vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2001560 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MIROUSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 février 2020, le 26 février 2021 et le 26 mars 2021, la société Tas Groupe, M. C A et Mme D B demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 janvier 2020 par lequel le maire du Mée-sur-Seine a retiré le permis de construire délivré le 30 septembre 2019 pour la réalisation d'un ensemble immobilier situé 187 rue du Pressoir à Le Mée-sur-Seine ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Le Mée-sur-Seine une somme de 2 000 euros à verser à chacun des trois requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure en l'absence d'une procédure contradictoire préalable ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit dès lors que le retrait est intervenu plus de trois mois après l'arrêté du 30 septembre 2019 en méconnaissance de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme ;
- la substitution de motif sollicitée tenant à la largeur du passage créé doit être écartée.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 mars 2021, la commune de le Mée-sur-Seine, représentée par Me Mirouse, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 200 euros soit mise à la charge conjointe et solidaire des trois requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté dès lors que le motif de retrait du permis de construire ne pouvait être ignoré par les représentants de la société requérante ; ce motif est contenu dans le recours gracieux des riverains ainsi que dans le procès-verbal de constat d'huissier ;
- le moyen tiré du défaut de procédure contradictoire préalable à l'édiction de l'arrêté attaqué doit être écarté dès lors que la société requérante a été en mesure de faire valoir ses observations en novembre et décembre 2019 sur le motif de retrait ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme doit être écarté dès lors qu'en cas de fraude, aucun délai de retrait n'est imposé ;
- à titre subsidiaire, il y a lieu pour le tribunal de procéder à une substitution de motifs dès lors que la largeur du passage est de 4,80 mètres alors que le règlement du plan local d'urbanisme impose une largeur de 5 mètres minimum.
Par lettre du 26 mars 2021, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance de clôture à compter du 26 avril 2021.
Une ordonnance de clôture immédiate de l'instruction a été émise le 12 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- les conclusions de M. Toutias, rapporteur public,
- les observations de M. A et Mme B, requérants et représentant la société Tas Groupe, et de M. E, représentant la commune de Le-Mée-sur-seine.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 30 septembre 2019, le maire de Le Mée-sur-Seine a délivré à la société TAS Groupe un permis de construire pour la réalisation d'une opération groupée de dix maisons individuelles sur la parcelle cadastrée section BV n° 115, située 187 rue du Pressoir. Par un arrêté du 9 janvier 2020, le maire de Le Mée-sur-Seine a retiré cet arrêté. La société TAS Groupe, M. A et Mme B demandent l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe de l'arrêté attaqué :
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / () ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / () ". La décision portant retrait d'un permis de construire est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de ces dispositions et qui doivent, par suite, être précédées d'une procédure contradictoire.
3. En premier lieu, l'arrêté qui vise la demande de permis de construire, le code de l'urbanisme, le code des relations entre le public et l'administration, le décret n° 2016-6 du 5 janvier 2016, le plan local d'urbanisme révisé, l'objet du projet objet de la demande ainsi que la demande de recours gracieux de voisins concernant le permis délivré ne comporte aucun motif. Ainsi, l'arrêté contesté, qui ne vise pas l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme servant de base légale aux décisions de retrait des permis de construire, ne comporte aucune motivation se rapportant aux conditions énoncées à cet article et applicables au prononcé d'une décision de retrait d'un permis de construire. En outre, il n'apporte pas davantage de précisions sur les motifs de ce retrait. Il s'ensuit que ces énonciations n'ont pas mis à même les destinataires de l'arrêté de comprendre les motifs de droit et de fait de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être accueilli.
4. En second lieu, il est constant que les requérants n'ont pas été destinataires d'un courrier les informant de ce que le retrait du permis de construire délivré le 30 septembre 2019 était alors envisagé par la commune. En outre, contrairement à ce qu'allègue la commune de Le-Mée-sur-Seine, la seule production d'un procès-verbal de constat d'huissier et d'un protocole d'accord transactionnel non signé et non daté ne peut suffire à établir que les requérants ont été informés du retrait envisagé, ni qu'ils ont été informés de leur droit de présenter des observations orales ou écrites et à être, le cas échéant, assistés par le conseil de leur choix. Ainsi, cette méconnaissance du principe du contradictoire a privé les requérants d'une garantie, et est également susceptible d'avoir exercé une incidence sur le sens de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire doit être accueilli.
En ce qui concerne la légalité interne de l'arrêté attaqué :
5. Aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire ". Il résulte de ces dispositions qu'un permis de construire ne peut être retiré que dans le délai de trois mois. Au-delà, l'autorité administrative compétente ne peut procéder au retrait du permis qu'à la demande de son bénéficiaire.
6. Toutefois, un permis de construire ne peut faire l'objet d'un retrait, une fois devenu définitif, qu'au vu d'éléments, dont l'administration a connaissance postérieurement à la délivrance du permis, établissant l'existence d'une fraude à la date où il a été délivré. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme.
7. En l'espèce, il est constant que l'arrêté du 9 janvier 2020 est intervenu plus de trois mois après l'intervention de l'arrêté du 30 septembre 2019 portant délivrance à la SAS TAS Groupe d'un permis de construire. Si la commune de le Mée-sur-Seine fait valoir qu'en cas de fraude, le délai de trois mois prévu par ces dispositions n'est pas opposable, elle se borne à soutenir que contrairement aux plans produits par la société requérante à l'appui de son dossier de permis de construire, c'est en réalité une largeur au maximum de 4,80 mètres sur une partie du passage qui a été constatée et qu'il s'agit d'une mention mensongère, sans établir l'intention frauduleuse du pétitionnaire. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté du 9 janvier 2020 a retiré l'arrêté du 30 septembre 2019 après le délai de trois mois prévu par les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme doit être accueilli.
8. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision attaquée qui retire la décision de non-opposition à une déclaration préalable est dépourvue de motivation et est intervenue sans procédure contradictoire préalable et postérieurement au délai prescrit par l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, à supposer que la commune défenderesse sollicite une demande de substitution de motif, aucun motif substitué ne pourrait en tout état de cause la fonder légalement.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 9 janvier 2020 du maire de Le-Mée-sur-Seine doivent être accueillies.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que demande la commune de Le Mée-sur-Seine au titre des frais liés à l'instance. Les requérants ayant agi sans ministère d'avocat, il n'y a pas lieu de faire droit à leurs conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 9 janvier 2020 du maire de Le Mée-sur-Seine est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Le-Mée-sur-Seine présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société TAS Groupe, à M. C A, à Mme D B et à la commune de le Mée-sur-Seine.
Délibéré après l'audience du 8 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Blanc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026