mercredi 5 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1907714 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DESCOUBES JEAN-MARC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 août 2019, Mme A C, représentée par Me Descoubes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 juin 2019 par laquelle le président de l'université Paris Est Marne la Vallée (UPEM) a rejeté son recours gracieux formé contre l'arrêté du 2 juin 2018 par lequel le président de l'UPEM l'a promue au 9ème échelon du statut de professeur contractuel 2ème catégorie avec effet rétroactif au 1er septembre 2017 ;
2°) d'enjoindre à l'UPEM de réexaminer sa situation s'agissant de son échelon et de son indice de rémunération ;
3°) de mettre à la charge de l'UPEM une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision méconnaît les dispositions de l'article 1-3 du décret du 17 janvier 1986 dès lors que sa rémunération n'a pas été réévaluée les 1er septembre 2001 et 1er septembre 2004 pour ce qui concerne ses contrats à durée déterminée successifs, le 1er septembre 2008 pour ce qui est du contrat à durée indéterminée à mi-temps signé le 19 septembre 2006 avec effet rétroactif au 1er septembre 2005 et les 1er septembre 2012, 1er septembre 2015 et 1er septembre 2018 s'agissant du contrat à durée indéterminée à plein temps du 1er septembre 2009 ;
- l'UPEM n'a pas respecté l'avenant au contrat à durée indéterminée du 19 septembre 2006 dans lequel il a été convenu qu'elle percevrait, à compter du 1er septembre 2016, une rémunération mensuelle correspondant au 8ème échelon avec l'indice 523, dès lors que cet échelon n'est apparu sur ses fiches de paie qu'à compter du mois de janvier 2017 ;
- la décision méconnaît le principe d'égalité et est constitutive d'une discrimination dès lors qu'une personne, recrutée en 1999, soit après elle, s'est trouvé en décembre 2018 au 13ème échelon avec l'indice 650 alors qu'elle était placée au 9ème échelon avec l'indice 548.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2019, l'UPEM conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 25 septembre 2019, la clôture d'instruction a été fixée au 25 novembre 2019 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d'Etat ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat pris pour l'application de l'article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique,
- et les observations de Me Descoubes, représentant Mme C, présente.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, professeure contractuelle en contrat à durée indéterminée au sein de l'université Paris Est Marne la Vallée (UPEM), a, par arrêté du 2 juin 2018 du président de l'UPEM, été promue au 9ème échelon du statut de professeur contractuel 2ème catégorie avec effet rétroactif au 1er septembre 2017. Mme C a exercé un recours gracieux contre cet arrêté par courrier du 23 mai 2019 qui a été rejeté par une décision du président de l'UPEM du 25 juin 2019. Mme C demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur l'étendue du litige :
2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. En l'espèce, Mme C dirige ses conclusions à fin d'annulation uniquement contre la décision du 25 juin 2019 par laquelle le président de l'UPEM a rejeté son recours gracieux dirigé contre l'arrêté du 8 juin 2018 par lequel le président de l'UPEM l'a promue à l'ancienneté et a fait passer son statut de professeur contractuel 2ème catégorie du 8ème échelon au 9ème échelon avec effet rétroactif au 1er septembre 2017. En vertu des principes rappelés au point précédent, les conclusions à fin d'annulation formulées par Mme C doivent être regardées comme étant également dirigées contre l'arrêté du 8 juin 2018.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 1-3 du décret du 17 janvier 1986, dans sa version alors en vigueur : " Le montant de la rémunération est fixé par l'autorité administrative, en prenant en compte, notamment, les fonctions occupées, la qualification requise pour leur exercice, la qualification détenue par l'agent ainsi que son expérience. / La rémunération des agents employés à durée indéterminée fait l'objet d'une réévaluation au moins tous les trois ans, notamment au vu des résultats des entretiens professionnels prévus à l'article 1-4 ou de l'évolution des fonctions. / La rémunération des agents recrutés sur contrat à durée déterminée auprès du même employeur, en application des articles 4 et 6 de la loi du 11 janvier 1984, fait l'objet d'une réévaluation au moins tous les trois ans, sous réserve que cette durée ait été effectuée de manière continue, notamment au vu des résultats des entretiens professionnels prévus à l'article 1-4 ou de l'évolution des fonctions ". La réévaluation au minimum tous les trois ans de la rémunération des agents employés à durée indéterminée, notamment au vu des résultats de l'entretien professionnel, de l'évolution des fonctions, prévue par ces dispositions n'implique pas une revalorisation automatique de l'indice majoré des agents en cause.
5. Par suite, alors que Mme C n'apporte aucun élément justifiant que son point d'indice aurait dû être réévalué compte-tenu notamment des résultats des entretiens professionnels ou de l'évolution de ses fonctions et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée aurait contesté ses précédents changements d'échelon ou le refus de faire progresser son indice, la requérante, qui, au demeurant, a fait l'objet d'une réévaluation de sa rémunération en 2016 par avenant à son contrat, l'a plaçant au 8ème échelon, indice 553, de la grille des professeurs contractuels 2ème catégorie à compter du 1er septembre 2016 et le 8 juin 2018 au 9ème échelon de cette même grille à compter du 1er septembre 2017, n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté contesté méconnaît les dispositions précitées.
6. En deuxième lieu, la circonstance que l'UPEM n'aurait pas respecté l'avenant au contrat à durée indéterminée du 19 septembre 2006 au terme duquel Mme C percevrait, à compter du 1er septembre 2016, une rémunération mensuelle correspondant au 8ème échelon, indice 523, dès lors que cet échelon n'est apparu sur ses fiches de paie qu'à compter du mois de janvier 2017, est sans influence sur la légalité de la décision contestée. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté que l'intéressée a perçu rétroactivement la rémunération correspondante à ce changement d'échelon sur sa paie du mois de janvier 2017 pour les mois de septembre à décembre 2016 et que si l'indication de son changement d'échelon ne figure que sur sa paie du mois de janvier 2017, c'est en raison du fait que l'UPEM n'a reçu l'avenant au contrat que le 28 novembre 2016 et que la convention de paie mise en place avec la direction départementale des finances publiques implique de connaître les modalités de rémunération d'un agent un mois et demi avant leur paiement effectif.
7. En dernier lieu, Mme C n'établit pas qu'un agent contractuel exerçant des fonctions ou des responsabilités analogues aux siennes et ayant le même niveau de diplôme ou d'expérience professionnelle, bénéficierait d'une rémunération plus élevée et qu'en conséquence elle a fait l'objet d'un traitement discriminatoire injustifié ou que la décision contestée méconnaît le principe d'égalité.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 2 juin 2018 par lequel le président de l'UPEM l'a promue au 9ème échelon du statut de professeur contractuel 2ème catégorie avec effet rétroactif au 1er septembre 2017, ainsi que la décision du 25 juin 2019 rejetant son recours gracieux contre cet arrêté. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Mme C au titre des frais d'instance, ni à celles de l'UPEM au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'UPEM sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à l'université Paris Est Marne la Valle.
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Lu en audience publique le 5 octobre 2022.
Le rapporteur,
J.-N. B
Le président,
S. DEWAILLY
La greffière,
C. SISTAC
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026