jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1909802 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BERRUX - MILLET |
Vu les procédures suivantes :
I) Par une requête n° 1903242 et un mémoire, enregistrés les 8 avril 2019 et 21 juillet 2022, M. C B, représenté par Me Millet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté notifié le 9 novembre 2018 par lequel le maire de Villeneuve-Saint-Georges a prononcé à son encontre une sanction d'exclusion de fonctions d'une durée de quatre mois, assortie d'un sursis d'un mois, ensemble le rejet opposé à son recours gracieux ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Villeneuve-Saint-Georges a rejeté sa demande indemnitaire du 4 janvier 2018 ;
3°) de condamner la commune de Villeneuve-Saint-Georges à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation du préjudice du fait de fautes commises tenant à l'illégalité de l'arrêté du maire notifié le 9 novembre 2018 et dans la gestion de la procédure disciplinaire ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-Saint-Georges une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché de vices de forme, n'étant pas daté et étant insuffisamment motivé en fait ;
- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière, compte tenu du délai anormalement long entre sa suspension le 5 décembre 2017 et la notification de l'arrêté attaqué le 9 novembre 2018, de l'absence de communication intégrale de son dossier, des poursuites disciplinaires engagées par la commune à l'encontre d'un agent qui a distribué des formulaires aux agents souhaitant témoigner en sa faveur et de l'absence de prise en compte de ces témoignages par le conseil de discipline ;
- il méconnaît le principe du non bis in idem, dès lors qu'il a fait l'objet d'au moins deux avertissements oraux à raison des mêmes faits les 9 et 29 novembre 2017 ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation, les manquements allégués n'étant pas matériellement établis et la sanction litigieuse étant disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2021, la commune de Villeneuve-Saint-Georges, représentée par Me Jean-Pierre, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. C B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 juillet 2022, la clôture d'instruction a été reportée, en dernier lieu, au 1er septembre 2022 à 12 h 00.
II) Par une requête n° 1909802 et des mémoires, enregistrés les 31 octobre 2019, 31 janvier et 8 mars 2022, M. C B, représenté par Me Millet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2019 par lequel le maire de Villeneuve-Saint-Georges l'a placé en congé de longue maladie à compter du 5 février 2018 et reporté l'exécution de la sanction prononcée à son encontre d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre mois, assortie d'un sursis d'un mois, ensemble le rejet implicite, né le 2 septembre 2019, de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-Saint-Georges une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence, à défaut pour la commune d'établir que son signataire disposait d'une délégation de signature à cet effet ;
- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation, dès lors qu'il a été reconnu apte à la reprise de ses fonctions à compter du 1er février 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 janvier 2022, la commune de Villeneuve-Saint-Georges, représentée par Me Jean-Pierre, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 10 mars 2022 à 12 h 00.
Les parties ont été informées, par un courrier du 8 septembre 2022 et en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'article 2 de l'arrêté du maire de Villeneuve-Saint-Georges du 3 mai 2019, portant report des effets de l'arrêté portant sanction d'exclusion à l'encontre de M. B, lequel revêt seulement une portée informative et ne constitue pas une décision susceptible de recours contentieux.
La commune de Villeneuve-Saint-Georges a formulé des observations, par un courrier du 8 septembre 2022 qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958, notamment la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Millet, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n°s 1903242 et 1909802, présentées par M. B, concernent la situation d'un même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. M. C B, titulaire du grade d'adjoint technique territorial de 1ère classe, exerce les fonctions d'agent polyvalent au centre technique municipal de Villeneuve-Saint-Georges depuis le 12 janvier 1999. Par un arrêté du 5 décembre 2017, il a fait l'objet d'une suspension de fonctions. Au vu de l'avis émis par le conseil de discipline le 22 juin 2018, le maire de Villeneuve-Saint-Georges a prononcé à son encontre, par un arrêté notifié le 29 octobre 2018, une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de quatre mois dont un mois avec sursis, dont M. B demande l'annulation dans l'instance n° 1903242. Ensuite, par courrier du 4 janvier 2019, M. B a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté et a sollicité, par ailleurs, la réparation du préjudice résultant, notamment, de l'illégalité alléguée de cet arrêté. Ces demandes ont été implicitement rejetées le 7 mars 2019, décisions dont il demande également l'annulation. Puis, le 25 avril 2019, le comité médical départemental a rendu un avis favorable à l'octroi d'un congé de longue maladie à M. B pour une période de six mois, renouvelable deux fois à compter du 5 février 2018. Par un arrêté du 3 mai 2019, le maire de Villeneuve-Saint-Georges a placé le requérant rétroactivement en congé de longue maladie du 5 février 2018 au 4 août 2019. M. B demande l'annulation de cet arrêté dans l'instance n° 1909802, ainsi que du rejet implicite opposé le 2 septembre 2019 à son recours gracieux.
