jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2002713 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | MICHALLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mars 2020, M. B A, représenté par Me Michallon, demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017.
Il soutient que :
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée au regard des exigences prévues à l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;
- l'administration fiscale supporte la charge de la preuve dès lors qu'elle n'a pas répondu à ses observations ;
- le taux de charges retenu par l'administration fiscale est sous-estimé et impropre à refléter l'activité de son entreprise ;
- il conteste le montant retenu de taxe sur la valeur ajoutée déductible ;
- certains encaissements comprennent les remboursements par ses clients des dépenses de matériaux qu'il a engagées en leur nom, constitutives de débours.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 septembre 2020, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'entreprise individuelle de M. A réalise, notamment, des travaux de rénovation dans le domaine du bâtiment. A l'issue d'une vérification de comptabilité de son activité pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, le service, après avoir établi le 22 mars 2019 un procès-verbal pour comptabilité non probante, a procédé à une reconstitution de son chiffre d'affaires. Par une proposition de rectification du 6 mai 2019, l'administration fiscale lui a notifié des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, selon la procédure de rectification contradictoire, au titre des années 2016 et 2017. Ces impositions, mises en recouvrement le 16 août 2019, ont été assorties des intérêts de retard et de la majoration de 10 % prévue à l'article 1758 A-I du code général des impôts. La réclamation d'assiette présentée par M. A le 19 septembre 2019 a été partiellement rejetée le 28 février 2020 par le directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne. Par la présente requête, M. A sollicite la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés au titre des années 2016 et 2017, à hauteur de la somme de 82 136 euros restant à sa charge.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations.
3. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 6 mai 2019 mentionne les impôts concernés, la période à laquelle ils se rattachent et le montant des rectifications prononcées. Elle expose les motifs de fait sur lesquels l'administration s'est fondée, et fait état, en particulier, des modalités selon lesquelles, en raison du rejet de sa comptabilité et au vu des documents produits au cours du contrôle, l'administration fiscale a procédé à la reconstitution du résultat réalisé par l'entreprise individuelle de l'intéressé. Elle indique également les dispositions du code général des impôts qui fondent en droit les impositions contestées, en particulier le I de l'article 256, le 1 du II de l'article 271 et l'article 39 du code général des impôts, et mentionne que les rectifications proposées dans l'entreprise ont pour conséquence de rehausser le bénéfice industriel et commercial, revenu catégoriel imposable à l'impôt sur le revenu. La proposition de rectification comporte ainsi l'ensemble des circonstances de droit et de fait sur lesquels l'administration, qui n'a d'ailleurs pas exercé son droit de communication, a entendu se fonder. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales précité doit, dès lors, être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré ".
5. Il résulte de l'instruction que M. A n'a pas formulé d'observations sur la proposition de rectification du 6 mai 2019, notifiée selon la procédure de rectification contradictoire prévue à l'article L. 55 du livre des procédures fiscales, contrairement à ce qu'il soutient. Dans ces conditions, il est réputé avoir tacitement accepté les rectifications et supporte, en conséquence, la charge de démontrer le caractère exagéré des impositions supplémentaires mise à sa charge.
6. En deuxième lieu, aux termes du I de l'article 271 du code général des impôts : " 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. 2. Le droit à déduction prend naissance lorsque la taxe déductible devient exigible chez le redevable. () 3. La déduction de la taxe ayant grevé les biens et les services est opérée par imputation sur la taxe due par le redevable au titre du mois pendant lequel le droit à déduction a pris naissance. II. 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures () ".
7. Il est constant qu'après avoir établi, le 22 mars 2019, un procès-verbal pour comptabilité non probante, le service a procédé à une reconstitution du chiffre d'affaires de l'activité de M. A à partir des factures produites au cours des opérations de contrôle et des encaissements figurant en comptabilité. A cet égard, l'administration a retenu, parmi les factures produites par M. A, celles établies conformément à l'article 289 du code général des impôts, justifiant une partie de la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée. Si le requérant sollicite que soient déduits des montants complémentaires de taxe sur la valeur ajoutée, il ne fournit aucun élément ni aucune facture faisant état d'un montant supérieur de taxe qu'il pouvait déduire. Le service était ainsi fondé, en l'absence de toute facture complémentaire ou document en tenant lieu, de refuser tout droit à déduction supplémentaire de taxe sur la valeur ajoutée.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. -Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. Aux termes de l'article 267 du même code : " II. - Ne sont pas à comprendre dans la base d'imposition : () 2° Les sommes remboursées aux intermédiaires, autres que les agences de voyage et organisateurs de circuits touristiques, qui effectuent des dépenses au nom et pour le compte de leurs commettants dans la mesure où ces intermédiaires rendent compte à leurs commettants, portent ces dépenses dans leur comptabilité dans des comptes de passage, et justifient auprès de l'administration des impôts de la nature ou du montant exact de ces débours. ".
9. Si M. A soutient que le montant de taxe sur la valeur ajoutée collectée déterminée par le service vérificateur est erroné dès lors que les encaissements, à hauteur de 57 667,52 euros, correspondent en réalité à des achats de matériaux pour le compte de particuliers dont il a reçu un mandat, il n'apporte aucun élément à l'appui de cette allégation. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que les sommes en causes présenteraient le caractère de remboursements de débours effectués pour le compte d'un commettant et que, comme tels, elles ne seraient pas passibles de la taxe sur la valeur ajoutée en vertu des dispositions du 2° du II de l'article 267 du code général des impôts. Par suite, c'est à bon droit que le service a estimé que ces sommes devaient être incluses, pour leur montant total, dans la base imposable à la taxe sur la valeur ajoutée de l'entreprise de M. A.
10. En quatrième et dernier lieu, il est constant que le requérant n'a pas été en mesure, lors de la vérification de comptabilité, de justifier de l'ensemble des charges qu'il dit avoir exposées. L'administration a alors retenu, par réalisme économique, la prise en compte d'un taux de charge évalué à 80 % du chiffre d'affaires. En se bornant à contester le taux ainsi retenu est impropre à refléter l'activité de son entreprise, M. A n'apporte aucune précision à l'appui de ces allégations, ni aucun justificatif de nature à établir que le pourcentage forfaitaire déjà pratiqué par le service ne serait pas représentatif des conditions d'exercice de son activité, alors que la charge de la preuve lui incombe. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à solliciter la décharge des impositions demeurant à sa charge.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
M. C
La présidente,
I. BILLANDON
Le greffier,
G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026