communiquées les 13 mai et 25 mai 2022 à la commune de Saint-Mandé.
Le 12 mai 2022, une pièce complémentaire a été demandée au défendeur pour compléter l'instruction, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Le défendeur n'a pas produit la pièce sollicitée par le tribunal.
Par une lettre du 18 mai 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que la responsabilité de la commune de Saint-Mandé est susceptible d'être engagée, même en l'absence de faute, en raison de la maladie professionnelle de Mme A, diagnostiquée le 5 mars 2018.
III. - Par une requête, enregistrée le 15 janvier 2019, sous le numéro 1900428, Mme B A, représentée par Me Bouillot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2018 par lequel le maire de Saint-Mandé a cessé de lui attribuer la nouvelle bonification indiciaire à compter du 3 décembre 2018, ensemble l'arrêté du 16 novembre 2018 par lequel elle a été mutée au poste d'administrateur fonctionnel du système d'information de la gestion financière à temps complet à compter du 3 décembre 2018 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Mandé la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 16 novembre 2018 contesté a été pris en méconnaissance de l'article 6 quinquiès de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- il révèle l'existence d'une sanction déguisée ;
- en prononçant une telle mesure, le maire de Saint-Mandé a commis un détournement de pouvoir ;
- son illégalité emporte celle de l'arrêté du 15 novembre 2018 attaqué ;
- ce dernier est entaché d'illégalité pour avoir été pris préalablement à l'arrêté du 16 novembre 2018 qui fondait son édiction.
Par un mémoire en défense, enregistré 6 juillet 2021, la commune de Saint-Mandé, représentée par Me Benesty, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête de Mme A, dès lors qu'elle est dirigée contre une mesure d'ordre intérieur insusceptible de recours pour excès de pouvoir ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 22 octobre 2021 à 12 h 00.
Par deux courriers du 12 mai 2022, des pièces complémentaires ont été demandées aux parties pour compléter l'instruction, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Les 18 mai et 23 mai 2022, Mme A a produit les pièces sollicitées, lesquelles n'ont pas été communiquées à la commune de Saint-Mandé.
Le 19 mai 2022, le défendeur a produit les pièces sollicitées, lesquelles n'ont pas été communiquées à la requérante.
Le 7 juin 2022, la commune de Saint-Mandé a produit des pièces complémentaires qui n'ont pas été communiquées à la requérante.
IV. - Par une requête, enregistrée le 14 août 2019, sous le numéro 1907401, Mme B A, représentée par Me Bouillot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 juin 2019 par laquelle le maire de Saint-Mandé a refusé de reconnaître, d'une part, la situation de harcèlement moral dont elle estime avoir été victime, d'autre part, l'imputabilité au service de son syndrome anxio-dépressif, enfin, l'a placée en congé de maladie ordinaire à demi-traitement depuis le 1er juin 2019 ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Mandé de prendre une décision portant reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie diagnostiquée le 5 mars 2018 et de procéder au versement des primes et traitements dont elle a été privée à raison des décisions de refus d'imputabilité, contestées, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Mandé la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en refusant de reconnaître qu'elle a été victime d'agissements de harcèlement moral, le maire de la commune de Saint-Mandé a commis une erreur d'appréciation ;
- en liant la décision portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie à l'absence d'une situation de harcèlement moral, l'autorité territoriale a entaché sa décision d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors, d'une part, que le lien entre sa pathologie et les faits de harcèlement moral invoqués est établi, d'autre part, qu'en dehors même de la situation de harcèlement moral alléguée, le lien d'imputabilité au service de son affection est caractérisé.
Par un mémoire en défense, enregistré 10 mars 2022, la commune de Saint-Mandé, représentée par Me Benesty, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 mai 2022 à 12 h 00.
Par une lettre du 30 mai 2022, les parties ont été informées, par application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen soulevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 26 juin 2019, en ce qu'elle porte refus de reconnaissance de la situation de harcèlement moral dont Mme A estime avoir été victime, dès lors qu'un tel refus, qui se borne à refuser de reconnaître une situation de fait, ne constitue pas un acte décisoire faisant grief à la requérante.
Par deux courriers du 12 mai 2022, des pièces complémentaires ont été demandées aux parties pour compléter l'instruction, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Les 12 mai, 18 mai et 23 mai 2022, Mme A a produit les pièces sollicitées, lesquelles ont été communiquées à la commune de Saint-Mandé, à l'exception de celles reçues le 18 mai 2022.
Le 7 juin 2022, la commune de Saint-Mandé a produit des pièces complémentaires qui n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mentfakh, conseillère,
- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bouillot, représentant Mme A et celles de Me Benesty, représentant la commune de Saint-Mandé.
Considérant ce qui suit :
1. Recrutée le 3 avril 2000 au sein de la commune de Saint-Mandé, Mme B A, titulaire du grade d'attaché territorial depuis le 1er juillet 2013, a exercé à compter de 2011 les fonctions de directrice des ressources humaines adjointe au sein de la collectivité territoriale. Souffrant d'un syndrome anxio-dépressif, elle a été placée en arrêt de travail à compter du 5 mars 2018. Par un courrier du 28 mai 2018, Mme A a, par l'intermédiaire de son conseil, saisi le maire de la commune de Saint-Mandé d'une demande tendant à reconnaître l'existence des agissements de harcèlement moral dont elle estime être victime, lui octroyer le bénéfice de la protection fonctionnelle en raison de ces agissements et reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie. Par une décision du 24 juillet 2018, le maire de la commune de Saint-Mandé a expressément rejeté ces trois demandes. Par ailleurs, le 25 septembre 2018, Mme A a, par l'intermédiaire de son conseil, sollicité auprès de la même autorité l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison, d'une part, des agissements de harcèlement moral, et d'autre part, de la gestion de sa situation. Le silence gardé pendant plus de deux mois sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Ultérieurement, par un arrêté du 15 novembre 2018, le maire de Saint-Mandé a mis fin au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire à compter du 3 décembre 2018. Par arrêté du 16 novembre 2018, l'intéressée a été mutée sur un poste d'administrateur fonctionnel du système d'information de la gestion financière à temps complet à compter du 3 décembre 2018. Par un nouveau courrier du 28 novembre 2018, Mme A a, par l'intermédiaire de son conseil, réitéré sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa pathologie diagnostiquée le 5 mars 2018. A la suite de l'avis de la commission de réforme interdépartementale, par une décision du 26 juin 2019, le maire de Saint-Mandé a expressément rejeté cette demande.