Sur la recevabilité :
3. Ainsi qu'en ont été informées les parties, le 8 septembre 2022, dès lors que l'article 2 de l'arrêté du maire de Villeneuve-Saint-Georges du 3 mai 2019, qui reporte l'exécution de l'arrêté du 9 novembre 2018 lui infligeant, à titre disciplinaire, une exclusion temporaire de fonction, dont les dispositions revêtent une portée informative, ne constitue pas une décision susceptible de recours contentieux, les conclusions présentées par M. B, tendant à l'annulation de cet article sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté notifié le 9 novembre 2018 :
4. En premier lieu, par arrêté du 7 avril 2014, publié au recueil des actes administratifs règlementaires de la commune du 31 juillet 2014, le maire de Villeneuve-Saint-Georges a délégué au conseiller municipal adjoint au maire, sa signature à l'effet de signer l'ensemble des actes relatifs au personnel, au nombre desquels figure l'arrêté attaqué. Le moyen manque ainsi en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 18 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Le dossier du fonctionnaire doit comporter toutes les pièces intéressant la situation administrative de l'intéressé, enregistrées, numérotées et classées sans discontinuité () ". Aux termes de l'article 19 de la même loi, alors en vigueur : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. () Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier. Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. / L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration : " Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables, une décision individuelle expresse est opposable à la personne qui en fait l'objet au moment où elle est notifiée ".
6. Si M. B soutient que l'arrêté attaqué serait irrégulier faute de porter la mention de la date de sa signature par le maire, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire, notamment celles de l'article L. 221-8 du code des relations entre le public et l'administration, ni d'aucun principe que l'arrêté litigieux devrait comporter une telle mention. En tout état de cause, le défaut de date portée sur l'arrêté litigieux n'emporte pas, par lui-même, son irrégularité, de sorte que le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 7° Refusent une autorisation () ". En vertu de l'article L. 211-5 du même code, la motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision.
8. Il résulte de ces dispositions que l'autorité qui prononce une sanction disciplinaire a l'obligation de préciser, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de l'agent intéressé, de sorte que celui-ci puisse à la seule lecture de la décision qui lui est notifiée, connaître les motifs de la sanction qui le frappe.
9. Contrairement à ce que soutient M. B, il ressort toutefois des termes de l'arrêté attaqué que sont énumérés, de manière précise et circonstanciée, les différents griefs reprochés et qui fondent la sanction prononcée à son encontre. Ainsi, et alors même que les dates de chaque fait et leurs lieux ne sont pas mentionnés, les éléments mentionnés lui ont permis à la seule lecture de la décision en cause, de connaître les motifs de la sanction infligée et, par conséquent, le moyen doit être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux : " L'autorité investie du pouvoir disciplinaire informe par écrit l'intéressé de la procédure disciplinaire engagée contre lui, lui précise les faits qui lui sont reprochés et lui indique qu'il a le droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel au siège de l'autorité territoriale et la possibilité de se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix. / L'intéressé doit disposer d'un délai suffisant pour prendre connaissance de ce dossier et organiser sa défense. Les pièces du dossier et les documents annexés doivent être numérotés () ".
11. Il est constant que le dossier dont M. B a reçu communication, dans le cadre de la procédure disciplinaire, était incomplet en ce qu'il manquait des pièces et irrégulier dès lors que les pièces contenues n'étaient pas numérotées. Toutefois, d'une part, M. B ne précise pas les pièces manquantes, ne mettant pas à même le tribunal d'apprécier la violation du principe du contradictoire invoquée. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que la sanction intervenue à son encontre ait été prise au vu de pièces autres que celles figurant dans son dossier administratif, dont il a pris connaissance et qui ont été versées au débat. D'autre part, la circonstance que les pièces de son dossier n'étaient pas numérotées et classées sans discontinuité, ni paraphées, ne constitue pas, par elle-même, un vice de procédure de nature à entraîner l'annulation de la mesure disciplinaire attaquée. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.
