jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-1910536 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BELLOUTI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 22 novembre 2019, enregistrée le 26 novembre 2019 au greffe du tribunal administratif de Melun, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal la requête présentée par Mme A C.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal de Paris le 23 septembre 2019, Mme C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 août 2019 par laquelle l'ajointe au chef du département concours, autorisation d'exercice, mobilité-développement professionnel du
Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière a refusé de l'inscrire aux épreuves de vérification des connaissances, sur la liste C, au titre de la session 2019 ;
2°) d'annuler la décision du 18 juillet 2019 par laquelle le directeur de
l'Agence régionale de santé Ile-de-France a refusé de l'inscrire aux épreuves de vérification des connaissances pour la profession de médecin, sur la liste C (spécialité " médecine générale "), au titre de la session 2019 ;
3°) d'enjoindre au Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière de procéder à la constitution d'un nouveau jury dans la spécialité " médecine générale ", chargé de l'examen de sa candidature au titre des deux matières formant l'épreuve de vérification des connaissances de la liste C, à l'occasion de l'organisation de la session des épreuves de vérification des connaissances au titre de la liste A et B pour l'année 2020 ;
4°) de condamner le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi ;
5°) de mettre à la charge du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle n'a pas été convoquée au titre de la session 2018 à l'examen des deux épreuves de vérification des connaissances de la liste C par courrier recommandé avec accusé de réception, malgré l'injonction en ce sens prononcée par le jugement du tribunal administratif de Paris du 20 juillet 2018 ; elle n'a été avertie de cette convocation que par courriel, de manière tardive, la veille des épreuves, la mettant dans l'impossibilité de s'y présenter.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 septembre 2021,
l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France, représentée par sa directrice générale en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ; le courrier du 18 juillet 2019, qui a un caractère informatif, ne présente aucun caractère décisoire et n'est pas donc pas susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux ;
- le moyen soulevé par Mme C n'est pas fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2021, le
Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière, représenté par Me Poput, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ; la requête ne comporte aucun moyen opérant ni de précision permettant d'apprécier le bien-fondé des conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme C ; les conditions dans lesquelles la requérante a été convoquée pour les épreuves de vérification des connaissances constituent un acte préparatoire insusceptible de faire l'objet d'un recours en annulation ; le contentieux n'est pas lié au titre des conclusions indemnitaires ;
- le moyen soulevé par Mme C n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 8 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 octobre 2021 à 12 heures.
Un mémoire présenté pour Mme C a été enregistré le 6 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- l'arrêté du 5 mars 2007 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de Mme Letort, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, titulaire d'un diplôme de médecine obtenu en Algérie le
28 juillet 2006, a subi, au titre de l'année 2016, les épreuves de vérification des connaissances, pour liste C, pour exercer la profession de médecin généraliste en France. Ayant obtenu une moyenne générale de 8,60/20 aux épreuves comprenant la vérification des connaissances pratiques et la remise d'un dossier relatif au parcours professionnel, elle a été informée par un courrier du 20 décembre 2016 qu'elle n'avait pas été déclarée admise par le jury. Par un jugement du 20 juillet 2018, le tribunal administratif de Paris a annulé, à la demande de la requérante, la décision du 18 novembre 2016 par laquelle le jury de l'épreuve de vérification des connaissances dans la spécialité " médecine générale " ne l'a pas admise et a enjoint au directeur général du Centre national de gestion (CNG) des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière de procéder à la constitution d'un nouveau jury dans la spécialité " médecine générale ", chargé de l'examen de la candidature de l'intéressée au titre des deux matières formant l'épreuve de vérification des connaissances pour la liste C à l'occasion de l'organisation de la prochaine session des épreuves de vérification des connaissances au titre des listes A et B. Mme C a, ainsi, été convoquée à l'épreuve de vérification des connaissances le 5 octobre 2018 à laquelle elle ne s'est, toutefois, pas présentée. Le 8 mai 2019, elle a présenté sa candidature aux épreuves de vérification des connaissances, au titre de la liste C, pour l'année 2019. Par un courriel du 13 mai 2019, un agent du pôle RH en santé- service personnel médical hospitalier de la direction de l'offre de soins de l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France l'a informée que la liste C n'était plus ouverte depuis 2017 et que sa candidature était " basculée " sur la liste A sous réserve de son accord. En réponse, Mme C a, le 15 mai 2019, confirmé sa candidature sur la liste C au vu de l'annulation prononcée par le jugement du tribunal administratif de Paris du 20 juillet 2018. Par un courrier du 18 juillet 2019, dont la requérante demande l'annulation, la responsable du département du personnel médical de l'ARS Ile-de-France lui a rappelé que l'inscription aux épreuves de vérification des connaissances pour la profession de médecin sur la liste C au titre de l'année 2019 n'était pas possible et qu'elle était invitée à prendre contact avec le CNG pour que sa situation puisse être revue le cas échéant. A la suite d'un nouveau courrier adressé le 31 juillet 2019 par l'intéressée au directeur de l'ARS d'Ile-de-France contestant le refus d'inscription sur la liste C, le CNG a, par une décision du 29 août 2019, dont la requérante demande également l'annulation, refusé sa candidature aux épreuves de vérification des connaissances sur la liste C pour la session 2019 au motif qu'il avait exécuté le jugement du tribunal administratif de Paris du 20 juillet 2018 et qu'il n'était plus tenu d'organiser son évaluation sur la liste C au titre de la session 2019. Mme C demande, en outre, au tribunal de condamner le CNG à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi.
