LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2002712

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2002712

jeudi 20 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2002712
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantMADRID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 mars 2020, la SARL Le Tasco, représentée par Me Madrid, demande au tribunal de prononcer

1°) la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requérante soutient que :

- elle n'a pas bénéficié d'un débat oral et contradictoire ;

- la vérification de comptabilité est irrégulière en ce qu'elle a excédé la durée de trois mois prévue par l'article L. 52 du livre des procédures fiscales ;

- la méthode de reconstitution des recettes ne conduit qu'à des incohérences et des exagérations.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 mars 2023 :

- le rapport de M. A ;

- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société à responsabilité limitée (SARL) Le Tasco qui exploite un bar-restaurant, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014, à l'issue de laquelle elle a été rendue destinataire d'une proposition de rectification le 26 juillet 2016. Des cotisations supplémentaires d'impôts sur les sociétés au titre des années 2013 et 2014, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée relatifs aux exercices 2013 à 2014 et des contributions à l'audiovisuel public ont été mis en recouvrement les 15 et 31 mai 2017. La réclamation d'assiette présentée le 12 mars 2018 a été rejetée par décision du directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne en date du 3 février 2020. Par la requête précitée, la société demande la décharge de ces impositions.

Sur la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, dans le cas où la vérification de comptabilité d'une entreprise a été effectuée, soit, comme il est de règle, dans ses propres locaux, soit, si son dirigeant ou représentant l'a expressément demandé, dans les locaux du comptable auprès duquel sont déposés les documents comptables, c'est au contribuable qui allègue que les opérations de vérification ont été conduites sans qu'il ait eu la possibilité d'avoir un débat oral et contradictoire avec le vérificateur de justifier que ce dernier se serait refusé à un tel débat. Au cas particulier, il résulte des mentions non contestées de la proposition de rectification du 26 juillet 2016 que le vérificateur a rencontré les représentants de la requérante au cours de plusieurs interventions, dans les locaux de la société puis, à la demande de cette dernière, dans ceux de son expert-comptable, avant d'organiser une réunion de synthèse dans les locaux du cabinet d'expertise-comptable le 19 juillet 2016. La société n'apporte aucun élément de nature à établir que le vérificateur se serait refusé à tout échange de vues lors de ces nombreuses interventions ni qu'elle aurait ainsi été privée de la possibilité d'avoir avec l'administration, au cours de cette vérification, un débat oral et contradictoire.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales : " I.- Sous peine de nullité de l'imposition, la vérification sur place des livres ou documents comptables ne peut s'étendre sur une durée supérieure à trois mois en ce qui concerne : 1° Les entreprises industrielles et commerciales ou les contribuables se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes n'excède pas les limites prévues au I de l'article 302 septies A du code général des impôts (). II.- Par dérogation au I, l'expiration du délai de trois mois n'est pas opposable à l'administration : () 4° En cas de graves irrégularités privant de valeur probante la comptabilité. Dans ce cas, la vérification sur place ne peut s'étendre sur une durée supérieure à six mois. () ".

4. La requérante soutient que la procédure de vérification de comptabilité est irrégulière en ce qu'elle a dépassé la durée de trois mois prévue par les dispositions précitées de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales. Toutefois, il résulte de l'instruction que le vérificateur a constaté que la SARL Le Tasco ne disposait pas de l'ensemble des justificatifs détaillés de ses recettes et était dans l'incapacité de justifier de manière chronologique du détail des ventes quotidiennes. De telles constatations suffisent à établir que la comptabilité était entachée de graves irrégularités la privant de toute valeur probante et justifient que la vérification de comptabilité pouvait, comme en l'espèce, s'étendre sur une durée maximale de six mois. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 52 du livre des procédures fiscales doit ainsi être écarté.

Sur le bien-fondé des impositions litigieuses :

En ce qui concerne l'impôt sur les sociétés,

5. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 1. () le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises () ".

