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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-1909622

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-1909622

mercredi 7 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-1909622
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre
Avocat requérantSCP WOOG & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 octobre 2019 et 24 février 2020, le syndicat intercommunal des transports collectifs pour Montereau et environs (SITCOME), représenté par la Selarl Woog et Associés, agissant par Me Lumeau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis rendu le 28 juin 2019 par le conseil de discipline de recours d'Ile-de-France, proposant de substituer une exclusion temporaire de fonctions d'un an dont trois mois avec sursis à la sanction de révocation prononcée à l'encontre de M. A B ;

2°) de mettre à la charge du centre interdépartemental de gestion (CIG) de la petite couronne de la Région Ile-de-France et de M. A B le versement d'une somme de 3 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le SITCOME soutient que :

- l'avis attaqué est entaché d'un défaut de motivation en fait ;

- il ne comporte pas la mention du partage des voix lors du vote ;

- le conseil de discipline de recours était irrégulièrement composé ;

- il a omis de se prononcer sur le grief tiré du comportement agressif, irrespectueux et menaçant de M. B à l'égard de l'autorité territoriale et de ses collègues ;

- l'avis attaqué est entaché d'erreurs de fait et dans la qualification juridique des faits, d'une part, s'agissant des fautes commises par M. B, et, d'autre part, s'agissant de circonstances dont il a été tenu compte comme atténuantes ;

- il est entaché d'erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 décembre 2019, le centre interdépartemental de gestion de la petite couronne de la Région Ile-de-France (CIG), représenté par son président en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 décembre 2019, lequel annule et remplace un précédent mémoire enregistré le 26 novembre 2019, M. A B conclut, d'une part, au rejet de la requête du syndicat intercommunal des transports collectifs de Montereau et ses environs (SITCOME), et, d'autre part, demande au tribunal :

1°) de condamner le SITCOME à lui verser une somme d'environ 26 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi à raison de sa révocation, celle d'environ 4 848 euros au titre d'une prime de responsabilité, et une somme représentant environ un mois de rémunération au titre d'un mois de congé payé non pris ;

2°) de mettre à la charge du SITCOME les frais de procédure qu'il a engagés, à hauteur d'un montant à déterminer.

Il soutient que :

- le SITCOME a commis une faute en prononçant à son encontre une sanction de révocation, alors qu'il n'a commis aucune faute disciplinaire ;

- le SITCOME lui a supprimé à tort une prime de responsabilité, et, en outre, l'a indûment privé d'un mois de congé payé ;

- le tribunal devra exiger du SITCOME qu'il produise ses fiches de notation, lesquelles révèlent qu'il a occupé les fonctions de chef de service.

Par une ordonnance du 14 janvier 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 janvier 2021 à 12 h 00.

Par courrier du 2 mai 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens d'ordre public tirés de l'irrecevabilité des conclusions présentées par M. B tendant :

* à la condamnation du SITCOME :

- à lui réparer le préjudice qu'il estime avoir subi à raison du caractère illégal de la sanction de révocation prononcée à son encontre par arrêté du président du SITCOME du 23 novembre 2018 ;

- à lui verser la prime de responsabilité d'un montant de 4 848 euros ;

- à lui verser la somme due au titre d'un mois de congé payé non pris sur la période du 3 octobre 2015 au 3 octobre 2016 ;

dès lors que ces demandes, quand bien même elles procèdent pour certaines d'une même situation de fait, tendant à mettre en cause la responsabilité du SITCOME au titre de l'illégalité fautive de l'arrêté du président du SITCOME, précité, et au bénéfice d'indemnités à raison du non-respect par le syndicat de ses obligations à l'égard de M. B, et, ainsi, relèvent de litiges distincts des conclusions présentées dans la présente instance par le SITCOME, tendant à l'annulation l'avis rendu le 28 juin 2019 par le conseil de discipline de recours d'Ile-de-France sur la sanction de révocation précitée ;

* à ce que lui soit versée une somme au titre des frais d'instance exposés par lui, faute pour celle-ci d'être chiffrée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Leconte, rapporteure,

- les conclusions de Mme Mentfakh, rapporteure publique,

- et les observations de Me Moutsouka, représentant le requérant, celles du requérant, ainsi que celles de Me Horeau, représentant le SITCOME.

Considérant ce qui suit :

1. Le syndicat intercommunal des transports collectifs de Montereau et ses environs (SITCOME) a recruté, à compter du 1er avril 2008, M. A B, titularisé dans le grade d'adjoint administratif territorial le 1er avril 2009. Au terme d'un rapport du 25 avril 2018, le président du SITCOME a saisi, en vue du prononcé d'une sanction de révocation à l'encontre de M. B, le conseil de discipline intercommunal des agents des collectivités locales de Seine-et-Marne, qui, le 21 septembre 2018, s'est prononcé favorablement à la sanction envisagée. Par un arrêté du 23 novembre 2018, le président du SITCOME a prononcé à l'encontre de M. B la mesure disciplinaire envisagée. A la suite d'un recours contre cette sanction, introduit par l'intéressé par courriers des 18 septembre 2018 et 4 janvier 2019, le conseil de discipline de recours d'Ile-de-France s'est prononcé, en sa séance du 28 juin 2019, en faveur d'une sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée d'un an dont 3 mois avec sursis. Le SITCOME demande, à titre principal, l'annulation de cet avis.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes des dispositions, alors en vigueur, de l'article 27 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux : " Après l'audition de l'autorité territoriale, du requérant et de toute autre personne que le président aura jugé nécessaire de faire entendre, le conseil de discipline de recours délibère () / Si le conseil se juge suffisamment informé, il statue définitivement et arrête le texte d'un avis de rejet ou d'une recommandation motivés. () ".

3. L'avis en litige mentionne tout d'abord les faits, reprochés à M. B, suffisamment établis au cours des débats et au regard des pièces versées au dossier, et énonce que ceux-ci sont constitutifs de manquements graves et réitérés aux obligations d'obéissance hiérarchique et de servir, ayant pu entraver le bon fonctionnement du service. Cet avis mentionne ensuite, par des considérations suffisamment précises, plusieurs circonstances estimées comme également établies, en particulier relatives à la manière de servir de l'agent par le passé et aux réactions de sa hiérarchie face à la dégradation de son comportement, dont il expose tenir compte pour apprécier le caractère proportionné de la sanction à retenir. Ce faisant, l'avis en litige comporte l'ensemble des considérations au regard desquelles la sanction proposée, en substitution de la révocation prononcée par l'autorité territoriale, a été estimée comme proportionnée. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe général du droit n'impose la mention, dans l'avis du conseil de discipline de recours, émis à la majorité des suffrages exprimés conformément à l'article 22, alors en vigueur, du décret du 18 septembre 1989, l'éventuel partage des suffrages exprimés lors du vote. Par suite, le moyen tiré d'un vice de forme, qui est inopérant, ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes des dispositions, alors en vigueur, de l'article 18 du décret du 18 septembre 1989 précité : " () Le conseil de discipline de recours comprend en nombre égal des représentants du personnel et des représentants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics. Chaque représentant a un suppléant. En cas d'absence d'un ou plusieurs membres dans la représentation des élus ou dans celle du personnel, le nombre des membres de la représentation la plus nombreuse, appelés à participer à la délibération et au vote est réduit en début de réunion afin que le nombre des représentants des élus et celui des représentants des personnels soient égaux. () ". L'article 21 de ce décret dispose que : " () Le quorum est égal à la moitié du nombre des membres composant le conseil de discipline de recours. / Lorsque le quorum n'est pas atteint sur un ordre du jour donné, le conseil de discipline de recours délibère valablement sans condition de quorum après une nouvelle convocation portant sur le même ordre du jour et spécifiant qu'aucun quorum ne sera exigé. "

6. Il ressort des pièces du dossier que, antérieurement à la séance du conseil de discipline de recours du 28 juin 2019, ayant donné lieu à l'avis en litige, ses membres avaient été convoqués une première fois, le 24 mai 2019, pour l'examen de la sanction de révocation en litige, sans avoir pu y procéder, faute d'atteindre le quorum requis dans le cadre de cette première convocation. Ainsi, alors qu'en pareille hypothèse, aucun quorum n'est exigé dans le cadre d'une seconde convocation, ainsi qu'il résulte de l'article 21 du même décret, le SITCOME ne saurait utilement soutenir, en se prévalant des dispositions de l'article 18 du décret précité, que le conseil ne pouvait, le 28 juin 2019, valablement délibérer en présence d'un seul représentant de chaque catégorie de membre. En outre, le même syndicat ne saurait davantage se prévaloir des règles de quorum applicables aux conseils de discipline rendant, en premier ressort, un avis préalablement à l'édiction d'une sanction. Le moyen tiré de l'irrégularité de la composition du conseil de discipline de recours ne peut, dès lors, qu'être écarté.

7. En quatrième lieu, le SITCOME conteste l'avis litigieux en ce qu'il aurait omis de se prononcer sur l'un des griefs reprochés à M. B par ce syndicat, tenant à son comportement agressif, irrespectueux et menaçant. Toutefois, ce grief n'est pas au nombre des motifs ayant justifié la sanction de révocation à l'encontre de M. B, alors même qu'il a été pris en compte dans l'ensemble des manquements reprochés au cours de la procédure disciplinaire préalable. Ainsi, il n'est pas utilement invoquée l'omission alléguée. Le moyen doit, par suite, être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée : Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : () /Troisième groupe : () l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans ; () Quatrième groupe : () la révocation. ".

9. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes. Il lui appartient également de rechercher si la sanction proposée par un conseil de discipline de recours statuant sur le recours d'un fonctionnaire territorial est proportionnée à la gravité des fautes qui lui sont reprochées.

10. D'une part, il ressort des pièces du dossier que saisi de la contestation, par M. B, de la sanction de révocation prononcée, le 23 novembre 2018, à son encontre, le conseil de discipline de recours a retenu comme suffisamment établis les différents manquements ayant fondé cette mesure. A cet égard, il a, tout d'abord, estimé que cet agent, placé en congé de formation professionnelle du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016, n'avait pas justifié du suivi effectif de son parcours de formation, faute de produire les attestations de présence mensuelle qui lui étaient demandées. Ensuite, il a considéré exactes les carences professionnelles constatées en 2018, tenant en particulier à l'inexécution réitérée par M. B de tâches lui étant confiées en qualité d'opérateur d'un réseau de transport, en n'assurant pas l'ensemble des opérations pour la prise de réservation d'usagers du service de transport à la demande. A cet égard, il a été constaté que celui-ci, sur la période de février à mars 2018, a omis de noter une réservation, n'a pas imprimé vingt-neuf fiches d'enregistrement des réservations, et a tardé à prendre des demandes de réservation. En outre, l'instance disciplinaire de recours a également retenu un usage personnel abusif de l'imprimante-photocopieur du service, malgré les rappels à l'ordre hiérarchiques écrits à cet égard. Enfin, la même instance a tenu pour établis, outre l'absence non justifiée par l'agent durant son congé de formation, une absence non justifiée sur la période du 12 au 16 mars 2018, faute d'autorisation formelle d'absence pour se présenter à un concours, ainsi que quelques retards non justifiés à prendre son poste. A cet égard, si le SITCOME soutient que M. B aurait " quasi systématiquement " pris son poste en retard, il n'apporte aucun élément probant pour contester le constat du conseil de discipline de recours limité à " quelques retards ". Ainsi, le conseil de discipline de recours n'a pas entaché son avis d'inexactitude matérielle en retenant seulement les griefs précités, lesquels sont constitutifs de fautes professionnelles de nature à justifier une sanction.

11. D'autre part, premièrement, il appartient à l'administration employeur de tenir compte du comportement de son agent, bien que ne figurant pas au nombre des griefs retenus à l'encontre de celui-ci, ainsi qu'il a été dit au point 7, pour déterminer le degré de sévérité de la sanction. A cet égard, le syndicat requérant justifie de ce que cet agent a tenu, le 27 avril 2018, des propos grossiers et irrévérencieux, à l'adresse de la directrice générale du syndicat, en présence de deux collègues. En revanche, contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, ses mails ou courriers des 7 juillet, 25 juillet et 16 novembre 2015, 24 mai et 10 août 2017, pour certains, révèlent seulement un ton direct, allant à l'essentiel au risque d'être sec, et, pour d'autres, empruntent le registre d'une plainte adressée par l'agent à sa hiérarchie, sans caractériser le comportement agressif, irrespectueux et menaçant invoqué. Par ailleurs, si les propos tenus par M. B, dans un courriel du 30 janvier 2018, sont particulièrement disconvenants, il ressort des échanges courriels versés aux débats que ce message n'intervient qu'en réponse à l'indélicatesse d'un précédent message, par laquelle sa directrice met en copie ses collègues d'éléments dont il l'avait saisie, et évoque publiquement le retrait de permis de conduire qu'il s'est vu infliger. Ainsi, ces pièces révèlent seulement un échange conflictuel que l'intéressé n'a pas initié. Enfin, l'allégation de sobriquets dénigrants utilisés à l'égard de sa directrice n'est pas établie par la moindre pièce. En conséquence, le SITCOME est seulement fondé à faire valoir l'incident du 27 avril 2018, précité, sans pour autant établir l'existence du comportement réitéré qu'il impute à l'intéressé.

