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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2001320

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2001320

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2001320
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantSCP ARVIS & KOMLY-NALLIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 février 2020 et un mémoire enregistré le 22 mai 2022, M. D B, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :

1°) d'annuler le courrier daté du 27 novembre 2019 par lequel le président du conseil départemental de Seine-et-Marne l'a informé de sa mutation dans l'intérêt du service à compter du 1er décembre 2019 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2019 par lequel le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a prononcé son changement d'affectation à compter du 1er décembre 2019 ;

3°) d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2019 par lequel le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a mis fin au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire qu'il lui était octroyée, à compter du 1er décembre 2019 ;

4°) d'enjoindre au département de Seine-et-Marne de le réintégrer dans les fonctions de chef du service ouvrages d'art ;

5°) de mettre à la charge du département de Seine-et-Marne la somme de 2 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant du courrier daté du 27 novembre 2019 et de l'arrêté relatifs à sa mutation :

- l'arrêté en cause a été signé par la directrice des ressources humaines de la collectivité, dont il n'est pas établi qu'elle ait disposé d'une délégation régulière à cet effet ;

- les actes attaqués sont entachés d'un vice tenant à l'irrégularité de la procédure suivie devant la commission administrative paritaire (CAP), réunie le 26 novembre 2019 pour l'examen du changement d'affectation en litige ;

- En outre, alors que ces actes constituent une sanction déguisée, il a été privé des droits de la défense ;

- les actes attaqués ont également été édictés au terme d'une procédure irrégulière compte tenu de ce que la communication du dossier présenté aux membres de la CAP lui a été refusée ;

- les actes en cause sont entachés d'une rétroactivité illégale, dès lors qu'il a été informé de sa mutation par des actes notifiés le 11 décembre 2019 alors que l'arrêté du 4 décembre 2019 prévoit une prise d'effet au 1er décembre 2019 ;

- ces actes sont entachés d'erreurs de fait, dès lors que les griefs portés à son encontre ne sont pas établis ;

- ils sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors que sa mutation n'est pas justifiée par l'intérêt du service ;

- sa mutation constitue une sanction déguisée ;

- elle est constitutive d'un détournement de pouvoir.

S'agissant de l'arrêté relatif à la nouvelle bonification indiciaire :

- cet arrêté a été signé par la directrice des ressources humaines de la collectivité, dont il n'est pas établi qu'elle ait disposé d'une délégation régulière à cet effet ;

- il est entaché d'une rétroactivité illégale, dès lors qu'il lui a été notifié le 11 décembre 2019, que l'arrêté en litige est daté du 4 décembre 2019 et prévoit une prise d'effet au 1er décembre 2019.

Par un mémoire en défense enregistré le 1er mars 2022, le département de Seine-et-Marne, représenté par Me Magnaval, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 2 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens invoqués par le requérant sont infondés.

Par une ordonnance du 3 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 24 juin 2022 à 12 h 00.

Par courriers du 30 juin 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête de M. B à fin d'annulation du courrier du 27 novembre 2019 par lequel le président du conseil départemental de Seine-et-Marne l'a informé de sa mutation dans l'intérêt du service, dès lors que cet acte, purement informatif, n'a pas le caractère d'une décision faisant grief.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 89-229 du 17 avril 1989 ;

- le décret n°93-863 du 18 juin 1993 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Leconte, rapporteure,

- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique,

- et les observations de Me Lesueur, substituant Me Arvis, représentant le requérant, ainsi que celles de Me Safatian, substituant Me Magnaval, représentant le département de Seine-et-Marne.

Considérant ce qui suit :

1. Titulaire du grade d'ingénieur principal territorial, M. D B, recruté par le département de Seine-et-Marne le 15 novembre 1999, a été nommé, à compter du 1er janvier 2013, adjoint au chef du service des ouvrages d'art, puis, à compter du 1er mars 2016, chef de ce service. Par courrier du 27 novembre 2019, le président du conseil départemental de Seine-et-Marne l'a informé de sa mutation dans l'intérêt du service à compter du 1er décembre 2019, sur le poste de chargé de la programmation et de la définition de la commande au sein de la direction des routes, sous-direction des politiques et de la programmation, pôle investissement procédures et rapports à l'assemblée. Par un arrêté du 4 décembre 2019, la même autorité l'a affecté à compter du 1er décembre 2019 au sein du pôle précité. Par ailleurs, par un arrêté distinct du 4 décembre 2019, le président a mis fin au bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) de 25 points d'indice majoré dont bénéficiait M. B, à compter du 1er décembre 2019. Le requérant demande, à titre principal, l'annulation des trois actes précités.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le courrier daté du 27 novembre 2019 :