12. En cinquième lieu, et d'une part, la circonstance qu'une sanction ait été prononcée par le maire, le 5 mars 2018, à l'encontre d'un de ses collègues, l'ayant empêché de recueillir des témoignages en sa faveur de la part d'agents communaux, est sans incidence sur la procédure disciplinaire le concernant, objet du présent litige, et ainsi, sur la légalité de l'arrêté en litige. D'autre part, M. B a été en mesure, en tout état de cause, de fournir un nombre significatif de témoignages de collègues, qu'il a communiqué au conseil de discipline. Ainsi, ce moyen tiré de l'irrégularité de la procédure est inopérant et, en tout état de cause, infondé.
13. En sixième lieu, il ressort de ses termes mêmes que le procès-verbal du conseil de discipline du 22 juin 2018 mentionne la production par M. B de cinquante-sept pièces le 18 juin 2018, composées essentiellement de témoignages, et de trois pièces complémentaires, versées le jour même de la séance. Dans son avis, le conseil de discipline a porté une appréciation sur la sanction envisagée par la commune au vu des nombreuses attestations communiquées. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
14. En septième lieu, aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, alors en vigueur : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois () ". Les dispositions de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 qui ont imparti à l'administration un délai de quatre mois pour statuer sur le cas d'un fonctionnaire qui a fait l'objet d'une mesure de suspension ont pour objet de limiter les conséquences de la suspension, mais aucun texte n'enferme dans un délai déterminé l'exercice de l'action disciplinaire.
15. La circonstance alléguée par M. B de l'anormale durée du délai qui s'est écoulé entre le prononcé de sa suspension de fonctions, par arrêté du 5 décembre 2017, et l'infliction de la sanction litigieuse, notifiée le 9 novembre 2018, n'est pas de nature à entacher d'irrégularité l'arrêté en litige. En outre, il résulte du point précédent que l'exercice de l'action disciplinaire, à la suite d'une mesure de suspension, n'est enfermé dans aucun délai. De plus, et ainsi que le relève la commune, il ressort des pièces du dossier que la procédure disciplinaire à l'encontre de M. B a été engagée le 21 mars 2018, soit avant même l'expiration du délai de quatre mois, prévu à l'article 30 précité de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, à compter de la suspension du requérant. Dès lors, le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
16. En huitième lieu, aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaire relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / l'avertissement / () Troisième groupe : / () l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans () ".
17. Il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet de deux rappels à l'ordre verbaux les 9 et 29 novembre 2017, qui ne peuvent être regardés comme des avertissements, sanction du premier groupe au sens et pour l'application des dispositions de l'article 89 précité de la loi du 26 janvier 1984 susvisée. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du principe non bis in idem manque en fait et doit être écarté.
18. En dernier lieu, aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ".
19. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
20. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, pour prononcer la sanction contestée, le maire de Villeneuve-Saint-Georges s'est fondé sur les griefs tenant à des attouchements de nature sexuelle commis par le requérant à l'égard d'un apprenti affecté au sein de son équipe et de ses co-équipiers, à l'usage de sobriquets dénigrants et humiliants à l'égard de ses collègues, à un comportement chahuteur et perturbateur du bon fonctionnement du service ainsi qu'à des refus d'obéissance.
21 D'une part, il ressort des pièces du dossier, notamment du compte-rendu de la directrice des Bâtiments rédigé le 4 décembre 2017 et des entretiens menés les 29 et 30 novembre 2017, dont le caractère probant n'est pas sérieusement remis en cause, que M. B a reconnu les attouchements de nature sexuelle auxquels il s'est livré, faits corroborés par les témoignages de ses collègues directs au sein du centre technique municipal, notamment l'apprenti affecté au sein de son équipe le 2 novembre 2017, auteur d'un signalement dès le 7 novembre 2017. En outre, les témoignages produits aux débats, bien qu'en nombre significatif, en sa faveur, soulignant son professionnalisme et sa courtoisie au cours de ses années de service au sein de la municipalité, qui proviennent, pour l'essentiel, de collègues ne travaillant pas directement et quotidiennement avec M. B ne sont pas de nature à remettre en cause sérieusement la matérialité des faits en cause. Les circonstances invoquées par le requérant, tenant aux climat de jalousie et tensions entre membres de l'équipe ainsi qu'au défaut d'encadrement et de management au sein du contre technique municipal, ne peuvent de même permettent de regarder non établis les griefs formulés. Ainsi, les faits en cause sont matériellement établis et ceux-ci, malgré l'ambiance générale potache et blagueuse au sein du centre technique municipal qui ressort des différentes pièces du dossier, constituent des fautes de nature à justifier une sanction disciplinaire. D'autre part, s'agissant des autres faits ayant fondé la sanction contestée, M. B a reconnu l'usage de sobriquets devant le conseil de discipline et ne conteste pas sérieusement la matérialité des autres faits énoncés au point précédent, lesquels constituent également des fautes disciplinaires.
