mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2000164 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BLANC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 janvier 2020 et un mémoire enregistré le 13 mars 2020, M. A B, représenté par Me Blanc, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 8 novembre 2019 par laquelle le préfet du Val-de-Marne l'a placé en situation de fuite ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de
1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision attaquée ne comporte pas de façon lisible l'identification de la personne l'ayant prise, en méconnaissance des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la compétence du signataire de la décision contestée ne peut être vérifiée ;
- la décision contestée est insuffisamment motivée en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, à défaut de préciser les convocations qu'il aurait manquées et qu'il n'a jamais reçues ;
- elle méconnaît l'article 9 du règlement UE n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 consolidé par le règlement UE n° 118/2014 du 30 janvier 2014 dès lors qu'il n'est pas justifié que les autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile auraient été informées de son placement en fuite et de la prolongation du délai de transfert ;
- à défaut de cette information la France est redevenue responsable du traitement de sa demande d'asile ;
- il n'a reçu aucune des convocations mentionnées par la décision contestée de sorte qu'il ne peut être regardé comme s'étant soustrait volontairement et systématiquement à la mesure de transfert dont il fait l'objet et que la fuite n'est pas caractérisée.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 janvier 2020 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Melun.
Par une lettre 30 novembre 2022, le tribunal a, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, informé les parties de ce que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la mesure de prolongation du délai de transfert de M. B et la mesure de placement en fuite de l'intéressé sont irrecevables en tant qu'elles sont dirigées contre des mesures qui ne révèlent pas des décisions susceptibles de recours (CE 29 mai 2021, M. C, n° 450341 au recueil).
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement UE n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 ;
- le règlement UE n° 604-2013 du 26 juin 2013 ;
- le règlement UE n° 118/2014 du 30 janvier 2014 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 janvier 2020 du bureau d'aide juridictionnelle. Par suite les conclusions de la requête tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet.
Sur le surplus des conclusions :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. B, ressortissant pakistanais né le
6 mars 1991, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 8 février 2019 et s'est vu délivrer une attestation de demandeur d'asile portant la mention " procédure Dublin ". Cette attestation a été renouvelée jusqu'au 7 novembre 2019. Par décision du 8 novembre 2019, le préfet du Val-de-Marne a refusé de délivrer une attestation de demandeur d'asile au requérant au motif que M. B a été placé en fuite. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de la décision par laquelle le préfet l'a placé en situation de fuite et doit être regardé comme demandant également l'annulation de la décision lui refusant la délivrance d'une attestation de demandeur d'asile en procédure normale.
En ce qui concerne le placement en fuite :
3. II résulte des dispositions du point 1 du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement
n° 604/2013 du 26 juin 2013, combinées avec celles du règlement n° 1560/2003 du
2 septembre 2003 qui en porte modalités d'application, que si l'Etat membre sur le territoire duquel séjourne le demandeur d'asile a informé l'Etat membre responsable de l'examen de la demande, avant l'expiration du délai de six mois dont il dispose pour procéder au transfert de ce demandeur, qu'il n'a pu y être procédé du fait de la fuite de l'intéressé, l'Etat membre requis reste responsable de l'instruction de la demande d'asile pendant un délai de dix-huit mois, courant à compter de l'acceptation de la reprise en charge, dont dispose l'Etat membre sur le territoire duquel séjourne le demandeur pour procéder à son transfert.
4. La prolongation du délai de transfert, qui résulte du seul constat de fuite du demandeur et qui ne donne lieu qu'à une information de l'Etat responsable de la demande d'asile par l'État membre qui ne peut procéder au transfert du fait de cette fuite, a pour effet de maintenir en vigueur la décision de transfert aux autorités de l'Etat responsable et ne suppose pas l'adoption d'une nouvelle décision. Cette prolongation n'est ainsi qu'une des modalités d'exécution de la décision initiale de transfert et ne peut être regardée comme révélant une décision susceptible de recours.
5. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation du placement en fuite du requérant sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne le refus d'enregistrement de la demande d'asile du requérant :
6. L'article L. 742-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version en vigueur à la date de la décision contestée prévoit que l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat qui est responsable de cet examen en application des dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination par l'Etat membre responsable d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride. Ce transfert peut avoir lieu pendant une période de six mois à compter de l'acceptation de la demande de prise en charge, susceptible d'être portée à dix-huit mois dans les conditions prévues à l'article 29 de ce règlement si l'intéressé " prend la fuite ". Il résulte clairement des dispositions de l'article 29, que la notion de fuite doit s'entendre comme visant notamment le cas où un ressortissant étranger se serait soustrait de façon intentionnelle et systématique au contrôle de l'autorité administrative en vue de faire obstacle à une mesure d'éloignement le concernant.
7. Pour refuser d'enregistrer la demande d'asile du requérant en procédure normale, alors qu'il n'est pas contesté qu'à cette date le délai de transfert de six mois était expiré, le préfet du Val-de-Marne s'est fondé sur la circonstance que l'intéressé avait été " placé en fuite " à défaut pour ce dernier de s'être rendu à deux convocations qui lui avaient été adressées dans le cadre de la procédure Dublin dont il faisait l'objet.
8. Le requérant soutient n'avoir reçu aucune de ces convocations et fait en outre valoir que le préfet n'établit pas que les autorités italiennes auraient été informées de la prolongation de son délai de transfert, conformément aux dispositions de l'article 9 du règlement (UE) du 2 septembre 2003, ce qui rend la France responsable de l'examen de sa demande d'asile. La préfète du Val-de-Marne, seule à disposer des informations permettant de démontrer le contraire, n'a, dans la présente instance, produit aucun élément permettant de contredire les allégations du requérant ou de démontrer que le délai de transfert de six mois n'était pas expiré à la date de la décision contestée. Dans ces conditions, la préfète ne démontre pas qu'à la date de la décision contestée, la France n'était pas devenue l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile de M. B et il y a lieu, par conséquence, de prononcer l'annulation de la décision contestée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
En ce qui concerne la demande d'injonction :
9. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que la préfète du
Val-de-Marne enregistre la demande d'asile de M. B en procédure normale. Il y a lieu en conséquence de lui enjoindre de procéder à cet enregistrement, sous réserve qu'il n'ait pas déjà été effectué, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
En ce qui concerne les frais de l'instance :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre à l'Etat de verser à
Me Blanc, conseil de M. B, la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Blanc renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La décision du 8 novembre 2019 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a refusé d'enregistrer la demande d'asile de M. B en procédure normale est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'enregistrer la demande d'asile de M. B en procédure normale dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve qu'il n'ait pas déjà été procédé à un tel enregistrement.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 200 (mille deux cents) euros à Me Blanc, conseil de
M. B, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Blanc renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète du
Val-de-Marne.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 9 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Ledamoisel, présidente,
M. Christophe Freydefont, premier conseiller,
Mme Norval-Grivet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
C. DL'assesseur le plus ancien,
C. FreydefontLa greffière
O. Dusautois
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026