jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2002825 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | R |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | MENDY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 28 mars et
27 novembre 2020, Mme D A, représentée par Me Mendy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2019 par lequel le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État, et au bénéfice de son conseil, la somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle n'est pas motivée ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a produit aucun mémoire en défense, malgré une mise en demeure du 11 février 2022.
Par une ordonnance du 1er juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
5 septembre 2022 à 12 heures.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 février 2020 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A, ressortissante malienne née le 7 janvier 1965 à Tombouctou, entrée en France en étant titulaire d'un visa de court séjour délivré le 9 juillet 2002 par les autorités consulaires françaises à Bamako, qui été admise à séjourner en qualité d'étranger malade pour la période courant du 30 mai 2003 au 29 mai 2004 sous couvert d'une carte de séjour temporaire qui n'a pas été renouvelée, a sollicité, le 1er février 2017, son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 5 juillet 2019, le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office. Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, par arrêté n° 2018-3198 du 1er octobre 2018, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet du Val-de-Marne a donné à Mme C E, sous-préfète de L'Haÿ-les-Roses, délégation pour signer, notamment, toutes décisions et arrêtés en matière d'admission ou de refus d'admission au séjour et d'obligation de quitter le territoire français des étrangers ainsi qu'à la circulation des ressortissants étrangers. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision par laquelle le préfet du
Val-de-Marne a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme A comporte l'indication suffisante des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, sans que l'ensemble des éléments dont la requérante se prévaut n'ait à être mentionné dans cette décision. La circonstance que le préfet du Val-de-Marne ait commis une erreur en invoquant l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour relever que la requérante n'est pas titulaire d'un visa de long séjour pour prétendre à la délivrance de séjour temporaire ou d'une carte de résident est sans incidence sur la motivation de la décision critiquée. Il suit de là que les moyens tirés de ce que la décision critiquée serait insuffisamment motivée doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas de la décision attaquée que le préfet du Val-de-Marne n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme A.
6. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Mme A fait valoir qu'elle est entrée en France le 20 juillet 2002 et s'y maintient depuis cette date, et justifie ainsi d'une ancienneté de séjour de dix-sept ans, qu'elle a exercé une activité professionnelle sur le territoire français de 2003 à 2008, qu'elle bénéficie d'une intégration sociale résultant de sa participation active à des associations d'intérêt général, qu'elle maîtrise la langue française et partage les valeurs de la République. Toutefois, s'il ressort de la décision attaquée que Mme A peut justifier d'une présence en France depuis plus de dix ans, la commission du titre de séjour a émis un avis défavorable le 12 mars 2019 au motif, notamment, qu'elle ne justifiait pas d'" une expérience suffisante ". En effet, s'il ressort des termes de la décision contestée que la requérante justifie d'une expérience professionnelle pour la période du mois d'octobre 2003 au mois de février 2008, elle n'allègue ni n'établit être particulièrement intégrée en France depuis cette date. La circonstance qu'elle justifie d'un engagement au sein du collectif antiraciste de L'Haÿ-les-Roses Fresnes et qu'elle bénéficie en France de plusieurs relations amicales n'est pas suffisante pour établir que le préfet du Val-de-Marne aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, compte tenu, notamment, des conditions du séjour de la requérante en France et alors même qu'elle a des attaches en France, des cousins et des neveux de nationalité française ou de nationalité malienne et titulaires de titres de séjour en cours de validité et qu'elle ne conteste pas, ainsi que cela ressort de la décision litigieuse, qu'elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-sept ans, Mme A, qui est célibataire et sans charge de famille sur le territoire français, n'est pas fondée à soutenir que le préfet du
Val-de-Marne a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision attaquée a été prise et a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / ; () ; / 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ; / () ".
9. Il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes de la décision contestée que Mme A aurait sollicité son admission au séjour sur un autre fondement que celui de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Alors que le préfet du Val-de-Marne n'y était pas tenu, il a examiné si la situation de la requérante relevait des dispositions de l'article L. 313-11 de ce code. Ce faisant, la requérante peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, au vu de la situation décrite au point 7. du présent jugement, le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors applicable: " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 ". En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 313-14, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".