Sur la fin de non-recevoir opposée par l'Agence régionale de santé
d'Ile-de-France :
2. Si Mme C demande l'annulation de la décision de rejet qui serait, selon elle, contenue dans le courrier du 18 juillet 2019 de la responsable du département du personnel médical de l'ARS d'Ile-de-France, il résulte de l'instruction que ce courrier qui se borne à rappeler à la requérante que l'arrêté du 2 mai 2019 ne propose plus l'inscription sur la liste C et l'invite à prendre contact avec le CNG pour que sa situation puisse être revue le cas échéant ne constitue pas une décision faisant grief. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de ce courrier du 18 juillet 2019 sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le CNG au titre des conclusions indemnitaires :
3. L'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans son deuxième alinéa, prévoit que " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle "
4. Il résulte de l'instruction que Mme C ne justifie d'aucune décision administrative lui ayant refusé la somme qu'elle sollicite en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi ni même d'aucune demande préalable adressée à l'administration à l'effet d'obtenir le versement de la somme demandée à ce titre. Dans ces conditions, en l'absence de liaison du contentieux, ainsi que l'oppose le CNG, les conclusions à fin d'indemnité présentées par la requérante sont irrecevables.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du CNG du 29 août 2019 :
5. Mme C soutient qu'en dépit de l'injonction prononcée par le tribunal administratif de Paris dans son jugement du 20 juillet 2018, elle n'a pas été convoquée au cours de l'année 2018 à l'épreuve de vérification des connaissances au titre de la liste C par courrier recommandé avec accusé de réception et n'a jamais reçu une telle convocation. Ce n'est que la veille de l'épreuve, soit tardivement, qu'elle a reçu un courriel de convocation.
6. A supposer que Mme C puisse être regardée comme invoquant la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée attachée au jugement du 20 juillet 2018 du tribunal administratif de Paris, il ressort des pièces du dossier que, par courrier du
21 septembre 2018, adressé par lettre recommandée doublée d'un courriel, le CNG a, en exécution de ce jugement, informé la requérante du dossier à constituer dans le cadre de l'épreuve de vérification des connaissances et l'a avisée qu'elle recevrait une convocation pour participer à l'épreuve de vérification des connaissances pratiques et qu'elle devrait apporter le jour de l'épreuve un dossier de parcours professionnel. Si la requérante soutient avoir été convoquée tardivement, sans toutefois, apporter d'élément à l'appui de cette allégation, il ressort des pièces du dossier que le CNG, qui n'était pas tenu de lui envoyer sa convocation par lettre recommandée avec demande d'accusé réception en l'absence de toute disposition législative ou réglementaire en ce sens, lui a adressé, par courriel du 27 septembre 2018, soit huit jours avant le début de l'épreuve de vérification des connaissances organisée
le 5 octobre 2018, sa convocation. La requérante ne peut donc se prévaloir de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée, à supposer qu'elle ait entendu invoquer ce moyen. Par ailleurs, ainsi que la requérante en avait été informée tant par l'ARS d'Ile-de-France que par le CNG, ce dernier n'était, en tout état de cause, plus tenu d'organiser, en 2019, l'épreuve de vérification des connaissances au titre de la liste C, ce dispositif transitoire ayant été supprimé à compter de la session 2017.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres fins de non-recevoir opposées par le CNG, que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du CNG du 29 août 2019. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles qu'elle a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, au Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière et à l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
M. Delmas, premier conseiller,
Mme Réchard, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°1910536
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026