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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2002436

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2002436

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2002436
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantBOUKHELOUA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire et deux mémoires, enregistrés les 16 mars 2020, 27 mai 2020 et 12 avril 2022, M. A B, représenté par Me Arvis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 8 février 2019 par laquelle le directeur du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne lui a refusé le bénéfice de l'allocation d'aide au retour à l'emploi ;

2°) d'annuler la décision du 28 mars 2019 par laquelle le directeur du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne a rejeté, après réexamen, sa demande de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi ;

3°) d'enjoindre au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne de lui attribuer les allocations d'assurance-chômage ou, tout le moins, de réexaminer sa demande dans un délai d'une semaine courant à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées ont été prises par des autorités incompétentes ;

- elles sont insuffisamment motivées en droit et en fait ;

- elles sont entachées d'erreur de qualification juridique ; le centre hospitalier a commis une erreur d'appréciation sur le caractère légitime de sa démission ; les conditions dans lesquelles il a été contraint de demander sa démission, liées au comportement de l'administration et à sa fragilité psychologique, doivent conduire à regarder les motifs de celle-ci comme étant légitimes ; son départ résulte de la suppression de son emploi ; il a été informé tardivement de la suppression de celui-ci et il n'a disposé d'aucune information sur les conséquences financières d'un licenciement ; aucune proposition d'affectation sur un autre emploi correspondant à son grade ne lui a été faite ; ces décisions ont été prises alors qu'il se trouvait dans un état de détresse psychologique sévère dont le centre hospitalier avait connaissance et qui a donné lieu à la fixation d'une incapacité permanente par l'expert désigné par le tribunal ;

- elles sont entachées d'erreur de droit ; la décision du 28 mars 2019 est entachée d'une erreur de droit en ce que le centre hospitalier a jugé les recherches d'emploi menées par le requérant insuffisantes pour permettre de percevoir des allocations d'aide au retour à l'emploi, alors qu'il ne pouvait subordonner l'ouverture de ses droits à la vérification de l'existence d'actes positifs et répétés de recherche d'emploi ; il appartient exclusivement à Pôle emploi de les apprécier ; il a accompli des démarches de recherche d'emploi et de formation ;

- elles sont entachées de détournement de pouvoir dès lors que le centre hospitalier a dissimulé des informations permettant d'obtenir un reclassement et de connaître les conséquences financières d'un licenciement ; il a délibérément omis de transmettre des informations à la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales sur sa carrière ; ces détournements de pouvoir avaient un but économique.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 27 avril 2021, le syndicat départemental CFDT Santé Sociaux de Seine-et-Marne, représenté par son secrétaire général en exercice, représenté par Me Arvis, demande au tribunal d'admettre son intervention et d'annuler les décisions en litige des 8 février 2019 et 28 mars 2019.

Il soutient que :

- son intervention est recevable dès lors qu'il a l'intérêt et la capacité à intervenir ;

- les décisions attaquées ont été prises par des autorités incompétentes ;

- elles sont insuffisamment motivées en droit et en fait ;

- elles sont entachées d'erreur d'appréciation ;

- elles sont entachées d'erreur de droit ;

- elles caractérisent un détournement de pouvoir.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 26 janvier et 16 novembre 2022, le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne, représenté par son directeur en exercice, représenté par Me Boukheloua, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le moyen tiré de l'erreur d'appréciation est inopérant en ce qu'il porte sur la légalité de la décision de radiation des cadres qui est devenue irrévocable, faute d'avoir été attaquée dans le délai de recours contentieux alors que la mention des voies et délais de recours y figurait bien ;

- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 13 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au

27 janvier 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code du travail ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n°98-1220 du 29 décembre 1998 ;

- la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage ;

- le règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 ;

- l'accord d'application n°14 du 14 avril 2017 ;

- l'accord d'application n° 12 du 14 avril 2017 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Luneau,

- les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique,

- les observations de Me Arvis, représentant M. B et le syndicat départemental CFDT Santé Sociaux de Seine-et-Marne, et de Me Boukheloua, représentant le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ouvrier principal de première classe, qui a exercé ses fonctions au sein du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne (CHSSM), depuis le 13 janvier 1980, en qualité de cuisinier au sein de l'unité de production culinaire de l'établissement, a été informé, dans le cadre de la restructuration et de l'externalisation de cette unité, de la suppression de son poste. Ainsi, par une lettre du 19 novembre 2018, il a demandé à la direction du centre hospitalier à démissionner de ses fonctions Il a bénéficié, à ce titre, d'une indemnité de départ volontaire par une décision du 23 novembre 2018 du directeur du CHSSM. Par une seconde décision du même jour, il a été radié des cadres à compter du 1er décembre 2018. Il a adressé, le 4 février 2019, à son ancienne administration une demande de versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) qui a été rejetée par une décision du 8 février 2019. Le 23 mars 2019, il a transmis, à l'issue de la période de 121 jours de carence depuis sa radiation des cadres, une demande de réexamen de son droit aux allocations d'aide au retour à l'emploi. Par une seconde décision du 28 mars 2019, sa demande a été rejetée par le centre hospitalier. Par la présente requête, M. B demande l'annulation des décisions des 8 février et 28 mars 2019.