22. Enfin, les griefs ayant fondé la sanction litigieuse sont constitués par les faits graves d'attouchements de nature sexuelle, réitérés malgré les rappels à l'ordre que M. B reconnaît avoir reçus les 9 et 29 novembre 2017. Le comportement de M. B, tant à l'égard de ses collègues que de son supérieur hiérarchique, est de nature à avoir perturbé le fonctionnement du service. La circonstance, invoquée par M. B, que celui-ci, au vu de ses comptes rendus d'entretien professionnel, donnait entière satisfaction dans l'exercice de ses missions ne remet pas en cause la gravité des faits en cause, notamment en raison de sa position d'agent expérimenté et disposant d'une autorité sur ses collègues lorsqu'il assurait l'intérim des fonctions d'encadrement. Par conséquent, la sanction prononcée par le maire de Villeuneuve-Saint-Georges tendant à son exclusion de fonctions pour une durée de quatre mois dont un mois avec sursis n'est pas, alors même qu'il est constant que M. B n'a jamais fait l'objet de sanction auparavant, entachée d'un caractère disproportionné.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté notifié le 9 novembre 2018, et du rejet implicite opposé le 7 mars 2019 à son recours gracieux, présentées par M. B doivent être rejetées.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 3 mai 2019 :
24. M. B doit être regardé comme présentant des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 juillet 2019 en tant que le maire l'a placé en congé de longue maladie pour la période courant du 5 février 2018 au 4 août 2019.
25. Par arrêté du 7 avril 2014, publié au recueil des actes administratifs règlementaires de la commune du 31 juillet 2014, le maire de Villeneuve-Saint-Georges a délégué à sa quatrième adjointe sa signature à l'effet de signer l'ensemble des actes relevant des domaines circonscrits de l'éducation, de la petite enfance et de la famille ainsi que certains actes relevant de la police municipale. Ainsi, d'une part, la signature des actes relatifs au personnel communal, n'est pas au nombre de ceux relevant de ces domaines, limitativement énumérés. D'autre part, en dépit des demandes de production d'arrêtés de délégation, adressées à la commune de Villeneuve-Saint-Georges par le greffe du tribunal les 13 mai et 27 juillet 2022, celle-ci n'y a pas déféré. Par conséquent, M. B est fondé à soutenir que l'adjointe précitée ne disposait pas de délégation pour signer l'arrêté attaqué, lequel est dès lors entaché d'incompétence et doit être annulé.
26. Il résulte de ce qui précède que, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de de Villeneuve-Saint-Georges 3 mai 2019, ensemble le rejet implicite opposé à son recours gracieux.
Sur les conclusions indemnitaires :
27. D'une part, la décision implicite, née le 7 mars 2019, par laquelle le maire de Villeneuve-Saint-Georges a rejeté la réclamation préalable de M. B n'a eu pour effet que de lier le contentieux, de sorte que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre cette décision ne peuvent qu'être, en tout état de cause, rejetées.
28. D'autre part, il résulte de ce qui a été jugé aux points précédents que l'arrêté notifié le 9 novembre 2018 n'est pas entaché d'illégalité. Par conséquent, en l'absence de toute faute de la commune sur ce fondement, ni davantage en raison du comportement fautif allégué par M. B de la commune dans la gestion de la procédure disciplinaire, dépourvu de toute précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, la responsabilité de la commune de Villeneuve-Saint-Georges ne peut être engagée. Par suite, l'ensemble des conclusions indemnitaires présentées par M. B ne peut qu'être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
29. D'une part, dans l'instance n° 1903242, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Villeneuve-Saint-Georges, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la commune de Villeneuve-Saint-Georges au même titre.
30. D'autre part, dans l'instance n° 1909802, les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante, la somme que la commune demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-Saint-Georges une somme de 1 000 euros euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête n° 1903242 de M. B est rejetée.
Article 2 : L'arrêté du maire de Villeneuve-Saint-Georges du 3 mai 2019 est annulé.
Article 3 : La commune de Villeneuve-Saint-Georges versera à M. B une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans l'instance n° 1909802.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête n° 1909802 de M. B est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Villeneuve-Saint-Georges dans les instances n°s 1903242 et 1909802, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Villeneuve-Saint-Georges.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Mentfakh, conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
E. A
La présidente,
M. DLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°s 1903242,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026