jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2000397 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 janvier et 25 janvier 2020, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 novembre 2019 par lequel le directeur général de Valophis Habitat Office public de l'habitat (OPH) Val-de-Marne l'a placée en position de disponibilité d'office du 10 septembre 2019 au 9 décembre 2019 ;
2°) d'enjoindre au directeur général de Valophis Habitat OPH Val-de-Marne de la placer en congé de longue maladie à compter du 10 septembre 2019 et de saisir le comité médical pour procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de condamner Valophis Habitat OPH Val-de-Marne au " paiement des retards de salaire ".
Elle doit être regardée comme soutenant que :
- l'arrêté contesté a été pris en méconnaissance par le directeur général de l'OPH de son obligation de proposition d'un reclassement ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- son employeur est tenu en conséquence de procéder au paiement des retards de salaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2022, Valophis Habitat Office public de l'habitat (OPH) Val-de-Marne, représenté par Me Carrère, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires présentées par Mme B sont irrecevables, dès lors que le contentieux n'est pas lié ;
- le moyen tiré de la méconnaissance par le directeur général de Valophis Habitat OPH Val-de-Marne de son obligation de proposition de reclassement constitue un moyen de légalité externe qui, à ce titre, est irrecevable dès lors que celui-ci relève d'une cause juridique différente de celle du moyen soulevé dans la requête initiale, soulevé après l'expiration du délai de recours contentieux ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie ;
- l'arrêté du 30 juillet 1987 relatif à la liste indicative des maladies pouvant ouvrir droit à un congé de longue maladie (régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux) ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mentfakh, conseillère,
- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Verger, substituant Me Carrère, représentant Valophis Habitat OPH Val-de-Marne.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, titulaire du grade d'adjointe technique territoriale principale de deuxième classe, exerce les fonctions de gardienne au sein de Valophis Habitat Office public de l'habitat (OPH) Val-de-Marne. Par un arrêté du 12 novembre 2019, notifié le 19 novembre suivant, dont elle demande l'annulation, le directeur général de l'OPH l'a placée en position de disponibilité d'office du 10 septembre 2019 au 9 décembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, en vertu du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, désormais codifié aux articles L. 822-1 et suivants du code général de la fonction publique, le fonctionnaire en activité a droit à des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. L'article 72 de cette même loi dispose, dans sa version applicable et sa rédaction alors en vigueur, désormais codifié aux articles L. 514-1 et suivants du code précité : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son administration ou service d'origine, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. / () / La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 57 () ". Aux termes de l'article 81 de la même loi, dans sa version applicable au litige et sa rédaction alors en vigueur, désormais codifié à l'article L. 826-3 du code précité : " Les fonctionnaires territoriaux reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions peuvent être reclassés dans les emplois d'un autre cadre d'emploi, emploi ou corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes. Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé ". L'article 2 du décret du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, dans sa version applicable au litige, dispose : " Lorsque l'état physique d'un fonctionnaire territorial, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas d'exercer des fonctions correspondant aux emplois de son grade, l'autorité territoriale ou le président du centre national de la fonction publique territoriale ou le président du centre de gestion, après avis du comité médical, invite l'intéressé soit à présenter une demande de détachement dans un emploi d'un autre corps ou cadres d'emplois, soit à demander le bénéfice des modalités de reclassement prévues à l'article 82 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ". En vertu de l'article 4 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa version applicable au litige, le comité médical départemental est obligatoirement consulté pour avis notamment sur " la prolongation des congés de maladie au-delà de six mois consécutifs " et sur " la mise en disponibilité d'office pour raison de santé et son renouvellement ". L'article 17 du même décret, dans sa version applicable au litige, précise : " () Lorsque le fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du comité médical. En cas d'avis défavorable, s'il ne bénéficie pas de la période de préparation au reclassement prévue par le décret du 30 septembre 1985 susvisé, il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme () ".
3. D'autre part, il résulte de la combinaison des dispositions des articles 57, 72 et 81 de la loi du 26 janvier 1984, de l'article 37 du décret du 30 juillet 1987 et de l'article 2 du décret du 30 septembre 1985, que lorsqu'un fonctionnaire a été, à l'expiration de ses droits statutaires à congé de maladie, reconnu inapte à la reprise des fonctions qu'il occupait antérieurement et alors que le comité médical ne s'est pas prononcé sur sa capacité à occuper, par voie de réaffectation, de détachement ou de reclassement, un autre emploi, éventuellement dans un autre corps ou un autre grade, l'autorité hiérarchique ne peut placer cet agent en disponibilité d'office sans l'avoir préalablement invité à présenter, s'il le souhaite, une demande de reclassement. La mise en disponibilité d'office peut ensuite être prononcée, soit en l'absence d'une telle demande, soit si cette dernière ne peut être immédiatement satisfaite. En revanche, lorsque le fonctionnaire a été déclaré apte à reprendre ses fonctions et que le placement en disponibilité d'office n'intervient qu'à titre rétroactif pour régulariser la situation du fonctionnaire, l'administration ne saurait être tenue de l'inviter à présenter une demande de reclassement.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été placée en congé de maladie ordinaire du 10 septembre 2018 au 9 septembre 2019. Dans le cadre de la demande présentée par l'intéressée auprès de son employeur, à l'issue de ce congé, pour se voir octroyer un congé de longue maladie, Valophis Habitat OPH Val-de-Marne a saisi le comité médical interdépartemental. Le 17 octobre 2019, l'instance médicale a émis un avis défavorable à l'octroi d'un congé de longue maladie, préconisé l'octroi de la mise en disponibilité d'office de l'intéressée à compter du 10 septembre 2019 pour une durée de trois mois et reconnu son aptitude à la reprise anticipée de ses fonctions à temps plein sur un poste aménagé, le cas échéant, dans le cadre d'un changement de poste. Mme B ne produit aucune pièce de nature à établir, contrairement au sens de l'avis émis par le comité médical, qu'elle n'était plus apte à l'exercice des fonctions de son cadre d'emploi. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce et sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité du moyen, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le directeur général de Valophis Habitat OPH Val-de-Marne était tenu de l'inviter, préalablement à l'édiction de l'arrêté contesté, à présenter une demande de reclassement.
5. En second lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, dans sa version alors en vigueur, codifié aux articles L. 822-6 et suivants du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence () ". L'article 1er de l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie, rendu applicable aux fonctionnaires territoriaux par l'arrêté du 30 juillet 1987 relatif à la liste indicative des maladies pouvant ouvrir droit à un congé de longue maladie (régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux), dispose : " Un fonctionnaire est mis en congé de longue maladie lorsqu'il est dûment constaté qu'il est dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions au cours d'une des affections suivantes lorsqu'elle est devenue invalidante : () / 7. Affections évolutives de l'appareil oculaire avec menace de () ".
6. Il n'est pas contesté que le bénéfice d'un congé de longue maladie a été sollicité par Mme B à l'expiration de son congé de maladie ordinaire intervenue le 9 septembre 2019, en raison de sa pathologie à l'œil droit affectant sa rétine et son activité visuelle. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été indiqué, que dans le cadre de sa demande, Valophis Habitat OPH Val-de-Marne a saisi le comité médical interdépartemental, lequel a émis, le 17 octobre 2019, un avis défavorable à l'octroi d'un congé de longue maladie à l'agente, au motif que les éléments cliniques actuels et présents au dossier ne permettent pas l'ouverture des droits à congé de longue maladie, confirmé, au demeurant, par un nouvel avis émis par la même instance médicale, le 20 août 2020. A supposer même que le moyen soit opérant, en se bornant à invoquer " son état de santé ", Mme B n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les avis médicaux précités et établir qu'à la date de l'arrêté en litige, elle remplissait effectivement les conditions prévues aux dispositions précitées du 3° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée pour bénéficier d'un congé de longue maladie. Par suite, le moyen tiré de ce que le directeur général de Valophis Habitat OPH Val-de-Marne aurait commis une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions, en la plaçant en disponibilité d'office pour raison de santé du 10 septembre 2019 au 9 décembre 2019 doit être, en tout état de cause, écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 12 novembre 2019 par lequel le directeur général de Valophis Habitat (OPH) Val-de-Marne l'a placée en position de disponibilité d'office du 10 septembre 2019 au 9 décembre 2019, en tant que sa demande tendant à l'octroi d'un congé de longue maladie à compter du 10 septembre 2019 a été rejetée.
Sur les conclusions tendant au paiement de salaire :
8. Aux termes des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
9. Il résulte de l'instruction que Mme B ne justifie d'aucune décision administrative lui ayant refusé la somme qu'elle sollicite en " paiement des retards de salaire " qu'elle invoque, ni même d'aucune demande préalable adressée à l'administration à l'effet d'obtenir le versement de la somme demandée à ce titre. Dès lors, en l'absence de liaison du contentieux, ainsi que l'oppose Valophis Habitat OPH Val-de-Marne, les conclusions à fin d'indemnité présentées par la requérante sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions principales de la requérante, n'implique aucune mesure d'exécution. Ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent en conséquence qu'être elles-mêmes rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Compte tenu des circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante le versement à Valophis Habitat OPH Val-de-Marne de la somme sollicitée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Valophis Habitat OPH Val-de-Marne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'office public de l'habitat Valophis Habitat OPH du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Mentfakh, conseillère,
Mme Delon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
L. MENTFAKH
La présidente,
M. C
La greffière,
C. TRÉMOUREUX
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026