Sur l'intervention du syndicat départemental CFDT Santé Sociaux de

Seine-et-Marne :

2. Est recevable à former une intervention toute personne qui justifie d'un intérêt suffisant eu égard à la nature et à l'objet du litige.

3. En l'espèce, le syndicat départemental CFDT Santé Sociaux de Seine-et-Marne, qui a notamment pour but la défense individuelle et collective des intérêts professionnels de ses membres, intervient au soutien de M. B dans la présente requête. Par suite, le syndicat justifie, au regard de son objet statutaire, d'un intérêt suffisant de nature à le rendre recevable à intervenir au soutien de cette requête. Son intervention doit dès lors être admise.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

En ce qui concerne l'office du juge :

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors

lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur les droits au revenu de remplacement des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.

5. Il résulte de l'instruction que M. B, qui demande, d'une part, l'annulation de la décision du 8 février 2019 par laquelle le directeur du CHSSM lui a refusé le bénéfice de l'ARE au motif que sa démission ne présente pas un caractère légitime et, d'autre part, l'annulation de la décision du 28 mars 2019 par laquelle le directeur du CHSSM a rejeté, après réexamen, sa demande de versement de l'ARE, doit être regardé comme demandant au juge de plein contentieux de statuer sur son droit à percevoir l'ARE au regard des dispositions applicables et de la situation de fait alors existante. Par conséquent, M. B ne peut utilement se prévaloir des vices propres, à savoir les vices d'incompétence et de forme, qui entacheraient les décisions attaquées.

En ce qui concerne l'ouverture des droits à l'ARE :

6. Aux termes de l'article 1er du décret du 29 décembre 1998 instituant une indemnité de départ volontaire au profit de fonctionnaires, agents stagiaires, agents contractuels en fonctions dans un établissement mentionné à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 dans sa version applicable à la date des décisions attaquées : " Les fonctionnaires et agents stagiaires relevant de la loi du 9 janvier 1986 susvisée et les agents contractuels relevant du premier alinéa de l'article 9 de cette loi, en fonctions et concernés par une opération de réorganisation telle que définie au premier tiret de l'article 2 du décret du 20 avril 2001 susvisé, bénéficient, sur leur demande et sous réserve de l'acceptation de leur démission par l'autorité investie du pouvoir de nomination, d'une indemnité de départ volontaire ". L'article 3 du même décret dispose : " Pour l'application du présent décret, ne sont pas considérés comme étant en fonctions les fonctionnaires, les agents stagiaires et les agents contractuels placés dans l'une des positions ou situations suivantes : disponibilité, congé non rémunéré, accomplissement du service national, congé parental, congé de fin d'activité ".

7. Aux termes de l'article L. 5422-1 du code du travail, dans sa rédaction applicable au litige, dispose : " I.- Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, et dont : / 1° Soit la privation d'emploi est involontaire, ou assimilée à une privation involontaire par les accords relatifs à l'assurance chômage mentionnés à l'article L. 5422-20 ; / () ". L'article L. 5424-1 du même code, dans sa version applicable à la date du litige, dispose : " Ont droit à une allocation d'assurance dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : / 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs, les agents titulaires des collectivités territoriales ainsi que les agents statutaires des autres établissements publics administratifs ainsi que les militaires ; / () ". Enfin, aux termes de l'article L. 5424-2 du même code : " Les employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 assurent la charge et la gestion de l'allocation d'assurance ".

8. L'article 2 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 prévoit : " Sont involontairement privés d'emploi ou assimilés, les salariés dont la cessation du contrat de travail résulte : / d'un licenciement ; / () / ; d'une démission considérée comme légitime, dans les conditions fixées par un accord d'application ; / () / ". L'accord d'application n°14 du 14 avril 2017 pris pour l'application des articles 2, 4 e) et 26 §1er b) du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage dresse la liste des démissions dont le motif est considéré comme légitime.