6. En premier lieu, si la requérante conteste la remise en cause du caractère probant de sa comptabilité, elle n'est pas fondée à le soutenir eu égard aux graves irrégularités qu'elle comportait ainsi qu'il a été dit au point 4.

7. En second lieu, pour reconstituer les recettes de l'activité du bar et du restaurant de la société, le vérificateur a utilisé la méthode des cafés. Il a pris en compte les quantités achetées de café par exercice auxquelles a été appliqué un abattement de 15 % pour tenir compte de la consommation personnelle des salariés, des pertes, des offerts et de l'utilisation en cuisine. Puis, il a dépouillé la totalité des notes clients sur des périodes de quinze jours consécutifs en avril 2013 et septembre 2014 pour déterminer le ticket moyen par client, ainsi que la répartition des ventes de café entre le bar et le restaurant, ce qui l'a amené à constater une absence de défaut de déclaration au titre de l'exercice 2013 et un rehaussement au titre de l'exercice 2014.

8. La requérante conteste la méthode ainsi utilisée en mettant, tout d'abord, en avant qu'elle aboutit à la constatation d'une différence de consommation de café quasiment du simple au double entre 2013 et 2014. Toutefois, cette circonstance ne suffit pas à remettre en cause la méthode en cause, dès lors qu'elle s'explique simplement par la quantité de café consommé, à savoir 60 kgs en 2013 et 105 kgs en 2014. Par ailleurs, si la société soutient qu'il convient également d'appliquer un abattement de 15 % en matière de café décaféiné, il est constant que ce café se présente sous forme de dosettes, pour lesquelles il ne peut pas y avoir de pertes ou d'utilisation en cuisine, et que rien ne justifie la prise en compte d'offerts ou de consommation du personnel pour celles-ci, eu égard au faible nombre des dosettes en cause, à savoir 400 pour 2013 et 300 pour 2014. De plus, si la requérante soutient que le service a utilisé un échantillon trop restreint de 11 jours au titre de 2014 et que les résultats de cet échantillon ne sont pas réalistes dès lors qu'ils montrent une progression de 8,61 % du ticket moyen du restaurant entre les deux exercices, alors que les prix n'ont pas augmenté, et une progression des ventes de cafés au restaurant de 22,3 % entre ces deux mêmes exercices, il résulte au contraire de l'instruction que le dépouillement exhaustif de l'ensemble des notes clients sur une période de quinze jours par exercice est suffisant et que l'exactitude des résultats de ce dépouillement n'est pas contestée. Ensuite, si la requérante demande la prise en compte d'un abattement de 20 % au lieu de celui de 15 % qui a été appliqué, elle ne le justifie pas. Enfin, s'agissant de la quantité de café restant en stock au 31 décembre 2014, il n'y a aucune raison de la fixer à 35 kgs au lieu des 15 kgs qui ont été constatés en stock.

9. Dans ces conditions, et alors que la société ne produit aucune pièce justificative à l'appui de ses écritures et ne fait état d'aucune méthode alternative de reconstitution de ces recettes plus précise que celle utilisée par le service, la méthode mise en œuvre par le vérificateur ne peut pas être considérée comme excessivement sommaire ou radicalement viciée dans son principe.

En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée,

10. Selon l'article 256 du code général des impôts, " I. -Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel () ". Selon l'article 269 du même code, " 1 Le fait générateur de la taxe se produit : () c) Pour les prestations de services autres que celles visées au b bis, lors de l'encaissement des acomptes, du prix, de la rémunération ou, sur option du redevable, d'après les débits () ".

11. Il résulte de l'instruction que le vérificateur a déterminé le chiffre d'affaires non déclaré à partir duquel il a calculé la taxe sur la valeur ajoutée collectée omise. La société n'est pas fondée à en demander la décharge pour les motifs déjà évoqués aux points 8 et 9.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la SARL Le Tasco doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions au titre des frais de justice doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de la SARL Le Tasco est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Le Tasco et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Van Daële, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.

Le rapporteur,

P. A La présidente,

I. BILLANDON

Le greffier,

G. NGASSAKI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions