mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1908740 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | KUKURYKA PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2019, M. A C, représenté par Me Kukuryka, demande au tribunal:
1°) d'annuler le titre de perception n°075000 010 254 075 485571 2019 0000431 émis le 23 janvier 2019 par le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris pour un montant de 15 909,64 euros, ensemble la décision implicite de rejet de sa réclamation formée contre ce titre née le 27 septembre 2019 ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer la somme de 15 909,64 euros,
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre de perception est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'un vice de forme faute de comporter la signature de l'ordonnateur et pour l'administration de produire l'état revêtu de la formule exécutoire ;
- il est entaché d'un défaut de motivation faute de comporter les bases de liquidation de la créance ;
- le bien-fondé de la créance réclamée n'est pas établi dès lors d'une part, qu'il n'a pas perçu la somme réclamée au mois de décembre 2018 et, d'autre part, que la situation irrégulière dans laquelle il est placé, faute pour l'administration de lui avoir donné une affectation à sa sortie de détention, fait obstacle au reversement des sommes demandées.
La requête a été communiquée le 1er octobre 2019 à la direction régionale des finances publiques de la région d'Ile de France, qui n'a pas produit de mémoire, nonobstant la mise en demeure qui lui a été adressée le 18 juin 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, le ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
L'instruction a été rouverte par la communication du mémoire enregistré le 27 janvier 2023.
Un mémoire présenté pour M. C a été enregistré le 6 février 2023 mais non communiqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le livre de procédures fiscales ;
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Leboeuf, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, fonctionnaire du corps d'encadrement et d'application du personnel pénitentiaire de surveillance de l'administration pénitentiaire, a exercé ses fonctions en dernier lieu, au sein de l'établissement pénitentiaire de Fresnes. Il a été placé en détention provisoire du 2 novembre 2017 au 8 mars 2018, avant d'être soumis à sa sortie de détention à un contrôle judiciaire lui interdisant de se livrer à toute activité professionnelle ou sociale en lien avec l'administration pénitentiaire. Le 23 janvier 2019, la direction régionale des finances publiques de la région Ile-de-France et de Paris a émis un titre de perception pour un montant de 15 909,64 euros au titre d'un indu de rémunération. Par lettre en date du 26 mars 2019, réceptionnée par l'administration le 27 mars 2019, M. C a formé une opposition à exécution contre ce titre de perception, en application des dispositions de l'article 118 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique. Par lettre du 13 mai 2019, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris a accusé réception de ce recours administratif préalable obligatoire, a prononcé la suspension de la procédure de recouvrement des titres de perception en litige, et a transmis les demandes du requérant au garde des sceaux, ministre de la justice, en sa qualité d'ordonnateur des dépenses de traitement et d'indemnité de traitement des personnels de l'administration pénitentiaire. En raison du silence opposé à ce recours préalable obligatoire par le ministre de la justice, une décision implicite de rejet est née. M. C demande l'annulation du titre de perception émis le 23 janvier 2919, ensemble la décision implicite de rejet née du recours administratif.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 1992 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". Il en résulte que l'administration doit indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge des redevables.
2. En l'espèce, le titre de perception comporte les mentions suivantes : " Traitement brut issu paye de décembre 2018, montant initial de la dette : 14 318,48, restes à recouvrer : 14 318,43, *indemnité de résidence issu paye de décembre 2018 montant initial de la dette : 570,53 euros, restes à recouvrer : 570,73 *indemnité charges pénitentiaires issu paye de décembre 2018 RAPPEL ANNEE ANTERIEURE : montant initial de la dette ; 1020,63 euros restes à recouvrer : 1020,63 ". Ces mentions permettent seulement de déterminer que la restitution demandée porte sur le traitement brut, l'indemnité de résidence et un rappel d'année antérieure mais elles ne précisent pas les bases de calcul de chacune de ces sommes, en particulier la ou les périodes de paie auxquelles elles correspondent. Le garde des sceaux, ministre de la justice, produit les bulletins de paie pour la période du mois de novembre 2017 au mois de décembre 2018. Le bulletin de paie du mois de décembre 2018, dont il n'est pas sérieusement contesté qu'il a été transmis à l'intéressé, comporte un décompte de trop-perçu faisant l'objet de la récupération pour chaque mois de novembre 2017 à novembre 2018. Toutefois, il porte sur une somme totale de 16 513,09 euros différente de celle du titre de perception litigieux, qui ne fait en outre pas référence à ce décompte. Le titre litigieux n'était donc pas motivé par référence à ce décompte. Par suite, le moyen tiré du défaut de précision des bases de liquidation du titre de perception attaqué doit être accueilli.
3. Il résulte de ce qui précède que le titre de perception du 23 janvier 2019 et la décision implicite de rejet née du recours préalable formé contre ce titre doivent être annulés, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens à l'appui de la requête.
Sur les conclusions à fin de décharge
4. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre.
5. Il résulte du motif mentionné au point 2 que le titre de perception n'est annulé que pour un motif de régularité en la forme. Par suite, aucun des moyens liés au bien-fondé de la créance n'ayant été retenu, les conclusions aux fins de décharge présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y pas lieu à cette condamnation ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre de perception du 23 janvier 2019 n°075000 010 254 075 485571 2019 0000431 pour un montant de 15 909, 64 euros, ensemble la décision implicite de rejet rendue par la garde des sceaux ministre de la justice du 27 septembre 2019 sont annulés.
Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4: Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au garde des sceaux, ministre de la justice et au directeur régional des finances publiques Paris.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Lacote, conseiller,
Rendue public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.
La rapporteure,
S. B
Le président,
S. DEWAILLY La greffière,
C. SISTAC
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026