9. Il résulte de l'instruction que M. B a bénéficié, sur sa demande et consécutivement à l'acceptation de sa démission par le CHSSM, d'une indemnité de départ volontaire conformément aux dispositions énoncées ci-dessus du décret du 29 décembre 1998. En revanche, le directeur du CHSSM a refusé, par la décision du 8 février 2019 en litige, de lui attribuer les ARE au motif que sa démission ne comportait pas de motif légitime. Dans ces conditions, le CHSSM a estimé que la condition tirée de la perte involontaire d'emploi n'était pas remplie.

10. M. B soutient que, d'une part, il a droit aux allocations de retour à l'emploi dès lors qu'il a démissionné pour un motif légitime et, d'autre part, qu'en raison de son état psychologique fragile et des conditions dans lesquelles sa démission est intervenue, son consentement à la démission ne saurait être regardé comme ayant été libre et éclairé.

11. D'une part, si, à l'appui de son argumentation, M. B produit le certificat médical établi par son médecin, le 19 octobre 2018, qui indique que, le 1er août 2018, il a présenté un état de détresse psychologique avec des propos suicidaires et qu'il est sous anxiolytique et somnifère depuis le 12 avril 2016, le courriel du 11 octobre 2018 adressé par le syndicat Force Ouvrière à l'adjoint du directeur du CHSSM, indiquant qu'il est dans " une attente mortifère ", et le courriel qu'il a envoyé, le 2 novembre 2018, à l'adjoint au directeur du CHSSM, relatif à la suppression de son poste, et précisant qu'il n'est " à ce jour pas psychologiquement en mesure de suivre et de comprendre la totalité d'une conversation téléphonique aussi importante ", ces éléments, s'ils attestent des troubles dépressifs dont il souffre, ne permettent pas de le regarder comme ayant été dans un état ne lui permettant pas de comprendre et d'apprécier la portée de sa décision de démissionner.

12. D'autre part, s'il est constant que M. B avait été placé en congé maladie alors que le CHSSM avait décidé de restructurer les unités de restauration, il résulte de l'instruction que l'établissement l'a, par courriers des 18 juin et 20 juillet 2018, informé de l'opération de restructuration de l'unité de production culinaire et des différentes possibilités ouvertes aux agents. Par ailleurs, par un courrier du 23 août 2018, que M. B ne conteste pas avoir reçu, la directrice des ressources humaines du CHSSM lui a rappelé que son poste allait être supprimé ainsi que les mesures prises pour accompagner les agents concernés, et lui a proposé un entretien individuel, fixé au 6 septembre suivant. A l'issue de l'entretien, qui s'est finalement déroulé le 16 septembre 2018 en présence d'un délégué syndical, M. B a échangé plusieurs courriers électroniques avec la direction de l'établissement sur les différents choix possibles compte tenu de la suppression de son poste. A ce titre, il a reçu, le 31 octobre 2018, un complément d'informations sur les conditions de démission avec le versement de l'indemnité de départ volontaire et sur le licenciement pour suppression de poste si aucun reclassement ne pouvait aboutir. Il résulte, en outre, de l'instruction qu'il a été reçu de nouveau en entretien le 5 novembre 2018. Par ailleurs, et ainsi que le relève en défense le CHSSM, M. B a indiqué, dans son courrier de démission du 19 novembre 2018, qu'" [il avait] été tenu informé des contraintes que cette décision impliq[uait] ".

13. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il ne disposait pas des informations suffisantes relatives aux possibilités qui lui étaient offertes, dans le cadre de cette restructuration, malgré son placement en arrêt maladie, alors qu'il produit à l'instance, ainsi que le relève le CHSSM en défense, le protocole d'accord social d'accompagnement des restructurations du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne du 30 juillet 2018 qui précise les quatre possibilités réglementaires offertes. M. B n'établit pas davantage qu'en raison de son placement en congé maladie, le choix de démissionner aurait été présenté par le CHSSM comme la seule option possible et que sa démission présenterait un caractère légitime. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, M. B ne peut être regardé comme ayant été involontairement privé d'emploi au sens des dispositions précitées du code du travail dès lors qu'il pouvait choisir de ne pas démissionner.

