mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2001380 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | COBLENCE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 février 2020 et le 15 juin 2020, la Société Ombrages 3-4 , représentée par Me Coppinger, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2019 lui refusant le permis de construire n° PC 94046 19 C 1038 pris par la commune de Maisons-Alfort, ensemble la décision implicite de rejet opposée à son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Maisons-Alfort de procéder au réexamen de sa demande de permis de construire, de lui délivrer l'autorisation de construire, dans un délai maximal de 2 mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Maisons-Alfort la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté de refus de permis de construire :
- est insuffisamment motivé en méconnaissance de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de permis de construire ne méconnaît pas les dispositions du c) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, que le service instructeur a été mis à même de porter une appréciation globale sur le projet et qu'il n'y a pas d'incohérence entre le document graphique et le document photographique relativement au bâtiment voisin au 51 rue Georges Médéric ;
- le refus de permis de construire que lui oppose la commune se fonde sur des dispositions étrangères au plan local d'urbanisme ;
- le projet de construction ne méconnaît pas les définitions communes du règlement du plan local d'urbanisme ainsi que les dispositions de l'article UB 11.2.2 de ce même plan ;
- le projet ne méconnaît pas les dispositions de l'article UB 11.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme en ce que la hauteur de la clôture ne dépasse pas 2 mètres de hauteur, qu'elle est ajourée et que son soubassement n'excède pas 80 centimètres ;
- le projet ne manque pas de finesse et ne méconnaît pas les dispositions de l'article UB 11.2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le projet s'insère dans son environnement conformément aux dispositions de l'article R.111-27 du code de l'urbanisme ;
- la décision de refus de permis de construire que lui oppose la commune possède un caractère dilatoire.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 mai 2020 et le 3 mars 2021, la commune de Maisons-Alfort conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 17 août 2021, la clôture d'instruction immédiate a été fixée le même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Zanella, rapporteur public,
- et les observations de Me Coppinger, représentant la société Ombrages 3-4, et de Me Lopes, représentant la commune de Maisons-Alfort.
Considérant ce qui suit :
1. La SSCV Ombrages est propriétaire des parcelles 233 et 234 sises 16-18 rue Carnot à Maisons-Alfort. Par une demande du 21 juin 2019, elle a sollicité un permis de construire une nouvelle construction pour une surface de plancher de 1 475 m². Par un arrêté du 13 septembre 2019, le maire de la commune de Maisons-Alfort lui a refusé ce permis. Par la requête susvisée, la société ombrages demande l'annulation de cet arrêté, ensemble le rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation
2. Pour refuser la demande de permis de construire de la société Ombrages, la commune de Maisons-Alfort s'est fondée sur les motifs tirés de ce que le niveau du rez-de-chaussée du bâtiment à construire " n'est pas de nature à conforter le front bâti par son positionnement sans rapport avec les niveau de la chaussée ", que la représentation graphique du bâtiment voisin à la parcelle de la société Ombrage situé au 51, rue Médéric serait incohérente, que la hauteur des clôtures indiquée dans la demande de permis de construire ne serait pas conforme aux hauteurs limites précisées à l'article UB 11.1.3, que " le projet dans son ensemble manque de finesse dans ses lignes " et qu'il " ne s'intègre pas dans son environnement et n'est pas adapté au caractère des lieux avoisinants. "
3. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également :/ () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ".
4. Il ressort des pièces du dossier et notamment du document graphique et du reportage photographique joints à la demande de permis que si ces éléments présentent quelques dissemblances relatives à la représentation de la construction mitoyenne au projet située au 51 rue Médéric, celles-ci sont de faible ampleur et n'ont pas empêché l'autorité administrative d'apprécier l'insertion du projet de construction. Dès lors il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du c) de l'article R.431-10 du code de l'urbanisme.
5. Aux termes de l'article 11.1.3 du plan local d'urbanisme de la commune de Maisons-Alfort, " () La hauteur des clôtures le long de la limite de voie est limitée à deux mètres à compter du niveau du trottoir. / Elles doivent être ajourées et la partie pleine, en soubassement de la clôture, ne peut avoir une hauteur supérieure à 80 centimètres ".
6. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier, contrairement à ce qu'a indiqué le maire de la commune de Maisons-Alfort dans l'arrêté attaqué sur la base de mesures qu'elle a effectuées dont la précision n'est pas établie, ni que la clôture que le projet prévoit d'implanter à l'angle de la rue Carnot et de la rue Georges Médéric dépasserait la hauteur de 2 mètres, ni que le mur de soubassement de cette clôture mesurerait plus de 80 centimètres de haut. Dès lors, le bien fondé du motif de refus opposé à la société Ombrages 3-4 tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 11.1.3 n'est pas établi. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de ce motif doit être retenu.
7. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, " le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
8. En vertu des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme, le secteur UB comprend les espaces situés le long d'axes importants de la ville tels que l'avenue de la République. Il ressort des pièces du dossier, notamment des plans de situation fournis et du document d'insertion du projet, que le terrain d'assiette du projet en litige se situe dans un secteur qui est composé à la fois de maisons individuelles et d'immeubles collectifs, dont certains sont aussi hauts voire plus hauts que l'immeuble à construire, et dans lequel il n'existe pas d'unité architecturale. Dans ces conditions, la construction projetée ne porte pas atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, au seul motif que ses lignes manqueraient de finesse selon l'appréciation de la commune. Par suite, les motifs invoqués par la commune portant sur le " manque de finesse des lignes " du projet ou sa mauvaise intégration dans son environnement sont entachés d'une erreur d'appréciation.
9. Aux termes de l'article UB 11.2.2 du plan local d'urbanisme de la commune de Maisons-Alfort, " les volumes de construction doivent rester simples. / La conception, la volumétrie et l'aspect extérieur des constructions implantées le long des voies doivent être travaillés afin de concourir à la confrontation d'un bâti structuré, tout en tenant compte des spécificités des constructions avoisinantes et des caractéristiques morphologiques du tissu dans lequel se situe le projet. ". Aux termes de l'article UB 11.2.3. du plan local d'urbanisme de la commune de Maisons-Alfort, " les rez-de-chaussée en limite de voie doivent être traités avec un soin particulier pour participer à la mise en valeur du front urbain dans lequel la construction s'insère. "
10. Aucune des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme, y compris son article UB 11.2.2, ne fait obstacle à ce que le niveau de rez-de-chaussée d'un immeuble soit surélevé. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment des reportages photographiques, que la surélévation du bâtiment à construire viendrait déstructurer le bâti environnant, alors au demeurant que plusieurs constructions présentent un rez-de-chaussée surélevé.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la société Ombrages 3-4 est fondée à soutenir que l'arrêté du 13 septembre 2019 est illégal pour les motifs exposés aux points 3 à 10 et doit être annulé. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction
12. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
13. Lorsque le juge annule un refus de permis de construire après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation sollicitée. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle. L'autorisation d'occuper ou d'utiliser le sol délivrée dans ces conditions peut être contestée par les tiers sans qu'ils puissent se voir opposer les termes de la décision.
14. L'exécution de la présente décision implique que le permis de construire demandé par la société Ombrages 3-4 soit délivré. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au maire de la commune de Maisons-Alfort de délivrer le permis de construire sollicité par la société Ombrages 3-4 dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Maisons-Alfort une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Ombrages 3-4 et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par la commune de Maisons-Alfort soient mises à la charge de la société Ombrages 3-4, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la commune de Maisons-Alfort du 13 septembre 2019, ensemble la décision implicite rejetant le recours gracieux, sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Maisons-Alfort délivrer à la Société Ombrages 3-4 le permis de construire qu'elle a sollicité le 21 juin 2019, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 : La commune de Maisons-Alfort versera à la société Ombrages 3-4 une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Maisons-Alfort au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5: La présente décision sera notifiée à la Société Ombrages et à la commune de Maisons-Alfort.
Délibéré après l'audience du 27 juillet 2022 , à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
M. Aymard, premier conseiller,
Mme Morisset, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La rapporteure,
A. A
Le président,
B. ROHMER La greffière,
L. DARNAL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026