2. Il est constant que le requérant a été destinataire, le même jour que l'arrêté du 4 décembre 2019 portant mutation, d'un courrier daté du 27 novembre 2019 et, selon les écritures tant du requérant que du département, notifiant l'arrêté précité. Le courrier en question, eu égard également à ses mentions, lesquelles précisent " je vous informe de votre mobilité dans l'intérêt du service à compter du 1er décembre 2019 ", se borne ainsi à informer M. B de la décision portant mobilité édictée par l'arrêté du 4 décembre 2019. Dans ces conditions, ainsi que les parties en ont été régulièrement informées, par le moyen relevé d'office soulevé par le tribunal, par courriers du 30 juin 2022, le courrier attaqué constitue un acte purement informatif, au demeurant simple courrier de notification de l'arrêté du 4 décembre 2019, et ne présente ainsi pas le caractère d'une décision faisant grief. En conséquence, les conclusions en annulation dirigées contre le courrier daté du 27 novembre 2019 sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.

En ce qui concerne l'arrêté portant mutation :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 3221-3 du code général des collectivités territoriales : " Le président du conseil départemental est le chef des services du département. Il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, donner délégation de signature en toute matière aux responsables desdits services. ".

4. L'arrêté en litige a été signé par Mme C A, directrice des ressources humaines du conseil départemental de Seine-et-Marne. Par un arrêté du 13 juillet 2018, publié au recueil des actes administratifs de cette collectivité le 16 juillet 2018, le président du conseil départemental de Seine-et-Marne lui a donné délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions en matière de mobilité et " les arrêtés concernant () les affectations et changement d'affectation ". Par suite, l'agente signataire de l'arrêté attaqué ayant régulièrement reçu délégation à cet effet, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 29 du décret du 17 avril 1989 relatif aux commissions administratives paritaires des collectivités territoriales et de leurs établissements publics : " Le président de la commission peut convoquer des experts à la demande des représentants des collectivités ou établissements ou à la demande des représentants du personnel afin qu'ils soient entendus sur un point inscrit à l'ordre du jour. / Les experts ne peuvent assister qu'à la partie des débats, à l'exclusion du vote, relative aux questions pour lesquelles leur présence a été demandée ".

6. Il ressort du procès-verbal de la commission administrative paritaire (CAP) réunie le 26 novembre 2019, qui a examiné la situation de M. B, que le directeur adjoint des routes, supérieur hiérarchique de l'intéressé, a siégé en qualité d'expert, en application des dispositions précitées. Premièrement, il ressort des mentions apposées sur ce procès-verbal que ce supérieur a quitté la réunion préalablement au délibéré et au vote relatif à la situation du requérant. En se bornant à invoquer qu'il ne serait pas établi que ce supérieur n'aurait pas assisté ou participé au vote, le requérant n'apporte aucun élément sérieux permettant d'infirmer ces mentions, quand bien même le supérieur en cause détiendrait un mandat lui permettant de siéger comme suppléant au sein de la CAP, alors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que tel ait été le cas en l'espèce. Deuxièmement, il ne résulte pas des dispositions précitées ni d'aucun texte ou principe général du droit que le supérieur hiérarchique d'un agent, y compris auteur d'un rapport ayant préconisé la mutation d'office de celui-ci, ne puisse intervenir devant la CAP chargée de se prononcer sur une telle mutation, à titre d'expert. Troisièmement, il ne résulte pas davantage d'un texte ou principe général du droit que la CAP ne puisse valablement se prononcer sans avoir préalablement entendu l'agent intéressé à titre d'expert. A cet égard, si le requérant peut être regardé comme critiquant, puisqu'il n'a pu être entendu à l'inverse de sa hiérarchie, l'absence de caractère contradictoire de la procédure suivie, cette dernière n'était pas soumise à l'exigence d'une telle garantie, alors qu'au demeurant, la mutation en litige, bien qu'édictée en considération de la personne du requérant, ne constitue pas une sanction. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la procédure suivie devant la CAP aurait été irrégulière. Ce moyen doit, par suite, être écarté dans toutes ses branches.

