jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1908142 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BERRUX - MILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2019, M. C B, représenté par Me Millet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 juillet 2019 par lequel le maire de Villeneuve-Saint-Georges a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident ;
2°) d'enjoindre à la commune de Villeneuve-Saint-Georges de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-Saint-Georges une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence, à défaut pour la commune d'établir que son signataire disposait d'une délégation de signature à cet effet ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation, d'une part en raison du choc généré par la remise de l'arrêté de suspension le 5 décembre 2017 ayant entraîné le développement d'un syndrome dépressif réactionnel et, d'autre part, en l'absence de faute personnelle détachable qui lui soit imputable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2021, la commune de Villeneuve-Saint-Georges, représentée par Me Jean-Pierre, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 6 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 février 2022 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 53-2017 du 19 janvier 2017 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Millet, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, titulaire du grade d'adjoint technique territorial de 1ère classe, exerce les fonctions d'agent polyvalent au centre technique municipal de Villeneuve-Saint-Georges depuis le 12 janvier 1999. Le 30 mai 2018, M. B a sollicité la reconnaissance, par la commune de Villeneuve-Saint-Georges, de l'imputabilité au service de l'accident qu'il estime avoir subi, ayant entraîné le développement d'un syndrome dépressif réactionnel. Le maire de Villeneuve-Saint-Georges a, par un arrêté du 4 juillet 2019, dont M. B demande l'annulation, rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par arrêté du 7 avril 2014, publié au recueil des actes administratifs règlementaires de la commune du 31 juillet 2014, le maire de Villeneuve-Saint-Georges a délégué au conseiller municipal adjoint, sa signature à l'effet de signer l'ensemble des actes relatifs au personnel, au nombre desquels figure l'arrêté attaqué. Le moyen manque ainsi en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable à la date de l'arrêté en litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales () ".
4. L'application des dispositions de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique instituant un " congé pour invalidité temporaire imputable au service " par insertion dans la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires d'un article 21 bis n'est pas possible en l'absence d'un texte réglementaire fixant, notamment, les conditions de procédure applicables à l'octroi de ce nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. Les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ne sont donc entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique territoriale, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 12 avril 2019, du décret du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale, par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue sous forme de décret en Conseil d'Etat par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017. L'accident dont se prévaut M. B est intervenu le 5 décembre 2017, soit antérieurement à l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions de l'article 21 bis. Aussi, contrairement à ce qu'allèguent les parties, la situation de M. B demeure régie par les dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 mentionnée ci-dessus, dans sa rédaction alors applicable.
5. Constitue un accident de service un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien, notamment d'évaluation, entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
6. D'une part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, pour refuser la demande de M. B formulée le 30 mai 2018 tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident qu'il estime avoir subi, le maire de Villeneuve-Saint-Georges s'est fondé sur les motifs tirés de ce que, d'une part, M. B ne démontrait pas avoir subi un choc violent caractérisant l'existence d'un accident et, d'autre part, l'accident allégué s'inscrivait dans le cadre de la procédure disciplinaire diligentée à son encontre et, ainsi, résultait d'une faute personnelle détachable du service. Il ressort des pièces du dossier que, à la suite de la remise en mains propres par son responsable hiérarchique, le 5 décembre 2017, de l'arrêté du maire du même jour, prononçant sa suspension de fonctions, ainsi que des explications relatives aux faits qui lui ont été reprochés, M. B a développé un syndrome dépressif réactionnel. Il a été placé en congé de maladie au titre de cette pathologie, à compter du 5 février 2018. Si, dans le rapport d'expertise médicale du 2 avril 2019, diligentée à la demande du comité médical départemental dans le cadre de l'instruction de la demande de congé de longue maladie formée par l'intéressé et versé au débat, le médecin psychiatre a conclu à l'imputabilité au service de son état de santé, notamment en raison des accusations dont il a fait l'objet, et à l'absence d'état antérieur, la commission de réforme appelée à délibérer, lors de sa séance du 3 juin 2019, n'a exprimé aucun avis en raison d'un partage égal des voix. Il ressort du compte-rendu de l'entretien mené le 30 novembre 2017, réunissant M. B, ses responsables hiérarchiques et un représentant syndical, que le requérant a été informé qu'une sanction était envisagée à son égard. A la suite de l'enquête administrative organisée, l'agent a fait l'objet de la suspension de ses fonctions en raison de plusieurs manquements à ses obligations, et au titre desquels une procédure disciplinaire a été ouverte à son encontre. La notification en mains propres de cet arrêté du maire du 5 décembre 2017, alors même qu'il a perturbé le requérant, caractérise l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Ainsi, cette circonstance ainsi que la relation des faits qui lui sont reprochés par ses supérieurs hiérarchiques ne peuvent être regardés comme constitutifs d'un accident, au sens des dispositions de l'article 57 précitées de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, quand bien même cet évènement a entraîné une pathologie dépressive chez M. B. Dès lors, ce motif justifie la décision attaquée.
7. D'autre part, en l'absence de tout accident, l'autre motif de l'arrêté en litige, tiré de l'existence d'une faute personnelle détachable est entaché d'une erreur de droit. Cependant, il résulte de l'instruction que si le maire n'avait retenu que le motif tiré de ce que M. B n'a pas subi d'accident, il aurait pris la même décision. Dès lors, en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré, le maire de Villeneuve-Saint-Georges n'a pas entaché l'arrêté en litige d'une erreur dans l'appréciation portée sur sa demande au regard des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B à l'encontre de l'arrêté du maire du 4 juillet 2019 doivent être rejetées, y compris, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la commune de Villeneuve-Saint-Georges sur le même fondement sont rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Villeneuve-Saint-Georges sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Villeneuve-Saint-Georges.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Mentfakh, conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
E. A
La présidente,
M. DLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026