2. Par ses quatre requêtes, Mme A demande, d'une part, l'annulation de la décision du 24 juillet 2018, des arrêtés des 15 novembre et 16 novembre 2018 et de la décision du 26 juin 2019 précités, d'autre part, la condamnation de la commune de Saint-Mandé à lui réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis.
En ce qui concerne la jonction :
3. Les requêtes n°s 1807849, 1810532, 1900428 et 1907401 susvisées présentent à juger la situation d'une même agente territoriale et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 1807849 :
En ce qui concerne l'acte du 24 juillet 2018 :
S'agissant de la recevabilité des conclusions dirigées contre cet acte :
4. D'une part, eu égard aux termes mêmes de l'acte du 24 juillet 2018 attaqué et contrairement à ce que soutient Mme A, ce dernier ne comporte aucune décision de changement d'affectation la concernant mais une simple déclaration d'intention du maire de Saint-Mandé de prendre une telle mesure. Par suite, ce courrier d'information contesté ne fait pas, par lui-même, grief et est insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 juillet 2018 en tant qu'elle porte changement d'affectation de la requérante sont irrecevables et rejetées comme telles.
5. D'autre part, la circonstance que le maire de Saint-Mandé ait refusé de reconnaître les faits de harcèlement moral que Mme A invoque ne constitue pas un acte décisoire modifiant l'ordonnancement juridique, faisant grief à la requérante. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation dirigées à son encontre, entachées d'irrecevabilité, doivent être rejetées.
6. Enfin, eu égard à ses termes mêmes, par l'acte du 24 juillet 2018 attaqué, le maire a entendu rejeté la demande de Mme A tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette décision sont recevables. Contrairement à ce qu'oppose la commune de Saint-Mandé, la circonstance que la décision du 26 juillet 2018 qui réitère ce refus de la demande de la requérante, n'ait fait l'objet d'aucun recours contentieux, n'est pas de nature à regarder comme irrecevables les conclusions en cause dirigées contre la décision du 24 juillet 2018.
S'agissant des conclusions à fin d'annulation :
Pour ce qui concerne le moyen commun à toutes les mesures :
7. D'une part, Mme A ne peut utilement se prévaloir de la décision du Conseil constitutionnel DC n° 89-260 du 28 juillet 1989 à l'appui de l'annulation de la décision attaquée. D'autre part, la mention supposée, sur cette décision, des initiales de son supérieur hiérarchique, directeur général des services, ne suffit pas, en elle-même, à établir que ce dernier a influé ou tenté d'influer sur le sens de la décision prise par le maire. Au surplus, il n'est pas contesté que cette mention a pour seul objet de désigner les personnes responsables de l'exécution de la mesure en question. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du principe général d'impartialité doit être écarté.
Pour ce qui concerne le refus d'octroyer le bénéfice de la protection fonctionnelle :
8. Aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction alors en vigueur : " I.- A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire (). / IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté () ".
9. Ces dispositions mettent à la charge de l'administration et au profit des agents, lorsqu'ils ont été victimes d'attaques à l'occasion de leurs fonctions, une obligation de protection dans l'exercice de leurs fonctions à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. Sa mise en œuvre peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre, y compris lorsque celles-ci sont engagées à son encontre. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
10. En premier lieu, aux termes de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, dans sa rédaction alors en vigueur : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'évaluation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : / 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés () ".
11. Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements, dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral, revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.
12. Mme A soutient qu'elle a fait l'objet d'agissements de harcèlement moral répétés, à l'origine de son état dépressif depuis le 5 mars 2018. Ceux-ci seraient imputables à ses deux supérieurs hiérarchiques, le directeur général des services et la directrice des ressources humaines de la commune de Saint-Mandé.
13. D'une part, en ce qui concerne les agissements de harcèlement moral allégués, imputables au directeur général des services, premièrement, il ressort des termes même du compte-rendu de l'entretien annuel d'évaluation établi au titre de l'année 2015 que, alors que leurs relations professionnelles avaient toujours été bonnes depuis le début de leur collaboration à partir du 21 juin 2010, celles-ci se sont dégradées à compter de l'année 2015 lorsque l'intéressé, jusqu'alors directeur des ressources humaines, a été nommé au poste de directeur général des services, a indiqué qu'elle ne serait jamais affectée au poste de directrice des ressources humaines. Un tel agissement est de nature à faire présumer l'existence d'un fait de harcèlement moral. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes même du compte-rendu de l'entretien annuel d'évaluation de l'année 2015 de l'intéressée, que le directeur des ressources humaines avait précisé à Mme A que son souhait d'évolution professionnelle vers un poste de directrice des ressources humaines à Saint-Mandé était difficile, compte tenu du choix de la municipalité de privilégier un recrutement externe en vue de mettre en œuvre des réformes impopulaires. Dans ces circonstances, les propos tenus par le supérieur hiérarchique de la requérante, qui ont pu sembler brutaux, ne révélant qu'une mesure d'organisation, dans l'intérêt du service, le refus opposé à la candidature de Mme A au poste de directrice des ressources humaines tient à des considérations indépendantes de sa personne et étrangères à tout harcèlement moral à son égard.
14. Deuxièmement, Mme A soutient qu'ultérieurement, le directeur lui aurait promis le poste de directrice des ressources humaines, à la suite du départ en congé de maladie du titulaire du poste. Alors qu'elle assurait le poste par intérim, il aurait profité de sa période de congés annuels d'été pour recruter en externe la directrice des ressources humaines, sans étudier sa candidature et sans l'informer du processus de recrutement. Toutefois, ainsi que cela a été dit au point précédent du présent jugement, il résulte de l'instruction que le directeur général des services l'avait informée dès son entretien annuel d'évaluation pour l'année 2015 que son souhait d'évolution professionnelle vers un poste de directrice des ressources humaines au sein de la commune, pour les raisons précédemment exposées, n'était pas envisagé par la municipalité.
15. Troisièmement, la requérante soutient qu'à l'arrivée de la nouvelle directrice des ressources humaines, le directeur général des services a organisé une réunion de présentation à l'occasion de laquelle il a remis publiquement en cause le fonctionnement et l'efficacité du service des ressources humaines, par des accusations dénigrantes qui la visaient dès lors qu'elle avait assuré l'intérim du poste de directrice des ressources humaines pendant plusieurs mois. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport de l'enquête administrative diligentée en juin 2018 par l'élu adjoint en charge des ressources humaines, de l'emploi et de l'optimisation de l'action publique, à la suite du signalement par la requérante des faits de harcèlement moral invoqués, qu'aucun des agents ayant participé à la réunion précitée n'a fait état de propos méprisants, dénigrants ou déplacés à l'encontre de Mme A. Ainsi, la réalité de ces accusations n'est pas établie. Aussi, la mise en œuvre d'une nouvelle organisation du service et l'appréciation portée par un supérieur hiérarchique sur le fonctionnement du service, dans le bilan exposé, ne peut être constitutive de faits de harcèlement moral. Au contraire, il ressort du témoignage de plusieurs agents présents que lors de cette réunion, la nouvelle directrice des ressources humaines avait reçu un accueil particulièrement mauvais de la requérante.
16. D'autre part, en ce qui concerne les agissements de harcèlement moral dénoncés par Mme A, imputables à la directrice des ressources humaines, premièrement, la requérante soutient que dès son arrivée au sein de la collectivité territoriale, elle a adopté à son égard un comportement de défiance et de mépris se manifestant, alors même que leur bureau respectif est très proche, par une communication orale limitée strictement à des rendez-vous hebdomadaires ou bimensuels. Toutefois, à l'appui de ces allégations, Mme A se borne à produire des copies-écran d'invitations à des rendez-vous hebdomadaires ou bimensuels de points organisés entre la directrice des ressources humaines et elle-même, sans établir que leurs relations étaient strictement cantonnées à ces entretiens ponctuels fixés à l'avance.
17. Quatrièment, Mme A soutient que consécutivement aux congés de Noël de 2017, la directrice l'a évincé de la chaîne hiérarchique en traitant directement avec les agents gestionnaires. Toutefois, ces allégations, qui ne sont appuyées, au demeurant, par aucune pièce versée aux débats, sont contredites par le témoignage d'un agent, entendu dans le cadre de l'enquête administrative ainsi que par un courriel du directeur général des services que la requérante produit elle-même aux débats.
18. Cinquièment, si la directrice ne s'est pas excusée auprès d'elle, lorsque par un courriel qu'elle lui a adressé le 5 février 2018, elle a mentionné à tort dans l'objet de son message électronique : " Licenciement pour insuffisance professionnelle de Madame A ", la requérante reconnaît elle-même que l'emploi involontaire de ces termes par sa supérieure hiérarchique est le fruit qu'il s'agit d'un simple lapsus. Dès lors qu'il ressort, notamment de la lecture d'échanges de courriels entre les intéressées, que le nom de l'agent concerné était très proche de celui de la requérante et que la directrice a, une dizaine de minutes seulement après son lapsus, expliqué à l'intéressée son nom par erreur en raison de ce qu'elle pensait à elle comme personne à mettre en copie du message électronique, l'absence d'excuse par cette dernière à son égard ne révèle en rien des agissements de harcèlement moral.
19. Sixièment, il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport de l'enquête administrative et du témoignage apporté par une collègue de la requérante, que celle-ci a été très affectée à la sortie de son entretien d'évaluation le 2 mars 2018, menée par la directrice des ressources humaines de ses capacités humaines et professionnelles. Toutefois, quels que soit les effets qu'il a pu produire sur elle, il ne ressort pas des pièces du dossier que la directrice aurait excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique à cette occasion, toute remarque désagréable ou reproche reçu par un agent de son supérieur hiérarchique à l'occasion d'un entretien ne caractérisant pas en tant que tel un tel excès.
20. En ce qui concerne les agissements combinés des deux supérieurs hiérarchiques, Mme A soutient qu'ils l'ont reçue en entretien le 18 janvier 2018, à l'occasion duquel ils lui ont fait part de plusieurs griefs de comportement, " l'accusant de remettre en cause les décisions des élus, de ne pas être assez souriante, de ne pas respecter la hiérarchie, d'inspirer la crainte chez les autres agents, ou d'avoir des problèmes de management ". Toutefois, les pièces versées au dossier font ressortir que les reproches adressés à la requérante par sa hiérarchie ont porté non sur ses qualités professionnelles mais ses qualités relationnelles avec ses collègues. Or, ainsi que cela a déjà été dit, il ne ressort pas des pièces du dossier que les intéressés auraient excédé, par des propos méprisants ou dégradants notamment, l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.
