jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2002823 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI-MOLINA ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mars 2020, M. B A, représenté par Me Grimaldi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du vice-président de la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie du 26 septembre 2019 prononçant son maintien en surnombre, ensemble la décision implicite de la même autorité ainsi que la décision de cette autorité du 29 janvier 2020 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie de le réintégrer sur un poste vacant dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision n'est pas suffisamment motivée et, par suite, la décision rejetant son recours gracieux est entachée d'une erreur de droit ;
- la commission administrative paritaire n'a pas été saisie et, par suite, la décision rejetant son recours gracieux est entachée d'une erreur de droit ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que la communauté d'agglomération n'a pas recherché des possibilités de reclassement avant de procéder à son placement en surnombre.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars 2022, la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie, représentée par Me de Faÿ, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. A lui verse une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par ordonnance du 19 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 2 juin 2022 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2011-605 du 30 mai 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lopa Dufrénot,
- les conclusions de Mme Mentfakh, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lesure, représentant la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, titulaire du grade d'éducateur territorial des activités physiques et sportives (ETAPS) principal de 1ère classe, a exercé ses fonctions à la piscine de La Ferté-sous-Jouarre. A la suite d'un changement de mode de gestion de ce centre aquatique à compter du 1er juillet, auparavant en régie directe à une délégation de service publique, le conseil de la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie a décidé, par délibération du 19 septembre 2020, la suppression de cinq postes d'éducateurs des activités physique et sportives et de trois postes d'éducateurs des activités physique et sportives principaux de 1ère classe, dont celui de M. A. Par un arrêté du 26 septembre 2019, dont il demande l'annulation, le vice-président de cette collectivité l'a maintenu en surnombre pour une durée d'un an à compter du 1er octobre 2019.
Sur la portée des conclusions :
2. Lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet de son recours gracieux et une décision expresse le rejetant intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées seulement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première.
3. M. A doit être regardé comme sollicitant outre l'annulation de l'arrêté du vice-président de la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie du 26 septembre 2019, celle de la décision de la même autorité du 29 janvier 2020 rejetant expressément son recours gracieux qui s'est substituée à la décision implicite ayant le même objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, en vigueur à la date de l'arrêté en cause, désormais codifié aux articles L. 542-1 et suivants du code général de la fonction publique : " Dès lors qu'un emploi est susceptible d'être supprimé, l'autorité territoriale recherche les possibilités de reclassement du fonctionnaire concerné. I. -Un emploi ne peut être supprimé qu'après avis du comité technique sur la base d'un rapport présenté par la collectivité territoriale ou l'établissement public. () Si la collectivité ou l'établissement ne peut lui offrir un emploi correspondant à son grade dans son cadre d'emplois ou, avec son accord, dans un autre cadre d'emplois, le fonctionnaire est maintenu en surnombre pendant un an. () ". Aux termes de l'article 30 de la loi du 26 janvier 1984, dans sa version alors applicable : " Les commissions administratives paritaires connaissent des refus de titularisation. Elles connaissent des questions d'ordre individuel résultant de l'application, notamment, des articles 25 septies et 25 octies de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et des articles 39, 52, 60, 61, 62, 64, 67, 72, 76, 78, 80, 82 à 84, 89 à 91, 93, 96 et 97 de la présente loi ". Il résulte de ces dispositions que la décision prise sur le maintien en surnombre d'un fonctionnaire dont l'emploi a été supprimé doit être précédée d'un avis de la commission administrative paritaire compétente.
5. En outre, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
6. Il est constant que la commission administrative paritaire dont la consultation revêt un caractère obligatoire en application de l'article 30 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, n'a pas été saisie préalablement à la décision prononçant le maintien en surnombre de M. A à la suite de la suppression de son emploi. A supposer que établie, l'impossibilité de reclasser l'intéressé au sein de la collectivité sur un emploi vacant correspondant à son cadre d'emplois, l'absence de saisine de la commission administrative paritaire, qui n'a pas permis à cette instance d'apprécier la situation de l'intéressé au sein de la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie, notamment les difficultés de reclassement et les possibilités de celle-ci, dans un autre cadre d'emplois, notamment dans la filière d'animation, a privé M. A d'une garantie substantielle et a entaché d'irrégularité la décision de changement d'affectation en litige. Par suite, la mesure de maintien en surnombre de M. A est intervenue au terme d'une procédure irrégulière. Le moyen tiré du défaut de consultation de la commission administrative paritaire doit donc être accueilli.
7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du vice-président de la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie du 26 septembre 2019 le maintenant en surnombre pour une durée d'un an à compter du 1er octobre 2019 et, par voie de conséquence, la décision du 29 janvier 2020 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. En principe, lorsque le juge administratif annule pour excès de pouvoir la décision par laquelle l'autorité territoriale a maintenu un fonctionnaire en surnombre, en application de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984, en raison de la suppression de l'emploi qu'il occupait au motif qu'elle avait manqué à son obligation de recherche des possibilités de reclassement du fonctionnaire, il lui incombe en principe seulement d'ordonner à l'autorité territoriale, sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de rechercher s'il est possible de le reclasser sur un emploi vacant correspondant à son grade dans son cadre d'emplois ou, avec son accord, dans un autre cadre d'emplois.
9. L'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 précitée énonce qu'au terme du délai prévu au titre de son placement en surnombre, le fonctionnaire est pris en charge par le centre de gestion dans le ressort duquel se trouve la collectivité. Pendant la période de prise en charge, l'intéressé est placé sous l'autorité du Centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion, lesquels exercent à son égard toutes les prérogatives reconnues à l'autorité investie du pouvoir de nomination.
10. Eu égard au motif d'annulation retenu, il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint à la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie de le réintégrer, sous astreinte, sur un poste vacant.
Sur les frais liés au litige :
11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du vice-président de la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie du 26 septembre 2019 et la décision de cette autorité du 29 janvier 2020 sont annulées.
Article 2 : La communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la communauté d'agglomération Coulommiers Pays de Brie.
Copie, pour information, sera adressée au centre de gestion de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 25 mai 2023.
La présidente rapporteure,
M. LOPA DUFRÉNOTL'assesseure, la plus ancienne,
S. LECONTELa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2002823
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026