vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1909595 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP RICHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°1811945 du 18 octobre 2019, le président du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal administratif de Melun, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête de la société Mutuelle Assurances Corps Santé Français (MACSF) enregistrée le 28 novembre 2018.
Par cette requête, enregistrée au tribunal administratif de Melun sous le n° 1909595 et un mémoire, enregistrés le 14 février 2022, la MACSF, représenté par Me Richard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le titre exécutoire d'un montant de 15 513,40 euros émis à son encontre le 17 juillet 2018 par l'Office national des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) ;
2°) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 15 513,40 euros ;
3°) de mettre à la charge l'ONIAM la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle ne présente ses conclusions qu'à titre subsidiaire, dans l'hypothèse où le tribunal administratif, qu'elle a saisi compte tenu de la mention des voies de recours contenues dans le titre litigieux, désignant le tribunal administratif comme juridiction de recours, s'estimerait compétent alors même que la requête relève normalement de la juridiction judiciaire ; le titre exécutoire litigieux est insuffisamment motivé ;
- il a été émis en méconnaissance de l'article L. 1221-14 du code de la santé publique, dont il résulte que l'ONIAM, subrogé dans les droits de la victime à concurrence des sommes versées dans le cadre d'une transaction, ne peut recourir à l'émission d'un titre exécutoire mais doit saisir le juge aux fins de recouvrement des sommes en cause ;
- subsidiairement, il méconnaît l'article L. 114-1 du code des assurances, dès lors que la prescription biennale était acquise à la date de son émission ;
- la réalité de la créance n'est pas établie l'existence d'un lien de causalité entre la contamination de la victime par le virus de l'hépatite C et les produits fournis par le Centre de transfusion de Créteil n'est pas établie ; le faisceau d'éléments retenu par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne dans son jugement du 13 juillet 2011 n'est pas de nature à écarter le caractère nosocomial de l'infection contractée par la victime.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 juillet 2021 et 30 mars 2022, l'ONIAM conclut au rejet de la requête, sollicite à titre reconventionnel la condamnation de la MACSF à lui verser la somme de 15 513,40 euros avec intérêts au taux légal à compter du 10 octobre 2017, avec capitalisation des intérêts, et demande que soit mise à sa charge la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par une lettre du 31 mars 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 18 avril 2022 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 10 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code des assurances ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Hy, rapporteur public,
- et les observations de Me Wang, représentant la MACSF.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 juillet 1982, Mme A B a été victime d'un grave accident de la circulation ayant nécessité plusieurs hospitalisations au Centre hospitalier de Troyes et au Centre hospitalier Henri Mondor de Créteil, où elle a subi plusieurs interventions chirurgicales entre 1982 et 1986 et à 1'occasion desquelles elle a reçu plusieurs transfusions sanguines. Il est apparu en 2002 qu'elle avait été contaminée par le virus de l'hépatite C à la suite de ces transfusions. Par jugement n° 0800735 du 13 juillet 2011, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a condamné l'ONIAM à lui verser, au titre de la solidarité nationale, la somme de 10 000 euros avec intérêts au taux légal à compter du 21 janvier 2008 et capitalisation des intérêts échus au 21 janvier 2009, en réparation des préjudices résultant de sa contamination par le virus de l'hépatite C, outre la somme de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L.761-l du code de justice et la mise à la charge de l'office les frais d'expertise d'un montant de 3 400 euros. La victime a été indemnisée par l'ONIAM le 10 juillet 2012, à hauteur de 13 113,40 euros. Par un titre exécutoire du 17 juillet 2018, l'ONIAM a mis à la charge de la MACSF, en sa qualité d'assureur du Centre de transfusion sanguine du Val-de-Marne, l'obligation de payer la somme de 15 513,40 euros.