21. D'autre part encore, il est constant qu'elle a été convoquée à un entretien organisé dans le cadre de la réalisation de l'enquête administrative précitée. Par un courriel de son conseil du 16 juillet 2018, l'intéressée a demandé le report de l'entretien prévu le lendemain en raison de son état de santé faisant obstacle à sa présence. Or, cette demande lui a été refusée. Ainsi, cet agissement établi, est de nature à faire présumer l'existence de faits de harcèlement moral. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'à la suite du diagnostic de sa pathologie intervenu le 5 mars 2018, à l'origine de son arrêt de travail à compter de cette même date, Mme A n'a jamais repris le service, celle-ci ayant été placée en congé de maladie ordinaire, puis, en congé de longue maladie, et enfin, en disponibilité d'office. Eu égard à ce contexte et à la situation de fragilité psychologique dans laquelle se trouvait la requérante, il ressort des pièces du dossier que le refus de reporter la date d'entretien, au cours du déroulement de l'enquête dont la clôture ne pouvant être repoussée, ni dépendre de la guérison de l'intéressée, répond à l'intérêt du service.
22. Enfin, Mme A invoque l'hostilité affichée de la commune à son encontre pour avoir dénoncé les faits de harcèlement moral qu'elle a subis et révélée par la procédure disciplinaire qui a été engagée à son encontre, le 21 juin 2018, pour avoir prélevé des éléments essentiels au fonctionnement des services sur les serveurs informatiques de la commune. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'il a été reproché à la requérante d'avoir effacé avant son départ en congé de maladie, le 5 mars 2018 au soir, des éléments essentiels au fonctionnement des services contenus dans le dossier " Nadine " du serveur informatique de la direction des ressources humaines. Une procédure disciplinaire a été mise en œuvre le 21 juin 2018. Il ressort des pièces du dossier qu'après avoir reçu, par un courrier du 3 juillet 2018, les observations de l'intéressée par l'intermédiaire de son conseil, le maire a, par une décision du 13 juillet 2018, mis fin aux poursuites engagées à son encontre. Il ressort des pièces du dossier que l'engagement de la procédure résulte de la circonstance que la requérante a transféré tous les dossiers professionnels contenus dans le dossier " Nadine " sur le profil " Commun " du réseau informatique de la direction, sans en avoir informé sa hiérarchie ou ses collaborateurs. Ainsi, l'autorité territoriale a pu légitimement considérer, immédiatement après son départ en congé de maladie, que les dossiers afférents au fonctionnement de la direction des ressources humaines avaient été supprimés.
23. Il s'ensuit que les faits invoqués par Mme A ne font pas présumer des agissements constitutifs d'un harcèlement moral à son encontre, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 susvisée.
24. En second lieu, en l'absence de tels faits, l'autorité territoriale pouvait légalement refuser d'accorder à l'intéressée le bénéfice de la protection fonctionnelle, sans méconnaître les dispositions précitées de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée.
25. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 24 juillet 2018 par laquelle le maire de la commune de Saint-Mandé a refusé de lui octroyer le bénéfice de la protection fonctionnelle.
Pour ce qui concerne le refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie :
26. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ". L'article 16 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, dans sa version applicable au litige, abrogé depuis par le décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale, dispose : " Sous réserve du deuxième alinéa du présent article, la commission de réforme prévue par le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 modifié relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales est obligatoirement consultée dans tous les cas où un fonctionnaire demande le bénéfice des dispositions de l'article 57 (2°, 2e alinéa) de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. Le dossier qui lui est soumis doit comprendre un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive compétent à l'égard du fonctionnaire concerné. / Lorsque l'administration est amenée à se prononcer sur l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident, elle peut, en tant que de besoin, consulter un médecin expert agréé. / La commission de réforme n'est pas consultée lorsque l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident est reconnue par l'administration. La commission de réforme peut, en tant que de besoin, demander à l'administration de lui communiquer les décisions reconnaissant l'imputabilité ". L'article 21 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière prévoit : " La commission de réforme donne son avis sur l'imputabilité au service ou à l'un des actes de dévouement prévus aux articles 31 et 36 du décret du 26 décembre 2003 susvisé de l'infirmité pouvant donner droit aux différents avantages énumérés à l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisé et aux articles 41 et 41-1 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée () ".
27. En outre, les droits des agents publics en matière de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle la maladie est diagnostiquée.
28. Enfin, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé l'intéressé d'une garantie.
29. Dès lors que la pathologie dont souffre Mme A a été diagnostiquée le 5 mars 2018, la légalité de la décision en cause s'apprécie au regard des dispositions du 2ème alinéa du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984, dans leur version antérieure à leur modification par l'ordonnance du 19 janvier 2017 et des dispositions réglementaires alors en vigueur prises pour son application. Ainsi, s'agissant de la procédure de reconnaissance de l'imputabilité des maladies contractées ou aggravées en service, il appartenait à l'autorité administrative de se fonder sur les dispositions précitées de l'article 16 du décret du 30 juillet 1987 susvisé et si elle n'envisageait pas de faire droit à la demande de Mme A, de saisir la commission de réforme avant de statuer sur celle-ci. Or, il est constant que cette instance n'a pas été saisie préalablement à la prise de la décision attaquée alors qu'il ressort des pièces du dossier que la requérante a produit, à l'appui de sa demande du 28 mai 2018, des précisions sur la pathologie dont elle souffre dont l'administration a envisagé de refuser de reconnaître l'imputabilité. Dès lors, la décision a donc été édictée à l'issue d'une procédure irrégulière.
30. Dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que l'absence de saisine de la commission départementale de réforme, préalablement à la décision contestée prise, a été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision attaquée ou qu'elle a privé l'intéressée d'une garantie, une telle irrégularité a entaché d'illégalité la décision du 24 juillet 2018 en litige. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être accueilli.
31. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre moyen de la requête, Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 24 juillet 2018 par laquelle le maire de la commune de Saint-Mandé a rejeté sa demande, en tant seulement, qu'elle porte refus de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie résultant du syndrome anxio-dépressif diagnostiqué le 5 mars 2018.
En ce qui concerne la décision du 26 juin 2019 :
S'agissant de la recevabilité :
32. La circonstance que le maire de Saint-Mandé ait refusé de reconnaître les faits de harcèlement moral que Mme A invoque ne constitue pas un acte décisoire faisant grief à la requérante. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation dirigées à son encontre, entachées d'irrecevabilité, doivent être rejetées.
S'agissant des conclusions à fin d'annulation :
33. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le fonctionnaire qui a obtenu un congé de longue maladie ne peut bénéficier d'un autre congé de cette nature s'il n'a pas auparavant repris l'exercice de ses fonctions pendant un an. Les dispositions des deuxième, troisième et quatrième alinéas du 2° du présent article sont applicables aux congés de longue maladie () ".
34. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service. L'existence d'un état antérieur, serait-il évolutif, ne permet d'écarter l'imputabilité au service de l'état d'un agent que lorsqu'il apparaît que cet état a déterminé, à lui seul, l'incapacité professionnelle de l'intéressé. Il appartient dans tous les cas au juge administratif d'apprécier au vu des pièces du dossier si les conditions de travail du fonctionnaire peuvent, être regardées comme étant directement à l'origine de la maladie dont la reconnaissance comme maladie professionnelle est demandée. Enfin, le juge administratif exerce en la matière un contrôle normal sur l'appréciation portée par l'autorité territoriale.
35. Pour prendre la décision contestée refusant de reconnaître imputable au service, la maladie de Mme A, l'autorité territoriale a considéré que si des tensions ont existé au sein du service des ressources humaines, elles n'ont pas excédé celles qui peuvent exister dans tout lieu d'activité professionnelle et ne sauraient suffire à elles seules à justifier l'état de santé de l'intéressée. Il en est de même de l'absence de la nomination de l'intéressée en qualité de directrice des ressources humaines pour des motifs d'intérêt du service public. En outre, elle s'est fondée sur les certificats médicaux établis les 29 juin 2018 et 21 janvier 2019 par deux médecins psychiatres, qui ont conclu que la pathologie dont souffre la requérante n'est pas en lien avec le service.
36. En premier lieu, Mme A soutient que la situation de harcèlement moral dont elle a été victime est à l'origine de la pathologie dont elle souffre.
37. Outre les faits déjà invoqués et examinés précédemment, pour soutenir qu'elle a fait l'objet d'agissements de harcèlement moral répétés, à l'origine de son état dépressif depuis le 5 mars 2018, premièrement, Mme A se prévaut de la circonstance pour la commune d'avoir finalisé l'enquête administrative sans l'avoir entendu ou sollicité ses observations écrites. Toutefois, d'une part, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 21 du présent jugement, et d'autre part, dès lors que la requérante n'établit pas, ni même n'allègue, avoir eu effectivement l'intention de présenter des observations écrites en raison de son absence à l'entretien et d'en avoir été empêchée par son employeur, les agissements invoqués par l'intéressée ne sont pas de nature à faire présumer l'existence de faits de harcèlement moral.
38. Deuxièmement, Mme A reproche à son employeur d'avoir pris, dans un premier temps, le 24 juillet 2018, une décision refusant la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie, en dépit de l'absence de saisine préalable de la commission de réforme, dans un second temps, le 26 juin 2019, une nouvelle décision de refus, en dépit de l'avis favorable de la commission de réforme émis le 27 mai 2019 à l'unanimité de ses membres. Bien que ces faits soient effectivement établis, toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes mêmes des décisions en cause, que celles-ci ont été prises en considération par le maire de ce qu'en l'absence notamment d'éléments pouvant laisser présumer l'existence de faits de harcèlement moral, la demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie de l'intéressée ne pouvait qu'être rejetée. Aussi, afin d'apprécier la demande, dans le champ de ses compétences, il s'est notamment fondé sur les conclusions du médecin psychiatre, le docteur F, établies le 29 juin 2018, confirmées par celles du 21 janvier 2019 du docteur C, médecin psychiatre, considérant que l'arrêt de travail à compter du 5 mars 2018 n'est pas imputable à la maladie de l'intéressée. Dans un tel contexte, l'autorité territoriale n'a pas excédé les pouvoirs normaux qui relèvent de sa compétence, sans à elle-seule caractériser l'existence d'agissements de harcèlement moral.
39. Dernièrement, Mme A reproche à son employeur d'avoir décidé de la muter dans l'intérêt du service à un poste ne correspondant pas à ses compétences, en dépit de l'avis défavorable de la commission administrative paritaire émis le 17 octobre 2018. Ces faits sont effectivement établis. Toutefois, si la requérante se prévaut de ce que le poste sur lequel elle a été mutée ne correspond pas à ses compétences et qu'il a été pris en représailles à la dénonciation des faits de harcèlement moral en litige, il ressort des pièces du dossier qu'en réponse aux observations émises par la commission administrative paritaire, le maire de la commune de Saint-Mandé l'a notamment informé que l'arrêté de mutation sera suivi de la mise en place d'un plan d'accompagnement à la prise de fonctions comprenant un ensemble de formations correspondant aux nouvelles missions. En outre, il ressort des pièces du dossier que la mesure contestée a été prise pour répondre à la nécessité de mettre un terme aux difficultés relationnelles rencontrées avec ses supérieurs hiérarchiques et, enfin, pour l'intéressée, de reprendre une activité professionnelle dans des conditions de travail satisfaisantes. La mesure contestée a ainsi été prise dans l'intérêt du service, pour des considérations étrangères à tout harcèlement moral.