12. Deuxièmement, il n'est pas sérieusement contesté que M. B, recruté en 2008, a bénéficié d'une bonne notation, ainsi qu'il résulte d'ailleurs des fiches de notation produites aux débats. Le fait que celui-ci ait, en outre, occupé par le passé les fonctions de chef de son service, n'est contesté que par des dénégations générales, alors qu'il est établi par plusieurs pièces du dossier, notamment un organigramme, ainsi que deux arrêtés pris par le président du SITCOME lui-même, des 24 et 29 novembre 2014. Il en est de même s'agissant de la circonstance que l'intéressé a contribué à mettre en place son service. Par ailleurs, le syndicat requérant n'apporte aucun élément probant pour contester la matérialité du constat, par le conseil de discipline de recours, que M. B n'a pas été reçu par sa hiérarchie à l'occasion de la commission des faits fautifs établis devant lui, mentionnés au point 9. A cet égard, le syndicat ne saurait utilement se prévaloir du prononcé de deux sanctions antérieures, en novembre 2014 et septembre 2017, alors que celles-ci n'ont pas été prises à raison des faits concernés, et qu'au surplus, s'agissant de la première, il n'est aucunement justifié de l'existence d'un entretien. Les erreurs de fait invoquées ne sont, par suite, pas établies.

13. Troisièmement, il ressort des pièces du dossier que M. B a donné, à compter de son recrutement et durant de nombreuses années, pleinement satisfaction à sa hiérarchie, à tel point que, décrit comme faisant preuve d'initiatives, de disponibilité et de sérieux, il a contribué à mettre en place le nouveau service de transport à la demande, proposé par le SITCOME et a été promu chef de son service, fonctions qu'il a occupées sans qu'aucun arrêté de nomination ne soit pris en ce sens, durant environ quatre ans, jusque fin novembre 2014. Il ressort de ces pièces que les manquements en litige traduisent, postérieurement à ces circonstances, une importante dégradation du professionnalisme de l'agent, lequel a plus particulièrement multiplié les carences graves dans son travail en début d'année 2018, sans avoir toutefois bénéficié d'un entretien avec sa hiérarchie à cet égard, avant que ne soit prononcée à son encontre la sanction de révocation, le 23 novembre 2018. Pour graves que soient les carences et faits reprochés, qui ont généré d'importants dysfonctionnements dans le service rendu aux usagers, le conseil de discipline de recours, en tenant compte de l'ensemble des circonstances précitées pour estimer appropriée la sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'un an dont trois mois avec sursis, n'a pas entaché l'avis en litige d'erreurs de fait et dans la qualification juridique des faits, non plus que d'erreur d'appréciation.

14. Il résulte de tout ce qui précède que le SITCOME n'est pas fondé à demander l'annulation de l'avis du conseil de discipline de recours d'Ile-de-France du 28 juin 2019.

Sur les conclusions à fin de condamnation présentées par M. B :

15. La présente instance a été introduite par le SITCOME à fin d'obtenir l'annulation de l'avis par lequel le conseil de discipline de recours a proposé une sanction moins sévère que celle prononcée à l'encontre de M. B. Ce dernier demande la condamnation du SITCOME à lui verser différentes sommes d'argent, en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi à raison de sa révocation, ainsi qu'au titre d'une prime de responsabilité, et d'un mois de congé payé non pris. Toutefois, ces conclusions, alors que M. B a la seule qualité de défendeur dans la présente instance, relèvent, quand bien même la première d'entre elles procède d'une même situation de fait, d'un litige distinct. Ainsi que les parties en ont été informées par courrier du 2 mai 2023, les conclusions à fin d'indemnités sont, pour ce motif, en tant que présentées dans le cadre de la présente instance, irrecevables. Elles ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

17. Premièrement, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CIG de la petite couronne de la Région Ile-de-France et de M. B, qui ne sont pas dans la présente instance les parties perdantes, la somme demandée par le SITCOME au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

18. Deuxièmement, des conclusions non chiffrées tendant au remboursement des frais exposés par une partie et non compris dans les dépens sont irrecevables. En conséquence, ainsi que les parties en ont été informées par courrier du 2 mai 2023, les conclusions présentées par M. B à ce titre, faute d'être chiffrées, sont irrecevables et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du SITCOME est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de M. B sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat intercommunal des transports collectifs pour Montereau et environs (SITCOME), au centre interdépartemental de gestion (CIG) de la petite couronne de la Région Ile-de-France et à M. A B.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lopa Dufrénot, présidente,

Mme Leconte, conseillère,

Mme Delon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 juin 2023.

La rapporteure,

S. LECONTELa présidente,

M. LOPA DUFRÉNOT

La greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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