vendredi 23 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1908068 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 4 septembre 2019, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme C.
Par une requête, enregistrée le 23 août 2019, Mme B C, représentée par Me Launois, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 mai 2019 par laquelle la commission d'attribution de l'office public de l'habitat de Montereau a refusé de lui attribuer un logement social ;
2°) d'enjoindre à la commission d'attribution de l'office public de l'habitat de Montereau de lui attribuer un logement T2 dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 450 euros par jour de retard ;
3°) subsidiairement, d'enjoindre à la commission d'attribution de l'office public de l'habitat de Montereau de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 450 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'office public de l'habitat de Montereau une somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence en l'absence de production d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le logement est adapté à la composition familiale, qu'elle a été reconnue prioritaire et devant être relogée d'urgence par la commission de médiation de Seine-et-Marne par une décision du 15 avril 2019, qu'elle est hébergée avec sa fille mineure chez son frère dans un logement sur-occupé.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juillet 2021, l'office public de l'habitat de Montereau, représenté par Me Ramel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de Mme C dès lors qu'elle bénéficie d'un logement T2 au sein du parc social de CDC Habitat Social depuis le 29 janvier 2020 ;
- le moyen tiré de l'incompétence entachant la décision attaquée doit être écarté dès lors qu'elle est signée par M. A, directeur général par intérim ;
- le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté dès lors qu'elle mentionne que le logement proposé est inadapté ;
- le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant la décision attaquée doit être écarté dès lors que le fait de considérer qu'un T2 n'est pas adapté à un ménage composé d'un parent et d'un enfant mineur ne constitue pas une erreur grossière dans l'appréciation des faits ; en outre, elle a demandé un changement de logement le 24 février 2021 considérant que le T2 qui lui avait été attribué était trop petit et réclamant désormais un T3 ou un T4.
Par une ordonnance du 7 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 octobre 2022 à 12 h 00.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 septembre 2019.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et les observations de Me Chevandier, représentant l'office public de l'habitat de Montereau.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 17 avril 2019, la requérante a été informée par le préfet de Seine-et-Marne que sa candidature est proposée pour un logement de type T2 relevant du contingent réservé de l'État situé à Montereau-Fault-Yonne. Par une décision du 20 mai 2019, la commission d'attribution de l'office public d'habitat de Montereau a refusé de lui attribuer le logement social. Par la présente instance, elle demande l'annulation de cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. La circonstance que la requérante se soit vue attribuer un logement social le 29 janvier 2020 n'est pas, contrairement à ce que fait valoir l'office public de l'habitat de Montereau, de nature, par elle-même, à avoir fait perdre son objet au recours dirigé contre la décision attaquée. Cette décision, dont la légalité s'apprécie à la date de son édiction, n'a, en outre, pas fait l'objet d'un retrait par l'autorité compétente pour ce faire et a, par ailleurs, reçu exécution. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer soulevée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 441-2-2 du code de la construction et de l'habitation, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Tout rejet d'une demande d'attribution doit être notifié par écrit au demandeur, dans un document exposant le ou les motifs du refus d'attribution. / () ". Aux termes de l'article R. 441-3 de ce code : " Sauf en cas d'insuffisance du nombre des candidats, les commissions d'attribution prévues à l'article L. 441-2 examinent au moins trois demandes pour un même logement à attribuer. Il est fait exception à cette obligation quand elles examinent les candidatures de personnes désignées par le préfet en application du septième alinéa du II de l'article L. 441-2-3 ou les candidatures présentées pour l'attribution de logements ayant bénéficié de la subvention mentionnée à l'article R. 331-25-1. / Pour chaque candidat, la commission d'attribution prend l'une des décisions suivantes : / () / d) Non-attribution au candidat du logement proposé ; () ".
4. Il ressort des termes de la décision du 20 mai 2019 adressée à la requérante par l'office public de l'habitat de Montereau que sa candidature à l'attribution d'un logement social a reçu un avis défavorable en raison de " l'inadaptation du logement proposé ". En se bornant à utiliser une formule stéréotypée, laconique et elliptique, sans permettre à la requérante de connaître les motifs pour lesquels sa candidature a été rejetée, l'office a méconnu les exigences de motivation prévues par les dispositions précitées de l'article L. 441-2-2 du code de la construction et de l'habitation. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que la décision attaquée est insuffisamment motivée.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 20 mai 2019 de la commission d'attribution de l'office public de l'habitat de Montereau doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Il résulte de l'instruction que la requérante s'est vu attribuer un logement social le 5 février 2020 par l'organisme CDC Habitat social. Le présent jugement n'appelle donc aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'office public de l'habitat de Montereau demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
7. Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Launois, avocate de la requérante, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'office public de l'habitat de Montereau le versement à Me Launois de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 20 mai 2019 par laquelle la commission d'attribution des logements de l'office public de l'habitat de Montereau a rejeté la demande de logement social de Mme C est annulée.
Article 2 : L'office public de l'habitat de Montereau versera à Me Launois une somme de 1 200 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Launois renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de l'office public de l'habitat de Montereau présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à l'office public de l'habitat de Montereau et à Me Launois.
Délibéré après l'audience du 2 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2022.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026