40. Il résulte de ce qui précède aux points 37 à 39 du présent jugement que les faits invoqués par Mme A ne font pas présumer des agissements constitutifs d'un harcèlement moral à son encontre, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 susvisée.
41. En second lieu, Mme A soutient qu'en dehors même de la situation de harcèlement moral alléguée, les conditions conflictuelles de travail au sein desquelles elle a exercé ses fonctions, ainsi que les diverses pièces médicales et l'avis favorable de la commission de réforme interdépartementale émis le 27 mai 2019, devaient nécessairement conduire le maire de la commune de Saint-Mandé à reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie.
42. Il ressort des pièces du dossier que le maire a pris la décision en litige, notamment au vu des conclusions des deux experts médecins psychiatres, défavorables à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'affection de la requérante. Toutefois, il ressort des mêmes pièces qu'ultérieurement, la commission interdépartementale de réforme, le 11 février 2019, estimant le dossier soumis incomplet, a diligenté une nouvelle expertise. Le nouvel expert, médecin psychiatre agréé, a conclu que : " La maladie de Madame A a été contractée en service et lui est imputable () ". A la suite de ces conclusions, le 27 mai 2019, l'instance médicale, à l'unanimité de ses membres, a émis un avis favorable à l'imputabilité au service de la pathologie de la requérante, D'une part, il n'est établi par la commune, ni que la commission de réforme interdépartementale, pour émettre l'avis unanime précité, n'a pas disposé des deux certificats médicaux des 29 juin 2018 et 21 janvier 2019 dont elle se prévaut et n'aurait ainsi pas été en mesure d'apprécier dans son entièreté la situation médicale de la requérante, ni que l'affection de l'agente serait liée à une pathologie dépressive déjà existante. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, saisie de nouveau par le maire de la commune de Saint-Mandé pour se prononcer sur l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A, la commission de réforme interdépartementale, le 16 mai 2022, à l'unanimité de ses membres, a réitéré son avis favorable à l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A, à la suite d'une nouvelle expertise réalisée à sa demande le 19 novembre 2021 par le docteur D, médecin psychiatre agréé, qui a conclu dans le même sens. Dans ces conditions, en prenant la décision contestée, le maire de Saint-Mandé a porté une appréciation erronée sur la demande de Mme A.
43. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur le dernier moyen de la requête, Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 26 juin 2019 en tant que le maire de Saint-Mandé a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie consistant dans un syndrome anxio-dépressif diagnostiqué le 5 mars 2018.
En ce qui concerne l'arrêté du 16 novembre 2018 :
44. En premier lieu, pour soutenir que l'arrêté du 16 novembre 2018 en litige par lequel le maire a muté Mme A sur un poste d'administrateur fonctionnel du système d'information de la gestion financière à temps complet à compter du 3 décembre 2018 a été pris en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, outre les faits de même nature invoqués précédemment dans le cadre des instances jointes enregistrées sous les numéros 1807849 et 1907401, premièrement, Mme A reproche à son employeur d'avoir adressé au docteur F chargée de l'examiner, " un courrier décrivant, de manière fallacieuse, la prétendue impossibilité de lancer une procédure de reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie ". Toutefois, en adressant un courrier au médecin psychiatre agréé, l'autorité territoriale s'est bornée à informer l'expert, d'une part, du contexte dans lequel s'inscrivait sa saisine, soit la réception de la demande de la requérante tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de son syndrome anxio-dépressif subi depuis le 5 mars 2018, et d'autre part, de ce que les éléments de la situation de l'agente dont il dispose ne lui permettent pas de se prononcer sur celle-ci, une contre-visite médicale étant alors nécessaire, ces allégations ne sont, en tout état de cause, pas établies.
45. Deuxièmement, la requérante reproche à la collectivité territoriale d'avoir saisi le comité médical pour se prononcer sur une demande d'avis sur une prolongation de son congé de maladie au-delà de douze mois, en s'abstenant de transmettre les pièces médicales essentielles de son dossier. S'il ressort des pièces du dossier que le conseil de l'intéressée a, par un courrier du 23 novembre 2018, communiqué au comité médical départemental, dans la perspective de l'examen du dossier de sa cliente, le 29 novembre 2018, un certain nombre de pièces concernant la situation médicale et administrative de cette dernière, toutefois, la requérante n'établit pas que le comité médical départemental aurait, en tout état de cause, été insuffisamment éclairé pour émettre son avis.
46. Il résulte de ce qui précède aux points 44 et 45 du présent jugement que les faits invoqués par Mme A ne font pas présumer des agissements constitutifs d'un harcèlement moral à son encontre, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 susvisée. En l'absence de tels faits, la requérante n'est, par suite, pas fondée à soutenir, pour contester l'arrêté du 16 novembre 2018, que ce dernier résulterait de leur signalement.
47. En second lieu, une mutation d'office revêt le caractère d'une mesure disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.
48. Il résulte de ses termes que l'arrêté attaqué est fondé, d'une part, sur la nécessité d'un fonctionnement normal de la direction des ressources humaines ne devant pas être altéré par les difficultés relationnelles rencontrées par Mme A et ses supérieurs hiérarchiques, d'autre part, sur celle pour la requérante de reprendre une activité professionnelle dans des conditions satisfaisantes.