En ce qui concerne le réexamen des droits à l'ARE :

14. Aux termes du paragraphe premier de l'accord d'application n° 12 du 14 avril 2017 pris pour l'application de l'article 46 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage : " Une ouverture de droit aux allocations ou un rechargement ou une reprise des droits peut être accordé au salarié qui a quitté volontairement son emploi, et dont l'état de chômage se prolonge contre sa volonté, sous réserve que les conditions suivantes soient réunies : / a) l'intéressé doit avoir quitté l'emploi au titre duquel les allocations lui ont été refusées, depuis au moins 121 jours ou lorsqu'il s'agit d'une demande de rechargement des droits au titre de l'article 28, avoir épuisé ses droits depuis au moins 121 jours ; / b) il doit remplir toutes les conditions auxquelles le règlement général annexé subordonne l'ouverture d'une période d'indemnisation, à l'exception de celle prévue à l'article 4 e) ; / c) il doit enfin apporter des éléments attestant ses recherches actives d'emploi, ainsi que ses éventuelles reprises d'emploi de courte durée et ses démarches pour entreprendre des actions de formation ".

15. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que les agents visés au 1° de l'article L. 5424-1 du code du travail ayant quitté volontairement leur emploi et dont l'état de chômage se prolonge contre leur volonté, en dépit de démarches actives de recherche d'emploi, ont droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi dès lors qu'ils satisfont à l'ensemble des conditions prévues aux a), b) et c) des stipulations du paragraphe 1 de l'accord précité.

16. Il résulte de l'instruction que M. B a sollicité le réexamen de sa demande 121 jours après avoir quitté l'emploi au titre duquel les ARE lui ont été refusées. Le directeur du CHSSM, après examen des pièces qu'il avait produites, a rejeté sa demande de réexamen de ses droits aux ARE par la décision contestée du 28 mars 2019, laquelle est fondée, en application de " l'accord du 12 avril 2017 ", qu'il y a lieu de lire comme l'accord du 14 avril 2017, sur la circonstance que " les recherches effectuées ne justifient pas le versement dans ce cadre des ARE ".

17. D'une part, et contrairement à ce que soutient M. B, il résulte de ce qui a été dit aux points 14. et 15. du présent jugement, que le réexamen d'une demande d'ouverture des droits à l'ARE est subordonné, notamment, à ce que l'intéressé atteste de recherches actives d'emploi. Par ailleurs, en vertu des dispositions de l'article L. 5424-2 du code du travail précitées au point 7. du présent jugement, il appartenait au CHSSM, qui assure la charge et la gestion des allocations d'assurance chômage dans le cadre du régime d'auto-assurance, d'apprécier s'il remplissait cette condition.

18. D'autre part, M. B soutient avoir accompli des actes positifs de recherche d'emploi. Toutefois, s'il résulte de l'instruction qu'il s'est inscrit comme demandeur d'emploi le 11 décembre 2018, il ne justifie pas de recherches actives d'emploi au cours de la période en litige. Ainsi, à l'exception d'une demande de rendez-vous avec son conseiller Pôle emploi le 1er février 2019, afin que celui-ci l'aide dans ses démarches, d'une demande de formation pour apprendre le fonctionnement de la page Pôle emploi le 8 février suivant, et la participation alléguée à des ateliers formations, tous les éléments produits par M. B à l'appui de son argumentation sont postérieurs à la date de la décision contestée du 28 mars 2019. Dans ces circonstances, M. B ne peut être regardé comme attestant de recherches actives d'emploi au sens de l'accord n° 12 du 14 avril 2017 en se prévalant notamment d'échanges fréquents avec ses conseillers de Pôle Emploi.

En ce qui concerne le détournement de pouvoir :

19. Il résulte des constatations opérées aux points 6. à 18. du présent jugement que le CHSSM a estimé que M. B, qui avait été informé des possibilités qui lui étaient offertes dans le cadre de la restructuration des unités de restauration et qui avait choisi en toute connaissance de cause de démissionner de ses fonctions, ne pouvait être regardé comme ayant été privé involontairement d'emploi. La démission de M. B n'a donc pu lui ouvrir aucun droit aux ARE ni, d'ailleurs, dans le cadre de sa demande de réexamen, à défaut de justifier de recherches actives d'emploi. Dans ces conditions, les seules allégations de M. B selon lesquelles le CHSSM aurait commis des manœuvres tendant à lui dissimuler des informations lui permettant d'obtenir un reclassement et omis de transmettre des informations à la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) dans un but économique ne suffisent pas à établir la réalité d'un détournement de pouvoir.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions litigieuses des 8 février et 28 mars 2019. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'annulation et d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHSSM, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du CHSSM sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'intervention du syndicat départemental CFDT Santé Sociaux de Seine-et-Marne

est admise.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Les conclusions du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au syndicat départemental CFDT Santé Sociaux de Seine-et-Marne et au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

Mme Réchard, première conseillère,

Mme Luneau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.

La rapporteure,

F. LUNEAU

La présidente,

S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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