11. Si Mme A soutient qu'elle réside en France depuis plus de dix ans, qu'elle démontre une intégration sociale et qu'elle présente des affections de longue durée nécessitant une thérapeutique quotidienne et un suivi médical et biologique régulier, susceptibles de justifier la délivrance d'une autorisation de séjour en France pour raison médicale, ainsi que cela ressort de l'attestation du 15 juillet 2019 d'un médecin endocrinologue et spécialiste des maladies métaboliques, elle n'apporte, toutefois, pas d'élément de nature à démontrer qu'elle ne pourrait bénéficier effectivement dans son pays d'origine d'un traitement approprié à son état de santé. Ces éléments ne peuvent caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. Si Mme A soutient qu'elle justifie d'une insertion professionnelle des plus remarquable, cette circonstance, qui n'est, au demeurant, pas établie à la date de la décision critiquée, n'est pas de nature à caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'établit pas, qu'en prenant la décision en litige, le préfet du Val-de-Marne aurait méconnu les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là que le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
14. En septième lieu, au vu de la situation énoncée aux points 7., 11. et 12. du présent jugement, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Val-de-Marne aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision contestée sur sa situation personnelle.
15. En huitième et dernier lieu, Mme A ne peut utilement se prévaloir de la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, qui ne comporte que des orientations générales adressées par le ministre de l'intérieur aux préfets pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation et n'est, par suite, pas opposable.
16. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 5 juillet 2019 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
17. En premier lieu, aux termes des dispositions du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction alors applicable : " L'autorité administrative peut obliger à quitter le territoire français un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse et qui n'est pas membre de la famille d'un tel ressortissant au sens des 4° et 5° de l'article L. 121-1, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : () ; / 3° Si la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour a été refusé à l'étranger ou si le titre de séjour qui lui avait été délivré lui a été retiré ; / (). / La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour dans les cas prévus aux 3° et 5° du présent I, sans préjudice, le cas échéant, de l'indication des motifs pour lesquels il est fait application des II et III. () ".
18. La décision par laquelle le préfet du Val-de-Marne a obligé Mme A à quitter le territoire français est consécutive à la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour. Dans ces conditions, la décision attaquée n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision portant refus de titre de séjour qui est suffisamment motivée.
19. En deuxième lieu, la décision portant refus de séjour n'étant, ainsi que cela a été dit aux points 2. à 15. du présent jugement, pas illégale, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est dépourvue de base légale et à invoquer à l'appui de ses conclusions dirigées contre cette décision le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision de refus de séjour.
20. En troisième et dernier lieu, au vu de la situation décrite aux points 7. et 14. du présent jugement, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Il suit de là que les moyens invoqués ne peuvent qu'être écartés.
21. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 5 juillet 2019 par laquelle le préfet du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays à destination :
22. En premier lieu, la décision par laquelle le préfet fixe le pays à destination duquel sera reconduit l'étranger qui n'a pas satisfait à l'obligation de quitter le territoire français, laquelle constitue une décision distincte de la mesure d'éloignement elle-même en vertu des dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constitue une mesure de police qui doit, en principe, être motivée.
23. La décision critiquée vise la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment, son article 3, et fait mention de la nationalité malienne de Mme A. Par suite, cette décision doit être regardée comme exposant les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il suit de là que le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
24. En deuxième lieu, les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant, ainsi que cela a été dit aux points 2. à 21. du présent jugement, pas illégales, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination est dépourvue de base légale et à invoquer à l'appui de ses conclusions dirigées contre cette décision le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.
25. En troisième et dernier lieu, si Mme A soutient sans autre précision que la situation sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19 fait obstacle à l'exécution de la décision attaquée, cette circonstance est sans incidence sur sa légalité.
26. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 5 juillet 2019 par laquelle le préfet du Val-de-Marne lui a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office
27. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 5 juillet 2019 en toutes ses décisions. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la préfète du
Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
M. Delmas, premier conseiller,
Mme Rechard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
Le rapporteur,
S. B
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026