49. L'édiction de la mesure du 16 novembre 2018 mettant fin à l'attribution de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) à compter du 3 décembre 2018 n'est pas de nature à constituer une atteinte à sa situation professionnelle d'attaché territoriale, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'en compensation de cette mesure, le niveau de sa rémunération grâce à la mise en œuvre d'une modification de son régime indemnitaire, a été maintenu. Si la requérante se prévaut de ce que cette mesure a pour effet de faire diminuer sa rémunération, elle ne l'établit pas, en dépit d'une mesure d'instruction diligentée en ce sens, par le greffe du Tribunal. En outre, s'il ressort des pièces du dossier que la mutation de Mme A a emporté une diminution de ses responsabilités, la réalité des motifs faits à l'origine de cette mesure est établie par les pièces du dossier. Dès lors, le changement de service de cette dernière s'imposait dans l'intérêt du service. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que le maire de Saint-Mandé a, à la suite des préconisations de la commission administrative paritaire qui a émis un avis défavorable à la mutation d'office, le 17 octobre 2018, outre la compensation de sa rémunération précitée, mis en place un plan d'accompagnement à la prise de fonctions comprenant un ensemble de formations correspondant aux nouvelles missions et saisi la commission de réforme interdépartementale. Dans ces conditions, en adoptant l'arrêté contesté, le maire a pris une mesure dans l'intérêt du service et n'a pas entendu infliger une sanction déguisée. Pour ce motif, l'existence d'un détournement de pouvoir n'est pas établie.
50. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Saint-Mandé du 16 novembre 2018 par lequel elle a été mutée au poste d'administrateur fonctionnel du système d'information de la gestion financière à temps complet à compter du 3 décembre 2018.
En ce qui concerne l'arrêté du 15 novembre 2018 :
51. En premier lieu, l'arrêté du 16 novembre 2018 portant mutation d'office de Mme A en litige n'étant pas illégal, l'arrêté du 15 novembre 2018 portant cessation d'attribution à son profit de la NBI à compter du 3 décembre 2018 ne saurait l'être, par voie d'exception, ni par voie de conséquence.
52. En second lieu, alors même que le maire a adopté l'arrêté du 15 novembre 2018 attaqué, la veille de l'arrêté portant mutation d'office, dès lors qu'il ressort de leurs termes mêmes que les deux mesures entrent en vigueur le même jour, l'arrêté en cause n'est pas entaché de rétroactivité illégale.
53. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 15 novembre 2018 par lequel le maire de la commune de Saint-Mandé a mis fin au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire à compter du 3 décembre 2018.
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
54. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
55. D'une part, eu égard aux motifs d'annulation de la décision du 24 juillet 2018 contestée et compte tenu des conditions particulières de l'espèce, l'exécution du jugement n'implique aucune des mesures présentées par la requérante sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administration. Ses conclusions à fin d'injonction, sous astreinte doivent, en conséquence, être rejetées.
56. D'autre part, en revanche, eu égard à ses motifs, l'exécution du jugement implique, en application de l'article L. 911-1, sauf changement dans les circonstances de droit et la situation de fait de la requérante, que le maire de Saint-Mandé prenne une décision portant reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie de l'intéressée ayant justifié les arrêts de travail à compter du 5 mars 2018 et qu'il en tire les conséquences qui s'y attachent, notamment concernant la prise en charge des arrêts de maladie, des honoraires médicaux et des frais de l'intéressée directement entraînés par son affection. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre à l'autorité territoriale d'y procéder, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
S'agissant du principe de responsabilité pour faute :
57. En premier lieu, d'une part, compte tenu de ce que les faits reprochés par Mme A à son administration, qui ont été analysés aux points 13 à 23, 37 à 39 et 44 à 45 du présent jugement, pris isolément et collectivement, ne sont pas de nature à caractériser l'existence d'un harcèlement moral, dont elle aurait fait l'objet, ceux-ci ne sont pas constitutifs d'une faute de nature à engager la responsabilité de la commune. D'autre part, pour le même motif que celui exposé au point 7 du présent jugement, la faute qu'aurait commis son employeur résultant de ce que le principe d'impartialité a été méconnu, n'est pas établie.
58. En second lieu, toute illégalité commise par l'administration constitue une faute susceptible d'engager sa responsabilité et de donner lieu à indemnisation, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain et que soit établi un lien de causalité entre ce dernier et ladite faute.
59. En l'absence d'illégalité entachant la décision du 24 juillet 2018 portant refus d'octroyer le bénéfice de la protection fonctionnelle contestée, ainsi que cela a été dit aux points 23 à 25 du présent jugement, Mme A n'est pas fondée à rechercher la responsabilité de la commune de Saint-Mandé pour faute, à ce titre, à son égard.
60. En revanche, la faute résultant de l'illégalité de la décision du 24 juillet 2018 portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie est de nature à engager la responsabilité de la commune de Saint-Mandé.
S'agissant du principe de responsabilité sans faute :
61. Les dispositions des articles L. 27 et L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente viagère d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité. Compte tenu des conditions posées à leur octroi et de leur mode de calcul, la rente viagère d'invalidité et l'allocation temporaire d'invalidité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions qui instituent ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.
62. Ainsi qu'il a été dit au point 43 du présent jugement, le syndrome anxio-dépressif dont souffre Mme A est imputable au service. Ainsi, la responsabilité sans faute de la commune de Saint-Mandé à son égard doit être engagée.
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant de la responsabilité pour faute :
63. En premier lieu, le préjudice moral allégué résulte de la maladie professionnelle subie par elle. Par suite, le caractère direct et certain de causalité de ce préjudice avec l'illégalité fautive de la décision du maire du 24 juillet 2018 portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie n'est pas établi. La demande de sa réparation par la requérante doit être rejetée sur ce fondement.
64. En deuxième lieu, en l'absence de lien de causalité direct et certain des souffrances endurées, des frais médicaux et des frais d'assistance juridique qu'elle a engagés, avec l'illégalité fautive retenue, la demande de sa réparation par la requérante doit être rejetée sur ce fondement.
