jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2002439 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire et deux mémoires, enregistrés les 16 mars 2020, 17 juin 2020, et 12 avril 2022, M. A B, représenté par Me Arvis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2019 en tant que le directeur du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne a refusé de prendre en charge au titre de l'accident de travail les arrêts et soins à compter du 26 octobre 2018 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts et soins postérieurs au 26 octobre 2018, dans un délai de quinze jours courant à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle est entachée de vices de procédure : d'une part, il n'est pas établi que la composition de la commission de réforme était conforme à l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 ; d'autre part, l'ensemble de son dossier médical n'a pas été soumis aux membres de la commission de réforme ;
- elle est entachée d'erreur de droit, d'erreur d'appréciation et d'erreur dans la qualification juridique des faits ; l'administration a fixé unilatéralement la date de consolidation, suivant l'avis de la commission de réforme, alors qu'au 26 octobre 2018, son inaptitude était toujours imputable au service ; il n'a jamais présenté d'état pathologique antérieur à l'accident du 5 octobre 2015 ainsi que l'ont indiqué tous les médecins qui l'ont examiné à l'exception du
docteur C ; il n'est toujours pas consolidé ; il est dans l'incapacité de reprendre une activité professionnelle ; les séquelles de cet accident de travail ont provoqué des troubles dépressifs imputables au service ;
- elle caractérise un détournement de pouvoir en ce qu'elle a été prise concomitamment à sa démission afin de ne plus prendre en charge ses arrêts de travail.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 27 avril 2021, le
syndicat départemental CFDT Santé Sociaux de Seine-et-Marne, représenté par son secrétaire général en exercice, représenté par Me Arvis, demande au tribunal d'admettre son intervention et d'annuler la décision en litige du 13 décembre 2019.
Il soutient que :
- son intervention est recevable dès lors qu'il a l'intérêt et la capacité à intervenir ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle est entachée de vices de procédure ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur dans la qualification juridique des faits ;
- elle caractérise un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 janvier et 16 novembre 2022, le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne, représenté par son directeur en exercice, représenté par Me Boukheloua, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
16 janvier 2023 à 12 heures.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que la juridiction est susceptible de prononcer d'office une mesure d'injonction tendant, en cas d'annulation, à enjoindre au directeur du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne de réexaminer la situation de M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Luneau,
- les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique,
- les observations de Me Arvis, représentant M. B et le syndicat départemental CFDT Santé Sociaux de Seine-et-Marne, et de Me Boukheloua, représentant le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ouvrier principal de première classe, a exercé ses fonctions au sein du centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne (CHSSM), depuis le 13 janvier 1980, en qualité de cuisinier au sein de l'unité de production culinaire de l'établissement. Le 5 octobre 2015, il a été victime d'un accident sur son lieu de travail reconnu imputable au service jusqu'au
26 octobre 2018. Par une décision du 13 décembre 2019, le directeur du centre hospitalier du
Sud Seine-et-Marne (CHSSM) a pris en charge ses arrêts de travail du 23 décembre 2017 au 26 octobre 2018 au titre de l'accident de service et a fixé au 26 octobre 2018 la date de consolidation de son état de santé. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler cette décision en tant que le directeur du CHSSM a implicitement refusé de reconnaître l'imputabilité au service de ses arrêts de travail et des soins y afférents à compter du 26 octobre 2018.
Sur l'intervention du syndicat départemental CFDT Santé Sociaux de
Seine-et-Marne :
2. Est recevable à former une intervention toute personne qui justifie d'un intérêt suffisant eu égard à la nature et à l'objet du litige.
3. En l'espèce, le syndicat départemental CFDT Santé Sociaux de Seine-et-Marne, qui a notamment pour but la défense individuelle et collective des intérêts professionnels de ses membres, intervient au soutien de M. B dans la présente requête. Par suite, le syndicat justifie, au regard de son objet statutaire, d'un intérêt suffisant de nature à le rendre recevable à intervenir au soutien de cette requête. Son intervention doit dès lors être admise.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / () ". L'article L. 211-5 du même code dispose que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. Il ressort des termes de la décision attaquée du 13 décembre 2019, en tant qu'elle refuse la prise en charge des arrêts et des soins pour la période postérieure au 26 octobre 2018, qu'elle se borne à viser le procès-verbal de la commission de réforme départementale du 28 novembre 2018 sans en indiquer le sens et à mentionner que les arrêts de travail et les soins sont pris en charge jusqu'au 26 octobre 2018 sans autre précision. Dans ces conditions, la décision litigieuse n'énonce aucune considération de fait en constituant le fondement. Il suit de là que M. B est fondé à soutenir que cette décision est insuffisamment motivée en fait en méconnaissance des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration.
6. En second lieu, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commission de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " (). / Cette commission comprend : / 1. Deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, s'il y a lieu, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste qui participe aux débats mais ne prend pas part aux votes ; / 2. Deux représentants de l'administration ; / 3. Deux représentants du personnel. / () ". Aux termes de l'article 17 du même arrêté : " La commission ne peut délibérer valablement que si au moins quatre de ses membres ayant voix délibérative assistent à la séance. / Deux praticiens, titulaires ou suppléants, doivent obligatoirement être présents. / () ".
7. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
8. Il ressort des pièces du dossier et, notamment, du procès-verbal de la séance du 28 novembre 2018, que la commission de réforme départementale s'est réunie en présence d'un seul médecin généraliste, de deux représentants de l'administration et d'un représentant du personnel. L'absence d'un second médecin lors de cette séance, qui avait pour objet de donner un avis sur la prise en charge des arrêts maladie et des soins à compter du 23 décembre 2017, au titre de l'accident du 5 octobre 2015 reconnu imputable au service, a privé M. B d'une garantie. Par suite, M. B est fondé à soutenir que l'avis du 28 novembre 2018 a été émis au terme d'une procédure irrégulière.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 13 décembre 2019 en tant que le directeur du CHSSM a mis fin à la prise en charge de ses arrêts et de ses soins à compter du 26 octobre 2018.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, l'exécution du présent jugement n'implique pas qu'il soit enjoint au directeur du CHSSM de procéder à la régularisation de la situation administrative de M. B. Il y a, toutefois, lieu d'enjoindre au CHSSM de réexaminer la situation de M. B, dans un délai qu'il convient de fixer à deux mois. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHSSM, qui est la partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du CHSSM présentées sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention du syndicat départemental CFDT Santé Sociaux de Seine-et-Marne est admise.
Article 2 : La décision du 13 décembre 2019 du directeur du centre hospitalier du
Sud Seine-et-Marne est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne versera à M. B une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au syndicat départemental CFDT Santé Sociaux de Seine-et-Marne et au centre hospitalier du Sud Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
La rapporteure,
F. LUNEAU
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026