vendredi 23 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1908077 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BEAUCHENE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2019, M. D L'Huillier, représenté par Me Beauchene, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 juillet 2019 par laquelle le Préfet de la région Ile-de-France l'a placé de manière rétroactive en congé de longue durée pour la période du 23 mars 2017 au 23 mars 2018 ;
2°) d'enjoindre au Préfet de la région Ile-de-France de le placer rétroactivement en congé de longue durée à effet du 24 mars 2018 avec rappel des traitements et primes correspondants dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au Préfet de la région Ile-de-France de procéder au réexamen de sa situation administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat (Préfet de la région Ile-de-France) la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale qui prévoit que le congé de longue durée ne peut être attribué qu'à l'issue d'une période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie, de sorte que le congé de longue durée litigieux ne pouvait être fixé rétroactivement qu'à compter du 24 mars 2018 et non à compter du 23 mars 2017.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2021, le préfet de la région Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. L'Huillier ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 17 juin 2019, la clôture d'instruction a été fixée au 10 septembre 2021 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 70-606 du 2 juillet 1970 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bourdin, conseillère rapporteure,
- et les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D L'Huillier, dessinateur de l'équipement, affecté à l'unité départementale du Val-de-Marne de la Direction régionale et interdépartementale de l'équipement et de l'aménagement d'Ile-de-France a été placé en congé de longue maladie par arrêté du 22 juin 2017. Par deux arrêtés du 13 mars 2018, il a, d'une part, été maintenu en congé de longue maladie à plein traitement du 24 décembre 2017 au 23 mars 2018, d'autre part, placé en congé de longue maladie à demi-traitement du 24 mars au 23 décembre 2018. Par procès-verbal du 11 janvier 2019, le comité médical départemental a émis un avis favorable à la transformation du congé de longue maladie qui lui a été octroyé le 24 mars 2017 en congé de longue durée. Par arrêté du 31 janvier 2019, le requérant a été placé en congé de longue durée à plein traitement du 24 décembre 2018 jusqu'au 23 décembre 2019 et le congé de longue durée précédemment attribué a été requalifié en congé de longue durée. Par arrêté du 10 juillet 2019, les dates auxquelles le requérant a été placé en congé de longue durée ont été modifiées, le congé de longue durée à plein traitement débutant le 24 mars 2017 et s'achevant le 23 décembre 2019. Cet arrêté maintenait également que le congé de longue maladie précédemment attribué était requalifié en congé de longue durée. M. L'Huillier demande l'annulation de l'arrêté du 10 juillet 2019 en tant qu'il fait débuter le congé de longue durée à compter du 24 mars 2017.
2. En premier lieu, la préfecture de la région Ile-de-France produit l'arrêté IDF-2018-04-24-006 du 24 avril 2018, publié au recueil des actes administratifs spécial n°IDF-034-2018-04 du 25 avril 2018, par lequel le préfet de la région Ile-de-France a donné délégation de signature à Mme A, directrice régionale et interdépartementale de l'équipement et de l'aménagement de la région Ile-France à l'effet de signer tous arrêtés " relevant de la délégation de pouvoir consentie par la réglementation en vigueur au préfet de la région d'Ile-de-France en matière de gestion de certains personnels occupant un emploi dans les services déconcentrés du ministère chargé du développement durable et du ministère des transports ", à l'exception de certains actes parmi lesquels ne figure pas la décision attaquée. L'article 3 de cet arrêté prévoit que Mme A peut subdéléguer sa signature à ses collaborateurs. Le défendeur produit également la décision DRIEA-IDF n°2019-0611 portant subdélégation en matière administrative du 15 mai 2019, publiée au RAA n°IDF-014-2019-05 du 16 mai 2019 par laquelle, Mme A subdélègue sa signature à M. B C, ingénieur en chef des travaux publics de l'Etat, adjoint au directeur de l'unité départementale du Val-de-Marne, signataire de l'acte litigieux, à l'effet notamment de signer les décisions de gestion relatives aux dessinateurs de l'équipement affecté à son unité. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté du 10 juillet 2019 ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1er du décret n°70-606 du 2 juillet 1970 portant statut particulier du corps des dessinateurs de l'équipement : " Le corps des dessinateurs de l'équipement est régi par les dispositions du décret n° 2016-580 du 11 mai 2016 relatif à l'organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie C de la fonction publique de l'Etat et par celles du présent décret. " Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Le fonctionnaire en activité a droit : () /2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () /3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. () /4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. Le fonctionnaire conserve ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. /Sauf dans le cas où le fonctionnaire ne peut être placé en congé de longue maladie à plein traitement, le congé de longue durée n'est attribué qu'à l'issue de la période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection. Tout congé attribué par la suite pour cette affection est un congé de longue durée () ". Aux termes de l'article 29 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " Le fonctionnaire atteint de tuberculose, de maladie mentale, d'affection cancéreuse, de poliomyélite ou de déficit immunitaire grave et acquis, qui est dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions et qui a épuisé, à quelque titre que ce soit, la période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie est placé en congé de longue durée selon la procédure définie à l'article 35 ci-dessous. Il est immédiatement remplacé dans ses fonctions. ".
4. Il résulte du 4° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 et de l'article 29 du décret du 14 mars 1986 qu'un fonctionnaire ne peut être placé en congé de longue durée qu'après avoir épuisé ses droits à congé de longue maladie rémunéré à plein traitement et que la période de congé de longue maladie à plein traitement doit être décomptée, lorsque ce congé a été attribué au fonctionnaire au titre de l'affection ouvrant droit ensuite au congé de longue durée, comme une période de congé de longue durée.
5. En l'espèce, il est constant que M. L'Huillier qui est un fonctionnaire de l'Etat ne peut se prévaloir des dispositions applicables à la fonction publique territoriale. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal de la réunion du comité médical départemental du 11 janvier 2019 dont les conclusions ne sont pas contestées, que la période de congé de longue maladie dont le requérant a bénéficié du 24 mars 2017 au 23 mars 2018 doit être décomptée, dès lors que ce congé a été attribué au titre de l'affection ayant ouvert droit ensuite au congé de longue durée, comme une période de congé de longue durée. Par suite c'est à juste titre que M. L'Huillier a été placé, rétroactivement, en congé de longue durée à plein traitement du 24 mars 2017 au 23 décembre 2019, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions législatives applicables en l'espèce doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. L'Huillier doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction, d'astreinte et présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. L'Huillier est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D L'Huillier et au Préfet de la région Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2022.
La rapporteure,
S. BOURDIN
Le président,
S. DEWAILLY La greffière,
C. SISTAC
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile d France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026