S'agissant de la responsabilité sans faute :
65. Il résulte des énonciations du point 61 du présent jugement que la responsabilité de la commune de Saint-Mandé peut-être engagée à l'égard de Mme A, même en l'absence de faute en raison de la maladie reconnue imputable au service, dans l'hypothèse où celle-ci démontrerait avoir subi des préjudices personnels ou des préjudices patrimoniaux d'une autre nature que ceux, visés au même point, correspondant aux pertes de revenus et à l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par la maladie professionnelle.
66. En premier lieu, l'article 4 du décret du 24 décembre 1963 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux agents permanents des collectivités locales et de leurs établissements publics, puis l'article 4 du décret du 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière, ont prévu que le montant de l'allocation est fixé à la fraction du traitement brut afférent à l'indice 100 correspondant au taux d'invalidité. Compte tenu des conditions posées à leur octroi et de leur mode de calcul, la rente viagère d'invalidité et l'allocation temporaire d'invalidité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions, rappelées ci-dessus, qui instituent ces prestations, déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait. Mme A demande le versement d'une indemnité en réparation de la perte de rémunération et du préjudice dans le déroulement de sa carrière. Or, les chefs de préjudices que sont la perte de revenus et l'incidence professionnelle ne peuvent pas être examinés sur le fondement de la responsabilité sans faute et doivent être rejetées.
67. En deuxième lieu, en se bornant à demander le remboursement de ses dépenses de santé non remboursées et restant à sa charge, n'établit ni la réalité, ni le montant du préjudice dont elle demande l'indemnisation et ce, en dépit d'une mesure d'instruction diligentée en ce sens.
68. En troisième lieu, si Mme A demande le remboursement des frais d'assistance juridique qu'elle a exposés, à supposer qu'un tel chef de préjudice soit réparé au titre de la responsabilité sans faute de la commune de Saint-Mandé, ce qui n'est pas établi, elle n'apporte aucun élément de nature à établir l'existence et le montant de celui-ci. Par suite, sa demande à ce titre doit, en tout état de cause, être rejetée.
69. En quatrième lieu, le préjudice moral que Mme A invoque, lié aux souffrances psychiques et aux troubles qui y sont associés, étant inclus dans les postes relatifs au déficit fonctionnel temporaire ou au déficit fonctionnel permanent, il ne peut être indemnisé séparément au titre d'un préjudice distinct. Dans ces conditions, la demande de réparation du préjudice moral, distinctement aux souffrances endurées doit être rejetée.
70. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. Si une médiation est engagée, il en informe la juridiction. Sous réserve des exceptions prévues par l'article L. 213-2, l'expert remet son rapport d'expertise sans pouvoir faire état, sauf accord des parties, des constatations et déclarations ayant eu lieu durant la médiation ".
71. L'état du dossier ne permet pas au Tribunal d'apprécier la réalité et l'étendue des souffrances endurées par Mme A résultant de la responsabilité sans faute de son employeur. Dès lors, il y a lieu, avant de statuer sur la demande indemnitaire de la requérante à ce titre, de désigner un expert médecin psychiatre avec la mission telle que définie ci-dessous dans l'article 6 du présent jugement.
72. Tous droits, conclusions et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
D É C I D E :
Article 1er : Les décisions du maire de Saint-Mandé des 24 juillet 2018 et 26 juin 2019 portant refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de la maladie de Mme A sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Saint-Mandé, sauf changement dans la situation de droit et de fait de la requérante, de prendre une décision portant reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie de Mme A ayant justifié les arrêts de travail à compter du 5 mars 2018 et d'en tirer les conséquences qui s'y attachent, notamment concernant la prise en charge des arrêts de maladie, des honoraires médicaux et des frais de l'intéressée directement entraînés par son affection, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties présentées dans le cadre des requêtes n°s 1807849 et 1907401 est rejeté.
Article 4 : La requête n° 1900428 de Mme A est rejetée.
Article 5 : Les conclusions de la requête n° 1810532 de Mme A tendant à la réparation de la perte de rémunération et des incidences professionnelles, consécutives à sa maladie professionnelle sont rejetées.
Article 6 : Il sera, avant de statuer sur le surplus des conclusions de la requête n° 1810532 de Mme A, au titre de la responsabilité sans faute, de procéder à une expertise médicale, l'expert médecin psychiatre, ayant pour mission de :
- prendre connaissance du dossier médical de Mme A et de tout document concernant le syndrome anxio-dépressif subi par Mme A qui est reconnu imputable au service par le présent jugement ;
- indiquer les soins, traitements et interventions dont Mme A a fait l'objet à la suite de cette pathologie ainsi que les soins, traitements et interventions éventuellement prévisibles en conséquence de celles-ci ;
- indiquer à quelle date l'état de santé tant physique que psychique de Mme A peut être considéré comme consolidé ;
- dire si Mme A a subi des souffrances endurées et, dans l'affirmative, en fixer le taux.
Article 7 : L'expertise sera réalisée au contradictoire de Mme A et de la commune de Saint-Mandé.
Article 8 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 9 : Préalablement à toutes opérations, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 10 : L'expert avertira les parties par lettre recommandée avec accusé de réception quatre jours au moins avant les opérations d'expertise.
Article 11: L'expert, qui communiquera aux parties un pré-rapport avec un délai leur permettant de faire valoir leurs dires avant d'analyser leurs observations dans son rapport définitif, déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de quatre mois à compter de la notification de l'ordonnance le désignant et notifiera aux parties des copies du rapport dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative.
Article 12 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 13 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la commune de Saint-Mandé et à l'expert.
Délibéré après l'audience du 9 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Mentfakh, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 5 juillet 2022.
La rapporteure,
L. MENTFAKH
La présidente,
M. E
La greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. TRÉMOUREUX
N°s 1807849,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026