2. L'ordre de juridiction compétent pour connaître de l'action en garantie ouverte à l'ONIAM par l'article L. 1221-14 du code de la santé publique doit être déterminé en fonction de la nature du contrat d'assurance conclu entre l'assureur, contre lequel cette action est dirigée, et la structure de transfusion sanguine reprise par l'Etablissement français du sang (EFS). Si ce contrat est de droit privé, la juridiction judiciaire est compétente pour connaître d'une telle action. S'il présente le caractère d'un contrat administratif, par application de l'article 2 de la loi
n° 2001-1168 du 11 décembre 2001 et de l'article 29 du code des marchés publics, l'action en garantie de l'ONIAM doit être portée devant la juridiction administrative.
3. En prévoyant, à l'article L. 1221-14 du code de la santé publique, la possibilité pour l'ONIAM de former une action en garantie contre les assureurs des structures de transfusion sanguine reprises par l'EFS pour récupérer les sommes qu'il a versées aux victimes, le législateur a entendu conférer à la juridiction compétente pour connaître de cette action en garantie plénitude de juridiction pour statuer sur l'ensemble des questions qui s'y rapportent, y compris celles qui ont trait à la responsabilité de l'assuré dans la survenue du dommage, sans qu'y fassent obstacle les dispositions de l'article 15 de l'ordonnance n° 2005-1087 du 1er septembre 2005.
4. La juridiction compétente pour connaître de l'action en garantie formée par l'ONIAM sur le fondement de l'article L. 1221-14 du CSP l'est également pour connaître de l'opposition formée par l'assureur contre le titre exécutoire émis par l'office, lorsque celui-ci a choisi cette voie pour procéder au recouvrement de sa créance.
5. Les litiges relatifs aux marchés publics passés en application du code des marchés publics relèvent de la compétence des juridictions administratives. L'article 2 de la loi du 11 décembre 2001 portant mesures urgentes de réformes à caractère économique et financier (Murcef) détermine cette compétence à compter de la date de son entrée en vigueur, y compris pour les contrats en cours, à l'exception de ceux qui ont été portés devant le juge judiciaire avant cette date. D'autre part, le décret du 27 février 1998 modifiant le code des marchés publics en ce qui concerne les règles de mise en concurrence et de publicité des marchés de services a soumis pour la première fois les marchés publics ayant pour objet des services d'assurances aux règles du code des marchés publics.
6. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire litigieux est fondé sur un contrat d'assurance n° 253416250A conclu entre la MACSF et le Centre de transfusion sanguine du
Val-de-Marne à compter du 27 mai 1977, soit antérieurement à l'entrée en vigueur du décret du 27 février 1998. Ainsi, à supposer que le Centre de transfusion sanguine du Val-de-Marne, qui a fourni les produits sanguins à l'origine de la contamination transfusionnelle de Mme B, fût une personne publique, ce contrat ne peut être un contrat de droit administratif par détermination de la loi en application des dispositions combinées de l'article 1er du décret du 27 février 1998 et de l'article 2 de la loi du 11 décembre 2001. En outre, il résulte de l'instruction que ce contrat n'a pas pour objet de faire participer l'assureur à l'exécution d'un service public et ne comporte aucune clause qui implique, dans l'intérêt général, qu'il relève du régime exorbitant des contrats administratifs.
7. Il résulte de ce qui précède que la juridiction administrative n'est pas compétente ni pour connaître de l'opposition formée par l'assureur à l'encontre des titres exécutoires émis par l'ONIAM aux fins de recouvrer les sommes versées à des victimes de contamination transfusionnelle ni des conclusions présentées à titre reconventionnel par l'ONIAM sur le fondement de l'article L. 1221-14 du code de la santé publique.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'ONIAM, qui n'a pas la qualité de partie perdante à l'instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés par la MACSF et non compris dans les dépens.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la MACSF la somme demandée à ce titre par l'ONIAM.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la MACSF et les conclusions reconventionnelles de l'ONIAM tendant à la condamnation de la société requérante sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Mutuelle Assurances Corps Santé Français et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 3 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bruand, président,
Mme Vergnaud, première conseillère,
Mme Norval-Grivet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
La rapporteure,
S. CLe président,
T. BruandLa greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026