7. En troisième lieu, si le requérant invoque que " la communication du dossier présenté aux membres de la CAP lui a été purement et simplement refusée ", il n'assortit pas le moyen qu'il a entendu soulever de précision suffisante pour mettre à même le tribunal d'en apprécier l'étendue et la portée. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a pu prendre connaissance, en amont de l'arrêté litigieux, ainsi qu'en amont de la CAP réunie le 26 novembre 2019, des rapports hiérarchiques le concernant, et avoir copie des pièces de son dossier le 5 novembre 2019. Le moyen ne peut, par suite, qu'être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 52 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors applicable : " L'autorité territoriale procède aux mouvements des fonctionnaires au sein de la collectivité () ".

9. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du courrier daté du 27 novembre 2019, précité, que la décision de mutation en litige s'est fondée sur la manière de servir de M. B en sa qualité de chef du service des ouvrages d'art. Sa hiérarchie lui a reproché des manquements à cet égard, retracés dans des rapports des 13 décembre 2017, 15 février et 25 juillet 2019 respectivement rédigés par la directrice, le directeur adjoint et le sous-directeur du patrimoine routier, relatifs au management de son équipe et à son implication dans les missions de planification, de pilotage et d'amélioration de l'organisation du service. Aux termes des rapports précités, la hiérarchie du requérant a estimé que celui-ci n'avait pas mis en place les outils suffisants pour mettre à même le service d'inventorier et de gérer de façon satisfaisante le patrimoine d'ouvrages d'art du département, et, corrélativement, que la programmation budgétaire pour le suivi des investissements consacrés à ces ouvrages faisait défaut, outre des lacunes observées dans la procédure de passation des marchés publics, ces constats étant associés à des lacunes managériales, dans le contexte d'un service " navig[ant] à vue ". Or le requérant, à supposer même avérées les réalisations qu'il invoque avoir accomplies, n'apporte pas d'élément suffisant pour remettre en cause le contenu des rapports précités, cohérents et même concordants sur plusieurs constats, établis par trois supérieurs différents, en l'espace d'environ un an et demi. A cet égard, s'il n'est pas contesté qu'antérieurement à sa prise de fonctions, le service était dépourvu d'outils écrits permettant la connaissance du patrimoine, il ressort des pièces du dossier que, précisément, sa hiérarchie lui a demandé, dès sa nomination, de mettre en place de tels outils. Dans ces conditions, les insuffisances ayant motivé la mutation en litige doivent être tenues pour établies. Par suite, le moyen tiré de ce que celle-ci serait entachée d'erreurs de fait doit être écarté.

10. En cinquième lieu, au regard de la nature des lacunes précitées, compte tenu des impacts défavorables pour la conduite de l'activité concernée, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

11. En sixième lieu, La mutation d'office d'un agent titulaire dans l'intérêt du service constitue une sanction déguisée dès lors qu'il est établi que l'auteur de l'acte a eu l'intention de sanctionner l'agent et que la décision a porté atteinte à la situation professionnelle et matérielle de ce dernier.

12. Le requérant se prévaut en particulier des propos qu'auraient tenus le directeur général des services de la collectivité au cours d'un entretien du 6 janvier 2020, tels que rapportés par un tiers, aux termes desquels il lui aurait été indiqué que les faits ayant motivé la mutation en litige auraient pu donner lieu à une sanction, si son employeur n'y avait pas en définitive renoncé. Toutefois, ni ces propos, à supposer même avérés, ni aucun autre élément du dossier, ne permet de caractériser une volonté de l'administration de sanctionner le requérant, alors que les lacunes lui ayant été imputées justifiaient pleinement sa mutation dans l'intérêt du service, quand bien même l'édiction d'une sanction aurait simultanément été envisagée. Dans ces conditions, et alors même que l'arrêté attaqué s'est accompagné de conséquences défavorables pour la situation professionnelle de l'intéressé, le moyen tiré de ce que cet arrêté constituerait une sanction déguisée doit être écarté.

13. En septième lieu, pour les mêmes motifs qu'exposés au point précédent, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige, fondé sur l'intérêt du service comme il vient d'être dit, serait entaché d'un détournement de pouvoir, doit être écarté.

14. En huitième lieu, dès lors que l'arrêté litigieux ne constitue ni une sanction ni ne révèle un détournement de pouvoir, le requérant ne peut utilement invoquer qu'en s'abstenant d'engager à son encontre une procédure disciplinaire, son employeur l'a privé des garanties propres aux droits de la défense.

15. En dernier lieu, une décision administrative ne peut légalement comporter une date d'effet antérieure à celle de sa notification, sous réserve du cas où la loi l'aurait explicitement prévue et de l'hypothèse dans laquelle cette décision aurait un caractère purement recognitif.

