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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2000911

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2000911

mardi 6 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2000911
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre, JU
Avocat requérantGIORNO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 29 janvier et 29 mai 2020, M. A B, représenté par Me Giorno, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 avril 2019 par laquelle le directeur de l'agence Pôle emploi de Créteil a refusé de lui accorder une aide individuelle à la formation ;

2°) d'enjoindre à Pôle emploi de lui rembourser la somme correspondante au montant des frais de formation acquittés ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que la décision attaquée :

- est insuffisamment motivée ;

- et entachée d'une erreur de droit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2020, le directeur régional de Pôle emploi Ile-de-France, représenté par la Selarl Lafarge Associes, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir à titre principal, que la requête est irrecevable et à titre subsidiaire, que la décision attaquée est légalement fondée sur l'instruction nationale de Pôle emploi n°2017-5 du 10 janvier 2017.

Par une décision du 28 août 2019, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- la délibération n° 2015-10 du 3 février 2015 ;

- l'instruction Pôle emploi n° 2017-5 du 10 janvier 2017 relative à la mise en œuvre de l'aide individuelle à la formation

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a demandé à bénéficier de l'aide individuelle de formation dans le cadre d'une formation à l'initiation et au perfectionnement à la projection numérique. Par une décision du 10 avril 2019, le directeur de l'agence Pôle emploi de Créteil a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

3. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé au point précédent que le moyen tiré du caractère insuffisant de la motivation de la décision attaquée ne peut qu'être écarté comme inopérant.

4. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 5312-1 du code du travail : " Pôle emploi est une institution nationale publique dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière () ". Aux termes de l'article L. 6121-4 du même code : " L'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 attribue des aides individuelles à la formation. () ". L'aide individuelle à la formation (AIF) a été créée par la délibération Pôle emploi n° 2010 /18 du 16 avril 2010, remplacée en dernier lieu par la délibération n° 2015-10 du 3 février 2015 du conseil d'administration de Pôle emploi, applicable en l'espèce. Ce dispositif était régi, à la date de la décision attaquée, par l'instruction nationale de Pôle emploi n° 2017-5 du 10 janvier 2017 relative à la mise en œuvre de l'AIF, qui est venue remplacer l'instruction n° 2016-38 du 23 novembre 2016 relative à la mise en œuvre de l'AIF.

5. D'autre part, aux termes de l'article II de la délibération susmentionnée : " () Seules les formations validées par Pôle emploi (contenu, coûts pédagogiques, durée) dans le cadre du projet professionnel du demandeur d'emploi peuvent donner lieu à l'attribution de l'AIF () ". L'article IV de la même délibération prévoit que : " La demande d'AIF doit être déposée auprès de Pôle emploi au plus tard 15 jours avant l'entrée en formation. / Le montant de l'aide financière destinée au demandeur d'emploi est directement versé à l'organisme de formation choisi par le demandeur d'emploi et validé par Pôle emploi, suivant un mécanisme de subrogation dont les modalités sont arrêtées par instruction du directeur général ". Enfin, le point 6.2 de l'instruction nationale de Pôle emploi n° 2017-5 du 10 janvier 2017 relative à la mise en œuvre de l'AIF, reprenant l'instruction nationale n° 2016-38 du 23 novembre 2016, prévoit que : " Le formulaire d'aide individuelle à la formation doit être transmis par le demandeur d'emploi au pôle emploi compétent dûment complété et signé 15 jours calendaires avant le début de la formation () ".

6. Il résulte de ces dispositions que l'acceptation de la formation et la prise en charge financière, en lieu et place du demandeur d'emploi, de tout ou partie des frais pédagogiques afférents par Pôle emploi au titre de l'AIF sont notamment subordonnées au renvoi, à l'agence Pôle emploi locale compétente, du formulaire d'AIF dûment complété et signé dans le délai de quinze jours avant le début de la formation

7. Il ne résulte pas de l'instruction que M. B se soit acquitté de ces formalités avant le début de la formation à l'initiation et au perfectionnement à la projection numérique qu'il a suivi. Par suite, c'est à bon droit que le directeur de l'agence a refusé de faire droit à sa demande d'aide individuelle à la formation.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par Pôle emploi. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, les conclusions visant au versement du montant des frais de formation engagés ainsi que les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : la requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à Pôle emploi.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

S. C

La greffière,

L. Potin

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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