jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2002467 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | DBCJ AVOCATS - CABINET DE MELUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2020, M. C B, représenté par la Selarl DBCJ société d'avocats, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des pénalités correspondant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016 ;
2°) de mettre à la charge de la direction des finances publiques une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à défaut d'établir le caractère délibéré de son comportement et son intention de se soustraire à l'impôt, l'administration fiscale n'était pas fondée à appliquer la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue au a. de l'article 1729 du code général des impôts ;
- l'administration fiscale ne pouvait faire une application cumulée des sanctions fiscales prévues aux articles 1727 et 1729 a. du code général des impôts et de l'article 1758 A du même code, la sanction prévue à ce dernier article n'étant pas applicable aux impositions primitives.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Letort, rapporteure publique,
- et les observations de Me Junguenet, représentant M. B.
Une note en délibéré présentée pour M. B a été enregistrée le 24 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui exerce l'activité de chirurgien-dentiste, n'a pas déposé ses déclarations de revenus au titre des années 2015 et 2016. Mis en demeure d'accomplir ses obligations déclaratives par deux courriers de l'administration fiscale du 21 septembre 2018, il a, le 27 septembre 2018, produit les déclarations pré-remplies pour ces deux années, et précisé à l'administration fiscale que son expert-comptable les avait préalablement transmises aux services fiscaux. Par une proposition de rectification du 10 décembre 2018, l'administration fiscale a notifié à M. B des droits supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2015 et 2016, assortis de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts, de la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévu par les dispositions du a. de l'article 1729 du même code ainsi que la majoration de 20 % en cas de dépôt tardif des déclarations prévues par les dispositions du I de l'article 1758 A du code général des impôts. Par la présente requête, le requérant doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des pénalités appliquées sur le fondement des dispositions du a. de l'article 1729 et de l'article 1758 A du code général des impôts correspondant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; / () ". Aux termes de l'article L. 195 A du même livre : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, (), la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration ".
3. Il résulte de ces dispositions que la majoration de 40 % pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir ce manquement délibéré, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet de ses déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.
4. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt.
5. Pour justifier l'application de la majoration de 40 % pour manquement délibéré aux droits supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2015 et 2016, l'administration fiscale a relevé, d'une part, s'agissant de l'année 2015, que la déclaration pré-remplie, qui ne comportait mention que de la " CSG déductible ", omettait de déclarer des revenus réguliers, perçus annuellement depuis des années et imposés régulièrement, soit les pensions, les revenus fonciers et le revenu d'activité de M. B, pour un montant global de 293 449 euros, lui permettant ainsi " de ne pas s'acquitter [des] impôts sur le revenu d'un montant de 109 734 euros auxquels s'ajoutent les 5 748 euros de prélèvements sociaux " et, d'autre part, s'agissant de l'année 2016, que la déclaration pré-remplie omettait de déclarer les revenus fonciers et le bénéfice non commercial pour un montant global de 285 920 euros lui permettant ainsi " de ne pas s'acquitter [des] impôts sur le revenu d'un montant de 125 557 euros auxquels s'ajoutent les 9 232 euros de prélèvements sociaux ". Compte tenu des omissions ainsi constatées par l'administration fiscale, qui ne présentaient pas un caractère isolé mais relevaient d'un comportement habituel, M. B ayant, par ailleurs, omis de déclarer les pensions et retraites et l'ensemble des revenus générés par la SCI Alpha, dont il tire ses revenus fonciers au titre des années 2012 à 2014, et sur le fait qu'il ne pouvait ignorer l'existence de ces revenus et de leur caractère imposable, elle doit être regardée comme ayant apporté la preuve, qui lui incombe, du manquement délibéré du requérant à ses obligations déclaratives et, par suite, du bien-fondé des majorations mises à sa charge au titre des dispositions du a. de l'article 1729 du code général des impôts. A cet égard, M. B ne peut utilement invoquer la circonstance qu'il avait signé un contrat d'assistance comptable avec un cabinet d'expertise comptable, chargé d'établir et d'envoyer ses déclarations de revenus au titre des deux années en litige, qui a rencontré des difficultés et fait preuve de retard pour établir ses deux déclarations de revenus dans les délais. Il ne peut davantage utilement faire valoir que la mensualisation du paiement de l'impôt sur le revenu l'avait placé dans l'incapacité de se rendre compte du retard pris par le cabinet
d'expertise-comptable et que, praticien reconnu et âgé, il n'avait " ni le temps ni la capacité de s'occuper de ces questions de déclarations fiscales " alors qu'il avait missionné un cabinet d'expertise-comptable à cet effet.
6. En second lieu, aux termes de l'article 1758 A du code général des impôts dans sa rédaction issue de la loi n° 2016-1918 du 29 décembre 2016 : " I. - Le retard ou le défaut de souscription des déclarations qui doivent être déposées en vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu ainsi que les inexactitudes ou les omissions relevées dans ces déclarations, qui ont pour effet de minorer l'impôt dû par le contribuable ou de majorer une créance à son profit, donnent lieu au versement d'une majoration égale à 10 % des droits mis à la charge du contribuable ou de la créance indue. / La majoration est portée à 20 % en cas de dépôt tardif effectué dans les trente jours d'une mise en demeure. / II. - Cette majoration n'est pas applicable : / a) En cas de régularisation spontanée ou lorsque le contribuable a corrigé sa déclaration dans un délai de trente jours à la suite d'une demande de l'administration ; / b) Ou lorsqu'il est fait application des majorations prévues par les b et c du 1 de l'article 1728, par l'article 1729 ou par le a de l'article 1732. / () ".
7. D'une part, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a fait application de la majoration de 20 % en cas de dépôt tardif effectué dans les trente jours d'une mise en demeure conformément aux dispositions de l'article 1758 A du code général des impôts. Compte tenu de la modification apportée au premier alinéa du I de l'article 1758 A par l'article 20 de la loi
n° 2016-1918 du 29 décembre 2016, entré en vigueur au 1er janvier 2017, et applicable au présent litige au vu de la date de dépôt des déclarations de revenus des années 2015 et 2016, cette majoration de 20 % est applicable, contrairement à ce que soutient M. B, aux " droits mis à la charge du contribuable " incluant tant les impositions initiales que les droits supplémentaires. Par suite, le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
8. D'autre part, à supposer que M. B ait entendu soutenir que l'administration fiscale ne pouvait faire application cumulativement de la majoration de 20 % prévue à l'article 1758 A du code général des impôts et de celle de 40 % pour manquement délibéré prévue à l'article 1729 du même code, il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 10 décembre 2018, que la première a été appliquée aux revenus portés sur la seule déclaration de revenus de l'année 2016 soit les pensions et retraites ainsi que les revenus de capitaux mobiliers et la seconde l'a été aux revenus fonciers et aux bénéfices non commerciaux de la même année.
9. Il résulte de ce qui précède que l'administration fiscale était fondée à faire application des dispositions précitées de l'article 1758 A du code de général des impôts.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge des pénalités correspondant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles M. B a été assujetti au titre des années 2015 et 2016 doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions qu'il a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026