16. Il n'est pas contesté que l'arrêté en litige a été notifié au requérant le 11 décembre 2019, alors que celui-ci prévoit une prise d'effet au 1er décembre 2019. A cet égard, la circonstance que la mutation en litige ait fait l'objet d'un courrier d'information au requérant daté du 27 novembre 2019 est sans incidence. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité administrative ait entendu régulariser la situation de l'intéressé. L'arrêté en litige, portant mutation contre la volonté du requérant, n'entre pas dans le champ d'une disposition permettant à l'administration de fixer une date d'effet antérieure à celle de sa notification, ni ne présente un caractère recognitif. Dès lors, le requérant est fondé à soutenir que cet arrêté est entaché d'illégalité en tant qu'il comporte un effet rétroactif.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 décembre 2019 en tant que le président du conseil départemental de Seine-et-Marne décide de sa mutation du 1er au 11 décembre 2019, date de sa notification.

En ce qui concerne l'arrêté relatif à la nouvelle bonification indiciaire :

18. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par Mme C A, directrice des ressources humaines au sein du conseil départemental de Seine-et-Marne. Par le même arrêté du 13 juillet 2018 que cité au point 4, le président de la collectivité en cause lui a donné délégation à l'effet de signer, notamment, les arrêtés concernant " les nouvelles bonifications indiciaires ". Par suite, l'agente signataire de l'arrêté attaqué ayant régulièrement reçu délégation à cet effet, le moyen tiré du vice d'incompétence doit, en tout état de cause, être écarté.

19. En second lieu, aux termes de l'article 1 du décret du 18 juin 1993 relatif aux conditions de mise en oeuvre de la nouvelle bonification indiciaire dans la fonction publique territoriale : " La nouvelle bonification indiciaire est attachée à certains emplois comportant l'exercice d'une responsabilité ou d'une technicité particulière. Elle cesse d'être versée lorsque l'agent n'exerce plus les fonctions y ouvrant droit. " La nouvelle bonification indiciaire ne constitue pas un avantage statutaire et n'est liée ni au cadre d'emplois, ni au grade mais dépend seulement de l'exercice effectif des fonctions qui y ouvrent droit.

20. Il n'est pas contesté que l'arrêté en litige, pris au motif de la mutation de M. B édictée par arrêté du même jour, a été notifié au requérant le 11 décembre 2019, alors que celui-ci prévoit une prise d'effet au 1er décembre 2019. Il résulte toutefois des dispositions précitées de l'article 1er du décret du 18 juin 1993 que le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI), subordonné à l'exercice effectif par l'agent des fonctions y ouvrant droit, cesse dès lors que celui-ci ne les exerce plus. Or le requérant n'allègue pas avoir effectivement exercé, entre le 1er décembre et le 11 décembre 2019, les fonctions de chef de bureau au titre desquelles il bénéficiait de la NBI. Un tel exercice effectif de ses fonctions ne ressort pas davantage des pièces du dossier. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué pouvait légalement, conformément à ce qui a été dit au point 15, comporter une date d'effet antérieure à celle de sa notification. Le moyen tiré de ce que cet arrêté serait entaché d'illégalité en tant qu'il comporte un effet rétroactif doit, dès lors, être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté président du conseil départemental de Seine-et-Marne du 4 décembre 2019 mettant fin au bénéfice de la NBI.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

22. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / () ".

23. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au département de Seine-et-Marne, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de réintégrer M. B dans les fonctions de chef du service ouvrages d'art pour la période s'étendant du 1er au 11 décembre 2019. Il y a lieu d'enjoindre cette collectivité à y procéder dans le délai de 3 mois suivant la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

24. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

25. En application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge du département de Seine-et-Marne la somme de 1 000 euros en remboursement des frais exposés par le requérant non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par le département de Seine-et-Marne au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 4 décembre 2019 du président du conseil départemental de Seine-et-Marne en tant qu'elle porte sur la période courant du 1er décembre 2019 au 11 décembre 2019 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au département de Seine-et-Marne de réintégrer M. B dans les fonctions de chef du service ouvrages d'art pour la période s'étendant du 1er au 11 décembre 2019, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Il est mis à la charge du département de Seine-et-Marne la somme de 1 000 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au département de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Lopa Dufrénot, présidente,

Mme Leconte, conseillère,

Mme Mentfakh, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 13 juillet 2022.

La rapporteure,

S. LECONTELa présidente,

M. E

La greffière,

C. TRÉMOUREUX

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme

La greffière,

C. TRÉMOUREUX

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